Antoinette ARNAUD

 

Antoinette Arnaud en 1876 [photo Franck]

 

 

Marie-Antoinette ARNAUD dite Antoinette ARNAUD

 

soprano français

(Lyon, Rhône, 07 novembre 1845* Vincennes, Seine [auj. Val-de-Marne], 26 novembre 1905*)

 

Fille de Jean-Baptiste ARNAUD (Bourg-Argental, Loire, 12 mars 1810* – 3 rue Laval prolongée, Paris 9e, 23 janvier 1868*), menuisier [fils de Jean-Louis ARNAUD (1773 – La Versanne, Loire, 12 décembre 1844*), voiturier puis cultivateur], et de Marie FAYE (Saint-Just-en-Chevalet, Loire, 29 avril 1817* ap. 1878), domestique, mariés à Lyon le 05 février 1842*.

Epouse à Paris 9e le 03 juin 1878* Jean Marie SANDIER (Vénissieux, Rhône, 08 mars 1853* – Le Mans, Sarthe, 11 avril 1910), lieutenant puis colonel du génie, chevalier de la Légion d’honneur le 08 octobre 1889.

Parents de Jeanne Marie Louise SANDIER (Orléans, Loiret, 24 décembre 1883* – Brienon-sur-Armançon, Yonne, 25 août 1971) [épouse à Vincennes le 03 octobre 1906* Léon Marie Gustave MOREAU (Brienon-sur-Armançon, 03 août 1880 Brienon-sur-Armançon, 29 décembre 1972), banquier.

 

 

Elève de Caroline Duprez, elle chanta à l’Opéra-Comique qu’elle quitta pour créer le 24 octobre 1865 Jeanne Darc (Perrine) de Gilbert Louis Duprez au Grand-Théâtre-Parisien. Elle fit ensuite partie de la troupe des Fantaisies-Parisiennes, où elle créa le 23 mai 1866 le Chevalier Lubin (la comtesse Rosine) d’Adrien Boieldieu ; le 29 novembre 1866 le Chanteur florentin de Jules Duprato ; le 06 juin 1867 l'Oie du Caire (Isabelle) de Mozart ; le 03 février 1868 la Croisade des Dames de Franz Schubert [version française de Victor Wilder]. Elle débuta le 04 octobre 1868 à l’Opéra de Paris. En 1878, elle abandonna le chant pour se marier.

En 1878, elle habitait 34 rue Condorcet à Paris 9e. Elle est décédée en 1905 à soixante ans, au Vieux Fort de Vincennes où elle était domiciliée. Elle est enterrée au cimetière de Montmartre (29e division).

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle débuta à la 2e salle Favart vers la fin de l’année 1864.

 

Elle y créa le 08 mars 1865 le Saphir (le page Raymond) de Félicien David.

 

Elle y chanta Maître Pathelin ; le Maçon ; les Mousquetaires de la Reine.

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle débuta salle Le Peletier le 04 octobre 1868 dans l’Africaine (Anna).

 

Elle y créa le 10 janvier 1873 la Coupe du roi de Thulé (une Sirène) d’Eugène Diaz.

 

Elle y chanta Faust (Siebel, 100e, 06 septembre 1869) ; la Favorite (Inès, 18 octobre 1869) ; la Muette de Portici (Elvire, 1870) ; Don Juan (Zerline, 1870) ; les Huguenots (Urbain, 500e, 24 avril 1872) ; le Prophète (Bertha, 18 septembre 1872) ; le Freischütz (Annette, 100e, 30 juin 1873) ; la Juive (Eudoxie, 1873).

 

Elle chanta au Palais Garnier la Favorite (Inès, 25 janvier 1875) ; Faust (Siebel) ; le Prophète (Bertha) ; le Freischütz (Annette) ; Guillaume Tell (Jemmy, 26 février 1875) ; les Huguenots (Urbain) ; la Juive (Eudoxie) ; Robert le Diable (Isabelle). Elle y chanta pour la dernière fois le 29 mai 1878 dans Faust (Siebel).

 

 

 

 

 

Antoinette Arnaud en 1874

 

 

 

Académie nationale de musique. Le Prophète. Mercredi 18 septembre.

