Jeanne MARIÉ DE L'ISLE

 

Jeanne Marié de l'Isle dans Carmen (Carmen) [photo Reutlinger]

 

 

Louise Jeanne BEUGNION dite Jeanne MARIÉ DE L'ISLE

 

mezzo-soprano français

(1 rue Ramey, Paris 18e, 23 novembre 1872* 134 rue Blomet, Paris 15e, 05 février 1928*)

 

Fille de Marie Marguerite Désirée MARIÉ DE L’ISLE (Montmartre, Seine [auj. à Paris 18e], 06 avril 1851 ) [fille de Jean-Baptiste MARIÉ DE L’ISLE (frère de Mécène MARIÉ, ténor)], et de Henri Nicolas BEUGNION (Paris, 12 février 1844 ) tapissier, mariés à Paris 18e le 08 février 1872*.

 

 

Sa mère était la nièce du ténor Marié de l’Isle et la cousine des cantatrices Galli-Marié, Irma Marié et Paola Marié. Jeanne Marié de l’Isle étudia avec le baryton Maurice Jacquet. Elle débuta en 1896 à Versailles dans les Dragons de Villars. Puis elle fit l’essentiel de sa carrière à l’Opéra-Comique, de 1896 à 1917, où elle fut notamment remarquée en avril 1903 dans le rôle de Charlotte aux côtés de Léon Beyle, lors de la nouvelle production de Werther. En 1922, elle était professeur de chant à l’Ecole Normale de Musique de Paris, et donnait des cours et leçons particulières.

En 1902, elle habitait 1 rue Bleue à Paris 10e ; en 1907, 30 rue du Rocher à Paris 8e ; en 1922, 26 rue du Rocher à Paris 8e, où elle était domiciliée lors de son décès. Elle est décédée célibataire.

 

=> sa discographie

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle débuta le 02 décembre 1896 dans Lakmé (Mallika).

 

Elle créa le 24 mai 1899 Cendrillon (Dorothée) de Jules Massenet ; le 02 février 1900 Louise (Camille) de Gustave Charpentier ; le 14 juillet 1900 la Marseillaise (Madame de Dietrich) de Lucien Lambert ; le 07 février 1901 l’Intermezzo de Gaston Lemaire ; le 16 décembre 1902 la Carmélite (la Reine) de Reynaldo Hahn.

 

Elle participa à la première le 22 mai 1908 de Snégourotchka (Fée Printemps) de Rimski-Korsakov [version française de Pierre Lalo].

 

Elle chanta Carmen (Mercédès, Carmen) ; Cavalleria rusticana (Santuzza) ; les Dragons de Villars (Rose Friquet) ; Hansel et Gretel (Fée Grignotte) ; Joseph (jeune fille) ; Louise (la Mère) ; Manon (Javotte) ; le Médecin malgré lui (Martine) ; Mignon (Mignon) ; Mireille (Taven) ; le Roi l'a dit (Angélique) ; Sapho de Massenet (Divonne) ; la Servante maîtresse (Zerline) ; les Visitandines (la Tourière) ; Werther (Charlotte) ; Xavière (Benoîte).

 

 

 

 

 

Jeanne Marié de l'Isle, photo Ouvière

 

 

 

 

Jeanne Marié de l'Isle dans Werther (Charlotte) [photo Reutlinger]

 

 

 

 

Les gloires du chant : Jeanne Marié de l'Isle.

Il est extrêmement rare que l'harmonie soit parfaite entre l'exemple et le précepte, et l'on a vu de très grands artistes faire de médiocres ou de fâcheux professeurs, tandis que d'autres, plus conscients, plus prudents aussi, se sont toujours refusés à l'être. Ces réflexions me venaient à l’esprit en assistant à l'un des cours que donne Mlle Marié de l'Isle à tout un groupe de jeunes filles, qui forment, sous sa direction, comme une classe, non d'ensemble, mais d'émulation et d'exemples réciproques.

