Encylopédie     © l’Art Lyrique Français

ŒUVRES LYRIQUES FRANÇAISES

A   B   C   D   E   F   G   H   I   J   K   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V   W   X   Y   Z

 

P

PAR - PAU - PEI - PERV - PEU - PL - POU - PRIS

 

 

PACHA (LE)

 

Opérette en un acte, livret de Charles Nuitter, musique de Frédéric Barbier, créée aux Folies-Nouvelles en mars 1858.

 

 

PADILLO LE TAVERNIER

 

Opéra-comique en un acte, musique d’Albert Joseph Vivier, représenté au théâtre Royal de Bruxelles en mai 1857.

 

 

PADMÂVATÎ

 

Opéra-ballet en deux actes, livret de Louis Laloy (1874-1944), musique d’Albert Roussel (op. 18, composé entre 1913 et 1918).

 

Personnages : Ratan-Sen, roi de Chitoor (ténor) ; Padmâvatî, sa femme (contralto) ; Alauddin, sultan mogol de Delhi (baryton) ; le Brahmane (ténor) ; Gora, intendant du palais de Chitoor (baryton) ; Badal, émissaire de Ratan-Sen (ténor) ; Nakamti, jeune fille (mezzo-soprano) ; la Sentinelle (ténor) ; un prêtre (basse) ; deux femmes du palais (soprano et contralto) ; une femme du peuple (soprano) ; un guerrier (ténor) ; un marchand (ténor) ; un artisan (baryton) ; guerriers, prêtres, femmes du palais, la populace.

Danseurs : une femme du palais ; une esclave ; un guerrier ; Kali ; Durga ; Prithivi ; Parvati ; Uma ; Gauri.

 

L’action se déroule à Chitoor, en 1303.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 01 juin 1923. Mise en scène de Pierre Chéreau. Décors et costumes de Valdo Barbey.

Mmes LAPEYRETTE (Padmâvatî), LAVAL (Nakämti), DAGNELLY (une Femme du Peuple), MARILLIET et LALANDE (2 Femmes du Palais), DENYA (une Jeune Fille).

MM. FRANZ (Ratan-Sen), ROUARD (Alaouddin), FABERT (le Brahmane), DALERANT (Gora), PODESTA (Badal), DUBOIS (un Guerrier), SORIA (Veilleur), REGIS (un Marchand), PEYRE (un Artisan), NARÇON (un Prêtre).

Danses réglées par Léo STAATS : Mlles A. JOHNSSON (une Femme du Palais), J. SCHWARZ (une Esclave), LORCIA (Kali), BOURGAT (Douga), M. G. RICAUX (un Guerrier).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

Reprise à l’Opéra du 09 décembre 1946 (31e représentation)

Mmes Hélène BOUVIER (Padmâvatî), Renée MAHÉ (Nakämti), HAMY (une Femme du Peuple), CHABAL et DES MOUTIERS (2 Femmes du Palais), VAREZ (une Jeune Fille).

MM. Charles FRONVAL (Ratan-Sen), Marcel CLAVÈRE (Alaouddin), RAMBAUD (le Brahmane), CAMBON (Gora), DESHAYES (Badal), ROUQUETTY (un Guerrier), BREGERIE (le Veilleur), GOURGUES (un Marchand), PETITPAS (un Artisan), PHILIPPE (un Prêtre).

Danses réglées par Robert QUINAULT : Mlles KREMPFF (une Femme du Palais), G. GUILLOT (une Esclave), M. LAFON (Kali), SIANINA (Douga), M. LEGRAND (un Guerrier).

Chef d'orchestre : Maurice FRANCK

 

39e à l’Opéra, le 9 juin 1947, avec les interprètes de la reprise.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Padmâvatî : Mmes MONTFORT (1923), FROZIER-MARROT (1927).

Ratan-Sen : MM. DUTREIX (1923), VERDIERE (1927).

Alaouddin : M. MAURAN (1925).

le Brahmane : M. BASCOUL (1923).

 

39 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

PAGANINI

 

Opérette autrichienne en trois actes, livret de Paul Knepler et Béla Jenbach, musique de Franz Lehár.

 

Première représentation à Vienne, théâtre Johann Strauss, le 30 octobre 1925, avec Richard Tauber (Paganini).

 

Représenté à Paris, Gaîté-Lyrique, le 03 mars 1928, dans une version française d’André Rivoire, avec André Baugé.

 

 

PAGE (LE)

 

Opéra-comique, musique de Just, représenté à Amsterdam vers 1787.

 

 

PAGE (LE)

 

Opéra bouffe en un acte, paroles de Sacha Guitry, musique de Ludo Ratz, représenté au théâtre des Mathurins le 15 avril 1902.

 

 

PAGE DE MADAME MALBOROUGH (LE)

 

Opérette en un acte, livret d’E. Vierne [Jules Verne], musique de Frédéric Barbier, création aux Folies-Nouvelles le 28 octobre 1858. => détails

 

 

PAGES DE LOUIS XII (LES)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Villeneuve et Barrière, musique de Friedrich von Flotow, représenté sur le théâtre de la Renaissance dans le mois de février 1840. La musique de cet ouvrage a paru agréable, et on a surtout applaudi un morceau d'ensemble bien réussi dans la scène du colin-maillard.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAGODE (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, livret d’Henri Vernoy de Saint-Georges, musique de Benoît-Constant Fauconnier. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 26 septembre 1859, costumes d’Alfred Albert, avec Mlles Bousquet, Geoffroy, MM. Barielle, Troy, Jourdan.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 22 janvier 1862 avec Mmes Meyer-Boulart (Foa), Dupuy (Nididja), MM. Jourdan (Williams), Bonnefoy (le grand prêtre), Aujac (son confident).

 

« Il y a des idées neuves et originales dans cet ouvrage, et on les distingue à travers les recherches d'une ingénieuse instrumentation. Il y a même un très bon duo de deux basses, entre Fadidjou et Sanders, chanté par Barielle et Troy. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAILLASSE

 

[I Pagliacci]

Drame lyrique italien en un prologue et deux actes, livret et musique de Ruggero Leoncavallo ; version française d’Eugène Crosti.

 

Personnages : Nedda [« Colombine » dans la pièce], femme de Canio (soprano) ; Canio [« Paillasse » dans la pièce], chef de la troupe de comédiens ambulants (ténor) ; Tonio [« Taddeo » dans la pièce], un clown (baryton) ; Beppe [« Arlequin » dans la pièce], un acteur (ténor) ; Sylvio, un villageois, soupirant de Nedda (baryton) ; des villageois.

 

L’action se déroule près de Montalto, en Calabre, le jour de l’Assomption, entre 1865 et 1870.

 

Créé à Milan, Teatro dal Verme, le 21 mai 1892.

 

 

MILAN

21.05.1892

Nedda

A. STEHLE-GARBIN

 

 

Canio

F. GIRAUD

Tonio

Victor MAUREL

Chef d’orchestre

Arturo TOSCANINI

 

La version française fut créée à Bordeaux (Grand Théâtre), le 26 novembre 1894.

 

Première fois à Bruxelles, au Théâtre Royal de la Monnaie, le 13 février 1895, avec Mlle SIMONET (Nedda), MM. BONNARD (Canio), SÉGUIN (Tonio), ISOUARD (Beppe), GHASNE (Silvio).

 

Première fois à Paris, en décembre 1899, en privé, au Cercle de l'Union Artistique avec Mme DE NUOVINA (Nedda), MM. LUBERT (Canio), SEGUIN (Tonio) sous la direction de VIZENTINI.

 

Première au Théâtre National de l'Opéra (Palais Garnier) le 17 décembre 1902, dans la version française. Mise en scène d'Alexandre Lapissida. Décor de Marcel Jambon et Alexandre Bailly. Costumes de Charles Bianchini.

Mme Aïno ACKTÉ (Nedda).

MM. Jean de RESZKE (Canio), DELMAS (Tonio), LAFFITTE (Beppe), Dinh GILLY (Sylvio), GALLOIS et CANCELIER (2 Paysans).

Chef d'orchestre : Paul VIDAL

 

 

01.03.1920

46e

09.03.1927

100e

28.03.1931

116e

20.11.1936

131e

Nedda

Lucy ISNARDON

J. LAVAL

BEAUJON

NESPOULOUS

 

 

 

 

 

Canio

LAFFITTE

THILL

DE TREVI

LUCCIONI

Tonio

ROUARD

ROUARD

PERNET

PERNET

Sylvio

TEISSIE

CAMBON

CAMBON

CAMBON

Beppe

DUBOIS

SORIA

GILLES

CHASTENET

2 Paysans

EZANNO

GONGUET

GUYARD

MADLEN

GUYARD

MADLEN

ERNST

MADLEN

Chef d’orchestre

Arturo VIGNA

BÜSSER

BÜSSER

GAUBERT

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Nedda : Mmes HATTO (1902), NORIA (1903), DE LUZA (1920), HELDY (1920), DAVELLI (1923), DENYA (1923), BERTHON (1927), MORERE (1931).

Canio : MM. ROUSSELIERE (1903), ALVAREZ (1906), DARMEL (1920), LAPPAS (1920), GOFFIN (1920), RAMBAUD (1920), ANSSEAU (1923), FONTAINE (1923), PERRET (1926), KAISIN (1929).

Tonio : MM. BARTET (1902), CERDAN (1920), JOURNET (1920), VALMORAL (1921), LANTERI (1926), BROWNLEE (1934).

 

131 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

En 1910, le Metropolitan Opera venait en donner quelques représentations, en italien, au Théâtre du Châtelet.

 

 

Bordeaux

26.11.1894

Bruxelles

12.02.1895

Cercle Union

12.1899

Opéra-Comique

13.01.1910

Châtelet

23.05.1910

Nedda

Jane PERNYN

SIMONNET

DE NUOVINA

LAMARE

ALTEN

 

 

 

 

 

 

Canio

VILLA

BONNARD

LUBERT

SALIGNAC

CARUSO

Tonio

CLAVERIE

SEGUIN

SEGUIN

ALBERS

AMATO

Chef d’orchestre

HARING

Ph. FLON

VIZENTINI

HASSELMANS

PODESTI

 

Première à l'Opéra-Comique le 13 janvier 1910. Version française. Mise en scène d’Albert Carré.

 

 

13.01.1910

Opéra-Comique

(1e)

14.03.1915

Opéra-Comique

(9e)

31.05.1917

Opéra-Comique

(50e)

17.06.1922

Opéra-Comique

(100e)

06.08.1922

Opéra-Comique

 

05.06.1924

Opéra-Comique

 

04.04.1929

Opéra-Comique

 

20.06.1933

Opéra-Comique

 

Nedda

Berthe LAMARE

E. BRUNLET

M. MATHIEU

DI GASTARDI

SAIMAN

Julienne MARCHAL

Madeleine MATHIEU

Maguy GONDY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Canio

Thomas SALIGNAC

FONTAINE

DARMEL

M. OGER

ROGATCHEWSKY

Jean MARNY

RAZAVET

Raoul GIRARD

Tonio

Henri ALBERS

BOULOGNE

H. ALBERS

J. LAFONT

Dinh GILLY

André ALLARD

André ALLARD

L. MUSY

Beppe

CAZENEUVE

BERTHAUD

DE CREUS

V. PUJOL

V. PUJOL

DE CREUS

V. PUJOL

V. PUJOL

Sylvio

VIGNEAU

BELLET

A. BAUGÉ

SAUVAGEOT

GOAVEC

GOAVEC

GAUDIN

PAYEN

Paysan

DONVAL

DONVAL

MAURETTE

ÉLOI

POUJOLS

ÉLOI

ÉLOI

LANGLET

Paysan

Louis VAURS

H. AUDOIN

BRUN

FEINER

BRUN

BRUN

BRUN

POUJOLS

Chef d'orchestre

Louis HASSELMANS

P. VIDAL

P. VIDAL

ARCHAINBAUD

ARCHAINBAUD

ARCHAINBAUD

Elie COHEN

Elie COHEN

 

 

 

26.06.1945

Opéra-Comique

(460e)

19.11.1954*

Opéra-Comique

(544e)

05.01.1955*

Opéra-Comique

(550e)

24.04.1960*

Opéra-Comique

(594e)

15.02.1966*

Opéra-Comique

(670e)

Nedda

Geori BOUÉ

Ginette CLAVERIE

Ginette CLAVERIE

Andréa GUIOT

Christiane CASTELLI

 

 

 

 

 

 

Canio

LUCCIONI

Raoul JOBIN

Raoul JOBIN

Tony PONCET

Paul FINEL

Tonio

L. MUSY

Jean BORTHAYRE

Jean BORTHAYRE

Jean BORTHAYRE

Jean BORTHAYRE

Beppe

P. FOUCHY

Serge RALLIER

Victor BONOMO

Pierre GIANNOTTI

André MALLABRERA

Sylvio

R. JEANTET

R. JEANTET

R. JEANTET

Robert MASSARD

Yves BISSON

Paysan

DUFONT

Alain VANZO

André DRAN

Georges DAUM

Michel LECOCQ

Paysan

POUJOLS

Charles DAGUERRESSAR

Charles DAGUERRESSAR

André DAUMAS

Georges DAUM

Chef d'orchestre

DESORMIÈRE

Pierre CRUCHON

Pierre CRUCHON

Jésus ETCHEVERRY

Jésus ETCHEVERRY

 

* Maquettes et décors de Raymond Deshays. Maquettes des costumes de Raymond Fost exécutés par Thérèse Marjollet dans les Ateliers de l'Opéra-Comique. Coiffures de Thérèse Peter. Mise en scène de Louis Musy.

 

477 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 5 en 1951, 10 en 1952, 9 en 1953, 20 en 1954, 12 en 1955, 11 en 1956, 15 en 1957, 4 en 1958, 3 en 1959, 16 en 1960, 18 en 1961, 18 en 1962, 10 en 1963, 4 en 1964, 10 en 1965, 6 en 1966, 1 en 1967, 3 en 1969, 12 en 1970, 3 en 1971, soit 667 au 31.12.1972.

 

« C'était le début à la scène d'un jeune compositeur de trente-deux ans, qui se faisait en même temps son librettiste. Le sujet de son opéra était le même que celui d'une pièce que M. Catulle Mendès avait fait représenter il y a quelques années. Aussi celui-ci réclama-t-il par la voix de la presse, et même devant la Société des auteurs, dans le but d'empêcher en France les représentations possibles de l'œuvre de son confrère italien. Celui-ci se défendit en déclarant que ce sujet avait été traité bien avant M. Catulle Mendès, et que par conséquent il ne lui appartenait pas en propre. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage obtint à Milan un succès éclatant, qui bientôt se répandit par toute l'Italie. Le livret, très dramatique, excitait un vif intérêt, et la musique, brutale, parfois un peu vulgaire, mais pathétique et empreinte d'un véritable sentiment scénique, emportait les suffrages du public et même ceux de la critique, bien que celle-ci ne se fit pas faute d'exprimer d'importantes réserves. Une excellente interprétation, en tête de laquelle il faut citer surtout notre compatriote M. Maurel et Mme Stehle, chargés des deux rôles principaux, ne fut pas étrangère au succès initial, qui, après s'être reproduit sur la plupart des scènes italiennes, gagna ensuite l'Allemagne, la Belgique et même la France, car l'opéra de M. Leoncavallo a été joué et applaudi dans plusieurs de nos villes de province. A l'heure présente, M. Leoncavallo est un des jeunes musiciens sur lesquels l'Italie se croit le plus en droit de compter pour l'avenir. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PAILLE D'AVOINE

 

Opérette en un acte, livret d'Adolphe Jaime, Rozale et Alphonse Lemonnier, musique de Robert Planquette, représentée au théâtre de la Porte-Saint-Denis le 13 octobre 1877 ; chantée par Mme Matz-Ferrare.

 

 

PAIN BIS (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Léon Brunswick et Arthur de Beauplan, musique de Théodore Dubois. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 26 février 1879, costumes de Théophile Thomas, avec Mlles Ducasse, Chevalier, MM. Barnolt, Fugère.

 

« L'idée n'est pas neuve. Daniel le brasseur est entretenu par sa femme Charlotte dans une oisiveté complète, de peur qu'il ne lui arrive de quitter ses jupons, tandis qu'elle fait tout l'ouvrage de la maison. Sa servante, une Lilloise, traite autrement Séraphin, son amoureux ; elle se croise les bras et fait suer sang et eau le pauvre garçon. Daniel s'ennuie et fait la cour à la servante. Pour lui plaire, il subit tous ses caprices, tire les seaux d'eau, porte le bois, etc. Charlotte s'aperçoit de sa fausse manœuvre et, après une explication conjugale assez orageuse, remet les rôles à leur place. Tout cela est, en somme, assez vulgaire. La musique est travaillée et offre une quantité de détails ingénieux et élégants, sans toutefois faire preuve d'une inspiration soutenue. L'instrumentation joue un rôle trop prépondérant. On peut signaler l'air de Daniel, J'ai pour femme un trésor, et le quatuor final. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PAIX (LA)

 

Opéra-ballet en trois actes et prologue, par Roy, musique de Rebel et Francœur, représenté à l'Opéra le 29 mai 1738.

 

 

PAIX ARMÉE (LA)

 

Opérette en un acte, musique de Jules Costé, représentée à Paris, Cercle de l’Union artistique le 16 avril 1868.

 

 

PAIX ET L'AMOUR (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Lemière de Corvey, représenté au théâtre Molière, à Paris, en 1798.

 

 

PAIX ET LIBERTÉ !

 

Cantate scénique, musique de Jules Massenet, exécutée au Théâtre-Lyrique le 15 août 1867.

 

 

PALADINS (LES)

 

Opéra-ballet en trois actes, livret de Jean-François Duplat de Monticourt, musique de Jean-Philippe Rameau.

 

Première représentation à l'Académie royale de musique (1re salle du Palais-Royal), le 12 février 1760 sous la direction de Pierre Montan Berton.

 

« Cet ouvrage n'eut que quelques représentations. Rameau prétendit qu'on n'avait pas eu le temps de goûter sa musique, et se servit de cette expression : « La poire n'est pas mûre. » Une actrice, Mlle Carton, répondit : « Cela ne l'a pourtant pas empêchée de tomber. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PALESTRINA

 

Légende musicale en trois actes, poème et musique de Hans Pfitzner.

 

Personnages : le pape Pie IV (basse) ; Giovanni Marone et Bernardo Novagerio, légats du pape (baryton et ténor) ; le cardinal Christoph Madruscht, prince évêque de Trente (basse) ; Carlo Borromeo, cardinal romain (baryton) ; le cardinal de Lorraine (basse) ; Abdisu, patriarche d’Assyrie (ténor) ; Anton Brus de Muglotz, archevêque de Prague (basse) ; le comte Luna, envoyé du roi d’Espagne (baryton) ; l’évêque de Budoja (ténor) ; Theophilus, évêque d’Imola (ténor) ; l’évêque de Cadix (baryton-basse) ; Palestrina, maître de chapelle de l’église Sainte-Marie-Majeure de Rome (ténor) ; Igino, son fils (soprano) ; Silla, son élève (mezzo-soprano) ; l’évêque Ercole Severolus, maître des cérémonies au concile de Trente (baryton-basse).

 

L’action se déroule à Rome et à Trente, en novembre et décembre 1563, l’année de la fin du concile.

 

Créée à Munich, Prinzezgententheater, le 12 juin 1917, dans une mise en scène de Hans PFITZNER qui dirigea la représentation du 11 septembre.

Mmes Maria IVOGUN (Ighino), Emmy KRUGER (Silla).

MM. Karl ERB (Palestrina), Fritz FEINHALS (Carlo Borromeo), Paul KUHN (Bernardo Novagiero), Frederic BRODERSEN (Cardinal Morone), Paul BENDER (le Pape Pie IV), Léo SCHUTZENDORF (Graf Lune).

Chef d'orchestre : Bruno WALTER

 

Première fois à Paris, au Palais Garnier, dans la traduction française de Roger Fernay, le 30 mars 1942 — Décors et costumes dessinés par Adolf Mahnke — Mise en scène de Bruno VON NIESSEN.

Mmes COURTIN (Ighino), SCHENNEBERG (Silla), LEFORT (le Spectre de Lucrèce), SAINT-ARNAUD (un Jeune Docteur, un Ange), MAHE et HAMY (2 Anges).

MM. DE TREVI (Palestrina), BECKMANS (Cardinal de Borromée), FANIARD (Bernardo Novagiero), CAMBON (Cardinal Morone), DUTOIT (le Pape Pie IV), GILLES (Graf Luna), MEDUS (Cardinal Madruscht), RAMBAUD (Evêque de Budoja), PACTAT (Cardinal de Lorraine), CLAVERIE (Evêque de Prague), ETCHEVERRY (Evêque de Cadix), CHARLES-PAUL (Evêque de Severolus), GOURGUES (Patriarche d'Assyrie), DESHAYES (Evêque d'Imola), DE LEU (Dandini Grossetto), DELORME (Evêque de Fiesole), PETITPAS (Evêque de Feltre), DELORT et VAUTHRIN (2 Evêques), GAYAN (Masarelli, Giuseppe), CLAVAUD (Général des Jésuites).

MM. NORÉ, RAMBAUD, CHASTENET, CHARLES-PAUL, CAMBON, CLAVERE, FROUMENTY, ETCHEVERRY, DUTOIT (les Spectres des anciens Maîtres), SAINT-COME, DESHAYES, MEDUS, PETITPAS, GICQUEL (les Chanteurs de Sainte-Marie Majeure).

Chef d'orchestre : Bertil WETZELSBERGER

 

13e à l’Opéra, le 13 décembre 1942, avec les créateurs, sauf : Mme COUVIDOUX (un Jeune Docteur), MM. FRONVAL (Palestrina), FOREST (Graf Luna), MEDUS (le Pape Pie IV), DUTOIT (un Chanteur, - à la place de Médus -) et Louis FOURESTIER au pupitre.

 

13 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.


 

PALMA ou LE VOYAGE EN GRÈCE

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Pierre-Edouard Lemontey, musique de Charles-Henri Plantade. Création à Paris, Théâtre Feydeau, le 22 août 1798. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 02 octobre 1801.

 

 

PALMYRE ou LE PRIX DE LA BEAUTÉ

 

Opéra-comique, musique de Légat de Furey, amateur, et élève de Rameau, écrit vers 1780 et exécuté dans des réunions privées.

 

 

PALUDIER DU BOURG-DE-BATZ (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de M. Tanguy, musique de M. Febvre, représenté au théâtre d'Angers le 30 mars 1876.

 

 

PAN ET LA SYRINX

 

Moralité légendaire en un acte, livret et musique de Jacques Chailley, d'après le poème de Jules Laforgue. Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 23 novembre 1962, mise en scène de René Clermont (1921-1994), chorégraphie de Michel Rayne, décor et costumes de Jacques Noël (1924-2011), avec Jean-Christophe Benoît (Pan), Jane Berbié (la Syrinx), Jacques Loreau (le Haut-Parleur), chef d'orchestre : Richard Blareau, danse : Olga Alexandrowicz et Jean-Pierre Martino. 4 représentations en 1962, 2 en 1963, soit 6 au 31.12.1972.