Mlle Antoinette Arnaud a chanté pour la première fois, et avec un très grand et très légitime succès le rôle ingrat, difficile, mal écrit de Bertha ; elle l’a interprété de manière à ce que l’on n’ose plus le lui disputer. Nous regrettons pourtant que l’adorable soprano de Mlle Arnaud soit condamné à la fatigue de ce rôle scabreux. Nous espérons, dans l’intérêt des plaisirs du public, que M. le directeur de l’Opéra récompensera sa jeune pensionnaire, en lui donnant en toute propriété le rôle tout de charme et de séduction (de la reine Marguerite des Huguenots), qui sont les qualités dominantes de cette toute charmante et toute gracieuse prima donna. La magnifique interprétation du rôle de Bertha, par Mlle Arnaud, nous fait espérer que nous ne l’entendrons plus glapir, crier et zézayer par Mlle Mauduit…

 

(l’Europe artiste, 22 septembre 1872)

 

 

 

 

 

Cette biographie sera courte cette fois : la jeunesse a le ravissant privilège de n'avoir pas d'histoire, elle est séduction et promesse, faut-il lui en demander davantage ?

Mlle Marie-Antoinette Arnaud, de l'Opéra, est jeune, bien jeune, et déjà elle est presque au premier rang. Élève de Mme Van den Heuvel et de Duprez son père, elle a puisé à ces deux sources vives les grands principes de l'art lyrique sans lesquels il n'y a pas de carrière possible.

Elle a débuté modestement sur la modeste petite scène des Fantaisies-Parisiennes. Jeune, jolie et déjà du talent, elle fit sensation et dut jouer souvent et beaucoup. Elle eut de ravissantes créations : les Oreilles de Midas, le Chevalier Lubin, l’Oie du Caire, qui la firent remarquer ; mais elle fut tout à fait mise en évidence par deux reprises importantes : les Rosières, d'Hérold, et le Déserteur, de Monsigny.

En 1869, M. Émile Perrin, alors directeur de l'Académie nationale de musique, ayant deviné tout le parti que son théâtre pourrait tirer de Mlle Arnaud, l'engagea.

Une fois attachée à notre première scène, la jeune artiste se mit à travailler activement les chanteuses légères, afin d'être prête à remplacer au besoin celle de ses camarades qu'une indisposition mettrait dans l'impossibilité de jouer. C'est ainsi qu'après avoir débuté par la suivante de l'Africaine, et l'enfant de chœur du Prophète, Mlle Arnaud s'est fait entendre dans le page des Huguenots, et dans Zerline, de Don Juan, après le départ de Mme Carvalho.

Après avoir succédé à Mme Carvalho, Mlle Arnaud pouvait prétendre à tout. En effet, elle marcha rapidement. La Favorite, la Muette, l’Africaine, ont permis d'applaudir tour à tour Siebel, Marguerite, Jemmy et Inès.

Aujourd'hui, Mlle Arnaud a conquis vaillamment sa place à l'Académie nationale de musique ; elle y est applaudie, elle y est aimée, elle y est estimée !...

Si la jeune artiste n'a presque pas d'histoire, on peut dire sûrement qu'elle a beaucoup d'avenir, et nous sommes certain que d'importantes créations lui seront réservées quand le nouvel Opéra sera achevé et quand M. Halanzier ne sera plus directeur.

Si on a du plaisir à mettre le mérite en évidence, on a un réel chagrin de le voir en de si inhabiles mains.

 

(Léo de Monti, la Comédie, 28 juin 1874)

 

 

 

 

 

Il y a quelques années, Mme Vandenheuvel-Duprez, de passage à Lyon, reçut un matin la visite d'une toute jeune fille, à peine âgée de quatorze ans, et demandant à se faire entendre de l'éminente artiste. Mme Vandenheuvel se prêta de la meilleure grâce du monde aux désirs de la visiteuse. Elle lui fit chanter quelques airs, l'écouta avec attention, et, charmée de sa voix fraîche, l'engagea à venir la retrouver à Paris, où elle répondait de son avenir.

Ce jour-là, Mlle Antoinette Arnaud (c'était le nom de l'enfant) rentra toute joyeuse chez son père, un simple maître menuisier, qui gagnait tout juste de quoi nourrir sa femme et sa fille. Elle se mit au travail avec acharnement et acheva en peu de temps ses études musicales. Puis, une année ne s'était pas écoulée qu'elle partait pour Paris, le cœur plein d'espérance... et la bourse vide. Sa mère l'accompagnait.