Ici, vraiment, l'accord était complet entre l'enseignement et la personnalité artistique de celle qui le donnait. Non pas que ces élèves fussent, comme on dit, coulées dans le même moule ; au contraire, si une marque pouvait les apparenter, on l'eût plutôt reconnue dans la variété et la simplicité de leur style. Et n'est-ce pas, justement, les qualités maîtresses que nous avons toujours applaudies chez l'artiste si vraie, si simple, si inventive et si souple qui fut Charlotte et Carmen, Mignon et Taven, Rose Friquet et Marie-Magdeleine ?

Sa carrière seule est déjà un enseignement, une leçon de travail, de persévérance et de compréhension artistique. Elle n'a pas toujours été heureuse : les luttes et la déception y ont alterné avec les satisfactions ; mais celles-ci furent grandes et celles-là furent courageusement subies.

Je ne connais pas d'artiste pour qui l'étude même de son art soit, à ce point, un soutien et une joie inaltérables... Au fait, c'est bien ce qui, de bonne heure, l'a engagée à accepter des élèves. D'ordinaire, professer c'est un peu abdiquer, et ni les moyens ni l'âge de Mlle Marié de l'Isle n'ont aucune raison d'abdiquer. Mais pour cette grande artiste, analyser, la beauté, les ressources, les conditions techniques de la voix et du chant et offrir à d'autres les fruits de son expérience et de son goût, c'est plus qu'une joie, c'est comme un besoin instinctif.

Elle était née pour cet art ; elle l'avait, comme on dit, dans le sang. N'est-elle pas petite nièce de ce Marié, ténor et baryton tour à tour, qui créa Freischütz à l'Opéra et y fut si longtemps l'émule de Duprez lorsqu’il n'était pas son partenaire, Arnold ou Guillaume, Raoul ou Nevers ? tempérament chaleureux et instinctif, musicien excellent, compositeur à l'occasion, fondateur de sociétés chorales... ; et par conséquent proche cousine de cette vibrante et souple Galli-Marié dont elle a hérité, sur la même scène, quelques-uns des principaux rôles ?

Aussi ses années d'apprentissage, ses premières années de théâtre, témoignent d'une grande volonté, d'un acharnement au travail, d'un entraînement raisonné, qui déjà étaient des plus intéressants à suivre. Dès l'abord, c'est une désillusion : elle était entrée an Conservatoire, mais trop jeune et avec des moyens encore insuffisamment développés. En un rien de temps, cette voix à peine éclose semble brisée, éteinte... Quel parti prendre ? Tout abandonner ? Mais non, l'organe était à « rebouter » mais pouvait renaître. Le hasard en fit juges deux maîtres modestes mais singulièrement pénétrants : M. et Mme Maurice Jacquet : ils l'entreprirent.

Et de par cette éducation complète, non seulement de l'organe et de sa technique, mais de l'intelligence artistique, de l'observation, du goût, Mlle Marié de l'Isle ne tarda pas à se retrouver elle-même, et désormais en mesure de se faire une place dans la carrière. Si l'on en juge par les résultats, on ne saurait trop louer de tels enseignements, basés sur un exercice naturel, un entraînement normal, simple, vrai.

C’est au théâtre de Versailles et sur quelques scènes de province que la jeune artiste en herbe fit ses premières armes. Du premier coup, elle se choisit plusieurs de ses rôles types, qu'elle devait plus tard pousser si loin : Rose Friquet des Dragons de Villars, Mignon, la vieille Taven et le petit berger de Mireille. A cette époque, elle cherchait encore un peu sa vraie voix, et, le répertoire de mezzo étant assez restreint, ne craignait pas de l'essayer dans celui de soprano : Mireille elle-même, Marguerite de Faust, les Noces de Jeannette, le Domino noir, le Chalet, la Dame blanche la firent applaudir ça et là. Elle y renonça, ou peu s'en faut, le jour où elle fut attachée d'une façon définitive à la scène qui devait le mieux mettre en valeur son talent de chanteuse, son originalité de comédienne : l'Opéra-Comique. Son engagement est un des derniers qu'ait faits Carvalho, mais M. Albert Carré ne fut pas long à deviner de quel prix serait la jeune pensionnaire, à suivre avec attention ses progrès, à confirmer par d'importants rôles la confiance qu'il avait conçue à son égard.