 

« Comme à l’Opéra, Georges Auric a la ferme intention de donner à l'Opéra-Comique tous ses soins. Ce théâtre traverse ce qu'il est convenu d'appeler une « crise » ; il souffre surtout de la désaffection du public jeune, et d'un amaigrissement de son répertoire, dû à des causes diverses, dont certaines ne sont que fortuites. Auric veut précisément en faire un théâtre pour les jeunes, sans pour cela ne plus le considérer que comme un banc d'essai. Il a accepté que l'on y joue une œuvre reçue avant son accession à ses fonctions actuelles, Pan et la Syrinx, de Jacques Chailley. C'est un acte fort aimable d'un musicien d'une grande culture, qui ne manque ni d'esprit ni de savoir-faire. Le texte, de Jules Laforgue, ne brille pas précisément par ses qualités lyriques ; le mérite de Chailley n'en est que d'autant plus grand d'avoir su faire chanter véritablement ses personnages, sur le mode ironique, évidemment. L'œuvre tient surtout par son personnage principal, ce Pan dont l'aventure peut être définie comme une initiation à la fois musicale et amoureuse. Le rôle réclame un excellent chanteur, doublé d'un excellent comédien. Jean-Christophe Benoît est l'un et l'autre, et son succès personnel a été à juste titre très vif. Le rôle de la Syrinx est bien plus passif, et peut-être un peu trop souvent muet. Une fois de plus, Jane Berbié y a déployé ses qualités de charme et la sûreté de son instinct de musicienne. Vocalement, j'eusse souhaité — comme je l'ai déjà fait pour sa Zerline d'avant les vacances — un timbre plus clair que celui dont la nature l'a pourvue. Je sais bien que son timbre, précisément, lié aux limites de sa tessiture, réduit le nombre des personnages dont elle me paraîtrait l'incarnation idéale : pages, travestis, tels que Siebel, où je serais heureux de pouvoir l'applaudir. Mais qu'importe, en ce cas, la quantité ? Mieux vaut, en un rôle, atteindre à l'excellence, que de laisser subsister, dans dix personnages, certains regrets. »

[Antoine Goléa, Musica disques, janvier 1963]

 

 

PANACHE BLANC (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Albert Carré et Audebert, musique de Philippe Flon, représenté au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 15 février 1884 avec Mmes Legault, Bégond, MM. Delaquerrière, Soulacroix, Chappuis, Guérin, Blondeau.

 

 

PANCRACE ET POLYCARPE

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Byesse, représenté au théâtre Montansier en 1797.

 

 

PANDORE

 

Mélodrame, paroles de d'Aumale de Corsenville, musique de Beck, représenté au théâtre de Monsieur le 2 juillet 1789.

 

 

PANDORE

 

Scène lyrique pour voix de soprano, récitant et chœur, livret de Paul Collin, musique de Gabriel Pierné (1888).

 

 

PANIER FLEURI (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Adolphe de Leuven et Léon Brunswick, musique d’Ambroise Thomas. Création au Théâtre Impérial de l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le lundi 06 mai 1839, avec Mlle Prévost (Angélique), MM. Jean-Baptiste Chollet (Beausoleil), Achille Ricquier (Robichon), Grignon (Roland), Tessier (François).

 

Première au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 26 mars 1854, avec Mme Petit-Brière (Angélique), M. Sujol (Beausoleil).

 

« La trivialité du sujet contraste avec la rare élégance de la musique de M. Ambroise Thomas. Mme veuve Beausoleil joue un peu le rôle de la Mère Grégoire, chansonnée par Béranger, même après le retour inattendu du hussard Beausoleil, son mari, qu'on avait cru mort. Le Panier fleuri est l'enseigne de l'auberge tenue par ce couple accommodant. Il ne saurait y avoir de la franche gaieté dans la représentation d'un tel livret. Nous citerons, parmi les morceaux les plus jolis de la partition, le duo chanté par Chollet et Mlle Prévost : J'ai bien appris à te connaître ; l'air militaire : Mes beaux seigneurs, et le quatuor final : A la consigne sois fidèle. Ricquier jouait un rôle de greffier avec une verve très comique. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Le futur auteur du Caïd et d'Hamlet était tout frais émoulu de l'école de Rome lorsqu'il donna ce petit acte en 1839, à l'Opéra-Comique. Il n'avait encore fait jouer que deux opéras : la Double échelle et le Perruquier de la Régence. Les rôles créés par Chollet et Mlle Prévost furent repris au Théâtre-Lyrique par Sujol et Mme Petit-Brière. La pièce, qui ne manque pas de gaîté, est pleine de lazzi de cabaret et de corps-de-garde. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PANNE AUX AIRS

 

Parodie en un acte, livret de Clairville, musique de Frédéric Barbier, représentée au théâtre Déjazet le 30 mars 1861.

 

 

PANORAMA DE PARIS (LE) ou C’EST FÊTE PARTOUT !

 

Divertissement en cinq tableaux, livret d’Emmanuel Théaulon de Lambert et Armand Dartois, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 30 avril 1821, à l'occasion du baptême de Monseigneur le duc de Bordeaux. Cet ouvrage a été très applaudi.

 

 

PANTAGRUEL

 

Opéra-bouffe en deux actes, livret d'Henri Trianon, musique de Théodore Labarre, création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 24 décembre 1855. Décors d'Hugues Martin. Costumes d'Alfred Albert. Notre première scène lyrique ne peut tolérer la bouffonnerie rabelaisienne. Elle peut s'accommoder de situations comiques, tempérées par la grâce, et encore rarement. La pièce de Pantagruel est tombée à plat dès la première représentation, et l'excellent musicien a été encore victime du choix d'un médiocre livret. L'ouverture, le chœur des écoliers, l'air de Panurge et les détails de l'orchestration ont recueilli les suffrages des amateurs. Les rôles ont été joués par Obin, Boulo, Belval, Marié, Mme Laborde et Mlle Poinsot, cette dernière portant le costume de Pantagruel.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PANTAGRUEL

 

Opéra héroï-comique, livret d’Alfred Jarry et E. Demolder, d’après Rabelais, musique de Claude Terrasse.

 

Première représentation à l’Opéra de Lyon, le 30 janvier 1911, sous la direction de Maurice Frigara.

 

 

PANTHÉE

 

Opéra-ballet en cinq actes, paroles de Lafare, musique de Philippe, duc d'Orléans, et de Gervais, représenté par l'Académie royale de musique, dans les appartements du Palais-Royal, le 15 mars 1709.

 

 

PANTHÉE

 

Opéra en quatre actes, musique de Reichardt, représenté à Paris en 1786.

 

 

PANTINS (LES)

 

Opéra-comique en deux actes, livret d’Edouard Montagne, musique de Georges Hüe. Création à l’Opéra-Comique le 28 décembre 1881. => fiche technique

 

 

PANTINS DE VIOLETTE (LES)

 

Opéra bouffe en un acte, livret de Léon Battu, musique d’Adolphe Adam, représenté aux Bouffes-Parisiens le 29 avril 1856, avec Mmes Schneider (Pierrot), Dalmont (Violette) ; M. Pradeau (Alcofribas).

 

« Un peu moins d'un an avant la représentation des Pantins de Violette, Adolphe Adam avait écrit à M. Jouvin une lettre dans laquelle il définissait parfaitement la nature de son propre talent, tout en peignant avec un rare bonheur d'expression les tendances actuelles de l'art.

« … Je me reconnais effectivement, ‑ avait-il dit, ‑ atteint de cette hystérie musicale qui me force à produire sans cesse. Aussi, comme je ne sais pas et ne veux pas savoir jouer au whist, Dieu sait quelle vieillesse m'attend, quand on ne voudra plus de ma musique ! Le moment n'en est peut-être pas bien loin. Je ne sais faire que de la musique qui caresse ; mais le public devient lépreux : il commence aimer qu'on le gratte ; il voudra bientôt qu'on l'égratigne et qu'on l'écorche. »

Et ce sont là de grandes vérités. Le répertoire d'Adam n'est qu'une longue caresse mélodique qui commence au Chalet pour finir aux Pantins. Cette dernière partition, toute pimpante de verve et d'originalité, fut comme le chant du signe de l'artiste regretté. A quelques jours de là, il fut trouvé mort un matin dans son lit.

La romance Quand j'ai perdu ma tourterelle... dont l'exposition mineure se retrouve au majeur dans la conclusion, est d'un tour naïf et pleureur ; la Chanson du pantin et les couplets d'Alcofribas mettent la joie au cœur par leur rythme entraînant et la netteté de leurs contours mélodiques. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

« C'est une gentille partition. Dans ce milieu de pierrots, de polichinelles, de magiciens et de Colombines, le compositeur est à son aise. Ses mélodies claires et faciles, son instrumentation fine et déliée sont à leur place et produisent un effet très agréable. On a applaudi à juste titre l'air de Violette à son serin : Canari, mon chéri ; le rondo d'Alcofribas : En ce monde, à la ronde, et l'air : Pierrot, joli pantin. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PANTOUFLE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Jean-Baptiste Rochefort, représenté à Montansier vers 1780.

 

 

PANURGE

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Clairville et Octave Gastineau, musique d’Hervé, représenté à Paris, Bouffes-Parisiens, le 10 septembre 1879, sous la direction de Marius Baggers, avec Mmes Bennati (Phœbé), Luther (Fanfare), Lynnès (Fleurette), Rivero (Coquerolle), Becker (Gibeline), MM. Auguste Louis Arsandaux (Panurge), A. Jolly (Grippeminaud), Pamard (Claquedent), Desmonts (Brisepaille), Pescheux (Couporeille), Lespinasse (le Crieur), Berthelot (Hilarion).

 

« Toute la pièce roule sur les maris trompés, pour arriver à montrer le sacripant Panurge faisant assez bon ménage avec la ribaude Phœbé pour échapper aux représailles que Grippeminaud, gouverneur de Beaugency, voudrait lui faire subir. Cette pièce abonde en gauloiseries de mauvais goût, comme le comporte tout sujet tiré de Rabelais ; d'ailleurs, elle n'a pas mieux réussi que les autres pièces ayant même origine. Labarre était un musicien d'une autre valeur que M. Hervé, et cependant son Pantagruel est tombé à plat.

Il suffirait de transcrire ici les couplets de Panurge, Ce mari comme de coutume ; ils inspireraient au lecteur une répulsion salutaire pour tout mélange de choses religieuses et respectables en soi avec les gravelures trop nombreuses dans ce genre de pièces. Il y a dans la partition des pages mélodiques très agréables. Je citerai : le duetto Mariez-vous, ne vous mariez pas ; les couplets On peut dire et médire de la vie à deux ; la romance de Panurge, Moi, vagabond, seul sur la terre, d'un excellent sentissent, qu'on s'étonne de trouver dans un tel personnage ; les Strophes à l'amour, mélodie gracieuse et poétique, même sur des paroles d'un libertinage grossier. Ce qui a été le plus applaudi le méritait le moins : ce sont les couplets des moutons de Panurge, la valse chantée par Phœbé la ribaude et la ronde des maris de Beaugency. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PANURGE

 

Opérette à spectacle en trois actes et dix tableaux, livret de Henri Meilhac et Albert de Saint-Albin, musique de Robert Planquette, représentée à Paris, Gaîté-Lyrique, le 22 novembre 1895, avec Soulacroix (Panurge) et Mariette Sully (Catarina), sous la direction de Charles Malo.

 

 

PANURGE

 

Haulte farce musicale en trois actes, livret de Georges Spitzmüller et Maurice Boukay, musique de Jules Massenet, représentée au Théâtre-Lyrique de la Gaîté le 25 avril 1913. => fiche technique

 

 

PANURGE DANS L'ÎLE DES LANTERNES

 

Comédie-opéra en trois actes, en vers, livret du comte de Provence (futur Louis XVIII) et de Morel de Chedeville, d’après Rabelais, musique de Grétry.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (salle de la Porte-Saint-Martin) le 25 janvier 1785, sous la direction de Jean-Baptiste Rey. Ballet réglé par Gardel l'aîné.

 

« Grétry dit naïvement dans ses Essais, à propos de cet ouvrage : « Panurge est le premier ouvrage entièrement comique qui ait paru avec succès sur le théâtre de l'opéra, et j'ose croire qu'il y servira de modèle. » Le sujet est tiré de Rabelais, et cependant le livret a semblé monotone et sans gaieté, comme toutes les pièces ayant la même origine. L'ouverture, qui est des plus médiocres, a paru si belle à son auteur, qu'il l'a reprise à la fin de l'opéra pour accompagner le ballet. La tempête qui jette Panurge sur le rivage de l'île des Lanternes est rendue d'une façon puérile. Quelques passages du poème expriment assez bien le caractère de Panurge, pour lequel le présent seul existe ; entre autres celui-ci :

 

Ne te souvient-il plus que tu fus marié ?

— O ciel ! en voyageant, je l'avais oublié.

 

Mais Grétry manque de sens lorsqu'il affirme que ce comique est digne de Molière. Molière et Rabelais, quel contraste ! Gardel avait réglé les danses, et Laïs chanta le rôle de Panurge. Nous venons de relire la partition et nous ne trouvons rien à citer. C'est une des erreurs du charmant maître liégeois. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAPA DE FRANCINE (LE)

 

Opérette en trois actes, livret de Victor de Cottens et Paul Gavault, musique de Louis Varney, représentée au théâtre Cluny le 05 novembre 1896.

 

 

PAPILLOTES DE MONSIEUR BENOIST (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jules Barbier et Michel Carré, musique d’Henri Reber. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 28 décembre 1853. C'est une œuvre de goût, pleine de science et de sentiment. En voici le sujet : Deux jeunes gens, qui se croient frère et sœur et dans une position de fortune très modeste, ont pour voisin un brave et digne homme, M. Benoist, qui joue du violon. Il est très bien accueilli par les jeunes ouvriers, et même si bien, qu'il se croit un instant aimé de Suzanne, qui lui a dit en plaisantant qu'elle ne voulait pas d'autre mari que lui. Cependant Benoist se souvient de son premier, de son unique amour. Il avait adressé une déclaration en vers à une charmante fille qui habitait une chambre vis-à-vis de la sienne. Le madrigal avait été accepté. Le lendemain la belle se met à la fenêtre ; une de ses papillotes est enlevée par le vent. Notre poète amoureux s'en empare ; mais quelle est sa stupéfaction lorsqu'il reconnaît un fragment de sa déclaration ! Aussi, depuis ce temps, il doute fort de lui-même et des sentiments qu'il peut inspirer. Il a raison, car l'ouverture d'une boîte, renfermant un testament, fait connaître que Suzanne n'est pas la sœur d'André. Tous deux pleuraient à la pensée de se quitter. C'est de grand cœur qu'ils s'épousent, et le brave Benoist retourne à sa mansarde avec son violon. Ce dernier personnage a été créé par Sainte-Foy avec un talent achevé de comédien. Tous les morceaux qui composent la partition de M. Reber ont du caractère, expriment avec vérité la situation, le sentiment intime des personnages. La mélodie est toujours distinguée, et l'harmonie d'un intérêt soutenu. La facture a les apparences de la simplicité, ce qui a fait accuser la manière du compositeur d'affectation et de parti pris. C'est à notre avis une erreur. Il y a dans les accompagnements une dépense considérable de connaissances symphoniques et d'arrangements ingénieux. Grétry et Haydn semblent revivre dans le style dramatique de M. Reber. Ce n'est pas un faible mérite que d'évoquer de telles ombres. Nous signalerons, parmi les morceaux saillants, la romance de M. Benoist, les couplets d'André : Suzanne n'est plus un enfant ; le dialogue entre la voix de Suzanne et le violon de M. Benoist ; le duo du partage du mobilier maternel et un dernier duo d'amour. Le compositeur a traité l'orchestration avec une grande sobriété, sans y employer les cuivres. Les rôles ont été créés par Sainte-Foy, Couderc et Mme Miolan-Carvalho. La partition a été arrangée pour piano et chant par M. Vauthrot.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÂQUERETTE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Grangé et Charles de La Rounat, musique de Jules Duprato. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 02 juin 1856. Il s'agit, dans la pièce, d'une jeune fille bretonne que son tuteur, le vieux soldat Christophe, veut faire épouser à Banalec, qui est fils d'un fermier, et d'une niaiserie complète. La jeune Pâquerette est, de son côté, d'une naïveté telle, que le vieux troupier croit devoir inviter Gaston de Beaupré, ancien officier de son régiment, à servir d'intermédiaire entre les fiancés. Cet officier vient en Bretagne pour épouser une riche châtelaine ; mais, en s'acquittant consciencieusement de son emploi, il est lui-même épris de la grâce et de l'innocence de Pâquerette, la préfère à la riche héritière, et la demande en mariage aux yeux de Banalec stupéfait. La musique a paru montée d'un ton au-dessus du livret, tant sous le rapport de la solennité de certaines phrases nullement en rapport avec le sujet que sous celui de l'instrumentation, trop chargée de cuivres. On a remarqué la chanson de Banalec : Ah ! j' sis-t-y content ! et le finale. Distribution : Gaston, Jourdan ; Banalec, Sainte-Foy ; Bernard, Nathan ; Pâquerette, Mlle Henrion.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÂQUES DE LA REINE (LES)

 

Grand opéra en quatre actes, paroles de M. Mary Lafon, musique de Paul Mériel, représenté à Toulouse, sur le théâtre du Capitole, le 20 mars 1886.

 

 

PÂQUES FLEURIES

 

Opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, livret de Clairville et Alfred Delacour, musique de Paul Lacôme, représenté aux Folies-Dramatiques le 21 octobre 1879. Ramon de Navarrins s'oppose au mariage de sa fille avec le capitaine Roger de Marsan et veut la marier au général espagnol don Diego. Une paysanne basque, la Maïta, et Riquet, son amoureux, favorisent les rendez-vous des jeunes gens. On est en temps de guerre. Selon l'usage, la fête de Pâques fleuries est un jour de trêve. Le général en profite pour se marier avec Irène de Marsan. Mais au moment de la cérémonie, la Maïta fait rompre la trêve ; le général s'empresse de retourner à son poste et l'union des deux amants s'ensuit.

Sur ce livret d'une naïveté excessive, M. Lacôme s'est donné la peine d'écrire une partition sérieusement travaillée et de faire valoir chaque scène avec esprit et délicatesse. Je signalerai surtout le duo de Maïta et Riquet suivi d'un joli quatuor, le rondeau de Pâques fleuries et des airs de danse assez caractérisés. Cet ouvrage est çà et là entaché de couplets d'un goût douteux. Chanté par Lepers, Simon-Max, Luco, Maugé, Gabel, Vavasseur, Mme Simon-Girard, Mlle Monthy.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PAR LA FENÊTRE

 

Opérette en un acte, musique de Firmin Bernicat. Création aux Folies-Bergère en 1874.

 

 

PARADE (LA)

 

Opérette, livret de Jules Brésil, musique d’Emile Jonas, représentée aux Bouffes-Parisiens le 02 août 1856.

 

« Il n'a manqué à cette bouffonnerie que d'être jouée à la porte du théâtre : c'est même d'abord ainsi que nous avions compris la chose, et cela nous réjouissait fort pour les promeneurs des Champs-Elysées. Mais il en fut autrement (crainte du mauvais temps). »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

PARADIS DE MAHOMET (LE)

 

Opérette en trois actes, livret de Henri Blondeau, musique de Robert Planquette complétée par Louis Ganne.

 

Représenté à Paris, Théâtre des Variétés, le 13 mai 1906.

 

 

PARADIS DE MAHOMET (LE) ou LA PLURALITÉ DES FEMMES

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et Mélesville, musique de Frédéric Kreubé et Rodolphe Kreutzer. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 23 mars 1822, avec Marie Julie Boulanger (Nyn-Dia).

 

« Le public a montré peu d'empressement pour cet ouvrage, qui cependant avait été fort applaudi à la première représentation. »

[Almanach des spectacles, 1823]

 

 

PARADIS PERDU (LE)

 

Drame oratorio en quatre parties, paroles d’Edouard Blau, d'après le poème de Milton, musique de Théodore Dubois, exécuté le 27 novembre 1878 aux concerts du Châtelet (Concerts Colonne), où les soli étaient chantés par Mlles Jenny Howe et Sarah Bonheur, MM. Furst, Lauwers, Séguin, Villaret fils et Labarre.

 

« Cet ouvrage avait obtenu, en partage avec le Tasse, de Benjamin Godard, le premier prix au concours biennal de composition de la ville de Paris. On y a surtout applaudi dans la seconde partie (l'Enfer) le trio des anges rebelles et l'air de Satan, et, dans la troisième (le Paradis terrestre), le joli chœur féminin des Esprits, le duo élégant d'Adam et Eve, et l'air énergique du triomphe de Satan. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PARAGUASSÙ

 

Poème lyrique en trois parties, musique de O'Kelly et de Villeneuve, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 2 août 1855, au bénéfice de l'Association des artistes musiciens. Cet ouvrage, dont l'action se passe au bord de la rivière des Amazones, a été interprété par Junca, Dulaurens et Mme Deligne-Lauters. On a remarqué un joli duo entre Paraguassù et Diego. Des fragments de cette œuvre ont été exécutés dans la salle Pleyel, en 1864, par la Société de Sainte-Cécile.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PARAPLUIE (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Deulin et de Najac, musique d’Albert Grisar ; ouvrage posthume et inédit.

 

 

PARATAGIO (IL) ossia IL CACCIATOR DELUSO

 

[en français le Chasseur trompé]

Opéra italien en deux actes, musique de Niccolo Jommelli, représenté par l'Académie royale de musique le 23 septembre 1753.

 

 

PAR-DEVANT MAÎTRE PLANTIN

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Annelot, musique de M. Geng, représenté à Cherbourg, le 17 février 1876.

 

 

PARDON DE PLOËRMEL (LE)

 

[ou Dinorah]

Opéra-comique en trois actes, livret de Jules Barbier et Michel Carré, musique de Giacomo Meyerbeer.

 

Personnages : Dinorah, paysanne (soprano) ; Hoël, chevrier, son fiancé (baryton) ; Corentin, un berger, joueur de cornemuse (ténor) ; le chasseur (basse) ; le moissonneur (ténor) ; des chevriers (soprano et contralto).

 

L’action se déroule dans un village breton, au XIXe siècle.

 

Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 04 avril 1859, en présence de Leurs Majestés Impériales, mise en scène d’Ernest Mocker, décors d’Edouard Desplechin et Chevet.

 

 

04.04.1859

Opéra-Comique

(création)

26.09.1874

Opéra-Comique

(100e)

28.09.1886

Opéra-Comique

(180e)

16.03.1912

Opéra-Comique

(209e)

Dinorah

Marie CABEL

Zina DALTI

MERGUILLIER

NICOT-VAUCHELET

Un Pâtre

BREUILLÉ

DUCASSE

Blanche DESCHAMPS

L. VAUTHRIN

Un Pâtre

Emma BELIA

Lina BELL

DEGRANDI

C. THEVENET

Chevrière

DUPUY

NADAUD

ESPOSITO

FLORENTZ

Chevrière

DECROIX

DECROIX

Blanche BALANQUÉ

MARINI

 

 

 

 

 

Hoël

Jean-Baptiste FAURE

BOUHY

Max BOUVET

H. ALBERS

Corentin

SAINTE-FOY

LHÉRIE

BERTIN

CAPITAINE

Loïc

LEMAIRE

DUFRICHÉ

DAVOUST

MESMAECKER

Claude

PALIANTI

PALIANTI

TESTE

DONVAL

Braconnier

BARIELLE

BARIELLE

FOURNETS

GUILLAMAT

Faucheur

WAROT

SACLEY

MOULIÉRAT

VEZZANI

Chef d’orchestre

MEYERBEER

DELOFFRE

J. DANBÉ

RÜHLMANN

 

216 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, dont 8 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 23 décembre 1859 avec Mmes Sophie Boulart (Dinorah), Dupuy et Cèbe (pâtres), MM. Carman (Hoël), Aujac (Corentin), Depoitier (le chasseur), Hénault (le faucheur).