Hélas ! si bien doué qu'on soit, on n'entre pas sans difficultés dans un théâtre, même aux appointements les plus modestes. Mme Vandenheuvel tenait d'ailleurs, avec raison, à ce que son élève ne se produisît pas trop tôt. Et le temps se passait, et le pauvre père Arnaud, resté à Lyon, travaillait nuit et jour pour subvenir à ses besoins propres et à ceux de sa femme et de sa fille.

Après bien des démarches, la jeune Antoinette obtint enfin une audition de MM. Ritt et de Leuven, alors directeurs de l'Opéra-Comique. Cette audition fut suivie de la signature d'un engagement d'un an, avec appointements de cent francs par mois. C'était maigre, mais c'était au moins un commencement.

Par malheur, Mlle Arnaud, ennuyée de ne pas jouer, rompit d'elle-même son engagement au bout de quelques mois, pour créer un petit rôle dans la Jeanne Darc, de Duprez, que montait le grand théâtre Parisien.

On sait que Jeanne Darc eut à peine vingt représentations. Le lendemain de la dernière soirée, la pauvre artiste se demandait avec inquiétude ce qu'elle allait devenir, elle et les siens, car son père et sa jeune sœur étaient venus la retrouver à Paris, quand M. Martinet, qui était en train de former une troupe pour son petit théâtre des Fantaisies-Parisiennes, lui fit offrir un engagement.

Mlle Arnaud accepta avec empressement, cela va sans dire. Elle resta deux ans chez M. Martinet, tenant l'emploi des chanteuses légères d'opéra-comique, et jouant tour à tour les Rosières, d'Hérold ; le Déserteur, de Monsigny ; l’Oie du Caire, de Mozart. Le présent se faisait moins sombre, l'avenir se présentait plus riant. Il semblait que la jeune artiste n'eût désormais qu'à laisser venir à elle tous les succès et tous les bonheurs, quand un chagrin inattendu la frappa. Son père mourut presque subitement au commencement de janvier 1868.

A ce moment, les relations existantes entre Mlle Arnaud et son directeur, M. Martinet, commençaient à être un peu tendues. M. Perrin, qui avait depuis longtemps jeté les yeux sur la jeune artiste, profita de ce désaccord pour lui offrir un engagement. Un procès s'ensuivit, procès perdu par M. Martinet et gagné par Mlle Arnaud, qui entra victorieuse à l'Opéra, où elle commença par jouer les seconds rôles : la suivante, de l’Africaine ; l'enfant de chœur, du Prophète, et Inès, de la Favorite.

Dans l'intervalle, M. Halanzier avait succédé à M. Perrin comme directeur de l'Opéra. Avec la nouvelle direction, Mlle Arnaud aborda les premiers rôles, qu'elle joua tous sans répétition et au pied-levé : le page, des Huguenots ; Zerline, de Don Juan ; Elvire, de la Muette ; Eudoxie, de la Juive ; Siebel, de Faust ; Isabelle, de Robert le Diable ; Bertha, du Prophète ; Jenny, de Guillaume Tell ; Marguerite, de Faust ; Annette, du Freyschutz ; et enfin, tout dernièrement, Inès, de l'Africaine.

On voit que la petite élève de Mme Vandenheuvel-Duprez a fait son chemin.

 

(T. Faucon, le Nouvel Opéra, 1875)

 

 

 

 

 

Marie-Antoinette Arnaud est née à Lyon, où son père exerçait la profession de maître menuisier.

Douée, dès l'enfance, d'une voix agile et étendue, elle fut présentée à Caroline Duprez, lors d'un passage à Lyon de la célèbre cantatrice. Celle-ci, lui ayant reconnu de réels moyens, engagea la famille à la faire travailler sérieusement, promettant de s'occuper plus tard, directement, de la jeune élève, si elle tenait les promesses qu'elle laissait entrevoir.

Les études de Marie-Antoinette Arnaud furent alors confiées à deux excellents artistes du Grand-Théâtre de la ville : Fouet, maître du chant, et Dutertre, premier harpiste.

