Émile BERTIN

 

 

 

Antoine Émile BERTIN dit Émile BERTIN

 

ténor français

(51 rue Vieille-du-Temple, Paris ancien 7e [auj. 4e], 07 mai 1847* – Paris 9e, 30 octobre 1906*)

 

Fils de Pierre Antoine BERTIN (Paris, 06 novembre 1795 [15 brumaire an IV] – Gournay-sur-Marne, Seine-et-Oise [auj. Seine-Saint-Denis], 03 janvier 1864*), débitant de tabac, et d'Amélie Eugénie DUBOIS (Paris, 10 novembre 1808 – Gournay-sur-Marne, 01 février 1874*).

Epouse à Paris 9e le 09 juillet 1872* Hyppolite Estelle MEUNIER reconnue MUNIER dite Appolline MUNIER (Paris ancien 2e, 29 septembre 1846* – ap. 1906), artiste dramatique ; parents de Marguerite Juliette BERTIN (Paris 9e, 03 décembre 1885* –).

 

 

Il a chanté à la Monnaie de Bruxelles, fit un court séjour à l'Opéra, mais l'essentiel de sa carrière s'est déroulé à l'Opéra-Comique. En 1899, il fut nommé régisseur général de l'Opéra-Comique, et, le 16 novembre 1901, professeur de déclamation lyrique (opéra-comique) au Conservatoire de Paris, postes qu'il occupa jusqu'à sa mort.

En 1872, il habitait 17 rue de Turin à Paris 8e ; en 1874, 41 rue des Martyrs à Paris 9e, où il est décédé en 1906 à cinquante-neuf ans. Il est enterré à Gournay-sur-Marne.

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 20 mai 1878 dans le Postillon de Lonjumeau (Chapelou).

 

Il y créa le 23 juin 1884 le Baiser (le Chevalier) d'Adolphe Deslandres.

 

Il y chanta la Bohème (Saint-Phar) ; le Caïd (Birotteau) ; la Carmélite (le Musicien) ; le Chalet (Daniel) ; la Dame Blanche (Georges) ; le Domino noir (Juliano) ; Carmen (le Dancaïre) ; les Dragons de Villars (Sylvain) ; la Fille de Tabarin (de Surgères) ; Fra Diavolo (Fra Diavolo) ; Galathée (Ganymède) ; Giralda ; Joseph (Nephtali) ; le Pardon de Ploërmel (Corentin) ; Philémon et Baucis (Philémon) ; le Pré-aux-Clercs (Mergy, Comminges) ; le Toréador (Tricolin) ; la Traviata (le Baron).

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta le 07 août 1879 dans Faust (Faust).

 

Il y chanta la Juive (Léopold, 1885) ; Rigoletto (le Duc, 1885).

 

 

 

 

Emile-Antoine Bertin n'a qu'un filet de voix, une voix de tenorino, mais il s'en sort avec un goût et une habileté consommés ; c'est en outre un agréable comédien qui joue avec expérience et esprit, en somme un des meilleurs artistes de l'Opéra-Comique.
Il chercha d'abord, mais sans succès à entrer au Conservatoire. Elève de Duvernoy et de Nathan, il prit des leçons de comédie avec Boudeville, puis il alla s'essayer sans bruit aux Bouffes-Parisiens. De là il s'en fut chanter l'opéra-comique à Rochefort, puis à Bruxelles où il débuta en 1875, dans le rôle de Vincent de Mireille. Il resta trois ans à la Monnaie, y chantant tout le répertoire, même celui de grand opéra.
Ses premiers débuts à l'Opéra-Comique datent du 20 mai 1878 dans le Postillon de Lonjumeau. Le succès de Bertin fut très vif, aussi bien comme chanteur que comme acteur. Cependant Bertin ne séjourna pas à ce moment plus d'un an au théâtre de M. Carvalho, et il accepta un engagement pour Marseille. Avant son départ, il chanta Faust deux fois à l'Opéra, et peu s'en fallut qu'il ne se liât alors par un engagement définitif à ce théâtre. Mais le bonheur de l'Opéra-Comique ne le voulut pas.

Le séjour de M. Bertin à Marseille fut court, mais très brillant : comme jadis à la Monnaie, il y chanta tout le répertoire : Rigoletto, la Traviata aussi bien que Faust et la Dame Blanche. Puis en juin 1882, il accepta de rentrer à l'Opéra-Comique avec un engagement de trois ans. Il s'y est fait applaudir et vivement apprécier dans Fra Diavolo, le Pré-aux-Clercs, Carmen, le Pardon de Ploërmel, etc... mais il est surtout charmant dans le Postillon de Lonjumeau. C'est le personnage où Chollet a laissé le plus de souvenirs ; Bertin le joue et le chante de telle manière qu'on peut dire que dans ce rôle l'irremplaçable Chollet est aujourd'hui remplacé.