 

« Le livret, qui traite une paysannerie bretonne triste, ennuyeuse au possible, a offert néanmoins au grand musicien l'occasion de déployer une variété infinie d'effets. La contexture de la pièce est telle, qu'il en résulte une suite de tableaux que Meyerbeer a décrits avec cette science, cette habileté, ce luxe de détails étudiés qui, à défaut même de l'inspiration, rendent toujours ses opéras intéressants et excitent à juste titre l'admiration des connaisseurs. Le Pardon de Ploërmel a été joué sur les théâtres étrangers sous le nom de Dinorah, avec un succès durable. Dans le premier acte, on remarque tout d'abord le thème plein de fraîcheur du chœur des paysans et paysannes : le Jour radieux se voile à nos yeux, et l'ensemble des six voix de femmes sur un rythme nouveau et original. La course de la chèvre de Dinorah est ingénieusement imitée par l'orchestre ; les couplets de Corentin, à deux mouvements, sont assez bizarres. Ecrits en vers de neuf syllabes, sur la demande du maître, ils n'en paraissent pas plus harmonieux à l'oreille :

 

Dieu nous donne à chacun en partage

Une humeur différente ici-bas.

Il en est qui sont pleins de courage ;

Moi, je suis de ceux qui n'en ont pas.

 

L'harmonie, successivement majeure et mineure, déroute l'oreille sans la charmer, et l'allegretto qui suit n'est rien moins que plaisant. Le duo entre Dinorah, la folle, et Corentin, le poltron, cause plus de malaise que de plaisir. La situation est forcée, la musique l'exprime trop bien. Dans ces sortes de cas, les compositeurs italiens laissent l'esprit divaguer et la raison de côté ; ils s'adressent à l'oreille, quelquefois à la virtuosité, et ils font bien ; le public ne s'ennuie pas. L'air de baryton : O puissante magie, est très remarquable par son énergie, rendue plus sensible par l'introduction d'une belle phrase en mi majeur pleine de tendresse. Le premier acte est terminé par un trio élégant et gracieux, accompagné d'un effet lointain d'orage qui prépare aux péripéties du second acte. Ce second acte a une scène charmante, poétique ; c'est une vraie trouvaille. C'est elle qui a décidé du succès de l'ouvrage ; c'est elle qui a fait pardonner aux auteurs d'avoir groupé tant d'idées, d'efforts, de traits ingénieux autour d'une légende stupide. Nous voulons parler de la Valse de l'ombre. La lune éclaire la scène. La pauvre Dinorah croit voir dans son ombre un être mystérieux avec lequel elle veut danser, et elle danse en chantant. La mélodie de cette valse est distinguée, vive et instrumentée avec un goût exquis. Le retour du thème principal y est ménagé fort habilement. Quant aux effets d'orage, à la rupture du pont, à l'irruption des eaux, aux sauts de la chèvre et de Dinorah elle-même, tout cela, est puéril et sans grand effet sur le public, parce que les personnages de Corentin et de Hoël lui sont antipathiques, et que l'idée de faire de la pauvre folle une victime est trop odieuse. C'est donc en vain que Meyerbeer a écrit son beau trio dramatique. C'est de l'or jeté dans un torrent. Fidèle à son système d'oppositions et de contrastes, Meyerbeer qui, par ses exigences polies et tenaces, finissait par être plus auteur du livret de son opéra que les auteurs eux-mêmes, a voulu qu'au déchaînement des éléments produit au second acte succédassent le calme, la sérénité, les images du bonheur champêtre. Une fanfare, exécutée par cinq cors, précède l'air du chasseur : En chasse ! le jour est levé, dont la coupe est originale et la mélodie franche et bien accentuée. On entend ensuite un air de faucheur, puis un duo de deux jeunes bergers, enfin une prière en quatuor. La romance du baryton : Ah ! mon remords te venge de mon fol abandon, est un morceau d'expression dans le caractère de l'air de l'Etoile du Nord : Pour fuir son souvenir ; la mélodie est distinguée, pleine de sentiment et de passion. Le duo qui amène le dénouement, ainsi que le finale, est traité avec une science dramatique consommée. Les défauts de cet ouvrage tiennent beaucoup plus du poème que de la partition; mais le grand compositeur ne doit pas en être plus complètement absous que de sa participation au livret de l'Africaine. Le sens littéraire et le goût n'étaient pas chez lui à la hauteur du génie musical. Les deux rôles principaux, de Dinorah et de Hoël, ont été créés par Mme Cabel et par Faure ; celui de Corentin, par Sainte-Foy. Bareille a dit le chant du chasseur, Warot celui du faucheur. Les rôles accessoires de pâtres, de chevrières, etc., ont été tenus par Mlles Bélia, Breuillé, Decroix et Dupuy, et par Lemaire et Palianti. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PARENTS DUN JOUR (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret d'Amédée de Beauplan, musique d’Angelo Benincori. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 07 novembre 1815.

 

 

PARFUM DE RACE

 

Comédie lyrique en un acte, paroles de Fernand Lafargue, musique d’Alfred Rabuteau, représentée à la salle Duprez, le 30 avril 1891, dans une soirée donnée par la Société « les Cadets dramatiques ».

 

 

PARI (LE) ou NOMBREUIL ET MERVILLE

 

Opéra-comique en un acte, livret de Saint-Just et Charles de Longchamps, musique de François-Adrien Boieldieu. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 15 décembre 1797.

 

 

PARI DE LA DUCHESSE D’ALENÇON (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Auguste Poisson de La Chabeaussière révisé par Hippolyte Advenier de Fontenille, musique de Louis Chancourtois. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 13 mai 1824.

 

 

PARIA (LE) ou LA CHAUMIÈRE INDIENNE

 

Opéra en deux actes, paroles de Demoustier, d'après le roman de Bernardin de Saint-Pierre, musique de Pierre Gaveaux, représenté à Feydeau le 8 octobre 1792.

 

 

PARIAS (LES)

 

Opéra en trois actes, livret de Hippolyte Lucas, musique d’Edmond Membrée, représenté au théâtre de l'Opéra populaire (Châtelet) le vendredi 13 novembre 1874. Le sujet a été tiré de la Chaumière indienne de Bernardin de Saint-Pierre, mais les modifications qu'on lui a fait subir pour en faire un livret d'opéra n'ont pas été heureuses. On aurait pu facilement fournir à un aussi excellent musicien que M. Membrée l'occasion de composer un drame chrétien sans en gâter l'effet par le mélange d'éléments disparates et incompatibles avec le fond des idées. Gadhy, le paria, se dispose à fuir avec Maïa, la veuve indienne destinée au bûcher et qui ignore la triste condition de son amant. Aussitôt qu'elle l'apprend, elle s'en éloigne avec horreur, et le malheureux Gadhy se donne la mort. Saint François-Xavier, l'apôtre des Indes, survient et ressuscite Gadhy aux yeux des sauvages qui, à la vue de ce miracle, se convertissent à la foi chrétienne. Cependant, les brahmes font élever le bûcher où Maïa doit être immolée. Le saint renverse les idoles. Les prêtres et le peuple s'en emparent et s'apprêtent à brûler saint François-Xavier, Maïa et le paria. Le bûcher est dressé sur le rivage ; la mer monte, envahit la plage, transforme le bûcher en radeau. Un navire portugais apparaît et recueille les trois victimes arrachées ainsi à la mort par un nouveau miracle. On a remarqué dans cet ouvrage la romance du ténor : Ma jeunesse à l'ombre s'écoule, accompagnée par un chœur de fête ; l'air de Maïa : Adieu, mère adorée, l'invocation de saint François-Xavier : Je crois en Dieu, tout-puissant, créateur, et l'air de la vision au troisième acte. Chanté par Prunet, Jules Petit, Mmes Fursch-Madier, Crapelet et Filiati. Cet ouvrage n'a pas réussi.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PÂRIS ou LE BON JUGE

 

Opéra bouffe en deux actes, livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, musique de Claude Terrasse, représenté à Paris, Théâtre des Capucines, le 01 mars 1906.

 

 

PARIS EN 1867

 

Cantate, paroles de Gustave Chouquet, musique de Laurent de Rillé. Création à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 15 août 1867.

 

 

PARISIENNES (LES)

 

Opéra bouffe en quatre actes, livret de Jules Moinaux et Victor Koning, musique de Léon Vasseur, représenté aux Bouffes-Parisiens le 31 mars 1874, avec M. Ed.-Georges, Mmes Judic, Peschard, Mlles Berthe Legrand, Rose-Marie. Cet ouvrage n'a pas eu de succès.

 

 

PARNASSE (LE)

 

Ballet en cinq entrées, représenté à l'occasion de la naissance du dauphin, à Versailles, sur la Cour de marbre, le mercredi 05 octobre 1729, et ensuite sur le théâtre de l'Académie royale de musique. Comme cet ouvrage a été composé des morceaux qui étaient alors les plus goûtés, nous pensons qu'il y aura quelque intérêt à les faire connaître, ainsi que les noms des interprètes. La première entrée, le Parnasse, a été tirée du prologue de Bellérophon, de Lully : Muses, préparez vos concerts ; de celui de Phaéton, de Lulli : Un héros qui mérite une gloire immortelle, et du chœur d'Isis, de Lulli : Célébrons son grand nom. Acteurs : Chassé et Thévenard. La seconde entrée, intitulée la Muse lyrique, a eu pour interprètes Mlles Le Maure et Antier. On y chanta un air extrait du Retour des dieux, paroles de Tannevot, musique de Colin de Blamont : Peuples soumis au pouvoir de Louis, et un air du Carnaval de Venise, paroles de Regnard, musique de Campra : Si canti, si goda. La troisième entrée mit en scène un berger, Dangerville, et trois bergères, Mlles Antier, Le Maure et Pélissier, qui chantèrent une idylle : les Présents des dieux : Habitants fortunés des rives de la Seine, paroles de l'abbé Pellegrin, musique de Colin de Blamont. La Muse héroïque est le titre de la quatrième entrée. Chassé, Mlles Antier, Eremans, Lenoir, chantèrent des fragments d'Amadis de Gaule de Lulli, de la pastorale d'Issé de Destouches, des Présents des dieux et des Fêtes grecques et romaines de Colin de Blamont. Enfin le Génie de la France, cinquième entrée, a été formé de fragments tirés de Phaéton, de l'Idylle de Sceaux, du ballet des Eléments de Lalande et Destouches, et du ballet des Stratagèmes de l'amour de Destouches. On voit qu'en 1729 on faisait encore à Lulli la part du lion, et c'était justice. Ce plain-chant, cette psalmodie, dont se moque si agréablement Castil-Blaze, était le genre de musique qui convenait le mieux à ces pompeuses représentations, et ces récitatifs pleins de noblesse n'étaient pas si éloignés qu'on le croit généralement de la déclamation lyrique de Gluck. Ajoutons que des intermèdes nombreux et gracieux étaient habilement ménagés dans ces tragédies lyriques.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PARSIFAL

 

[Parzival]

Drame sacré en trois actes, inspiré du poème de Wolfram von Eschenbach, lui-même tiré de Perceval de Chrétien de Troyes, poème et musique de Richard Wagner (son dernier opéra).

 

Personnages : Amfortas, fils de Titurel, souverain du Royaume du Graal (baryton-basse) ; Titurel, ancien roi (basse) ; Gurnemanz, doyen des chevaliers du Graal (basse) ; Parsifal (ténor) ; Klingsor, magicien (basse) ; Kundry (soprano) ; premier et second chevaliers du Graal (ténor et basse) ; six jeunes filles-fleurs du jardin de Klingsor (six sopranos solistes et deux chœurs de sopranos et contraltos) ; quatre écuyers (sopranos et ténors) ; jeune gens et enfants (ténors, contraltos, sopranos).

 

L’action se déroule au Moyen Age, en Espagne ; autour et à l’intérieur du château du Saint-Graal ; dans le château enchanté de Klingsor ; dans le jardin de ce château.

 

Créé à Bayreuth, Festspielhaus, le 26 juillet 1882.

 

Premières fois, à New York (Metropolitan Opera) le 24 décembre 1903 ; à Monte-Carlo (version française de Raoul Gunsbourg le 23 janvier 1913) ; à Londres (Covent Garden) le 02 février 1914 (en allemand).

 

 

Bayreuth

26.07.1882

New York

24.12.1903

Londres

02.02.1914

Kundry

Amalie MATERNA

TERNINA

M. DAVEY

 

 

 

 

Parsifal

Hermann WINKELMANN

BURGSTALLER

H. HENSEL

Amfortas

Theodor REICHMANN

VAN ROOY

VON DER OSTEN

Titurel

KINDERMANN

JOURNET

A. KIESS

Gurnemanz

SCARIA

BLASS

BENDER

Klingsor

Karl HILL

O. GORITZ

KNÜPFER

Chef d’orchestre

Hermann LEVI (*)

A. HERTZ

BODANZKY

 

* Richard Wagner dirigea la 16e représentation, dernière de l'année 1882.

 

Première à Bruxelles (Théâtre Royal de la Monnaie) le 05 janvier 1914, dans la version française de Judith Gautier et Maurice Kufferath, sous la direction de O. Lohse, avec Mmes L. Panis (Kundry), Cuvelier (1er écuyer), Viceroy (2e écuyer), Viceroy, Carli, Cuvelier, Somers, Prick, d'Avanzi (les enchanteresses de Klingsor), R. Delvigne (le page du Graal), MM. H. Hensel (Parsifal), Rouard (Amfortas), Billot (Gurnemanz), Bouilliez (Klingsor), Dua (Titurel), Dognies (3e écuyer), Dufranne (4e écuyer), Goossens (1er chevalier), Demarcy (2e chevalier).

 

Première au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 04 janvier 1914, dans la version française d’Alfred Ernst. Mise en scène de Paul Stuart. Décors d'Eugène Simas (1er et 3e actes) et Rochette (2e acte). Costumes de Joseph Pinchon.

Mmes Lucienne BRÉVAL (Kundry), LAUTE-BRUN (1er Ecuyer), MONTAZEL (2e Ecuyer), GALL, Léonie COURBIÈRES, CAMPREDON, DAUMAS, BUGG, LAPEYRETTE (les Filles-fleurs de Klingsor), DOYEN (une Voix).

MM. FRANZ (Parsifal), LESTELLY (Amfortas), A. GRESSE (Titurel), DELMAS (Gurnemanz), JOURNET (Klingsor), NANSEN (3e Ecuyer), REVOL (4e Ecuyer), DUTREIX (1er Chevalier), CERDAN (2e Chevalier), TRIADOU, EZANNO, DELPOUGET, GONGUET, CHAPPELON, Robert COUZINOU, DELRIEU (les Chevaliers).

Chef d'orchestre : André MESSAGER

 

 

12.04.1924

36e

19.10.1928

59e

23.01.1933

72e

24.03.1954

87e

Kundry

DEMOUGEOT

BOURDON

L. PANIS

M. MÖDL

1er Ecuyer

CARO

REX

MAHE

PLUMACHER

2e Ecuyer

DENYA

LALANDE

LALANDE

BAUER

6 Filles-Fleurs

BERTHON

MONSY

CARO

CROS

LAUTE-BRUN

COURSO

TIRARD

MARILLIET

CARO

DE MEO

LAVAL

TESSANDRA

MORERE

MARILLIET

DONIAU-BLANC

Odette RICQUIER

S. RENAUX

I. POPOVA

O. MOLL

SAILER

PLUMACHER

WISSMANN

WACHMANN

P. BAUER

 

 

 

 

 

Parsifal

FRANZ

FRANZ

THILL

WINDGASSEN

Amfortas

ROUARD

ROUARD

SINGHER

NEIDLINGER

Titurel

NARÇON

NARÇON

NARÇON

SENTPAUL

Gurnemanz

DELMAS

JOURNET

JOURNET

VON ROHR

Klingsor

HUBERTY

HUBERTY

HUBERTY

H. CRAMER

3e Ecuyer

SORIA

SORIA

LE CLEZIO

FISCHER-S

4e Ecuyer

THILL

GILLES

GILLES

K. RIESER

1er Chevalier

MADLEN

MADLEN

MADLEN

T. SCHABO

2e  Chevalier

MAHIEUX

CAMBON

CAMBON

G. SCHOTT

Chef d’orchestre

GAUBERT

GAUBERT

GAUBERT

LEITNER

 

N. B. — Pour la reprise de 1954, qui eut lieu avec les Artistes et les Chœurs de l'Opéra de Stuttgart, décors et costumes de Heinrich Wendel — Mise en scène de Kurt PUHLMANN.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Kundry : Mmes MAHIEU (1928), LUBIN (1931).

Parsifal : MM. VAN DYCK (1914), DARMEL (1914), LAFFITTE (1924), MELCHIOR (1931), DE TREVI (1933).

Amfortas : M. SELLIER (1914).

Gurnemanz : MM. GROMMEN (1931), KIPNIS (1933), PERNET (1933), FROUMENTY (1935).

Klingsor : M. CERDAN (1914).

 

89 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

« C'est la dernière œuvre du maître de Leipzig, à laquelle il pensa pendant près de vingt ans, car il avait conçu le plan du drame dès 1864. Il publia ce drame en 1877, mais la partition ne fut complètement terminée qu'au mois de janvier 1882, six mois avant la représentation.

Parsifal, le héros de tout un cycle de traditions fabuleuses du moyen âge, est, on le sait, le père de Lohengrin, de sorte que, logiquement, l'ouvrage qui porte ce dernier titre devrait être la suite du précédent. Wagner, il faut bien le reconnaître, n'a pas fait grands frais d'imagination pour la conception des poèmes qu'il se traçait à lui-même. Si quelques rares incidents lui appartiennent en propre, la donnée générale de ses drames est toujours empruntée par lui aux mythes populaires, et ces mythes, les Allemands eux-mêmes nous les ont empruntés, en mettant à contribution le cycle fameux de nos romans des chevaliers de la Table ronde. La légende du Saint-Graal, particulièrement, qui forme le fond du sujet de Parsifal, a précisément servi de point de départ à ce cycle célèbre, ainsi qu'on peut le voir dans le récit qu'en a fait Robert de Buron dans son poème naïf de Joseph d'Arimathie, qui date du XIIe siècle. Suivant lui, un des hommes de la suite de Pilate, Joseph d'Arimathie, aurait été trouver ce dernier après le crucifiement de Jésus, et lui aurait dit : « Seigneur, je vous ai longtemps servi sans en recevoir ni rémunération ni récompense. Aujourd'hui je viens, pour ma peine, vous demander le corps de Jésus. — Je te l'accorde volontiers, aurait répondu Pilate, et, de plus, je te remets le vase dans lequel ce juste, que je n'ai pu sauver, a lavé ses mains en dernier lieu. » Joseph, alors, détacha promptement le corps de Jésus, l'étendit à terre, et recueillit pieusement dans une coupe le sang divin qui coulait encore des plaies.

Il serait trop long de raconter les aventures de Joseph, qui subit ensuite une longue captivité, au cours de laquelle Jésus lui apparut un jour, en lui disant : « Garde avec soin cette coupe ; tous ceux auxquels il sera donné de la voir d'un cœur pur seront les miens ; ils auront satisfaction et joie perdurables. » Joseph en effet la conserva toujours et lui donna le nom de Gréal (plus tard altéré en Graal), parce que nul ne pouvait la voir sans y prendre gré. Mais la coupe divine fut, par la suite, ravie par les anges aux descendants de Joseph et rapportée par eux à un saint nommé Titurel, déjà possesseur de la lance qui avait percé le flanc du Christ. Ce saint construisit alors, sur la cime de Montsalvat, un palais de marbre, et fonda l'ordre du Graal, dont, après lui, son fils Amfortas devint le chef.

Ici, je vais emprunter au curieux livre de MM. Albert Soubies et Charles Malherbe, l’Œuvre dramatique de Richard Wagner, l'analyse du drame que Wagner a tiré de ce sujet : — « Lorsque commence le drame de Parsifal, Amfortas souffre d'une terrible blessure. Le magicien Klingsor lui a ravi sa lance et l'en a frappé, tandis que, méconnaissant les règles du Graal, il cédait aux séductions d'une beauté diabolique. Ainsi déchu, souillé, il ose à peine célébrer encore les saints mystères, car la vue seule de la coupe sacrée rend plus cuisantes ses souffrances et plus vifs ses remords. Un des vieux chevaliers de l'ordre, Gurnemanz, raconte longuement à de jeunes écuyers ce douloureux épisode de la vie du roi, et leur ordonne de laisser en paix une créature singulière, Kundry, aux yeux farouches, au rire fatidique, trouvée un jour inanimée sur les marches du palais et dont l'existence semble uniquement remplie par la recherche du baume magique qui doit guérir Amfortas. — A ce moment a lieu l'entrée en scène de Parsifal, arrêté pour avoir tué, sans se douter de la gravité de son acte, un cygne sacré sur le territoire du Graal. Gurnemanz admoneste, peut-être un peu lourdement, le téméraire chasseur. Mais, tout en le gourmandant, il l'a regardé avec intérêt, et, sur de vagues indices, s'est demandé s'il n'avait pas devant lui l'Élu promis par le ciel pour racheter la faute d'Amfortas. Il le convie donc à assister avec lui à la célébration de la Cène, et une suite d'ingénieux changements à vue nous les montre tous deux gravissant d'abord les pentes de la colline qui, en réalité, s'abaisse sous leurs pieds, et pénétrant ensuite dans le sanctuaire du Graal. — Les chevaliers entrent par groupes et se rangent autour des tables servies. En vain Amfortas se refuse à accomplir son ministère Sacerdotal ; la voix impérieuse de Titurel se fait entendre et l'oblige à découvrir la coupe divine qu'illumine subitement une clarté éblouissante. Ignorant et naïf, le néophyte n'a compris que peu de chose à ces pratiques religieuses, mais il a vu les angoisses du roi, d'un homme comme lui, et son cœur s'est ému de pitié. Cette lance qui a fait la blessure peut seule la guérir ; il ira donc l'arracher aux mains impies qui la détiennent.