Une fois en possession des connaissances élémentaires de l'art du chant, Mlle Arnaud vint à Paris trouver sa protectrice qui la fit entrer dans l'école de son père, tout en lui donnant, spécialement, des leçons de chant.

A pareille école, on devient vite musicien, et, grâce à ses dispositions naturelles, la jeune artiste ne tarda pas à compter parmi les meilleurs élèves de Duprez.

Vers la fin de l'année 1864, le maître la présentait à l'Opéra-Comique où elle fit ses premières apparitions dans une création : le rôle du petit page dans le Saphir de Félicien David, et dans Maître Pathelin, le Maçon et les Mousquetaires de la Reine.

Bientôt après, Duprez réclamait son talent pour lui-même dans une bataille qu'il allait livrer, comme compositeur, sur le Grand-Théâtre-Parisien, avec son opéra de Jeanne Darc.

La première représentation de cet ouvrage eut lieu le 10 octobre 1865 et restera au nombre des plus curieuses qui se puissent citer.

Après un prologue écouté religieusement par la salle entière, toute disposée en faveur du célèbre artiste qui fut le plus grand acteur lyrique de son temps, le premier acte commence sans révéler, chez le musicien, des qualités bien originales ; puis après un duo où un jeune ténor, Ulysse Duwast, donne des notes tout simplement délicieuses, apparaît Jeanne d'Arc, sous les traits de Mlle Brunetti.

On fait aussitôt silence. Mais, ô fatalité ! Jeanne pose la main sur son cœur et disparaît. La toile baisse et le public attend, assez désappointé. Alors commence une série d'apparitions du régisseur qui, de cinq minutes en cinq minutes, vient faire des annonces, spécifiant d'abord que Mlle Brunetti « subitement indisposée, est entourée de plusieurs médecins, et qu'on espère, dans quelques minutes, pouvoir continuer la représentation » ; puis se terminant par cette dernière :

« Messieurs et Mesdames, Mlle Brunetti étant dans l'impossibilité de reparaître, Mademoiselle Antoinette, qui a suivi le rôle aux répétitions, veut bien se charger de la suppléer. »

Or, Mademoiselle Antoinette n'était autre que Mlle Arnaud, chargée elle‑même, dans cette pièce, d'un rôle, celui de la sœur de Jeanne d'Arc. Mlle Arnaud commença là un métier que nous lui verrons faire souvent, avec honneur, dans sa carrière, celui de sauver les représentations compromises, en jouant au pied-levé les rôles les plus divers. Cela prouve inévitablement, n'est-ce pas ? qu'elle est excellente musicienne.

Voilà donc Mlle Arnaud qui s'apprête à jouer Jeanne d'Arc ; mais le public, mis en belle humeur, par le régisseur d'abord, et ensuite au second acte par un duo entre Dunois et Xaintrailles, enlevé avec force ut dièse par ce dernier, se laisse aller à des rires déplacés qui ne s'arrêtent que lorsque le chef d'orchestre, M. Matton, ne trouvant pas sans doute l'exécution suffisante, eut tiré la sonnette du rideau et abandonné sa place au milieu des chants de la scène et de la salle.

L'opéra de Jeanne Darc, repris le surlendemain, fut joué une vingtaine de fois, puis Duprez résilia tous les engagements. Mlle Arnaud répétait alors Rosine du Barbier de Séville qui devait se jouer le lendemain, quand la fermeture du théâtre arrêta momentanément son véritable début.

Engagée par M. Martinet aux Fantaisies-Parisiennes, Mlle Arnaud y débuta, en 1866, dans les Oreilles de Mydas, le Chevalier Lubin (deux créations), et dans Avant la Noce, ouvrage créé aux Bouffes par Mme Berthelier. Elle joua successivement, à ce théâtre, dans les Rosières, d’Hérold, le Déserteur, le Chanteur florentin, Sacripant, l'Arbre enchanté, de Gluck, l'Oie du Caire, la Croisade des Dames, de Schubert.

Comme on peut le voir par la nature de ces ouvrages et le nom des compositeurs qui les ont écrits, on jouait alors sur cette petite scène de véritables œuvres lyriques, réclamant des chanteurs de bonne école.

