Marie DEGRANDI

 

Marie Degrandi vers 1882, photo atelier de Nadar [musée Carnavalet]

 

 

Élisabeth Marie DEGRANDI dite Marie DEGRANDI

 

soprano français

(15 rue de la Reynarde, Marseille, 7e registre, Bouches-du-Rhône, 01 septembre 1859* – ap. 1919)

 

Fille de Carlo Clemente Bonaventura [Charles Clément Bonaventure] DEGRANDI (Doccio, Italie, 23 juillet 1823 – Paris 8e, 02 juin 1895*), menuisier, et de Consolata Marie Catherine BERGAMASCO (Pergola, Italie, 25 février 1830 – Paris 8e, 24 mai 1915*), blanchisseuse, légitimée par leur mariage à Marseille le 03 février 1866*.

Epouse 1. à Marseille, 3e registre, le 29 avril 1880* (divorce 30 juin 1887) Georges CASAMAJOR-SALNAVE devenu le 29 décembre 1922 CASAMAJOR-SALENAVE (Saint-Tropez, Var, 26 février 1852* ap. 1922), employé ; parents d'Eugénie Claire CASAMAJOR-SALENAVE dite Claire SALENAVE (Paris 2e, 08 décembre 1880* – Fontainebleau, Seine-et-Marne, 22 novembre 1980), cantatrice.

Epouse 2. à Paris 8e le 13 juillet 1894* (divorce 22 juillet 1919) Paul Armand TOURNACHON dit Paul NADAR (Paris, 08 février 1856* – Paris 8e, 01 septembre 1939*), photographe [fils du photographe NADAR], remarié à Paris 8e le 21 janvier 1920* avec Marie Anne PARQUET, de qui il avait eu Marthe Ernestine Anne TOURNACHON DIT NADAR (Paris 8e, 08 mai 1912* – Paris 8e, 08 juin 1948*).

 

 

Elève d'une demoiselle Rovello, avec laquelle elle fut en procès, elle chanta d'abord à l'Opéra de Marseille. M. Casamajor-Salenave s'éprit d'elle et l'épousa. Jolie femme, elle débuta aux Bouffes-Parisiens le 01 mars 1182 sous le nom de De Grandi en créant l'opérette Coquelicot (Térésita) de Louis Varney. Peu de temps après, pour raison d'ordre privé, son mari voulut se suicider. On le sauva. Il poursuivit sa femme et la menaça de mort (Gazette des tribunaux). Marie Degrandi entra ensuite à l'Opéra-Comique, où elle fit une très longue carrière et où elle créa plusieurs rôles. Elle épousa en secondes noces le fils du célèbre photographe Nadar.

En 1894, elle habitait 22 rue Lavoisier à Paris 8e ; en 1896, 2 rue de Caumartin à Paris 9e.

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y a débuté le 05 décembre 1884 dans Roméo et Juliette (Stéfano).

 

Elle y a créé le 31 mars 1886 Plutus (Myrrha) de Charles Lecocq ; le 14 décembre 1888 l'Escadron volant de la reine (Gina) d'Henry Litolff ; le 15 février 1889 la Cigale madrilène (Carmélina) de Joanni Perronnet.

 

Elle y a chanté Richard Cœur de Lion (1886).

 

 

 

 

[Création de Coquelicot]

Le grand intérêt de la soirée consistait principalement dans le début d'une nouvelle étoile d'opérette, Mlle Degrandi, que M. Cantin, un homme du Midi, était allé décrocher au ciel de la Méditerranée. Jolie personne bien que manquant un peu d'expression dans la physionomie, Mlle Degrandi nous semble avoir fait des études sérieuses de chant. Sa voix n'est pas très forte ni très brillante, mais elle emplit bien suffisamment la petite scène des Bouffes. Elle vocalise avec goût et s'est fait bisser très justement son air d'entrée. Qu'elle surveille seulement ses fins de phrase qu'elle laisse tomber un peu mollement, comme si la respiration lui manquait, son effet en doublera. En somme, bon début, qui promet davantage encore.

(H. Moreno [Henri Heugel], le Ménestrel, 05 mars 1882)

 

 

On se rappelle peut-être que, le 20 novembre dernier, Mme de Grandi, rencontrée par son mari rue Richer à la tombée de la nuit, fut menacée par lui d'un coup de revolver.

L'affaire est venue avant-hier au Tribunal. M. Casamajor-Salenave, mari de l'actrice qui a pris au théâtre le pseudonyme de de Grandi, ne s'est pas présenté à l'audience. Il a été condamné par défaut à six jours de prison.

(le Figaro, 02 février 1884)

 

 

M. Carvalho vient de signer l'engagement de Mme Degrandi, qu'on n'avait fait qu'entrevoir aux Bouffes-Parisiens, il y a quelques années, assez cependant pour reconnaître en elle un sujet supérieur au genre de l'opérette. Fort jolie et très avenante, Mme Degrandi sera la note gaie et la bonne humeur de la maison. La succession de Mme Ducasse restait ouverte, elle vient de trouver preneur.

(H. Moreno [Henri Heugel], le Ménestrel, 09 novembre 1884)

 

 

A l'Opéra-Comique, M. Carvalho procède à la reconstitution d'une troupe que M. Paravey avait laissée dans un singulier état de délabrement. [...] M. Bouvet, l'excellent baryton, est engagé à nouveau, de même la charmante Mme Degrandi dont on regrettait de ne plus voir le charmant visage.

(le Ménestrel, 22 mars 1891)

 

 

[Reprise de Roméo et Juliette à l'Opéra-Comique le 05 décembre 1884]

Mlle Degrandi avait été trois ans auparavant découverte par Cantin dans une sorte de Conservatoire libre de Marseille, et par lui produite aux Bouffes en 1882 dans une opérette de M. Varney, intitulée Coquelicot, où sa beauté fit sensation. Sous le pourpoint du page de Roméo elle était fort intimidée, et le petit volume de sa voix ne lui permettait guère de briller au premier rang ; du moins son nom doit-il être rappelé comme celui d'une des plus jolies femmes qui aient appartenu à l'Opéra-Comique.

(Albert Soubies et Charles Malherbe, Histoire de l'Opéra-Comique, la Seconde Salle Favart 1860-1887, 1893)

 

 

 

 

 

 

 

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