« Trois scènes d'un caractère bien différent remplissent le second acte. La première se passe entre le magicien Klingsor et Kundry. Cette Kundry est un personnage bizarre à la conception duquel les commentateurs allemands attachent une importance extrême. C'est un être à double face. Servant à la fois Amfortas et Klingsor, victime d'une fatalité qui la condamne à faire le malheur de tous ceux qui l'approchent, Kundry ne doit trouver le repos que dans la mort. Durant sa vie, elle essaye en vain d'échapper à l'implacable destinée. Klingsor, par exemple, oblige cette infortunée, qui ne marche au mal, nous l'avons dit, que sous la contrainte de son maître, à user de tous ses artifices pour séduire Parsifal. La seconde scène nous montre le jeune héros sourd aux appels provocants des sirènes apostées par Klingsor : « Laisse-moi baiser ta bouche », lui dit l'une d'elles. — « Repose-toi sur mon sein », reprend une autre. Mais, admis par une faveur insigne aux cérémonies liturgiques du Graal, Parsifal a puisé dans sa participation aux saints mystères une force surhumaine. Aussi tout d'abord échappe-t-il aux pièges périlleux de ces démons féminins. Toutefois sa vertu doit subir un assaut plus rude encore, et c'est Kundry qui le livre avec une insistance passionnée au début, presque avec rage par la suite : lutte symbolique du bien et du mal « antagonisme éternel de l'innocence aux prises avec le vice, de la lumière avec les ténèbres ! » Impuissante à vaincre, Kundry appelle Klingsor à son aide. Celui-ci accourt, brandissant sa lance ; mais la pureté du héros suffit à produire un miracle ; l'arme sacrée reste suspendue dans l'espace, au-dessus de la tête de Parsifal, qui s'en empare.

« La première scène du troisième acte nous présente Gurnemanz plongé dans ses mornes rêveries, tandis que près de lui, derrière un buisson, Kundry repose énervée, lassée. Un instant elle s'éveille, et, sans mot dire, elle assiste ainsi à un long entretien entre Gurnemanz et Parsifal. L'heure approche en effet où le jeune héros doit succéder à Titurel, et, pour le préparer à sa mission, Gurnemanz se livre vis-à-vis de lui à un certain nombre de pratiques dont la singularité ne manque pas de surprendre les spectateurs médiocrement familiarisés avec les rites du Graal. Il s'agit, pour ainsi parler, d'une allusion savante, chargée d'intentions mystiques, à l'un des plus admirables passages de l'Évangile, à cette belle scène où Madeleine rend le plus humble et le plus touchant hommage au Sauveur du monde. Kundry, servant ici la religion comme à l'acte précédent elle servait l'impiété, touchante image de cet « éternel féminin », condamné par sa faiblesse même à demeurer le jouet de toutes les passions de l'homme, Kundry lave les pieds de Parsifal ; elle les parfume avec le baume contenu dans un flacon d'or, elle les essuie avec sa chevelure. Ensuite Gurnemanz puise dans sa main l'eau de la source et la répand sur la tête de Parsifal, qui lui-même verse sur le front de Kundry cette eau salutaire, gage de pardon et de rédemption.

« Animé d'un saint enthousiasme, Parsifal exalte la grandeur de Dieu, auteur de toutes les merveilles de la nature ; il sent qu'il deviendra son élu, qu'il commandera, qu'il devra protéger les faibles, et déjà des paroles de clémence et de paix s'échappent de ses lèvres pour consoler celle qui gémit, la pauvre Kundry. Alors il reprend la route, une première fois suivie jadis, qui mène au palais, et il pénètre dans la salle que remplissent maintenant les pompes d'une cérémonie funèbre. Titurel est mort. De nouveau Amfortas, dans les spasmes de la douleur qui l'étreint, se refuse à découvrir la coupe. Mais Parsifal s'avance ; il touche de sa lance l'horrible plaie qui se referme aussitôt, et, portant une main pure dans le tabernacle, il balance solennellement le Saint-Graal au-dessus de la foule, tandis que, touchée par la grâce, Kundry s'affaisse lentement aux pieds du nouveau roi. »

Tel est le drame sur lequel Wagner a écrit une de ses partitions les plus émouvantes et les plus puissantes, l'une des plus riches en beautés éclatantes et de premier ordre. Si ce drame est parfois obscur, souvent trop dépourvu de réel intérêt, avec des longueurs inutiles et cruelles, il n'en a pas moins inspiré le compositeur. « La musique, a dit un critique, reste toujours d'accord avec la poésie et s'identifie avec elle. Cette musique, d'un style soutenu, semble pénible quand le poète s'attarde à des développements inutiles ; elle s'illumine au contraire d'une clarté soudaine lorsque, aux prises avec une situation vraiment neuve et forte il s'élève, d'un vol audacieux, jusqu'à des régions encore inexplorées dans le domaine de l'art. »

On sait de quel soin religieux Wagner entourait l'exécution de ses œuvres à Bayreuth. Non seulement il écrémait les principaux théâtres de l'Allemagne en empruntant à chacun d'eux ses artistes les plus renommés, qui venaient, par pur dévouement et sans rétribution aucune, lui prêter le concours de leur talent, mais, pour parer à tout accident possible, chaque rôle avait deux ou trois titulaires. C'est Mme Materna, de l'Opéra de Vienne, qui créa celui de Kundry, qu'elle partagea ensuite avec Mmes Malten, du théâtre de Dresde, et Marianne Brandt, de Berlin. Parsifal était joué par le ténor Winckelmann, de Dresde, qui était doublé par MM. Gudehus, de Dresde, et Jaeger, de Bayreuth. Les autres étaient ainsi distribués : Amfortas, M. Reichmann, de Vienne ; Gurnemanz, M. Scaria ; Klingsor, M. Carl Hill, de Schwerin ; enfin , Titurel, M. Kindermann, de Munich. L'orchestre, dont la responsabilité dans l'ouvrage est véritablement écrasante, était dirigé par M. Hermann Lévi, chef d'orchestre du théâtre Royal de Munich. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PART À DIEU (LA)

 

Opérette en un acte, musique de Laurent de Rillé, non représentée et publiée dans le Magasin des Demoiselles.

 

 

PART DU DIABLE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe, musique d’Esprit Auber.

 

Personnages : Carlo Broschi [Farinelli] (soprano), Casilda (soprano), la Reine (soprano), Rafael (ténor), le Roi (basse), Gil Vargas (basse), Fra Antonio (basse).

 

Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 16 janvier 1843, mise en scène de Louis Palianti, avec Mmes Rossi-Caccia (Carlo), Anna Thillon, Révilly, MM. Roger (Rafael), Grard, Achille Ricquier (Gil Vargas).

 

« Cet ouvrage charmant a inauguré, à notre avis, la troisième manière du chef de l'école française. Les ouvrages que ce compositeur fit représenter de 1820 à 1830 se firent remarquer par la simplicité, la naïveté de la mélodie, tels sont : la Bergère châtelaine, le Maçon, la Fiancée. La variété des effets, la science des combinaisons du rythme, la finesse des détails de l'orchestration, une harmonie piquante et originale, le brio, la verve spirituelle sont les qualités qui marquent la seconde manière du maître. Il suffit, pour justifier cette appréciation, de rappeler quelques-unes des œuvres représentées de 1830 à 1840 : la Muette, Fra Diavolo, l'Ambassadrice, le Domino noir. A partir de cette époque, il semble que les émotions du cœur, la passion, l'expression d'une sensibilité vraie l'ont emporté sur les facultés ingénieuses et brillantes du compositeur. Cette troisième manière, loin d'être moins féconde et moins heureuse que les deux autres, a produit des ouvrages fort remarquables qui auraient suffi pour placer leur auteur au premier rang, s'il les eût donnés au public dès le début de sa carrière. La Part du diable, la Barcarolle, la Sirène enfin, et surtout Haydée doivent fournir assez de preuves de la justesse de notre opinion, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister davantage. L'histoire singulière du célèbre chanteur Broschi Farinelli a donné à Scribe l'idée de son poème. Après avoir excité, par son chant et sa voix de soprano, une admiration qui tenait du délire en Italie et en Angleterre, l'élève de Porpora s'était rendu en Espagne dans l'année 1736. Le roi Philippe V aimait beaucoup la musique ; mais, depuis la mort de son fils, il était tombé dans un état d'abattement tel, qu'il négligeait les affaires de son royaume. La reine, Elisabeth de Ferrare, essaya du pouvoir de la musique pour guérir le roi de sa mélancolie. La voix de Farinelli opéra ce prodige, et ses accents triomphèrent des accès du nouveau Saül. S'il ne devint pas roi comme David, Farinelli fut du moins comblé d'honneurs à la cour, et on dit même qu'il devint premier ministre ou plutôt premier favori de Philippe et de Ferdinand VI, son successeur. Scribe a tiré un piètre parti de cette histoire extraordinaire. Le roi d'Espagne, épris de la voix d'une jeune fille, fait enlever celle-ci. La pauvre chanteuse parvient à s'échapper, et le roi en devient fou de désespoir. Un étudiant, nommé Rafaël d'Estuniga, aime aussi la fugitive, et, ne pouvant la retrouver, il prend le parti de se donner au diable. Satan lui apparaît sous la forme de Carlo Broschi, frère de Casilda, celle qu'il aime. Le marché est passé, et le diable promet de pourvoir à la fortune de Rafaël à la condition que tout sera commun entre eux. Le roi, qui a entendu Carlo chanter la romance qui avait si délicieusement frappé ses oreilles, attache le chanteur à sa personne. Celui-ci use de son crédit pour déjouer le complot formé par un grand inquisiteur nommé Fra Antonio, dans le dessein de perdre la reine ; il décide le roi à présider son conseil, et enfin il obtient de lui qu'il consente à l'union de Casilda avec Rafaël. Les divers incidents du marché conclu entre le prétendu diable et l'étudiant sont fort comiques et de la bonne façon de Scribe.

L'ouverture est jolie, surtout à son début ; on y remarque un mystérieux effet de violons avec sourdines et une belle fanfare de chasse des mieux traitées, qu'on retrouve dans le corps de l'ouvrage. L'air : C'est elle qui chaque jour, parfaitement chanté par Roger, a de la passion et de la chaleur. La romance : Oui, devant moi, droit comme une statue, chantée par Mme Anna Thillon, est naïve ; le duettino qui suit, entre le frère et la sœur, a cela de piquant qu'il est dit par deux soprani ; Mme Rossi-Caccia chantait le rôle de Broschi-Farinelli avec une voix ravissante de pureté et d'éclat, surtout dans les sons suraigus. Le morceau capital du premier acte est la cantilène : Ferme ta paupière, dors mon pauvre enfant, qui est devenue classique et populaire. On remarque, dans le second acte, une canzonetta napolitana : Qu'avez-vous, comtesse ? d'une vivacité et d'une franchise tout à fait charmantes ; l'accompagnement en est d'un goût exquis. Le quatuor pour basse et trois soprani, qui se termine sans accompagnement, est traité avec une supériorité magistrale. L'air de soprano : Reviens, ma noble protectrice, et le joli duo qui suit, sont les seuls morceaux intéressants du dernier acte, dans lequel le librettiste et les spectateurs sont occupés à débrouiller les fils de l'intrigue. L'opéra de la Part du Diable a obtenu un grand et durable succès. Malgré quelques détails du second acte, cet ouvrage a une teinte générale de douce mélancolie qu'on ne rencontre pas, nous le répétons, dans les précédentes œuvres de M. Auber. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PARTIE CARRÉE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Louis Hennequin, musique de Pierre Gaveaux, représenté à Feydeau le 26 juin 1793.

 

 

PARTIE CARRÉE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Lucien Augé de Lassus, musique de Rodolphe Lavello. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 23 juin 1884, avec MM. Herbert, Maris, Dulin, Mlle Dupuis, Pierron et Dupont.

 

 

PARTIE DE CAMPAGNE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jean-Henri-Ferdinand La Martelière, musique de Louis-Emmanuel Jadin. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 26 juin 1810.

 

 

PARTIE DE CHASSE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Desfontaines, musique de Saint-Georges, représenté à la Comédie-Italienne le 12 octobre 1778.

 

 

PARTIE DE TRICTAC (LA) ou LA BELLE-MÈRE

 

Opéra-comique en deux actes, musique de C.-L.-J. Hanssens, représenté à Gand en 1812.

 

 

PARYSATIS

 

Drame en trois actes et un prologue, de Jane Dieulafoy, avec musique de scène, chœurs et ballet de Camille Saint-Saëns, représenté aux Arènes de Béziers, devant 12.000 spectateurs, les 17 et 19 août 1902. Mme Dieulafoy, on le sait, a été la collaboratrice active de son mari dans ses belles explorations archéologiques en Perse. Son long séjour en ce pays lui donna l'idée d'un roman historique qu'elle publia sous le titre de Parysatis, et c'est de ce roman qu'elle tira les éléments d'un drame écrit par elle expressément pour le vaste cadre des Arènes de Béziers et dans des conditions scéniques toutes particulières. La musique, sous forme de marches, de chœurs et de danses, tenait une place importante dans ce drame, et M. Saint-Saëns consentit volontiers à l'écrire. C'est dire quelle en est la valeur, aussi lien au point de vue poétique qu'au point de vue musical, et dans les conditions grandioses où elle devait être conçue. Pour une telle œuvre il fallait un maître, un maître rompu aux formes les plus nobles et les plus pures de l'art classique, et nul plus que l'auteur de Samson et Dalila n'était qualifié sous ce rapport. Il faut signaler surtout, parmi les meilleures pages de la partition, la musique du prologue, la scène finale du premier acte, la chanson avec chœur du second, un chœur délicieux : Prince charmant, avec ses exquises sonorités de harpes, un autre chœur : Louez Anita la pure, d'une délicatesse incomparable, un beau chant de chasseurs accompagné de trompes, et enfin les airs de ballet, qui sont d'une grâce pleine d'élégance. C'est au milieu du ballet que se trouve une véritable perle, le Chant du rossignol, inspiration toute empreinte de poésie, avec ses brèves interventions du chœur.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

PAS DE SAPEUR

 

Opérette en un acte, paroles de M. Quentin, musique de Victor Robillard, représentée à la Gaîté-Montparnasse le 15 mars 1890.

 

 

PAS SI BÊTE

 

Opérette en un acte, paroles de M. Laurencin, musique de M. L. Désormes, représentée à l'Eldorado en mai 1877.

 

 

PASSAGE DES PRINCES (LE)

 

Comédie musicale en deux parties et quatorze tableaux, livret de Charles Méré, musique empruntée à Jacques Offenbach. Création au Théâtre de la Madeleine le 09 décembre 1933 avec Mmes Jane Marnac (Hortense Schneider), Parisys (Silly) ; MM. Henri Rollan (Grammont-Caderousse), Pizani (Offenbach).

 

"On voit Offenbach partout aujourd'hui, même aux Folies-Bergère. M. Charles Méré a imaginé de construire une intrigue autour du grand musicien bouffe, ou mieux autour de son œuvre, et, sous le prétexte de nous faire assister vers 1860 ou 1865 aux amours de la célèbre Hortense Schneider, il a composé la plus charmante anthologie des airs d'Offenbach. C'était s'assurer le plus efficace moyen de succès." (Larousse Mensuel Illustré, 1933)

 

 

PASSAGE DU RÉGIMENT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Sewrin, musique de Giuseppe Catrufo. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 05 novembre 1832. L'idée de cette petite pièce est assez plaisante. Un capitaine de carabiniers a épousé, en secret et malgré la défense du ministre de la guerre, une femme qu'il aimait et qu'il installe dans son château, aux environs de Colmar. Toujours en route, il n'a pu passer vingt-quatre heures avec elle ; mais son régiment, se rendant à Strasbourg, passe sous les murs de son parc. Le colonel donne l'ordre de faire halte et de distribuer les billets de logement. Notre carabinier choisit naturellement sa femme pour hôtesse ; par malheur le colonel a la même pensée ; il s'installe au château et fait la cour à la jeune femme de son subordonné, et rend impossible tout colloque entre les époux. Le capitaine devient jaloux, et un duel va avoir lieu, lorsque la situation se révèle réciproquement et amène un raccommodement. En 1832, ce genre de pièce ne pouvait déjà plus réussir ; elle se prêtait peu d'ailleurs à la musique. Celle de Catrufo n'a obtenu qu'un succès d'estime ; l'air chanté par Mme Casimir a été vivement applaudi. Le personnel de cet opéra se composait de Lemonnier, Thénard, Vizentini, Mmes Casimir et Boulanger.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PASSANT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de François Coppée, d’après sa comédie éponyme (1869), musique d’Emile Paladilhe. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 24 avril 1872, avec Mme Galli-Marié et Mlle Priola.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 12 mars 1874 avec Mmes Carbonnel (Sylvia), Galli-Marié (Zanetto).

 

« Il est fâcheux pour le jeune compositeur d'avoir accepté pour ses débuts au théâtre une œuvre aussi anti-lyrique que la fantaisie poétique de M. Coppée. De jolis vers, une étude psychologique intéressante, un dialogue d'un caractère original, cela a pu motiver un succès en faveur du poète, et, dans une époque stérile en talents comme la nôtre, lui procurer à peu de frais une gloire éphémère. Mais il n'y avait dans cette œuvre aucun des éléments propres à former un livret d'opéra-comique. M. Paladilhe a tenu à lutter avec un sujet ingrat. La partition et le poème se sont nui mutuellement. Le musicien n'a trouvé aucune mélodie franche ; ses procédés de composition, tout laborieux et estimables qu'ils sont, n'ont abouti à aucun effet appréciable sur le public, si ce n'est à une impression générale d'ennui et de défiance à l'égard de son avenir de compositeur. On a remarqué un joli prélude et un chœur sans accompagnement. L'auteur de la Mandolinata a une revanche à prendre. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

PASSÉ MINUIT

 

Opérette en un acte, paroles de Lockroy et Anicet Bourgeois, musique de M. Deffès, représentée aux Bouffes-Parisiens en décembre 1863. C'est l'ancien vaudeville qu'Arnal a rendu célèbre, dont on a fait le livret d'une opérette qui a eu vingt-sept représentations.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PASSE-PARTOUT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Campenhout, représenté à Lyon en 1814.

 

 

PASSION (LA)

 

Tableaux vivants de M. Bonnefois, avec musique scénique et chœurs de Francis Thomé, représentés au Nouveau-Théâtre le 05 juin 1894.

 

 

PASSION (LA)

 

Mystère sacré en quatre actes et neuf tableaux, paroles et musique de Henri Giulietti, représenté au Nouveau-Théâtre le 24 janvier 1899. L'œuvre était en grande partie déclamée. Les deux seuls solistes étalent Mlle Avelly et Mme Telba. Les chœurs avaient, naturellement, une tâche importante.

 

 

PASSION (LA)

 

Mystère en seize tableaux, paroles de l'abbé Jouin, curé de l'église Saint-Augustin, musique d’Alexandre Georges, organiste de l'église Saint-Vincent-de-Paul, représenté au Nouveau-Théâtre le 14 mars 1902. Cet ouvrage contenait une partie déclamée fort importante ; la partie chantante, en dehors des chœurs, avait pour interprètes Mlle Éléonore Blanc, MM. Bernaert, Daraux et Warmbrodt.

 

 

PASSION (LA)

 

Drame lyrique en quatre actes et dix tableaux, livret de Jules Méry et Paul de Choudens, d'après leur poème, musique d'Albert Dupuis (1912-1914), représenté à l'Opéra de Monte-Carlo le 02 avril 1916 sous la direction de Léon Jehin, avec Mmes Lucy Perelli (Marie), Stora (Madeleine), Barclay (un ange), Durbal (Sephora), Sorret (une sainte femme), MM. Charles Fontaine (Jésus), Georges Petit (Judas), Marcel Journet (Pilate), Gustave Huberdeau (Cornelius), Charles Delmas (Pharès), Victor Chalmin (Sadoc), Armand (Pierre), Berti (Jean), Etienne Billot (Joram), Stephan (un officier d'Hérode), Delestan (un adepte).

 

 

PASSIONNÉMENT !

 

Comédie musicale en trois actes, livret de Maurice Hennequin et Albert Willemetz, musique d’André Messager. Création au Théâtre de la Michodière le 15 janvier 1926. => fiche technique

 

 

PASTORALE COMIQUE (LA)

 

Entrée ajoutée à l'opéra d'Hésione, composée pour la fête des ambassadeurs du roi d'Espagne à l'occasion de la naissance du dauphin, et exécutée à Versailles le mardi 24 janvier 1730, et à l'Académie royale de musique le 31 du même mois. Laserre en composa les paroles, et Rebel fils, la musique.

 

 

PASTORALE EN MUSIQUE (LA)

 

Pastorale en trois actes, livret de l'abbé Perrin (introducteur des ambassadeurs près de Gaston, duc d'Orléans), musique de Robert Cambert, jouée à Issy, dans le château de M. de La Haye, au mois d'avril 1659. C'est le premier opéra français et un des premiers ouvrages lyriques représentés en France. Les pièces jouées précédemment n'étaient que des arrangements d'opéras italiens. Les paroles et la musique se prêtant un mutuel secours, et constituant une œuvre originale, font de la Pastorale en musique de Cambert et de l'abbé Perrin le véritable point de départ de la musique dramatique, qui a pu recevoir de Lully, quinze ans plus tard, une forme plus parfaite, mais dont le premier essai appartient à Cambert. Cambert était alors organiste de l'église collégiale de Saint-Honoré à Paris, et surintendant de la musique de la reine mère, Anne d'Autriche.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PATAPOUF Ier

 

Opérette en un acte, paroles de M. Koll, musique de M. Blétry, représentée à l'Eden-Concert le 23 février 1889.

 

 

PATART, PATART ET Cie

 

Vaudeville-opérette en quatre actes, de Charles Clairville et André Sylvane, musique de Louis Gregh, représenté aux Folies-Dramatiques le 09 octobre 1893.

 

 

PAT-CHOU-LY

 

Opérette en un acte, musique de Ben Tayoux, représentée aux Folies-Bergère le 01 mars 1875.

 

 

PÂTÉ EMPOISONNÉ (LE)

 

Opérette en un acte, livret d'Elie Frébault, musique de Firmin Bernicat. Création à l'Alcazar d'hiver le 22 septembre 1877. => détails

 

 

PATHELIN

 

Comédie musicale, livret de Georges Spitzmüller, musique de Paul Bastide, création à Strasbourg en mai 1939.

 

 

PATRIE !

 

Opéra en cinq actes et six tableaux, livret de Victorien Sardou et Louis Gallet, d'après Patrie ! drame en cinq actes de Victorien Sardou (Porte-Saint-Martin, 18 mars 1869), musique d’Emile Paladilhe.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 20 décembre 1886. Mise en scène de Pedro Gailhard. Décors : Poisson (1er acte), Henri Robecchi et Amable (2e et 5e actes), Auguste Rubé, Philippe Chaperon et Marcel Jambon (3e acte), Jean-Baptiste Lavastre (4e acte). Costumes de Charles Bianchini.

Mmes G. KRAUSS (Dolorès), BOSMAN (Rafaela), DUMÉNIL (Gudule).

MM. LASSALLE (Comte de Rysoor), DUC (Karloo), Edouard DE RESZKE (Duc d’Albe), MURATET (La Trémoille), BÉRARDI (Jonas), SENTEIN (Rincon), SAPIN (Vargas), CRÉPEAUX (Delrio), DUBULLE (Noircarmes), BALLEROY (un Officier d'honneur), BOUTENS (un Officier), GIRARD (Miguel), LAFFITTE (Galéna), HÉLIN (Bakkerzeel), DE SOROS (Cornélis).

Ballet réglé par Louis MERANTE : Mlles J. SUBRA (l'Abondance), TORRI - débuts - (l'Espagne), DOUCET (la Paix), HAYET (la Justice), MM. VASQUEZ (l'Esclave), PRINCE (la Farce) et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : Jules GARCIN

 

50e représentation à l’Opéra, le 04 mai 1888, avec les créateurs, sauf :

Mme Eva DUFRANE (Dolorès), MM. Pol PLANÇON (Duc d'Albe), MARTAPOURA (Jonas), LAMBERT (Rincon) et Augusto VIANESI au pupitre.