Elle débuta, le 2 décembre 1896, dans le doux personnage de Mallika, auprès de Marie Van Zandt, qui faisait ce soir-là une rentrée éclatante dans Lakmé. Elle incarna ensuite quelques figures secondaires, mais capables de mettre déjà en valeur une très originale personnalité de comédienne : la touchante Annette de Kermaria, le gentil Daphnis de Daphnis et Chloé, la tendre Divonne de Sapho, Téria, de l’Ile du rêve (sa première création), une pauvre folle, qui n'a qu'une scène, mais si sincère, enfin cette exquise et émouvante Rose Friquet dont elle donnait vraiment l'évocation la plus vivante, la plus spirituelle, la plus naturellement spontanée que j'aie jamais vue.

J'en passe, comme Angélique dans le Roi l’a dit, Dorothée dans Cendrillon, une jeune fille dans Joseph, Camille, de Louise, et cette spirituelle petite tourière des Visitandines, si originale qu'elle fut tout le succès de la reprise ; — comme Dietrich dans la Marseillaise — et même la repoussante sorcière Grignotte de Hansel et Gretel, l'accorte Martine du Médecin malgré lui, la touchante et si noble Reine de la Carmélite, la vibrante Santuzza de Cavalleria rusticana ou la rusée Benoîte de Xavière... Et pourtant, quelles observations attachantes ne glanerait-on pas au souvenir de ces évocations de types dont pas deux ne se ressemblent, qui presque tous contrastent comme nature, comme âge, comme esprit !

C'est que j'ai hâte d'arriver aux figures qui constituent vraiment son répertoire et qu'on ne se lassait jamais de voir vivre, aimer, souffrir avec elle, parce qu'elles étaient constamment vivantes. Une artiste, et surtout lyrique, qui ignore l'à peu près, qui ne cesse pas une minute d'être le personnage qu'elle incarne, qui ne pense en quelque sorte que par lui, qui, d'ailleurs, ne laisse rien au hasard, et dont, non pas seulement les scènes ou les pages à effet, mais les moindres gestes, les attitudes les plus banales, les mots les plus humbles sont dans une harmonie générale telle, qu'on oublie l'interprète et même le théâtre... Comme c'est rare ! Et quelle leçon pour qui voudrait bien la comprendre !

Carmen est en tête. C'est en 1899 qu'elle put s'y essayer, — c'est par centaines, depuis, que l’on compterait les représentations où elle a incarné la prestigieuse gitane, à Paris et sur plus de trente scènes de France et de l'étranger (jusqu'en Roumanie, en Grèce et dans le pays même de Carmen)... Et pour qui l'a un peu suivie, il n'est pas d'étude plus intéressante que la pénétration et l'extériorisation progressives qu'elle en a faites. Sincèrement, depuis Galli­Marié, aucune Carmen, dans sa façon d'être, de parler, d'écouter, de vivre n'a été plus complètement Carmen : une vibrante, une fataliste, au visage constamment mobile, hardie et féline, insouciante et hantée de sa destinée. Quelle minute profonde que le trio des cartes, avec elle ! Quelle puissance dans une apparente fragilité, que les scènes où elle envoûte José, où elle le brave, où elle meurt de sa main ! Au surplus, l'impression produite était telle qu'une revue l'a pressée, un jour, de prendre la plume pour analyser le personnage. On trouvera cette étude dans Musica de mai 1914 ; il n'en n'est pas qui témoigne de plus de finesse avec plus de goût.

Et voici ensuite Mignon, toute jeunesse, toute spontanéité, tendresse instinctive, rêve de poésie ; voici, ô contraste ! la Mère de Louise, si simple, si vécue, impressionnante par la seule vérité « habituelle » du geste ou du mot ; voici la vieille Taven de Mireille, une surprise et un triomphe à la reprise de 1901, maintes fois répétés depuis : du caractère sans recherche, une légèreté de diction sans rivale, un goût d'une finesse charmante ; voici Charlotte de Werther...