Une grave discussion terminée par un jugement contre M. Martinet, jugement qui fit beaucoup de bruit en ce temps-là, fit partir Mlle Arnaud des Fantaisies-Parisiennes. M. Perrin, alors directeur de l'Opéra, lui donna deux auditions à son théâtre en mai 1868, après lesquelles il lui signa un engagement, de trois années, du 1er juin 1868 au 31 mars 1871. Cet engagement a toujours été renouvelé par M. Halanzier, et depuis huit ans, Mlle Arnaud compte parmi les pensionnaires les plus utiles de l'Opéra.

Ana, de l'Africaine, une dame d'honneur dans les Huguenots, un enfant de chœur dans le Prophète, tels furent les trois premiers pas, sur cette vaste scène, de la prima-donna du petit théâtre du boulevard des Italiens. Mais, le 19 juillet 1869, le page des Huguenots vint lui permettre de montrer ses qualités précieuses de vocalisation, et révéla, du même coup, de quelle ressource elle allait être dans l'emploi des travestis, si difficiles à tenir à l'Opéra, et dont l'importance est cependant si grande, puisque trois des principaux chefs-d'œuvre : les Huguenots, Guillaume Tell et Faust contiennent chacun un rôle de ce genre très populaire : le Page, Jemmy et Siebel. Or, pour tenir ces personnages, il faut non seulement de la voix et du talent, mais posséder encore des formes gracieuses et élégantes.

Inès, de la Favorite, Zerline, de Don Juan, Elvire, de la Muette, complétèrent les représentations de Mlle Arnaud jusqu'au 5 septembre 1870, époque où M. Perrin résilia tous les engagements.

Les artistes de l'Opéra se réunirent alors en société. Pendant la durée du siège et même durant la Commune, ils donnèrent des concerts, puis ouvrirent les portes de l'Opéra le 11 juillet 1871 par une reprise de la Muette. Mlle Arnaud joua successivement : Elvire, de cet opéra, Eudoxie, de la Juive ; Siebel, de Faust, et Isabelle, de Robert-le-Diable. Ce dernier rôle, enlevé sans répétition aucune, lui valut une lettre touchante du Comité-Directeur.

La Société termina ses représentations le 31 octobre 1871. M. Halanzier prit en main les rênes de l'Opéra le 1er novembre et conserva naturellement Mlle Arnaud parmi ses pensionnaires, en élevant ses appointements.

Jemmy de Guillaume Tell, Bertha du Prophète, Marguerite de Faust, jouée encore à l'improviste le jour de la mort du père de Mlle Fidès-Devriès, la Coupe du roi de Thulé, Annette du Freyschütz, Inès de l'Africaine, achevèrent de mettre Mlle Arnaud en possession de tous les rôles de son emploi.

C'est le 15 septembre 1873 qu'elle avait joué, pour la première fois, Inès ; le lendemain la salle de la rue Le Peletier brûlait et l'Opéra allait chercher un refuge à la salle Ventadour.

Mlle Arnaud continua à tenir, sur cette scène, ses mêmes rôles dans la Favorite, Don Juan, Guillaume et Faust. Et, depuis l'ouverture du Nouvel-Opéra, elle les remplit avec distinction, ainsi que ceux d'Eudoxie de la Juive et du page des Huguenots qu'elle partage avec Mlle Daram.

Mlle Arnaud est excellente musicienne, possède une jolie voix claire et flexible, et vocalise avec pureté. De plus, la comédienne est à l'aise autant que la chanteuse et apporte dans la tenue des personnages qu'elle représente des qualités physiques qui, comme je le disais plus haut, sont non seulement très appréciables, mais indispensables sur une scène comme celle de l'Opéra, où le Beau doit apparaître sous toutes les formes, pour réaliser l'ensemble le plus complet qui se puisse obtenir par l'emploi de tous les arts réunis.

  

(Félix Jahyer, Paris-Théâtre 13 au 19 avril 1876)

 

 

 

 

 

Mlle Antoinette Arnaud, artiste de l’Opéra, doit épouser, à la fin de son engagement à l’Opéra, qui expire le 1er juin prochain, un capitaine d’infanterie, et quittera désormais le théâtre.

 

(le Gaulois, 01 mars 1878)

 

 

 

 

 

 

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