 

 

07.01.1891

58e

28.10.1907

74e

07.12.1916

85e

08.09.1919

93e et dernière

Dolorès

ADINI

GRANDJEAN

BREVAL

DAUMAS

Rafaela

BOSMAN

N. MARTYL

CAMPREDON

LAUTE-BRUN

 

 

 

 

 

De Rysoor

LASSALLE

DELMAS

DELMAS

JOURNET

Karloo

DUC

MURATORE

FRANZ

DARMEL

Duc d’Albe

PLANÇON

CHAMBON

A. GRESSE

A. GRESSE

La Trémoille

VAGUET

DUBOIS

L. DUFRANNE

DUBOIS

Jonas

DOUAILLIER

BARTET

BONAFE

Y. NOEL

Noircames

BALLARD

DELPOUGET

NARÇON

MAHIEUX

Rincon

LAMBERT

DOUAILLIER

A. HUBERTY

DRUINE

Vargas

VOULET

GALLOIS

GONGUET

GONGUET

Delrio

CREPEAUX

DENOYE

ERNST

ERNST

Miguel

IDRAC

BAUDIN

CAMARGO

NOURY

Galena

LAFFITTE

RAGNEAU

DEL VAL

GODARD

Officier

RAGNEAU

CERDAN

LACOME

LACOME

Officier

PALIANTI

CANCELIER

 

 

 

 

 

 

 

Ballet

J. SUBRA

VASQUEZ

SANDRINI

VASQUEZ

A. JOHNSSON

A. AVELINE

ZAMBELLI

A. AVELINE

Chef d’orchestre

DE MONTJAU

P. VIDAL

H. BÜSSER

BACHELET

 

Reprise du 28 octobre 1907 : décors de Rubé et Moisson (1er et 5e actes), Amable (2e), Chaperon et fils (3e), Carpezat (4e). Costumes de Charles Bianchini.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Dolorès : Mmes DUFRANE (1887), d'ALVAR (1887), LE SENNE (1916), LUBIN (1917), CROS (1917).

Rafaela : Mmes SAROLTA (1887), LOVENTZ (1891), BUGG (1918), BERTHON (1919).

Comte de Rysoor : MM. MELCHISSEDEC (1887), BERARDI (1887), NOTÉ (1900).

Karloo : MM. SELLIER (1887), ALVAREZ (1900), LUCAS (1900), LAFFITTE (1915).

Duc d'Albe : M. DUBULLE (1887).

 

93 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

« Le poème de cet ouvrage est l'adaptation musicale du drame émouvant et superbe que M. Sardou avait fait représenter à la Porte-Saint-Martin, le 18 mars 1869. Cette adaptation, faite avec beaucoup d'adresse, a inspiré le compositeur de la façon la plus heureuse. M. Paladilhe ne prétend être d'aucune école ; ce n'est pas un musicien à tendances ni à parti pris. Il n'a point de théories, il ne se propose point de modèles, il écrit simplement comme il sent, sans se préoccuper de plaire à d'autres qu'au vrai public, le juge en dernier ressort. Il cherche, de la façon la plus naturelle du monde, à tirer parti de son inspiration et, comme il a le sentiment de la vérité, le sentiment du pathétique, il a écrit, sur un livret superbe, une musique pleine de grandeur, de passion, d'émotion, de poésie, et il s'est trouvé que cette musique a communiqué aux auditeurs l'émotion dont il l'avait animée, et qu'elle a obtenu un succès complet.

Ce qui me semble particulièrement remarquable dans la partition de Patrie, en la considérant dans son ensemble, c'est la solidité monumentale de la construction, c'est la sûreté et la fermeté des attaches, qui ne trahissent jamais ni une faiblesse ni une négligence, c'est la belle sonorité de l'orchestre, orchestre vraiment scénique et non point symphonique (ce qui n'est pas la même chose), c'est la coupe élégante et la belle ordonnance de la phrase musicale, dont les ondulations prennent parfois une ampleur superbe, c'est enfin un ensemble de qualités à la fois très musicales et très scéniques qui dénotent un véritable homme de théâtre, apte à saisir toutes les situations et à les traduire en son langage avec la plus grande fidélité et le plus grand effet possibles. Ce qu'on lui souhaiterait seulement peut-être, c'est un peu plus d'originalité, de personnalité dans l'idée musicale proprement dite, qui, si elle se développe toujours d'une façon magistrale, n'est pas toujours essentiellement nouvelle dans son premier jet.

Si l'on voulait entrer dans le détail de l'œuvre, il faudrait signaler, au premier acte, un chœur de soldats très crâne et très sonore, toute la scène de l'instruction, qui est d'une belle et sévère ordonnance et que vient couper la chanson très franche du sonneur Jonas, le chœur des prisonnières, la prière si bien accompagnée par les cloches et les cors, et surtout le fragment symphonique qui suit, et qui est exquis. Au second, il faut tirer de pair la scène de Rysoor et des conjurés, scène excellente, traitée en déclamation rapide et d'un dessin plein de fermeté, puis le duo dans lequel Rysoor apprend à Dolorès qu'il se sait trompé par elle et qu'il tuera son amant ; c'est là une page très puissante, très pathétique, d'une couleur chaude et, si l'on peut dire, d'une violence émue, qui produit une impression profonde. Le ballet du tableau suivant est tout à fait aimable. Le troisième acte nous achemine aux grandes beautés de la partition, ici, dans leur caractère intime, tout à l'heure, au quatrième acte, dans leur plus grande expansion. A remarquer tout d'abord un fort joli cantabile dans la scène entre le duc d'AIbe et sa fille, puis la scène suivante, dans laquelle on force Karloo à rendre son épée, et qui est très bien traitée avec les trois voix ; mais le morceau capital est la dénonciation faite par Dolorès. La situation est puissante, dramatique, déchirante, et l'on peut dire que le musicien n'est pas resté au-dessous d'elle, car elle est vraiment magistrale, magistralement écrite et animée d'un grand souffle.

Mais voici vraiment le point culminant de l'œuvre, l'acte de l'Hôtel-de-Ville. Le drame, la musique, la mise en scène, tout concourt à son extrême puissance. Ici, l'émotion va toujours grandissant : la situation, d'abord dramatique, devient peu à peu terrifiante, et se dénoue dans une explosion formidable. C'est, en premier lieu, la scène de la conjuration et l'air superbe de Rysoor : C'est ici le berceau de notre liberté, air d'un noble et beau caractère, d'une ampleur grandiose, qu'accompagnent merveilleusement les harpes et les trombones. Puis le duo si pathétique dans lequel Rysoor reconnaît en Karloo l'amant de sa femme, l'ami qui l'a lâchement trahi ; ce duo, tantôt touchant, tantôt véhément, est divisé en plusieurs épisodes dont l'un des plus émouvants est la phrase si douloureuse de Rysoor :

 

Ah ! malheureux que j'aimais tant,

Voilà ce qu'il a fait pourtant !

 

dont le ton désespéré arrache des larmes à l'auditeur. A partir de ce moment, l'action se précipite. La rentrée des conjurés, la prise d'armes, la charge qui sonne, les premiers bruits de trahison, le combat, les coups de feu, l'entrée des Espagnols, la tentative d'évasion de Rysoor et de ses amis, arrêtée par l'arrivée du duc d'Albe, la scène du sonneur, le meurtre de celui-ci, le transport de son cadavre percé de balles, les plaintes de Rysoor sur son corps, tout cela est rendu, musicalement, avec une grandeur, un élan, une chaleur, et en même temps une fermeté et une sûreté de main qui feraient honneur à un grand maître. De cet ensemble vraiment héroïque, je détacherai la scène où Jonas, sachant qu'il marche à la mort en allant donner avec ses cloches le signal qui doit faire s'éloigner le prince d'Orange, dit à Rysoor :

 

Seigneur, ils me tueront. Ce n'est pas pour ma vie,

Mais ma femme, les miens !...

 

et l'admirable déploration que Rysoor, un instant après, fait entendre sur le corps inanimé du malheureux :

 

Pauvre martyr obscur, humble héros d'une heure,

Je te salue et je te pleure !

 

Ce chant de douleur et de regret est l'une des plus belles, des plus nobles, des plus touchantes inspirations du musicien.

Patrie ! a été admirablement jouée pour ses deux rôles principaux, ceux de Dolorès et de Rysoor, par Mme Krauss et M. Lassalle. L'interprétation générale était d'ailleurs excellente. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]



 

PATRIE RECONNAISSANTE (LA) ou L'APOTHÉOSE DE BEAUREPAIRE

 

Opéra héroïque en un acte, paroles de Lebœuf, musique de Candeille, représenté à l'Opéra (Académie de musique) le 3 février 1793 (15 pluviôse an I). Cet ouvrage fut sifflé.

 

 

PATTES BLANCHES

 

Opérette en un acte, livret de Constantin et L. Coron, musique de Laurent de Rillé, représentée aux. Bouffes-Parisiens le 21 mai 1873. Les aventures bouffonnes de deux Européens au milieu d'une tribu de nègres sont accompagnées d'une musique appropriée aux lazzis les plus extravagants. Ces bamboulas grotesques et ces parodies de boléros sont sans doute considérées par le musicien accrédité du ministère de l'instruction publique comme un délassement de ses fonctions d'inspecteur de l'enseignement du chant dans les lycées et d'examinateur dans la commission des bibliothèques scolaires. Cette opérette a été jouée plutôt que chantée par Ed.-Georges et Potel.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PAUL ET JULIE ou LA LETTRE SUPPOSÉE

 

Opéra-comique de Mlle Péan de la Rochejagu, représenté au Casino Paganini dans le mois de mars 1851.

 

 

PAUL ET PIERRE

 

Opérette en un acte, livret de Gabriel Prévost, musique d’Emile Louis, représentée à la salle des Familles le 26 mars 1874.

 

 

PAUL ET VIRGINIE

 

Opéra-comique en trois actes en prose, livret d’Etienne Guillaume François de Favières, musique de Rodolphe Kreutzer.

 

Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 15 janvier 1791, sous la direction de Frédéric Blasius. 301 représentations jusqu’en 1846.

 

« Le poème n'est qu'une faible imitation de quelques épisodes du célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre, et encore le dénouement est-il complètement de l'invention de Favières. La tempête a lieu au départ de Virginie. Paul, monté sur un rocher, aperçoit le naufrage du vaisseau. Il se jette à la mer, sauve Virginie et l'apporte dans ses bras sur le rivage. Ce troisième acte se passe presque tout entier en pantomime. La musique de Paul et Virginie a obtenu un grand succès. On y remarque une couleur locale assez remarquable pour l'époque, et des airs gracieux. L'ouverture, en ut, débute par un motif très simple et un peu monotone ; mais la seconde partie se distingue par de beaux développements pleins de chaleur. Nous citerons encore la romance dialoguée de Paul et Virginie : De ta main tu cueilles le fruit, et la chanson nègre : Quand toi s'en va de la case, dont l'accompagnement est assez piquant. La scène de l'orage se distingue par une bonne harmonie et des effets d'orchestration assez dramatiques. Cet opéra a été repris en 1846, sans grand succès. Toutefois, le finale du deuxième acte a réussi ; Jourdan et Mlle Lemercier ont joué Paul et Virginie ; Henri, le vieux noir ; Grignon, Mmes Félix et Saint-Ange, les autres rôles. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAUL ET VIRGINIE ou LE TRIOMPHE DE LA VERTU

 

Drame lyrique en trois actes et six tableaux, livret d’Alphonse du Congé Dubreuil, d’après le roman de Bernardin de Saint-Pierre, musique de Jean-François Lesueur, représenté à Paris (théâtre Feydeau) le 13 janvier 1794, sous la direction de La Houssaye. Le roman de Bernardin de Saint-Pierre n'a guère fourni que son titre à cet ouvrage, car les épisodes sont tout différents. Ainsi Virginie ne quitte pas l'île ; elle est arrachée des mains du capitaine par des insulaires, qui font sauter le vaisseau. Quant à la musique, elle offre, à un degré plus marqué que dans les autres opéras, les défauts et les qualités de Lesueur : de la grandeur et de la monotonie ; de la froideur dans le récitatif et la mélodie, mais aussi un rythme qui s'impose magistralement à l'auditoire ; enfin de la puissance dans l'harmonie des chœurs.

Lesueur a eu le malheur de devancer son temps. Doué d'une grande originalité, d'un sentiment très élevé de l'art, et d'une puissance de travail extraordinaire, il n'a jamais rien écrit sans se proposer d'atteindre à un idéal que l'état du théâtre à son temps ne comportait pas. C'est ce qui explique le peu de succès de la plupart de ses opéras. Trente années plus tard, lorsque l'école romantique eut mis à la mode ce qu'on appelle la couleur locale, son génie, puissamment aidé des conquêtes que l'art musical avait faites pendant cet intervalle, aurait enfanté des chefs-d’œuvre. Les modulations hardies, l'indépendance de son style, les sonorités étranges de son orchestre, qui avaient autrefois motivé l'opposition et la critique souvent excessive des musiciens, auraient alors été prônées comme autant de qualités. Les idées, les intentions abondent dans ses partitions ; mais la grâce et la vigueur font défaut. C'est un génie incomplet, il est vrai, mais sa place restera marquée à côté de Méhul, de Spontini et de Cherubini.

L'ouverture de Paul et Virginie annonce le lever du jour, et l'acte premier débute par un hymne des sauvages indiens au soleil levant : Divin soleil, âme du monde. C'est un chœur d'un beau caractère. Le duo de Paul et de Virginie : Quel air pur, quel beau jour ! a pour accompagnement des gammes ascendantes et descendantes qui lui donnent de la suavité. La romance du bon nègre Domingo, languissante et sans esprit, est tout à fait manquée, et celle de la négresse Sara ne vaut guère mieux. Dans le second acte, on remarque un duo original et fort bien fait entre Babet et Domingo : Je n'ai pas encore eu d'amant et m'en suis passée à merveille. Lesueur, que la manie de l'antiquité possédait et qui s'imaginait naïvement avoir retrouvé la musique des Grecs, émaillait ses partitions de mots scientifiques, de termes empruntés aux anciens modes, et on ne peut s'empêcher de sourire en lisant les mots doriens, hypophrygiens, lydiens, appliqués à des morceaux conçus dans la tonalité moderne, et des phrases comme celle-ci : In tutto quest' allegro, eseguite ancora col carattere locale, e col sentimento della ritmopœia, ebraica dei profeti ; e coll' espressione e l'accento della melopœia diastaltica, mescolata della systaltica, etc. Il a même prétendu que des morceaux de son opéra de la Mort d'Adam expliquaient plusieurs textes des anciens sur la musique des hébreux, des patriarches, sur celle des prophètes, des Égyptiens, des Chaldéens, des plus anciens grecs. (Voir page 114 de la grande partition). Pour en revenir à Paul et Virginie, citons encore le grand duo du deuxième acte : Est-ce donc là la récompense ? et le quatuor du troisième acte : O rage, ô douleur infinie ! qui est le plus beau morceau de l'ouvrage. La scène de la tempête paraîtrait faiblement rendue si on l'exécutait maintenant. Elle a paru émouvante autrefois. Comme nous l'avons dit plus haut, les auteurs ont changé le dénouement de Bernardin de Saint-Pierre. Virginie est sauvée du naufrage et de l'incendie du vaisseau par les Indiens, dont sa bonté l'avait rendue l'idole.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAUL ET VIRGINIE

 

Opéra en un acte, livret et musique de Denis Robert, représenté au théâtre de Port-Louis (île Maurice) le 30 octobre 1876. Ce petit ouvrage a été orchestré par M. Laban.

 

 

PAUL ET VIRGINIE

 

Opéra en trois actes et sept tableaux, livret de Michel Carré et Jules Barbier, musique de Victor Massé.

 

Création à l’Opéra-National-Lyrique le 15 novembre 1876 par Mmes RITTER (Virginie), ENGALI (Méola), MM. CAPOUL (Paul), MELCHISSEDEC (de Sainte-Croix) sous la direction d’Albert VIZENTINI.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 10 novembre 1877 avec Mmes Fouquet (Virginie), Bernardi (Méala), Lurie (Marguerite), Ismaël (Mme de la Tour), Maes (un négrillon), MM. Bertin (Paul), Dauphin (M. de Sainte-Croix), Devoyod (Domingue), Mechelaere (M. de la Bourdonnais), Frennet (un intendant).

 

Première à l'Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 18 décembre 1894. Mise en scène de Léon Carvalho.

Mmes SAVILLE — débuts — (Virginie), Marie DELNA (Méola), BUHL (Madame de la Tour), Charlotte WYNS (Marguerite), VILLEFROY (un Négrillon).

MM. Edmond CLÉMENT (Paul), Lucien FUGÈRE (de Sainte-Croix), MONDAUD (Dominique), ARTUS (de la Bourdonnais).

Chef d'orchestre : Jules DANBÉ.

 

50e représentation le 24 novembre 1895 :

Mmes LAISNÉ (Virginie), Charlotte WYNS (Méola), VILMA (Madame de la Tour), PIERRON (Marguerite), VILLEFROY (un Négrillon).

MM. LEPRESTRE (Paul), Lucien FUGÈRE (de Sainte-Croix), MONDAUD (Dominique), VIANNENC (de la Bourdonnais).

 

68e et dernière représentation (Salle du Château-d'Eau), le 10 novembre 1898 :

Mmes LAISNÉ (Virginie), PIERRON (Méola), VILMA (Madame de la Tour), CHEVALIER (un Négrillon).

MM. Alphonse MARÉCHAL (Paul), Lucien FUGÈRE (de Sainte-Croix), HUBERDEAU (Dominique), Michel DUFOUR (de la Bourdonnais).

Chef d'orchestre : VAILLARD.

 

68 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1899.

 

 « Cet ouvrage est, à mon avis, le plus distingué, le plus poétique, le plus fortement inspiré qui ait été représenté au Théâtre-Lyrique depuis bien des années. Le chef-d'œuvre littéraire de Bernardin de Saint Pierre a été habilement arrangé pour la scène, et la couleur générale est bien celle que l'imagination conçoit en lisant le récit touchant des amours de ces infortunés enfants. Dans le premier tableau, l'action se passe dans la case de Marguerite, cabane de bambous, ouverte sur un paysage de l’île de France. Mme de La Tour et Marguerite sont occupées à filer du coton. Les deux mères s'entretiennent de leurs enfants et se font part de leurs remarques sur leur attachement mutuel. Mme de La Tour annonce l'intention d'envoyer Paul aux Indes pour quelque temps, moins pour éprouver son amour pour Virginie que pour préparer leur bonheur futur. Ce duo des deux mères est d'un effet charmant. C'est un dialogue et un ensemble dans la forme du nocturne d'une teinte pleine de tendresse et de calme. Domingue, le vieux serviteur dévoué à ses maîtres et presque de la famille, a entendu le projet d'éloigner Paul. Il intervient dans la conversation et chante des couplets dont la mélodie est parlante et originale : N'envoyez pas le jeune maitre vers les pays lointains ! On annonce l'arrivée d'un navire venant de France. Mme de La Tour se rend à Port-Louis avec l'espérance de recevoir une lettre de sa famille. Le chœur des habitants de l’île : Un navire entre dans le port, est à la fois populaire et distingué. On voit le balancement du navire, on entend le chant monotone des matelots, on se souvient de ces accents dont ils accompagnent leurs efforts lorsqu'ils retirent les ballots de la cale. C'est ainsi qu'un véritable artiste sait poétiser les détails les plus vulgaires, en évitant également deux écueils, la banalité et le réalisme. Paul et Virginie surpris par l'orage accourent abrités sous une large feuille de bananier. Le duo qu'ils chantent : O joie ! ô douceur d'aimer qui nous aime ! a le mérite particulier d'exprimer par un heureux mélange des voix l'union parfaite et mystérieuse de deux cœurs confiants l'un dans l'autre. La poésie de Félicien David et les formes harmoniques de Mendelssohn semblent se condenser dans ce morceau. Méala, épuisée de fatigue, les bras meurtris et les vêtements en lambeaux se présente sur le seuil. Elle vient implorer un asile contre la poursuite d'un maître impitoyable. Virginie, compatissante, lui donne du lait, du pain, des paroles de consolation. Elle se charge avec Paul de la ramener chez son maître et d'obtenir sa grâce. Dans ce trio, on distingue surtout une belle phrase :

 

Oui, les cœurs que Dieu même inspire

Dans l'innocence des champs

Trouvent bien ce qu'il faut dire

Pour émouvoir les méchants.

 

Le deuxième tableau transporte le spectateur dans la plantation de M. de Sainte-Croix, riche planteur de la Rivière-Noire. Ce mauvais colon n'est pas nommé par Bernardin de Saint-Pierre. Pourquoi l'auteur du livret l'a-t-il baptisé du nom de Sainte-Croix ? C'est sans doute par antiphrase ; car c'est sur les rameaux de l'arbre de la croix que l'égalité des droits des âmes humaines a été promulguée dans le monde. Le choix de ce nom n'est pas heureux. Les esclaves font entendre des accents douloureux sous les ardeurs du soleil ; un négrillon chante sur un mode mineur et avec des intonations plaintives sa misère. Virginie et Paul arrivent avec Méala. Ici les récitatifs sont d'une expression excellente et passent tour à tour de la rudesse à une douceur exquise. Pardonnez-lui, s'écrie Virginie en s'adressant à Sainte-Croix. Son chant large et soutenu part du cœur. C'est une magnifique inspiration. Le chœur est ravi : Oh ! la douce voix ! oh ! le doux sourire, c'est un chant d'oiseau dans l'air envolé ; à peine elle parle, et chacun l'admire. Sainte-Croix est subjugué. A travers la distance des âges et en tenant compte de la différence des moyens employés, cette page rappelle la puissance d'expression de Gluck. Sainte-Croix accorde la grâce de Méala. Mais la beauté de Virginie allume dans son cœur grossier une passion brutale. L'intelligente et reconnaissante Méala s'en aperçoit la première, et lorsque Sainte-Croix, en l'honneur de ses deux hôtes, improvise une sorte de fête et ordonne à Méala de chanter, celle-ci les avertit qu'un danger les menace :

 

Parmi les lianes,

Au fond des savanes,

Le tigre est couché.

Son regard flamboie,

Il guette sa proie,

Dans l'ombre caché.

Le jour va s'éteindre,

Voici la nuit ;

Il peut vous atteindre,

Fuyez ! — tout fuit.

 

Cette chanson âpre et sauvage reste musicale malgré ses intonations hardies et son rythme heurté, ce qui prouve qu'il n'est nullement nécessaire de sortir du domaine de l'art pour produire l'effet cherché, lorsque le musicien a de l'imagination et du goût. Sainte-Croix, furieux du départ précipité de Virginie et de Paul, en rend Méala responsable et la livre à un nouveau châtiment. Je trouve que dans cette scène, les auteurs ont été trop loin. La danse de la bamboula, l'orgie du planteur, son ivresse, les cris de la malheureuse qui dominent le chœur, produisent une impression trop pénible pour une œuvre lyrique. Il faut se garder de confondre l'émotion avec la sensation physique. Une symphonie intéressante intitulée : la Forêt, sert d'entr’acte.