Celle-là, c'est un autre joyau : le plus pur sans doute ! Et c'est presque une création. Werther n'avait réussi qu'à demi et l'on ne connaissait guère la vraie Charlotte avant la reprise de 1903. Si, depuis lors, l'œuvre de Massenet n'a jamais plus quitté le répertoire, c'est bien à Mlle Marié de l’Isle qu'elle le doit. Au surplus, je tiens du Maître lui-même, longtemps après, — et je suis bien aise de le rappeler ici — cette parole sans réplique : « Oh ! celle-là, ce n'est pas seulement la meilleure Charlotte, c'est la seule ! » C'est que, une fois de plus, ce n'est plus un rôle de théâtre, c'est une femme, qui vit réellement devant nous ; c'est la grande sœur ; c'est l'épouse fidèle mais que trouble une émotion dont elle a peine à se défendre, ce sont mille nuances féminines, indiquées avec une sûreté sans défaillance. Quel poème intime et poignant que ce monologue « des lettres » et cette phrase « des larmes » au troisième acte, et quel style dans la justesse de sa mise en valeur !

Une seule création marque les dernières années de Mlle Marié de l'Isle à l'Opéra-Comique : celle de la Fée Printemps dans la Snegourotchka de Rimski-Korsakov. Ce n'est qu'une scène, une page, mais dont l'harmonie et la grâce seraient trahies par toute autre qu'une artiste de premier ordre. Même impression, dans un genre tout différent, se dégageait du personnage de la vieille Mancecca dans les Trois masques, de M. Isidore de Lara, au théâtre des Champs- Elysées, en octobre 1913. La berceuse du second acte était une merveille d'homogénéité, de sonorité ; mais le rôle était d'ailleurs si humain !

C'est à Marseille que l'artiste avait d'abord créé ce personnage si délicat. Cette ville est une de celles qui lui ont toujours fait l'accueil le plus enthousiaste et le plus compréhensif. Aussi lui a-t-elle réservé plus d'une autre « étude d'art », comme elle sait les approfondir et qu'elle n'avait pas eu occasion de faire juger du public parisien. On a gardé notamment un souvenir saisissant de l'émotion pénétrante et douloureuse qu'elle donné à la Marie-Magdeleine de Massenet, mise à la scène, de son style admirable dans Iphigénie en Tauride, de sa grâce mélancolique dans la Habanera de Laparra, de son expression profonde dans Thérèse de Massenet... Mais son répertoire, au surplus, s'est enrichi, hors Paris, d'autres rôles encore, qui ont bien leur prix et qu'il serait injuste d'omettre : celui de Toinette du Chemineau par exemple (Biarritz et Deauville) et celui de Margared du Roi d'Ys (encore à Biarritz, où elle a été souvent applaudie), l'une franche, simule, vibrante de nature, l'autre tourmentée, pleine d'amertume et de jalousie...

Mon croquis ne serait pas achevé si,  après avoir évoqué Mlle Marié de l'Isle à la scène, je ne la montrais encore au concert. Ce sont deux branches tout à fait différentes de l'art du chant et il est surprenant que si peu de personnes s'en doutent. Regardons les choses de près : de quoi est fait, au fond, l'attrait supérieur qu'offre toujours, au programme des concerts, la présence d'un artiste de théâtre ? De l'espoir qu'il régalera le public de quelques-uns de ses effets de voix qu'il fait applaudir en scène. Si bien que, s'il s'en abstient, les auditeurs n'y trouvent pas leur compte... Heureux quand ils ne lui font pas sentir leur mauvaise humeur. — Or je mets en fait que l'artiste de théâtre qui chante au concert comme sur la scène ne sait pas chanter au concert, ne se doute pas de l'art spécial qu'il a négligé de s'assimiler et qui, d'ailleurs, quoi qu'il en pense, ne lui offrirait pas moins d'effet, dans un autre genre.