(Georges d'Heylli, Foyers et coulisses, 1885)

 

 

Ténor léger de la bonne école. Chanteur habile, comédien possédant toutes les traditions. Il débuta à l'Opéra-Comique par Chapelou du Postillon, rôle où il est parfait. La reprise de Giralda lui valut ensuite un grand succès et il se montra dans tous les rôles de l'emploi. Aujourd'hui, il est le Couderc de la situation... autant qu'on peut être Couderc. (Anciennes éditions).

M. Bertin est aujourd'hui régisseur de la scène.

(Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899)

 

 

 

 

 

Parisien de Paris, où il est né dans la maison qu'habita Beaumarchais au Marais ; il eut, dès son enfance, le goût du théâtre. Chanta, fort jeune, de sa voix de gamin, des motets et des psaumes dans différentes églises, mais le soir, lorsqu'il pouvait s'échapper c'était à l'Opéra-Comique qu'il allait écouter le répertoire, alors en faveur, et dont Marie Cabel, Galli-Marié, Léon Achard, Montaubry, Crosti, puis Pedro Gailhard étaient les remarquables interprètes.
C'est donc là que se décida sa carrière et qu'il puisa les traditions que plus tard il devait à son tour indiquer à ses élèves.
Apres la guerre de 1870, M. Emile Bertin, doué d'une fort jolie voix, se perfectionna dans l'étude du chant avec Duvernoy dont il fut un des premiers élèves ; ses débuts eurent lieu à Bruxelles au Théâtre de la Monnaie où il fut acclamé dans le répertoire de ses rêves : le bruit de ses succès arriva aux oreilles de M. Carvalho qui, en 1878, lui ouvrit les portes de la maison où, depuis longtemps, il désirait entrer ; il partagea avec Talazac, l'emploi de premier ténor ; mais pendant que la voix de celui-ci le conduisait au drame lyrique et lui faisait faire les brillantes créations que l'on sait, Emile Bertin, ténor gracieux, restait confiné dans le répertoire dont il fut l'interprète fidèle.
Les amateurs du genre éminemment français se souviendront longtemps des succès éclatants qu'il remporta dans le Postillon de Lonjumeau, la Dame blanche, Fra Diavolo, le Pré-aux-Clercs, les Diamants de la Couronne, le Pardon de Ploërmel, et vingt autres ouvrages où il se faisait applaudir aux côtés de Fugère, Taskin, Bilbaut-Vauchelet, Alice Ducasse puis Thuillier-Leloir et Molé-Truffier.
Le drame lyrique prenant de plus en plus une place prépondérante au charmant théâtre de la place Boieldieu, M. Albert Carré, désireux de ne pas laisser oublier l'ancien répertoire, a proposé à l'interprète de tous ces ouvrages de devenir son régisseur général, afin de faire profiter de son expérience les artistes qui forment la jeune troupe de la maison ; et depuis cinq ans, M. Emile Bertin remplit ces fonctions avec la plus grande distinction.
Entre temps, il s'était adonné au professorat et bien des théâtres de France et de l'Etranger voient triompher ses élèves. Enfin, comme couronnement à cette belle carrière d'artiste : il y a trois ans, une classe de professeur d'opéra-comique au Conservatoire étant vacante, la commission supérieure des études de notre Ecole nationale proposa, à l'unanimité, à la direction des Beaux-Arts de la confier à M. Emile Bertin ; la première année des concours a justifié cet excellent choix car la classe du nouveau professeur a remporté sept récompenses sur dix élèves présentés. Parmi ceux-ci, Mlles Cortez, Van Gelder, Vergonnet, MM. Guillamat et Minvielle font maintenant partie de la troupe de l'Opéra-Comique et ont tous débuté avec succès.

Cette année encore nous devons ajouter à ces noms ceux de MM. Morati, Simard, Poumayrac et de la gracieuse Mlle Guionie.

L'excellent régisseur général et professeur est officier de l'Instruction publique depuis 1898.
(Annuaire des Artistes, 1905)

 

 

 

 

 

Les obsèques de M. Emile Bertin, régisseur général de l'Opéra-Comique, professeur au Conservatoire, seront célébrées demain jeudi, à onze heures trois quarts, en l'église Notre-Dame-de-Lorette.

On se réunira au domicile mortuaire, 41, rue des Martyrs.

Après la cérémonie religieuse, le corps sera transporté à Gournay-sur-Marne, où aura lieu l'inhumation.

(la Liberté, 01 novembre 1906)

 

 

 

 

 

 

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