Le premier tableau du deuxième acte représente l'habitation de Mme de la Tour. Elle achève d'habiller Virginie et de la parer de quelques bijoux. Elle l'informe qu'une vieille parente la mande auprès d'elle et consent à lui laisser sa fortune à la condition qu'elle partira pour la France. Virginie ne veut pas quitter sa mère. Elle lui fait la confidence de son amour. Mme de La Tour, après de douces exhortations, la laisse seule à ses réflexions. Tout cela a été traité par le compositeur avec une délicatesse infinie. Ici se place une scène très poétique dans sa naïveté, scène pleine de naturel, qui suffirait seule pour faire le succès d'un acte d'opéra. La jeune fille veut savoir ce que pense de son départ Domingue, ce vieil ami qui l'a vue naître, qui l'aime ainsi que Paul. Pour toute réponse, sans la regarder et tout en travaillant à sa natte de jonc, Domingue chante :

 

L'oiseau s'envole

Là-bas ! là-bas !

L'oiseau s'envole

Et ne revient pas.

Ah ! pauvre folle !

Reste à la maison.

Crois à ma chanson

L'oiseau s'envole

Et ne revient pas.

Oiseau fidèle

Que Dieu bénit,

Oiseau fidèle,

Reste en ton doux nid.

Ferme ton aile,

Tu dormiras mieux

Que sous d'autres cieux.

Oiseau fidèle,

Que Dieu bénit,

Oiseau fidèle,

Reste en ton doux nid.

 

La mélodie de cette cantilène est expressive et touchante.

Le désespoir de Paul apprenant la fatale nouvelle forme la contrepartie de cette scène. Elle est rendue plus dramatique encore par l'aveu que Marguerite fait à son fils de sa faute et de la honte de sa naissance. Cette situation difficile à rendre est d'une déclamation si juste qu'elle a pleinement réussi. Rien d'attendrissant comme les consolations que Paul, malgré sa douleur et dans son affection, prodigue à sa mère. Les phrases les plus remarquées sont celles-ci : Ah ! ne brisez pas mon courage, et Je vous honore ; je vous aime. Méala revient encore une fois chercher un refuge ; mais cette fois, elle est suivie de près par Sainte-Croix. Paul le reçoit. Une discussion s'engage ; elle se termine par la rançon de l'esclave avec l'argent envoyé de France à Virginie. Le grand duo dans lequel Paul et Virginie font le serment d'être l'un à l'autre paraît un peu long à cause de la succession des mouvements divers, andante, allegretto, allegro maestoso, entrecoupés de récitatifs, à la façon de la mélopée en vogue de l'autre côté du Rhin, et heureusement fort contestée en deçà ; mais la péroraison en la bémol majeur est admirable d'inspiration. Cette belle phrase a été choisie par le compositeur pour caractériser l'amour de Paul et de Virginie, amour noble et pur, au-dessus des vicissitudes hautaines, plus fort que la mort.

 

Par le ciel qui m'entend, par l'air que je respire,

Par ce Dieu que je prends à témoin de ma foi,

Par tes larmes, par ton sourire,

Je jure de n’être qu'a toi !

 

Au second tableau, il fait clair de lune et on voit la mer à travers les arbres. Le chœur que j'ai signalé plus haut est répété en fanfare par les cors ; bien écrite pour ces instruments, elle produit le plus charmant effet. Elle se poursuit développée par un chœur lointain. Après le grand air de Virginie, Méala chante des couplets auxquels des appogiatures donnent beaucoup de caractère. C'est un hors d'œuvre, mais on l'entend avec plaisir. Virginie s'est endormie sur un banc de gazon. M. de La Bourdonnais arrive et presse le départ ; Mme de La Tour réveille sa fille. La toile tombe. Le troisième acte renferme d'aussi beaux morceaux que les deux autres. La chanson de Méala : En vain sur cette lointaine rive, est une mélodie fort jolie, toute en syncopes sur lesquelles M. Victor Massé aurait pu obtenir de son poète des paroles mieux adaptées à ce genre de rythme. Le quatuor : Que l'enfant que j'aime, composé de mesures alternées à quatre et à deux temps, est gracieusement accompagné par les instruments à cordes, en pizzicato. Le pauvre Paul, inconsolable de l'absence de son amie, lit et relit une lettre de Virginie ; la déclamation en est mélodieuse et d'une sensibilité exquise. Je la donne ici, parce qu'elle me semble avoir un parfum de candeur qu'il est doux de respirer en ces temps où l'amour est si mal exprimé au théâtre :

 

Chère mère, vous m'avez dit

De vous mander les jours de joie

On de chagrin que Dieu m'envoie ;

C'est à grand' peine : on m'interdit

De vous écrire ; et moi, sans armes

Contre un si rigoureux arrêt,

Je vous fais tenir en secret

Ces mots arrosés de mes larmes.

D'autres tourments que je prévois

Me tiennent le cœur en alarmes ;

J'ai trop pleuré, rappelez-moi.

Au sein même de la richesse,

Je suis plus pauvre qu'autrefois,

Ne pouvant vous faire largesse

De tous les biens que je reçois ;

Il a fallu que votre fille

Se cachât des regards jaloux

Pour recourir à son aiguille

Et travailler au moins pour vous.

Hélas ! c'est là tout le mérite

De menus objets faits par moi

Que j'ai pu joindre à mon envoi

Pour vous et maman Marguerite.

A Paul cette petite fleur

Que l'on appelle violette,

Du nom même de sa couleur ;

Elle semble éclose en cachette

Sous le buisson où la trahit

Le doux parfum qu'elle recèle ;

Par les soins de Paul puisse-t-elle

Prospérer en cet humble nid

De fleurs, de mousse et de verdure,

Où notre fontaine murmure,

Où nos oiseaux chantent en chœur,

Hélas ! où j'ai laissé mon cœur !

 

Le fond du théâtre s'ouvre et laisse voir à travers une gaze un salon aristocratique. Virginie est invitée à chanter. Elle s'accompagne sur la harpe :

 

Que ma chanson vers toi s'envole,

O doux ami que j'ai quitté, etc.

 

La mélodie est ravissante de grâce et de mélancolie. On l'entoure, on la félicite. Un personnage lui est présenté. C'est Sainte-Croix. Virginie repousse avec dédain ses hommages. La vieille parente témoigne son indignation et congédie Virginie. Paul a suivi cette vision et s'écrie : « Elle revient vers nous ! » Domingue accourt ; en effet, on annonce l'arrivée d'un navire ; mais il est ballotté par la tempête et ne peut aborder. Paul se précipite sur la plage. Le théâtre change. A quelque distance en mer, on voit le Saint-Géran à demi submergé. Virginie est étendue inanimée sur le sable ; Paul est agenouillé près d'elle. Tous les personnages et les habitants de l'île sont accablés de douleur. Le chœur chante :

 

Pauvres amants !

Séparés sur la terre

Et longtemps malheureux,

L'amour que rien n'altère

Les attend dans le ciel et commence pour eux !

 

Cette partition, le chef-d’œuvre de M. Victor Massé, est désormais associée au poème de Bernardin de Saint-Pierre et s'ajoute glorieusement aux meilleurs opéras de l'école française. Distribution : Paul, Capoul ; M. de Sainte-Croix, Melchissédec ; Domingue, Bouhy ; M. de La Bourdonnais, Bonnefoy ; Virginie, Mlle C. Ritter ; Méala, Mme Engalli ; Mme de La Tour, Mme Sallard ; Marguerite, Mme Téoni ; un négrillon, Mlles Parent et Marcus. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PAUL ET VIRGINIE

 

Opéra (incomplet), livret de Raymond Radiguet et Jean Cocteau, musique d’Erik Satie.

 

 

PAUL, FAUT RESTER

 

Parodie en un acte de Paul Forestier, de Siraudin et Marc Leprévost, avec airs nouveaux de Victor Robillard, représentée au Palais-Royal le 22 février 1868.

 

 

PAUL Ier

 

Opéra en trois actes, paroles de Luce et Victor Lefebvre, musique de Bovery, représenté à Douai vers 1830. Ce fut presque le début de ce bon musicien qui lutta pendant de longues années contre la fortune et qui est mort récemment chef d'orchestre d'un des plus modestes théâtres de Paris. L'auteur de Jacques Artevelde, du Giaour, était un mélodiste distingué et plusieurs de ses romances sont devenues justement populaires.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAULIN ET CLAIRETTE ou LES DEUX ESPIÈGLES

 

Comédie en deux actes, paroles et musique de Dezède, représentée au Théâtre-Français le 5 janvier 1792, l'année même de la mort du compositeur.

 

 

PAULINE ET HENRI

 

Comédie en un acte, en prose, mêlée d'ariettes, paroles de Boutillier, musique de Rigel, représentée à Feydeau le 9 novembre 1793. C'est une pièce empreinte de cette fadeur et de cette fausse sensibilité particulières à cette époque, et auxquelles la Terreur répondait par son ironie sanglante.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAULUS ou LA CONVERSION DE SAINT-PAUL

 

Œuvre lyrique, musique de Felix Mendelssohn-Bartholdy, écrite en partie à Düsseldorf et terminée en 1835. Cet oratorio est l'œuvre la plus importante du compositeur. Elle est souvent exécutée en Allemagne ; mais le public n'en connaît en France que de beaux fragments. Le livret allemand se compose de strophes poétiques, reliées entre elles par des périodes, en prose, reproduisant les récits extraits des Actes des apôtres. La mort de saint Etienne est le sujet du prologue de l'oratorio. Le récit des persécutions exercées contre les disciples du. Christ précède la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas et ses premières prédications. Dans la dernière partie, saint Paul dit adieu aux fidèles de Milet et d'Ephèse, en leur faisant un tableau des luttes de l'Eglise naissante. M. Maurice Bourges a traduit en vers français tout ce livret écrit en prose. La musique de cet ouvrage est d'une originalité hardie et puissante. L'expression et la couleur y dominent plus que la mélodie et l'unité de style. Les contrastes sont fréquents, l'instrumentation habile et savante. Des effets de sonorité nouveaux et d'un goût exquis ont élevé Mendelssohn au rang des premiers symphonistes. Parmi les morceaux les plus admirés, nous citerons en première ligne le chœur de soprani, accompagné par tous les instruments à vent et les timbales en trémolo dans la scène de la conversion de saint Paul, et le chœur : Gloire au malheureux qui souffre le martyre, dans la première partie. Mendelssohn a arrangé lui-même, pour le piano et à quatre mains, l'ouverture qui produit de l'effet.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAUVRE AVEUGLE (LA) ou LA CHANSON SAVOYARDE

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Hapdé et Philidor, musique de Porta, représenté à l'Ambigu-Comique le 24 juillet 1797.

 

 

PAUVRE FEMME (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Benoît-Joseph Marsollier, musique de Nicolas Dalayrac. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 08 avril 1795.

 

 

PAUVRE HOMME (LE)

 

Opéra-comique, musique de Saint-Amans, représenté à Paris en 1797.

 

 

PAUVRE MATELOT (LE)

 

Complainte en trois actes, livret de Jean Cocteau, musique de Darius Milhaud.

 

Personnages : la Femme (soprano) ; le Matelot (ténor) ; son Beau-père (basse) ; son Ami (baryton).

 

L’action se déroule dans un port, de nos jours.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 16 décembre 1927, mise en scène de Gabriel Dubois, décor de Raymond Deshays et Arnaud, costumes de Marcel Multzer.

 

Reprise le 03 février 1938 avec une orchestration nouvelle de Milhaud, mise en scène de Jean Cocteau, décors de Guillaume Monin.

 

 

16.12.1927

Opéra-Comique

(création)

03.02.1938

Opéra-Comique

(14e)

12.01.1945

Opéra-Comique

(20e)

La Femme

Madeleine SIBILLE

Jane ROLLAND

Jane ROLLAND

 

 

 

 

Le Matelot

LEGRAND

Victor PUJOL

BONNEVAL

Son beau-père

Félix VIEUILLE

Louis MOROT

L. GUENOT

Son Ami

Louis MUSY

Louis MUSY

Louis MUSY

Chef d'orchestre

Georges LAUWERYNS

DESORMIERE

DESORMIERE

 

25 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

PAVILLON (LE)

 

Opéra-comique, musique d’Alexandre Piccinni, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes de la rue de Bondy vers 1804.

 

 

PAVILLON DES FLEURS (LE) ou LES PÊCHEURS DE GRENADE

 

Comédie lyrique en un acte, livret de René-Charles Guilbert de Pixerécourt, musique posthume de Nicolas Dalayrac (voir le Pavillon du calife). Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 13 mai 1822.

 

« Pièce un peu faible d'invention, mais dont le fond est racheté par d'heureux détails. Succès. »

[Almanach des spectacles, 1823]

 

« L'ouverture est charmante. Les morceaux les plus agréables sont : le virelai chanté par Laure : A l'espérance, Zoraïde, ouvrez votre cœur ; les couplets chantés dans une barque par Almanzor : Sur ce rivage attachons nos filets, suivis d'un ensemble d'un joli effet ; la romance de Zoraïde : La colombe fugitive, et le dernier duo entre Zoraïde et Almanzor. Nous croyons que la pièce a fait tort à la partition. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAVILLON DU CALIFE (LE) ou ALMANZOR ET ZOBÉIDE

 

Opéra en deux actes, paroles de Després, Deschamps et Morel, musique de Dalayrac, représenté sur le Théâtre de l'Opéra le 12 avril 1804 (22 germinal an XII). Cet ouvrage, le seul que Dalayrac ait écrit pour l'Opéra, ne réussit point. On le reprit, sans plus de succès, à Feydeau, sous le titre suivant : le Pavillon des fleurs (voir ce titre). Le poème avait été réduit à un acte.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAYS (LE)

 

Drame en musique en trois actes et quatre tableaux, livret de Charles Le Goffic, musique de Guy Ropartz.

 

Création au Grand-Théâtre de Nancy le 03 février 1912, dans des décors de Borbeau, une mise en scène de Mancini, avec Mme Rose HEILBRONNER (Koethe), MM. LHEUREUX (Tual) et ERNST (Jorgen) sous la direction de Guy ROPARTZ.

 

Première à l'Opéra-Comique le 16 avril 1913. Mise en scène d'Albert Carré. Décors de Raymond Deshays et Alexandre Bailly. Costumes de Félix Fournery.

Mme Germaine LUBIN (Koethe).

MM. Thomas SALIGNAC (Tual), Félix VIEUILLE (Jorgen).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

9e représentation le 02 février 1924 avec les interprètes de la première, sous la direction d'Albert WOLFF.

 

Représentation du 14 février 1924 avec les interprètes de la première, sous la direction de Maurice FRIGARA.

 

14 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

PAYS DE COCAGNE (LE)

 

Opéra en deux actes, livret de M. Desforges, musique de Pauline Thys, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 24 mai 1862.

 

« Mlle Thys est une des rares personnes de son sexe qui, depuis Mlle Bertin (auteur d'Esmeralda), se soient avisées de mettre sur pied une partition d'opéra bonne ou mauvaise. Elle avait déjà donné aux Bouffes-Parisiens une opérette intitulée : La Pomme de Turquie. Les deux principaux rôles du Pays de Cocagne étaient confiés à Mlle Baretti et au baryton Jules Lefort. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PAYS DE L’OR (LE)

 

Pièce à grand spectacle, mêlée de pantomime, en trois actes et quatorze tableaux, d’Henri Chivot et Albert Vanloo, musique de Léon Vasseur, représentée au théâtre de la Gaîté le 26 janvier 1892, avec Mmes Cassive, Gélabert, Moïna Clément, Ducouret, Rolla, MM. Alexandre, Fugère, Bartel, Dacheux, Liesse, Riga.

 

 

PAYS DES BIJOUX (LE)

 

Opérette en deux actes, musique de Georges Douay, représentée aux Folies-Marigny en 1876.

 

 

PAYS DU SOURIRE (LE)

 

[Das Land des Lächelns]

Opérette romantique viennoise en trois actes, livret de Ludwig Herzer et Fritz Löhner, d’après Victor Léon, musique de Franz Lehár.

 

Première représentation à Berlin, Metropol Theater, le 10 octobre 1929, avec Richard Tauber (Sou-Chong), sous la direction du compositeur.

 

Première représentation dans une version française d’André Mauprey et Jean Marietti, au Théâtre Royal de Gand, le 01 avril 1932 avec Mmes Germaine Roumans (Lisa) et Gina Berthot (Mi), MM. Louis Izar (Sou-Chong) et Gotis de Ville (Gustave).

 

Première représentation à Paris, Gaîté-Lyrique, le 15 novembre 1932, dans la version française, avec Mmes Georgette Simon (Lisa), Coecilia Navarre (Mi), MM. Willy Thunis (Sou-Chong), Paul Darnois (Gustave), Duvaleix (le comte de Lichtenfels) et Descombes (Tchang), sous la direction de Franz Lehár. Divertissements réglés par Mme Goutcharowa et dansés par Mlle Jetty Jassonne.

 

"Dans cette opérette, qui porte pourtant un titre prédestiné, c'est le sourire qui manque le plus. Ce n'est plus « la Veuve joyeuse » mais bien plutôt « la Mariée récalcitrante ». L'héroïne, échappée d'une principauté fantaisiste de la Mittel-Europa, s'est éprise du prince Souchong qui l'a épousée et emmenée en Chine, le pays du sourire ; tout ne s'y termine pas cependant en souriant. Le prince, par nécessité politique, consent à se soumettre à la petite formalité de prendre, dans les familles nobles de sa patrie, quatre nouvelles épouses, ce qui fâche outre mesure la première Mme Souchong. Un officier de marine européen, qui lui fit jadis inutilement la cour, arrive à point pour l'aider à fuir le tyran asiatique. Mais celui-ci a fait garder toutes les portes du palais. Ce n'est qu'au dernier acte que le prince Souchong se décide à pardonner et à libérer l'imprudente. En un tel sujet, Franz Lehár ne peut guère donner cours à son inspiration facile mais souvent plaisante. Il vise alors au grand opéra ou presque. Le malheur est qu'il y perde le plus clair de sa personnalité.

Il y a dans cette partition un air devenu populaire avant la représentation ; il est chanté par M. Willy Thunis avec une complaisance qui dépasse la nécessité. Cet acteur, au goût étranger, met d'ailleurs, dans sa création du prince Souchong, beaucoup de fougue. Sa partenaire, Mlle Georgette Simon, a une fort jolie voix qui ne manque ni de souplesse ni d'éclat." (Larousse Mensuel Illustré, 1932)

 

 

PAYSAN (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jules Alboise du Pujol, musique de Charles Poisot. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 16 octobre 1850, avec Mlle Decroix, MM. Jourdan, Nathan, Lemaire, Hermann-Léon.

 

« L'auteur du livret reproduit un des épisodes légendaires de la vie de Henri IV, et l'attribue à Joseph II. La scène se passe aux frontières de l'Autriche et de la Prusse. Un jeune officier de fortune, au service de l'empereur, aime la nièce d'un baron fort entêté de sa noblesse. Celui-ci refuse de s'allier à la famille d'un paysan ; mais l'empereur s'intéresse au sort des deux jeunes gens. Une partie de chasse le conduit chez le villageois. Il s'y régale avec grand appétit d'un quartier de chevreuil, et, pour lever les scrupules du baron, il ennoblit son hôte rustique. Ce sujet, qui a été traité trop souvent au théâtre pour intéresser le public, ne convenait pas à un jeune compositeur. Cet ouvrage a été le début au théâtre de M. Charles Poisot, élève distingué d'Halévy. La partition du Paysan annonçait les qualités les plus solides, de la verve mélodique, un sentiment vrai de la déclamation, une harmonie correcte et variée. Il est regrettable qu'on n'ait pas encouragé ce compositeur dans la carrière où le portaient son organisation et ses bonnes études. L'ouverture débute par un andante, dans lequel on remarque un charmant effet produit par les clarinettes, les cors et les bassons. Elle se termine par un allegretto rustique plein d'entrain. Parmi les morceaux les plus saillants, nous rappellerons la romance, naïve et tendre, de Thérèse : Ne plus le voir ; le duo bouffe : Qui ! vous ! devenir noble un jour, et les couplets : Gros et gras meunier, un soir, qui ont bien la couleur et le ton de notre vieille musique française. L'éditeur Richault a publié une belle édition in-4° de cette partition. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PAYSAN À PRÉTENTION (LE)

 

Opéra-comique, musique de Deshayes, représenté au théâtre de Beaujolais en 1787.

 

 

PAYSANNE SUPPOSÉE (LA) ou LA FÊTE DE LA MOISSON

 

Opéra-comique en trois actes, livret de C. Dubois, musique de Matthieu-Frédéric Blasius. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 28 août 1788.

 

 

PAYSANS PATRIOTES (LES)

 

Comédie lyrique en trois actes, livret de Masson de Morvilliers, musique de Georg Joseph Vogler. Création à Versailles, Théâtre de la Cour, le 25 mars 1784.

 

 

PEAU D'ÂNE

 

Opérette féerique en un acte, livret de Julian (Mme Pilati), d'après le conte de Perrault, musique de Ruytier (Pilati), représentée aux Folies-Nouvelles en mars 1858.

 

 

PEAU DE CHAGRIN (LA)

 

Comédie lyrique en quatre actes, livret de Pierre Decourcelle et Michel Carré fils, d'après le roman d’Honoré de Balzac, musique de Charles Levadé.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 24 avril 1929. Mise en scène de Georges Ricou. Décors de Raymond Deshays et Arnaud. Costumes dessinés par Marcel Multzer exécutés par Mme Solatgès et Henri Mathieu.

Mmes Madeleine SIBILLE (Comtesse Fœdora), Véra PEETERS (Pauline), FERRAT (Mme Gaudin), Jane ROLLAND (Rosette ; Aquilina), LEBARD (Réséda ; Mme de Senoncourt), Suzanne DUMAN (Mme de Beauséant), Andrée BERNADET (Mme d'Espars), Andrée VAVON (Mme de Navarrens), BREKA (Mme de Rochegude), J. MARTIN (Mme de Nucingen).

M. Charles FRIANT (Raphaël), Félix VIEUILLE (Jonathas), Roger BOURDIN (le Comte Rospoli), Willy TUBIANA (Barbentane), Victor PUJOL (Rastignac), Émile ROUSSEAU (Blondet), Paul PAYEN (de Marsay ; un Clerc), Jean VIEUILLE (Bixiou), Raymond GILLES (Firmin), CORNELLIER (de Trailles ; Antonin), Roland LAIGNEZ (du Tillet).

Au 3e acte, Divertissement réglé par Mme Louise VIRARD, dansé par Mlles GUGGIARI (l'Amour), Édith JALADIS (le Faune), GOLDFLAM et les Dames du corps de ballet.

Chef d'orchestre : Louis MASSON.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 23 février 1932 (21e représentation). Même distribution qu'à la création, sauf :

Mmes Aimée LECOUVREUR (Mme Gaudin), VILLETTE (Mme de Beauséant), PERRY (Mme de Navarrens), VACCHINO (Mme de Rochegude).

MM. Émile ROQUE (Bixiou), GÉNIO (de Trailles ; Antonin).

Chef d'orchestre : Élie COHEN.