Entendre Mlle Marié de l'Isle dans un des programmes qu'elle s'entend si bien à combiner, où les pages anciennes, de Monteverdi ou de Haendel, amènent si adroitement aux inspirations modernes d'un Dukas ou d'un Fauré, en puisant au passage dans les trésors classiques de Mozart, Beethoven, Schubert..., est un régal extrêmement fin et délicat, une école de style et de goût sans pareille. Il n'est rien qui fasse mieux sentir le prix de ses qualités d'artiste que, par exemple, le cycle des Amours d’une femme, de Schumann..., et tenez, voilà justement un exemple remarquable de ce qu'un artiste de théâtre peut ajouter au chant de concert..., rien qui enseigne mieux comme on peut, sans gestes et par les seules inflexions vocales, donner l'idée de toute une scène, que, par exemple, le Fédia d'Erlanger…, rien qui nous dise mieux la souplesse et l'unité de sa voix que ce petit poème épisodique étrange, pittoresque et d'un paysage si moderne : Simone, que M. H. Woolett lui a dédié.

(Henri de Curzon, Lyrica, janvier 1923)

 

 

 

 

 

 

Jeanne Marié de l'Isle dans Carmen (Carmen) en 1903

 

 

 

Jeanne Marié de l'Isle dans Carmen (Carmen) en 1903

 

 

 

Une grande artiste, qui s'était peu à peu retirée du théâtre, mais qu'on entendait encore au concert et qui tenait une première place parmi les maîtres du chant, Mlle Marié de l'Isle, vient de succomber à un empoisonnement du sang, survenu après une opération. Elle n'avait que 53 ans. Engagée à l'Opéra-Comique pendant la dernière année de Carvalho, elle y a fait toute sa carrière sous la direction de M. Albert Carré, affirmant progressivement, dans l'emploi des mezzo-sopranos, des qualités de composition, de diction, de personnalité tout a fait remarquables. Passionnée pour son art, pénétrant chacun de ses personnages d'une étude pleine de vivacité et de goût, elle relevait les moindres rôles d'un cachet de vérité extraordinaire. On se souvient encore de l'espèce de révélation que produisit son interprétation de Taven dans la grande reprise de Mireille. La souplesse de son talent était des plus rares : elle avait autant de caractère dans la sorcière de Hansel et Gretel que d'espièglerie dans la jeune bergère des Dragons de Villars, de réalisme douloureux dans la mère de Louise que de finesse moqueuse dans la Servante maîtresse, que de passion éperdue dans Cavalleria rusticana ; et quelle variété poétique et gracieuse dans Mignon ! Mais son souvenir restera surtout attaché à Carmen et à Werther. Peu de Carmen auront été aussi complètes, évoquées avec autant de style, aussi impressionnantes de vie continuelle, et, quant à Charlotte, j'entends encore Massenet déclarer : « Ce n'est pas seulement la meilleure, c'est la seule ! » Et nous savons que c'est à partir de la reprise qu'elle en fit, que l'œuvre, mal partie et délaissée, entra décidément au répertoire. Jeanne Marié de l'Isle a aussi beaucoup chanté en province, et Marseille, notamment, a acclamé son admirable Marie-Magdeleine. La dernière fois que Paris l'a entendue en scène, c'était pour une reprise des Trois Masques de M. de Lara : elle avait là une berceuse de vieille nourrice, qui valait à elle seule la représentation. C'était une diseuse de tout premier ordre, et son art du chant était la perfection même. Elle savait, de plus, l'enseigner, et d'une façon si prenante que ses élèves avaient pour elle une véritable adoration.

Elle était la petite-nièce du Marié de l'Isle qui était ténor à l'Opéra. au temps de Duprez et, par conséquent, la nièce de Galli-Marié, sa fille, dont elle devint l'émule. C'est une famille originaire de Clamecy, comme les Marié-Davy.

(Henri de Curzon, le Ménestrel, 10 février 1928)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Envoi de fleurs

mélodie (Henri Bernard / Paul Delmet)

Jeanne Marié de l'Isle et Orchestre

Zonophone X 83050, mat. 5090o, enr. à Paris en 1905

 

 

    

 

Habanera "l'Amour est un oiseau rebelle"

extrait de l'acte I de Carmen de Bizet

Jeanne Marié de l'Isle (Carmen) et Orchestre

Zonophone X 83078, mat. 5928o, enr. à Paris en 1906

 

 

    

 

Air des Cartes

extrait de l'acte III de Carmen de Bizet

Jeanne Marié de l'Isle (Carmen) et Orchestre

Zonophone X 83079, mat. 6015o, enr. à Paris en 1906

 

 

 

 

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