 

24e représentation le 19 mars 1932 :

Mmes Madeleine SIBILLE (Comtesse Fœdora), Véra PEETERS (Pauline), LECOUVREUR (Mme Gaudin), Jane ROLLAND (Rosette ; Aquilina), LEBARD (Réséda ; Mme de Senoncourt), VILLETTE (Mme de Beauséant), Andrée BERNADET (Mme d'Espars), PERRY (Mme de Navarrens), VACCHINO (Mme de Rochegude), MARTIN (Mme de Nucingen).

M. Charles FRIANT (Raphaël), Félix VIEUILLE (Jonathas), Roger BOURDIN (le Comte Rospoli), Willy TUBIANA (Barbentane), Victor PUJOL (Rastignac), Émile ROUSSEAU (Blondet), Paul PAYEN (de Marsay ; un Clerc), Jean VIEUILLE (Bixiou), Raymond GILLES (Firmin), GENIO (de Trailles ; Antonin).

Divertissement dansé par S. ROSNE, MEROUZE, EDITH et les Dames du corps de ballet.

Chef d'orchestre : Elie COHEN.

 

26 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

"On connaît cette balzacienne histoire. Un poète romantique, Raphaël de Valentin. désespéré d'amour par une coquette russe, la comtesse Fœdora, est prêt à se suicider. Mais de l'autre côté du quai il y a une boutique d'antiquaire ; c'est là que le poète est suivi par la fille de sa logeuse, Pauline, laquelle l'aime de son côté sans succès ; c'est là que le vieux marchand lui offre cette peau de chagrin avec laquelle il pourra satisfaire tous ses désirs, mais en échange d'un peu de jeunesse. Ainsi donc Raphaël obtient la richesse ; il tue en duel son rival auprès de la comtesse ; et quand celle-ci cédant au talisman est prête à aimer Raphaël, il est si vieux qu'il la méprise. C'est alors que revient Pauline ; pour sauver celle-ci épuisée par tant de chagrin, il forme un dernier vœu et meurt. Tout cela est adroitement découpé par les librettistes et forme un spectacle non dénué d'intérêt.

La musique de Charles Levadé n'est pas moins habile. Si elle a un défaut, c'est de manquer un peu trop d'originalité et même de couleur. Mais, il y a d'agréables trouvailles. Le thème de la Peau de chagrin est assez significatif. Il y a en outre de jolies réponses de l'orchestre aux voix. Ces voix sont celle de Mlle Vera Peeters (Pauline), laquelle est fraiche et fort plaisante, celle de Mlle Madeleine Sibille (Fœdora) dont le timbre s'impose naturellement à l'attention, et enfin celle de M. Charles Friant (Raphaël) qui supporte sans faiblesse un rôle extrêmement long et difficile. Nommons aussi M. Félix Vieuille qui a fort bien caractérisé le personnage de l'antiquaire, M. Roger Bourdin, remarquable comme toujours en comte Rospoli, et enfin, M. Tubiana qui se fait admirer dans le rôle épisodique de Barbentane." (Larousse Mensuel Illustré, 1929)

 

 

PEAU DE L'OURS (LA)

 

Opéra-comique, musique d’Arquier, représenté au théâtre Molière vers 1792.

 

 

PEAU DE L'OURS (LA)

 

Opérette en un acte, musique de Samuel David, représentée aux Folies-Nouvelles en 1857 ou 1858. Le livret de ce petit ouvrage était imité de celui de l'opéra-comique de Duni, les Deux Chasseurs et la Laitière, représenté cent ans auparavant.

 

 

PEAUFIN

 

Comédie bouffe en un acte, livret de R. Gastambide et André Baugé, musique de J. Mazellier. Création au Théâtre de la Porte-Saint-Martin le 03 mai 1935.

 

 

PÉCHÉ DE GÉRONTE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Pagès de Noyez, Mandville et Malcamps, musique de William Chaumet, représenté au Théâtre-Lyrique (salle de l'Athénée) le 30 décembre 1872. C'est l'éternel sujet du tuteur et de la pupille, d'un vieillard épouseur et d'une Rosine qui lui joue des tours et finit par lui échapper. La musique a été accueillie avec une indulgence qu'on a absolument refusée à la pièce. On y a remarqué un morceau commençant par ces mots : Vous plaisantez. Cet ouvrage n'a pas réussi.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

PÉCHÉ VÉNIEL

 

Opérette en un acte, paroles de Franc-Nohain, musique de Claude Terrasse, représentée au théâtre des Capucines le 16 novembre 1903.

 

 

PÊCHEUR D'ISLANDE

 

Drame en quatre actes et neuf tableaux, livret de Louis Tiercelin d'après le roman de Pierre Loti, musique de Guy Ropartz, représenté à Paris, Théâtre d'application, le 18 février 1893.

 

 

PÊCHEURS (LES)

 

Comédie en un acte, mêlée d'ariettes, livret du marquis Adrien-Nicolas de La Salle d’Offémont, musique de François-Joseph Gossec. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 23 avril 1766, puis, avec des changements, le 07 juin 1766.

 

« Cet opéra-comique est le meilleur que le compositeur ait écrit. Il a obtenu un grand succès, dû en grande partie aux nouvelles formes données par Gossec à la musique instrumentale. Quoiqu'il n'ait joint au quatuor que les hautbois, les cors et les bassons. Les mélodies ne sont pas fort originales ; mais le tour en est franc et l'harmonie bien appropriée au rythme. Cette partition offre beaucoup d'analogie quant au style avec celles de Philidor ; mais la sonorité en est meilleure. Les morceaux les plus saillants sont l'ariette de Jacques : Suzette a déjà dix-huit ans, celle de Suzette : Dois-je espérer, ou dois-je craindre ? un bon trio entre le bailli, Bernard et Suzette et un quatuor bien traité. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÊCHEURS DE CATANE (LES)

 

Drame lyrique en trois actes, livret d’Eugène Cormon et Michel Carré, musique d’Aimé Maillart. Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 19 décembre 1860, avec MM. Peschard, Balanqué, Girardot, Mlles Baretti, Faivre et Mme Vadé.

 

« Le sujet de la pièce a quelque ressemblance avec celui de Graziella, le joli roman de Lamartine. Il s'agit d'une jeune villageoise, Nella, qui, séduite par les protestations d'amour d'un jeune seigneur, le préfère à son ami d'enfance, le bon et fidèle Cecco ; mais le jeune seigneur est fiancé à Carmen, personne de son rang. La pauvre Nella se retire au couvent des Annonciades. Avant de prononcer ses vœux, elle revoit Fernand, qui se décide enfin à l'épouser ; mais elle a été frappée au cœur ; elle meurt, ce qui est un dénouement assez imprévu et fort lamentable. Quant aux pêcheurs de Catane, ils n'interviennent que dans des épisodes assez secondaires, et pour fournir à la mise en scène et au compositeur des motifs et des chœurs. La musique de M. Aimé Maillart est avant tout scénique. Elle est colorée, vive et instrumentée avec talent. Nous citerons le chœur : Enfants de l'Etna ; un bon quintette, des airs de danse, la marche des soldats, la romance qui ouvre le second acte : Du serment qui m'engage ; le finale, une tempête, et le premier chœur du troisième acte. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« La Graziella de Lamartine, traînée vivante devant un public de théâtre et traduite à sa barre, fut reçue avec une sévérité froide. Les mélancolies poétiques qui se dégagent des feuillets du livre se tournèrent en prosaïque ennui dans ce nouveau milieu. Mlle Baretti qui débutait par le rôle primitivement destiné à Mme Carvalho, était encore trop dénuée d'autorité, pour venir en aide aux auteurs. C'est aussi dans ce drame lyrique que s'est essayé, en sortant du Conservatoire, le ténor Peschard, qui alla bientôt chanter le Comte Ory à l'Opéra. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PÊCHEURS DE PERLES (LES)

 

Opéra en trois actes et quatre tableaux, livret d’Eugène Cormon et Michel Carré, musique de Georges Bizet.

 

Personnages : Nadir, pêcheur (ténor) ; Zurga, roi des pêcheurs (baryton) ; Nourabad, grand-prêtre de Brahma (basse) ; Leïla, prêtresse de Brahma (soprano) ; pêcheurs, fakirs, prêtres.

 

L’action se déroule à Ceylan, dans l’Antiquité.

 

Création au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet) le 30 septembre 1863, avec Mme Léontine de MAËSEN (Leïla) MM. MORINI (Nadir), ISMAËL (Zurga) et GUYOT (Nourabad) sous la direction d’Adolphe DELOFFRE.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 25 novembre 1887 avec Mme Landouzy (Leïla), MM. Mauras (Nadir), Renaud (Zurga), Frankin (Nourabad).

 

Repris au Théâtre Italien le 20 avril 1889 par Mme Emma CALVÉ (Leïla), MM. TALAZAC (Nadir), LHERIE (Zurga) et NAVARRI (Nourabad) sous la direction de Léopoldo MUGNONE.

 

Première à l'Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 24 avril 1893. Mise en scène de Léon Carvalho.

Mme Emma CALVÉ (Leïla).

MM. DELMAS (Nadir), SOULACROIX (Zurga), CHALLET (Nourabad).       

Chef d'orchestre : Jules DANBÉ.

 

 

23.02.1900

Opéra-Comique

(44e)

17.03.1932

Opéra-Comique

(46e)

02.04.1932

Opéra-Comique

(50e)

23.04.1932*

Opéra-Comique

(61e)

02.04.1936

Opéra-Comique

(106e)

21.05.1936

Opéra-Comique

15.04.1939**

Opéra-Comique

(140e)

06.10.1940**

Opéra-Comique

(148e)

16.07.1949***

Opéra-Comique

(206e)

28.01.1955****

Opéra-Comique

(340e)

21.12.1958*****

Opéra-Comique

 

19.03.1959*/*

Opéra-Comique

(386e)

Leïla

BREJEAN-GRAVIÈRE

J. GUYLA

AGNUS

AGNUS

GRANDVAL

GRANDVAL

Vina BOVY

TURBA-RABIER

Lucienne JOURFIER

Janine MICHEAU

Martha ANGELICI

Liliane BERTON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nadir

Léon DAVID

G. LUGO

G. LUGO

G. LUGO

VILLABELLA

G. LUGO

Louis ARNOULT

BURDINO

Louis RIALLAND

Charles HOLLAND

Roger GARDES

Michel CADIOU

Zurga

H. ALBERS

L. GUENOT

L. GUENOT

L. GUENOT

JEANTET

L. MUSY

BOUVIER

Louis MUSY

Gustave WION

Jean BORTHAYRE

Jean BORTHAYRE

Gabriel BACQUIER

Nourabad

A. GRESSE

W. TUBIANA

W. TUBIANA

W. TUBIANA

R. KOUDELINE

R. KOUDELINE

Louis MOROT

Louis MOROT

Gabriel JULLIA

Gabriel JULLIA

Xavier SMATI

Xavier SMATI

Chef d’orchestre

LUIGINI

M. FRIGARA

M. FRIGARA

M. FRIGARA

E. COHEN

E. COHEN

Roger DESORMIERE

Eugène BIGOT

Pierre DERVAUX

Jean FOURNET

 

Jésus ETCHEVERRY

 

Le 17 mars 1932, l'œuvre fut remontée à l'Opéra-Comique avec des décors et costumes de Jean Souverbie, une mise en scène de Gabriel DUBOIS et un ballet réglé par Mme Louise VIRARD.

 

* Aux 1er et 2e actes, Divertissements réglés par Robert Quinault dansés par Mlles H. André, S. Rosne, Collin, Stephann et les Dames du Corps de Ballet.

** Aux 1er et 3e actes, Danses réglées par Constantin Tcherkas. Décors exécutés par MM. Mouveau et Léonce Henry. Costumes exécutés par la maison Mathieu et Solatgès. Maquettes de M. Souverbie. Mise en scène de Jean Mercier.

***Danses réglées par Constantin Tcherkas.

**** Décors et costumes de Jean Souverbie. Aux 1er et 3e actes, Danses réglées par Constantin Tcherkas et dansées par Mlles Janine Joly, Janine Renier, Lyna Garden, Gisèle Adloff, Antoinette Ancelin, Doris Jaladis, Eliane Fontenier, Olga Alexandrowicz, MM. Serge Reynald, Michel Gevel, Maurice Riche, Alain Couturier.

***** Décors et costumes de Jean Souverbie, décors exécutés par M. Pelegry, costumes exécutés par MM. H. et A. Mathieu et Mlle Thérèse Marjolet dans les ateliers de l'Opéra-Comique, mise en scène de Vanni-Marcoux.

*/* Avec M. Bonton, artiste des Chœurs. Aux 1er et 3e actes, Danses réglées par Espanita Cortez, dansées par Mlles Mona du Chateau, Lyna Garden, Gisèle Adolff, Paule Morin, Madeleine Dupont, Sylvie Gauchas, Olga Alexandrowicz, Christiane Payen, MM. Alain Couturier, Jean-Pierre Martino, Guy Leonard, Michel Lainer, Antonin di Rosa, Raymond Raynald.

 

261 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950 (dont 218 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950), 18 en 1951, 7 en 1952, 12 en 1953, 17 en 1954, 14 en 1955, 1 en 1956, 5 en 1957, 23 en 1958, 19 en 1959, 23 en 1960, 30 en 1961, 26 en 1962, 11 en 1963, 5 en 1964, 13 en 1965, 17 en 1966, 15 en 1967, 10 en 1968, 7 en 1969, 5 en 1970, 3 en 1971, soit 542 au 31.12.1972.

 

« La conception de cette pièce est étrange et bizarre ; mais la donnée n'en est pas neuve. C'est imité des Romains. Il s'agit d'une vestale indienne chargée de se tenir sur le haut d'un rocher qui domine les falaises, et d'implorer les divinités bienfaisantes pendant que les pêcheurs de perles vaquent à leurs travaux. Toujours voilée, elle ne doit se laisser approcher d'aucun mortel, sous peine de mort. Léila a été choisie pour remplir cette périlleuse fonction. Zurga et son ami Nadir l'avaient déjà rencontrée, et, tous deux frappés de sa beauté, en étaient épris. Léila, se croyant seule pendant la nuit sur son rocher, ôte son voile et se met à chanter. Nadir l'entend, la reconnait, pénètre dans l'asile sacré, lui déclare son amour, qu'elle partage. On les surprend, et tous deux doivent mourir. Zurga veut sauver son ami ; mais la jalousie lutte dans son cœur contre l'amitié. Léila implore sa pitié et lui présente un collier qui lui rappelle une circonstance dans laquelle il a dû la vie à la jeune prêtresse. Il n'hésite plus, et, pour sauver Nadir et Léila, il met le feu aux cabanes des pêcheurs. A la faveur du sinistre, les deux amants peuvent s'enfuir.

M. Bizet, excellent musicien, a traité ce sujet d'après les formes du grand opéra et dans le style des écoles modernes, dont MM. Félicien David, Reyer, Wagner et Gounod sont les principaux représentants. Les ensembles sont très développés, la sonorité puissante. Dans le premier acte, on remarque une belle introduction instrumentale, un duo de baryton et de ténor d'un grand caractère, d'un effet poétique et nouveau et une gracieuse mélodie sur les paroles : Je crois entendre encore. Dans le deuxième acte, le duo de Nadir et de Léila, le grand air de Zurga, et, dans le quatrième tableau, le chœur dansé, sont des morceaux écrits avec talent ; mais, en général, on sent trop dans cet ouvrage l'imitation du style et des procédés de différents maîtres, en particulier de MM. Gounod et Félicien David. L'instrumentation en est fort travaillée. On désirerait que le quatuor y jouât un rôle plus soutenu. Ce début d'un jeune prix de Rome a fait concevoir les plus légitimes espérances. Mlle Léontine de Maësen s'est révélée dans le rôle de Léila comme une cantatrice distinguée. Ceux de Zurga et de Nadir ont été fort bien chantés par Ismaël et Morini. La mise en scène a fait honneur au zèle et au goût de M. Carvalho. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Remise à neuf du sujet de la Vestale avec le lieu de l'action transporté dans l'Inde. Le compositeur (prix de Rome de 1857) fut très bien traité de la direction, qui voulut donner de l'éclat à son premier essai, en déployant un grand luxe de décors et de costumes ; en lui donnant pour interprètes deux débutants de renom et de valeur : Ismaël et Mlle de Maësen. Mais le public ne put débrouiller l'énigme de la partition, dont les harmonies scabreuses et les mélopées indécises troublaient trop ses habitudes d'oreille. Les Pêcheurs de perles n'ont vécu que quelques soirs. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

  

 

PÊCHEURS DE SAINT-JEAN (LES)

 

Scènes de la vie maritime en quatre actes, livret d’Henri Cain, musique de Charles-Marie Widor.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 26 décembre 1905. Mise en scène d’Albert Carré.

Mmes Claire FRICHÉ (Marie-Anne), Mathilde COCYTE (Madeleine), COMÈS (Jeanne).

MM. Thomas SALIGNAC (Jacques), Félix VIEUILLE (Jean-Pierre), CARBONNE (Marc), Louis AZÉMA (l'Hôtelier), Étienne BILLOT (Landi).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

13 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

PÊCHEUSE (LA)

 

Fantaisie en un acte, paroles de M. Fléron, musique d’Adolphe Stanislas, représentée au théâtre des Capucines le 15 avril 1902.

 

 

PEDRO DE ZALAMEA

 

Grand opéra en quatre actes, livret de Léonce Détroyat et Armand Silvestre, musique de Benjamin Godard, représenté sur le théâtre Royal d'Anvers le 31 janvier 1884. La critique s'est trouvée partagée sur la valeur de cet ouvrage, qui a d'ailleurs été favorablement accueilli par le public, au moins en ce qui concerne la musique, car le livret a été jugé généralement avec sévérité. Parmi les morceaux dont l'effet a été le plus considérable, il faut signaler l'ouverture, où l'auteur a déployé toutes les qualités de son habile instrumentation, au premier acte un joli duo de soprano et ténor, au second une romance de baryton et une romance de ténor, au troisième un nouveau duo de soprano et ténor, et au quatrième un trio bouffe excellent et d'une excellente facture. L'ouvrage était chanté par Mmes Poissenot (Isabelle), Mounier (Rosaura) et Dupouy (Astolfio), MM. Warot (Alvar), Auguez (don Pedro) et Guillabert (Ricardo).

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PÉDROLINO

 

Opérette en un acte, livret d'Eugène Bertol-Graivil, musique d'Emile Boussagol, représentée à l'hôtel Continental à Paris le 13 avril 1893.

 

 

PEER GYNT

 

Opéra en trois actes, neuf tableaux et un prologue, d'après la pièce d’Ibsen, poème et musique de Werner Egk.

 

Créé à Berlin, Preussische Staatsoper, le 28 novembre 1938, dans une mise en scène de WOLF-VOLKER, avec Mmes Käte HEIDERSBACH (Solveig), Beate ASSERSON (Anse), Hilde SCHEPPAN (Ingrid), MM. Mathieu AHLERSMEYER (Peer Gynt), Gustav RODIN (le Vieux Roi), Walter GROSSMANN (l'Inconnu), Wilhelm HILLER (le Président), Benne ARNOLD (Made), sous la direction du compositeur.

 

Première fois à Paris, au Palais Garnier, le 04 octobre 1943, dans l'adaptation française de André Coeuroy — Décors et costumes de P. Lavailley — Mise en scène de Pierre CHEREAU.

Mmes SEGALA (Solweig), LEFORT (Aase), BONNI-PELLIEUX (Ingrid), DENYS - débuts - (la Femme Rousse), JUYOL, COURTIN, MATTIO (3 Oiseaux Noirs), DARBANS (la Femme du Bailli).

MM. BECKMANS (Peer Gynt), RAMBAUD (le Vieux Roi), ETCHEVERRY (l'Inconnu), MEDUS (le Président), PHILIPPE (le Fermier, 1er Marchand), FOREST (le Forgeron, 2e Marchand), CHASTENET (le Chef Troll), SAINT-COME (Mads), BREGERIE (le Bailli), DESHAYES (3e Marchand), DELORME (un Vieil Homme, un Garçon).

Danses réglées par Serge LIFAR : Mlles S. SCHWARZ, M. BARDIN, IVANOFF, MM. Serge LIFAR, Serge PERETTI, R. RITZ.

Chef d'orchestre : Werner EGK

 

12e à l’Opéra, le 11 mars 1944, avec les créateurs, sauf : MM. DUTOIT (le Président), DESHAYES (le Chef Troll), BREGERIE (le Bailli, 3e Marchand) et Louis FOURESTIER au pupitre.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Aase : Mme BOUVIER (1944).

Peer Gynt : M. NOUGARO (1943).

 

12 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

PEINES D'AMOUR

 

Opéra-comique en quatre actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier, d'après Peines d’amour perdues, pièce de William Shakespeare, musique tirée du Cosi fan tutte (voir ce titre) de Wolfgang Amadeus Mozart.

 

Représenté au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet) le 31 mars 1863, dans une mise en scène de Léon Carvalho, avec Mmes FAURE-LEFEBVRE (Princesse d'Aquitaine), Marie CABEL (Rosaliene), Amélie FAIVRE (Jacquinette), GIRARD (Papillon), MM. Léon DUPREZ (Prince de Navarre), PETIT (Byron), WARTEL (don Armando), TRILLET (Niaisot), GABRIEL (Caboche), GUYOT (le Sénéchal), chef d'orchestre : DELOFFRE.

 

« Le Cosi fan tutte (Comme elles font toutes) a eu de singulières vicissitudes. Après avoir été longtemps éloigné du répertoire à cause de la donnée immorale du libretto, on a essayé de reprendre la musique en l'adaptant à une pièce intitulée : le Laboureur chinois. C'était en 1807. On fit entendre l'œuvre originale au Théâtre-Italien en novembre 1862. L'impression primitive fut la même qu'à l'origine. L'auditoire était choqué du spectacle de deux amants mystifiant leurs maîtresses, provoquant leur infidélité et la leur pardonnant au dénouement, sous prétexte que toutes les femmes agissent de même : cosi fan tutte. Mais autant le poème déplaisait, autant la musique était trouvée délicieuse M. Carvalho, jusqu'alors si heureux dans ses entreprises de traductions et d'arrangements, résolut de changer le poème en gardant la musique. On fit choix d'une pièce de Shakespeare : Loves labours lost, Peines d'amour perdues, dont le sujet n'a pas un grand intérêt. Ferdinand, roi de Navarre, passionné pour l'étude, a juré, ainsi que ses trois amis : Biron, Du Maine et Longueville, de consacrer trois années au travail sans adresser la parole à une seule femme. La princesse de France arrive, et, dès la première entrevue, Ferdinand conçoit pour elle la plus grande passion, tandis que ses amis subissent le même charme à la vue des filles d'honneur de la princesse. Tous quatre prodiguent à leurs dames les madrigaux et les sonnets. Celles-ci, après les avoir bien mystifiés, accueillent leurs demandes en mariage. De telle sorte que les Peines d'amour se trouvent non perdues, mais récompensées. De l'alliance de Mozart et de Shakespeare, des deux génies les plus opposés qui fussent au monde, ne pouvait sortir qu'une mauvaise pièce. Plusieurs esprits ont prétendu que les compositions musicales n'étaient que des cadres fort élastiques pouvant convenir à l'expression des sentiments les plus différents. Il y a sans doute des exemples de cette variété d'application ; mais il est à remarquer que ces morceaux de seconde main n'ont jamais eu la valeur des conceptions inspirées par le sujet lui-même. Les morceaux les plus admirés de la partition italienne, le quintette : Di scrivermi ogni giorno giurami, l'air Per pietà, ben mio, perdona ! la suave romance : Un' aura amorosa, ont produit beaucoup moins d'effet dans la pièce française que dans l'opéra italien. Léon Duprez [fils du célèbre ténor] a chanté cette dernière cantilène avec beaucoup de goût. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Mozart, sur la commande de l'empereur Joseph II, avait composé et fait représenter à Vienne, en 1790, son opéra bouffe de Cosi fan tutte (Comme elles font toutes). Mais le livret du signor Da Ponte était trop insignifiant pour résister à l'épreuve de la traduction. Les arrangeurs français imaginèrent alors de sauver la musique du maître en l'appliquant à la comédie de Shakespeare : Peines d'amour perdues. C'est ce tableau rentoilé qu'on a exposé au Théâtre-Lyrique. Il n'y a pas fait grande figure, malgré le luxe des décors, et l'élégance des costumes taillés d'après les modèles de la Renaissance italienne. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PEINES ET LES PLAISIRS DE L'AMOUR (LES)

 

Pastorale en cinq actes, avec un prologue, paroles de Gilbert, musique de Cambert, deuxième opéra représenté par l'Académie royale de musique le 8 avril 1672, en vertu du privilège accordé le 28 juin 1669, par Louis XIV. Ce privilège ayant été transmis la même année à Lully, Cambert passa en Angleterre, où le roi Charles II lui donna la surintendance de sa musique. Il mourut à Londres en 1677.

 

 

PEINTRE AMOUREUX DE SON MODÈLE (LE)

 

Comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, livret de Louis Anseaume, musique d’Egidio Duni et de vaudevilles. Création au théâtre de la Foire Saint-Laurent le 26 juillet 1757. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 06 février 1762.

 

« Duni, étant à la cour de Parme, avait composé la musique de Ninette à la cour, de Favart. Les directeurs de plusieurs théâtres de Paris voulurent s'attacher ce jeune Italien, qui paraissait goûter les pièces françaises, et ils lui envoyèrent plusieurs livrets, afin qu'il en composât la musique. Duni ne tarda pas à venir à Paris, et il débuta par le Peintre amoureux de son modèle. La pièce était amusante, la musique d'une intelligence facile le compositeur aimable. Tout alla à souhait pour Duni, qui fit jouer dix-huit opéras dans l'espace de treize ans. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉLAGE ou LE ROI ET LA PAIX

 

Opéra en deux actes, paroles de Jouy, musique de Spontini, représenté à l'Académie royale de musique le 23 août 1814. Comme son nom l'indique, cette pièce avait pour objet de célébrer le retour de Louis XVIII.

 

 

PÈLERIN (LE)

 

Opéra en trois actes, musique de Charles Foignet, représenté à Paris en 1792.

 

 

PÈLERINS DE LA MECQUE (LES) — Voir la Rencontre imprévue.

 

 

PELLÉAS ET MÉLISANDE

 

Drame lyrique en cinq actes et treize tableaux, livret de Maurice Maeterlinck, adapté de sa pièce, musique de Claude Debussy.

 

Personnages : Arkel, roi d’Allemonde (basse) ; Geneviève, sa fille, mère de Pelléas et de Golaud (contralto) ; Pelléas (baryton-Martin), Golaud, son demi-frère (baryton) ; Mélisande (soprano) ; le petit Yniold, fils du premier mariage de Golaud (soprano) ; un médecin (basse) ; serviteurs, gens du peuple, chœurs des marins.

 

L’action se déroule dans un Moyen âge mythique, au pays imaginaire d’Allemonde.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 30 avril 1902. Mise en scène d'Albert Carré. Décors de Lucien Jusseaume et Eugène Ronsin. Costumes de Charles Bianchini.

Mmes Mary GARDEN (Mélisande), GERVILLE-REACHE (Geneviève).

MM. Jean PÉRIER (Pelléas), Hector DUFRANNE (Golaud), Félix VIEUILLE (Arkel), VIGUIÉ (un Médecin), petit C. BLONDIN (Yniold).

Chef d'orchestre : André MESSAGER.

 

 

23.12.1906

Opéra-Comique

(50e)

18.02.1911

Opéra-Comique

(80e)

28.01.1913

Opéra-Comique

(100e)

09.05.1919

Opéra-Comique

(108e)

Mélisande

M. GARDEN

M. CARRÉ

M. CARRÉ

M. CARRÉ

Geneviève

S. BROHLY

S. BROHLY

S. BROHLY

S. BROHLY

Yniold

POUMAYRAC

POUMAYRAC

CARRIÈRE

BERNARD

 

 

 

 

 

Pelléas

J. PÉRIER

J. PÉRIER

J. PÉRIER

FRANCELL

Golaud

DUFRANNE

H. ALBERS

BOULOGNE

H. ALBERS

Arkel

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

Médecin

GUILLAMAT

GUILLAMAT

PAYAN

DUPRÉ

Chef d'orchestre

RÜHLMANN

RÜHLMANN

RÜHLMANN

MESSAGER

 

 

11.02.1922

Opéra-Comique

(136e)

11.04.1925

Opéra-Comique

(153e)

30.01.1930

Opéra-Comique

(206e)

10.05.1932

Opéra-Comique

(223e)

Mélisande

M. CARRÉ

A. RÉVILLE

L. SCHOENE

MODRAKOWSKA

Geneviève

M. CALVET

M. FERRAT

M. CALVET

M. CALVET

Yniold

BERNARD

N. ROUSSEL

M. T. GAULEY

M. T. GAULEY

 

 

 

 

 

Pelléas

STROESCO

A. BAUGÉ

BOURDIN

Ch. PANZERA

Golaud

H. ALBERS

H. ALBERS

DUFRANNE

DUFRANNE

Arkel

L. AZÉMA

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

Médecin

DUPRÉ

DUPRÉ

J. VIEUILLE

J. VIEUILLE

Chef d'orchestre

A. WOLFF

INGHELBRECHT

A. WOLFF

G. CLOËZ

 

 

29.09.1933

Opéra-Comique

(238e)

12.09.1940

Opéra-Comique

(268e)

31.01.1946

Opéra-Comique

(312e)

04.06.1949

Opéra-Comique

(335e)

15.11.1949*

Opéra-Comique

(339e)

27.08.1954**

Opéra-Comique

 

08.12.1954**

Opéra-Comique

(370e)

Mélisande

S. BERRIAU

I. JOACHIM

J. MICHEAU

I. JOACHIM

I. JOACHIM

  Irène JOACHIM

Geneviève

PIFTEAU

G. CERNAY

SCHARLEY

Solange MICHEL

Solange MICHEL

  Solange MICHEL

Yniold

J. ROLLAND

Ch. GAUDEL

Ch. GAUDEL

J. CELLIER

Jacq. CELLIER

  Jacqueline CAUCHARD

 

 

 

 

 

 

   

Pelléas

Georges CATHELAT

A. GAUDIN

W. CLÉMENT

J. JANSEN

J. JANSEN

J. JANSEN

Jacques JANSEN

Golaud

VANNI-MARCOUX

BECKMANS

ETCHEVERRY

ETCHEVERRY

ETCHEVERRY

Michel ROUX

Michel ROUX

Arkel

F. VIEUILLE

L. GUENOT

H. MEDUS

FROUMENTY

Ch. CLAVENSY

Ch. CLAVENSY

Ch. CLAVENSY

Médecin

J. VIEUILLE

G. JULLIA

G. JULLIA

J. VIEUILLE

Gabriel JULLIA

J. VIEUILLE

J. VIEUILLE

le Berger

        Gabriel JULLIA    

Chef d'orchestre

A. WOLFF

DESORMIÈRE

A. WOLFF

A. CLUYTENS

A. WOLFF

 

Jean FOURNET

 

* Décors et costumes d'après les maquettes de Valentine Hugo ; décors exécutés par André Pelegry, costumes par MM. H. et A. Mathieu.

** Mise en scène et présentation conformes à celles d'Albert Carré.

 

Présenté en 1930 à l'Opéra-Comique dans des décors et costumes de Valdo Barbey, puis en 1949 dans des décors et costumes de Valentine Hugo, « Pelléas et Mélisande » fut remonté — à l'occasion des fêtes de son cinquantenaire — le 30 avril 1952 dans les décors et costumes de la création reconstitués par Raymond Deshays.

Mmes Irène JOACHIM (Mélisande), Renée GILLY (Geneviève), Charlotte VACQUIER, débuts (Yniold).

MM. Jacques JANSEN (Pelléas), ETCHEVERRY (Golaud), Charles CLAVENSY (Arkel), Jean VIEUILLE (un Médecin).

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

343 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 6 en 1951, 12 en 1952, 4 en 1953, 5 en 1954, 11 en 1955, 5 en 1959, 4 en 1962, 15 en 1963, 6 en 1964, 5 en 1965, 3 en 1966, 5 en 1967, 5 en 1969, 6 en 1970, soit 435 au 31.12.1972.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 09 janvier 1907 avec Mmes Mary Garden (Mélisande), Bourgeois (Geneviève), Dos (le petit Yniold), MM. Georges Petit (Pelléas), Bourbon (Golaud), Artus (Arkel), Danlée (le médecin).

 

« La pièce de M. Maeterlinck, pièce étrange, avait été jouée aux Bouffes-Parisiens le 17 mai 1893, au milieu des rires irrévérencieux d'un public mis en joie par toute une série de naïvetés et de maladresses scéniques qui, d'une œuvre à prétentions sérieuses, faisaient une involontaire bouffonnerie. M. Claude Debussy, prix de Rome de 1894, musicien abscons s'il en fut, que certains confrères de même calibre plaçaient en chef d'une nouvelle école, crut cependant voir en Pelléas et Mélisande un sujet excellent de drame lyrique, s'en empara et, après le travail d'adaptation nécessaire, le mit en musique, à sa manière et dans les conditions où il comprend la musique dramatique. Malheureusement, il est en retard, M. Debussy, comme beaucoup de ses jeunes confrères. Eux et lui se disent et se croient en avance sur leur temps, et ils ne s'aperçoivent pas que le temps marche et que maintenant ils sont en retard. Ils ne s'aperçoivent pas que le public est las à la fin d'entendre de la musique qui n'en est pas ; qu'il est fatigué de cette déclamation lourde et continuelle, sans air ni lumière, dans laquelle il ne trouve pas une parcelle de chant véritable ; qu'il a assez de ce chromatisme insupportable grâce auquel le sens de la tonalité disparaît comme le sens mélodique ; qu'il a soif d'entendre quelques phrases qui aient un sens appréciable. qui se déroulent d'une façon logique et rationnelle, et qui ne passent pas de modulation en modulation pour aboutir encore à une modulation. Or, le rythme, le chant, la tonalité, voilà trois choses inconnues à M. Debussy et volontairement dédaignées par lui. Sa musique est vague, flottante, sans couleur et sans contours, sans mouvement et sans vie. C'est, non pas même une déclamation, mais une mélopée continuelle et dolente, sans nerf et sans vigueur, fuyant, de parti pris et de propos délibéré, toute espèce de netteté et de précision, aussi bien dans le dessin musical proprement dit que dans le rythme et jusque dans la mesure, qui, elle-même, reste toujours vague et indéterminée. Jamais une nuance, jamais un semblant d'opposition dans un sens ou dans l'autre. L'orchestre lui-même, toujours uniforme, est sans caractère et sans consistance, avec ses sons constamment soutenus, avec ses éternelles tenues d'instruments à vent : cors, clarinettes ou bassons, sans que la voix brillante, vibrante et généreuse des violons se fasse jamais entendre. Le tout dans une gamme volontairement éteinte, sourde et assoupissante. Et pourtant, la partition à la fois somnolente et incorrecte de M. Debussy (car elle était singulièrement écrite, cette partition) était joliment jouée et chantée par d'excellents interprètes. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

« La reprise parisienne de Pelléas et Mélisande a permis enfin d'éliminer les discussions sur les décors et la mise en scène de l'œuvre ; la musique et le drame y étaient au premier plan. Les décors, c'étaient ceux de la création ; et, certes, Auric ne pense pas que c'est là la solution idéale pour la présentation actuelle du chef-d’œuvre ; il l'a adoptée, provisoirement, afin que l'Opéra-Comique pût, de justesse, tout à la fin de 1962, commémorer dignement Debussy. La mise en scène, curieusement signée Pierre Bertin, était celle d'une tradition vieille de soixante ans, et n'a gêné personne de façon pesante.

La musique, je l'ai dit, était à l'honneur. Manuel Rosenthal lui a donné un poids extraordinaire, par des mouvements qui ont pu, d'abord, paraître trop lents, mais qui se sont imposés très vite au sentiment de tous, tant ils donnaient de relief et de profondeur à l'œuvre entière. Et grâces soient rendues au personnel technique de la maison : le parfait silence dans lequel se sont déroulés les changements de décor ont permis, pour une fois, aux interludes d'apparaître dans toute leur splendeur.

Denise Duval et Henri Gui ont eu à lutter avec l'absence d'une mise en scène inédite ; je veux dire que la neutralité de la mise en scène parisienne les a comme dénudés, les a privés de ces voiles, de ces masques qu'ailleurs décors surprenants et jeux de scène plus ou moins saugrenus avaient pu leur fournir. Du coup, Gui a paru moins Pelléas que jamais ; et l'intelligence et la sensibilité de Denise Duval n'ont pu faire complètement oublier que sa voix était bien plus celle d'une héroïne de Cocteau que celle de Mélisande. La poésie, la magie étaient absentes à l'appel ; elle avait beau chanter « je te voyais ailleurs », elle ne semblait voir tout que tout près d'elle, et sur un seul plan. Souzay, lui, essayait bien d'agrandir les dimensions de son personnage ; mais comment y arriver, obligé comme il était de parler trop souvent au lieu de chanter ? Seul Vessières était vraiment aux dimensions du monde tragique et mystérieux de l'œuvre. »

[Antoine Goléa, Musica disques, févier 1963]

 

 

PENDANT LA CHASSE

 

Opérette en un acte, livret d’A. Philibert, musique de Paul Henrion, représentée à l’Alcazar le 18 novembre 1874.

 

 

PENDU (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Frédéric de Courcy et Pierre Carmouche, musique de Louis Clapisson. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 25 mars 1841, avec Mme Potier, MM. Moreau-Sainti (Olivier Landry), Mocker (Drick).

 

« Il s'agit d'un soldat condamné à être pendu, et qui obtient du maréchal de Châtillon la facétieuse permission de se chercher un remplaçant. Le soldat le trouve dans la personne d'un pauvre amoureux qui renonce à la vie par désespoir d'amour. Le dénouement épargne aux spectateurs sensibles le tableau d'une pendaison. Le rôle de Drick, chanté par Mocker, offre plusieurs mélodies agréables et un air bien traité : Mon maréchal, mon maréchal ! sa justice est infinie. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉNÉLOPE

 

Opéra en trois actes, livret de Marmontel, musique de Niccolo Piccinni.

 

Première représentation à Fontainebleau, devant la cour, le 02 novembre 1785, puis à l'Académie royale de musique (salle de la Porte-Saint-Martin) le 09 décembre 1785 avec Mme Saint-Huberty (Pénélope) sous la direction de Jean-Baptiste Rey.

 

« Quoique cet ouvrage ait été froidement accueilli, sans doute parce que le public espérait mieux de l'auteur de Didon, néanmoins il renferme plusieurs beaux fragments qu'on peut citer, et particulièrement l'air chanté par Pénélope : Oui, je la vois, cette ombre errante. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉNÉLOPE

 

Poème lyrique en trois actes, livret de René Fauchois (1845-1924), musique de Gabriel Fauré.

 

Personnages : Ulysse, roi d’Ithaque (ténor) ; Eumée, vieux berger (baryton) ; Antinoüs (ténor), Eurimachus (baryton), Laerte (ténor), Ctesippos (baryton), Pisandre (baryton), prétendants de Pénélope ; un berger (ténor) ; Pénélope, reine d’Ithaque (soprano) ; Euryclée, nourrice d’Ulysse (mezzo-soprano) ; Cléone (mezzo-soprano), Melantho (soprano), Alkandra (mezzo-soprano), Phylo (soprano), Lydia (soprano), servantes ; Eurynome, la gouvernante (soprano) ; bergers, serviteurs, danseurs et joueurs de flûte.

 

Création à l'Opéra de Monte-Carlo le 04 mars 1913. Décors de Visconti, costumes de Zamperoni. Mise en scène d’A. DUREC : Mmes Lucienne BRÉVAL (Pénélope), Alice RAVEAU (Euryclée), MM. Charles ROUSSELIÈRE (Ulysse), Jean BOURBON (Eumée), Ch. DELMAS (Antinoüs), ALLARD (Eurymaque), SARDET (Léodès), Robert COUZINOU (Ctésippe), SORRET (Pisandre), ROSSIGNOL (un Pâtre). Chef d'orchestre : Léon JEHIN.

 

Première fois à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, le 10 mai 1913, dans des décors de X. K. Roussel exécutés par Georges Mouveau, une mise en scène d’A. Durec, avec Mmes Lucienne BRÉVAL (Pénélope), Cécile THEVENET (Euryclée), MM. Lucien MURATORE (Ulysse), BLANCARD (Eumée) sous la direction de Louis HASSELMANS.

 

Première au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles le 01 décembre 1913, sous la direction de M. de Thoran, avec Mmes Croiza (Pénélope), de Georgis (Euryclée), Cuvelier (Cléone), Fauvernier (Alkandre), Somers (Mélantho), Gianini (Lydie), MM. Darmel (Ulysse), Bouilliez (Eumée), Grommen (Pisandre), Dufranne (Antinoüs), Ponzio (Eurymaque), Duo (Léodès), Demarcy (Ctésippe), Prick (un pâtre).

 

Première à l'Opéra-Comique le 20 janvier 1919, dans une mise en scène d’Albert Carré, des décors de Lucien Jusseaume et des costumes de Marcel Multzer. Aux 1er et 3e actes, Divertissements réglé par Jeanne Chasles.

Mmes Germaine LUBIN (Pénélope), Cécile THÉVENET (Euryclée), Jeanne BOURGUIGNON (Mélantho), DELAMARE (Cléone), Germaine BAYE (Alkandre), Jeanne CALAS (Philo), Andrée FAMIN (Lydie), CHAMPAGNE (Eurynome).

MM. Charles ROUSSELIÈRE (Ulysse), Félix VIEUILLE (Eumée), Eugène DE CREUS (Antinoüs), PARMENTIER (Eurymaque), Raymond GILLES (Pisandre), D'ÉPINAY (Léodès), Hubert AUDOIN (Ctésippe), Victor PUJOL (un Pâtre).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

63 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

11.04.1922

Opéra-Comique

(20e)

09.12.1924

Opéra-Comique

(35e)

11.12.1924*

Opéra-Comique

(38e)

19.03.1927

Opéra-Comique

(44e)

14.03.1931

Opéra-Comique

(58e)

21.03.1931**

Opéra-Comique

(59e)

Pénélope

M. MATHIEU

Claire CROIZA

Claire CROIZA

BALGUERIE

BALGUERIE

BALGUERIE

Euryclée

M. CALVET

DE SILVERA

DE SILVERA

M. CALVET

M. CALVET

M. CALVET

Mélantho

L. ESTÈVE

L. ESTÈVE

L. ESTÈVE

KAMIENSKA

FENOYER

FENOYER

Cléone

DELAMARE

DELAMARE

DELAMARE

BERNADET

BERNADET

BERNADET

Alkandre

G. BAYE

JULLIOT

JULLIOT

DUCUING

DUCUING

DUCUING

Philo

J. CALAS

G. CORNEY

G. CORNEY

G. CORNEY

LEBARD

LEBARD

Lydie

A. FAMIN

J. WEIT

J. WEIT

VACCHINO

VACCHINO

VACCHINO

Eurynome

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE

 

 

 

 

 

 

 

Ulysse

FONTAINE

LAPELLETRIE

LAPELLETRIE

M. OGER

MURATORE

MURATORE

Eumée

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

F. VIEUILLE

Antinoüs

DE CREUS

DE CREUS

DE CREUS

L. NIEL

L. NIEL

L. NIEL

Eurymaque

SAUVAGEOT

SAUVAGEOT

SAUVAGEOT

R. BOURDIN

J. VIEUILLE

J. VIEUILLE

Pisandre

R. GILLES

R. GILLES

R. GILLES

R. GILLES

R. GILLES

R. GILLES

Léodès

V. PUJOL

L. NIEL

L. NIEL

D'ARJAC

GENIO

GENIO

Ctésippe

H. AUDOIN

MORTURIER

MORTURIER

MORTURIER

MORTURIER

MORTURIER

Un Pâtre

DONVAL

L. NIEL

L. NIEL

L. NIEL

L. NIEL

L. NIEL

Chef d'orchestre

A. WOLFF

INGHELBRECHT

INGHELBRECHT

A. WOLFF

A. WOLFF

A. WOLFF

  

* Au 3e acte, Divertissements dansé par Mlles Luparia, Rosne, Bugny, Goetz et le Corps de Ballet.

** Divertissements réglés par Robert Quinault, dansés par Mlles Rosne, Stephann et le Corps de Ballet.

 

Première fois au Palais Garnier, le 2e acte seulement, le 28 mai 1935, à l'occasion d'un Festival Fauré :

Mmes LUBIN (Pénélope), CERNAY (Euryclée).

MM. DE TREVI (Ulysse), SINGHER (Eumée), CHASTENET (un Pâtre).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

Cette œuvre est entrée au répertoire du Théâtre National de l'Opéra le 14 mars 1943 — Décors et costumes dessinés par Lecaron — Mise en scène de Pierre CHEREAU.

Mmes LUBIN (Pénélope), LEFORT (Euryclée), SAINT-ARNAUD (Mélantho, un Pâtre), Odette RICQUIER (Cléone), ALMONA (Alkandre), HAMY (Philo), BONNI-PELLIEUX (Lydie), COUDERC (Eurynome).

MM. JOUATTE (Ulysse), CABANEL (Eumée), ROUQUETTY (Antinoüs), CHARLES-PAUL (Eurymaque), CAMBON (Ctésippe), GOURGUES (Léodès), DESHAYES (Pisandre).

Danses réglées par Albert AVELINE : Mlles BINOIS, LASCAR.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

 

27e à l’Opéra (au Théâtre Royal de Liège), le 19 janvier 1951.

Mmes JUYOL (Pénélope), LEFORT (Euryclée), COLLARD (Mélantho, un Pâtre), RICQUIER (Cléone), CHAUVELOT (Alkandre), DESMOUTIERS (Philo), BONNI-PELLIEUX (Lydie), COUVIDOUX (Eurynome).

MM. FRONVAL (Ulysse), FROUMENTY (Eumée), ROUQUETTY (Antinoüs), CHARLES-PAUL (Eurymaque), GICQUEL (Ctésippe), GOURGUES (Léodès), CHASTENET (Pisandre).

Chef d'orchestre : Paul BASTIDE

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Pénélope : Mmes COURTIN (1945), FERRER (1947).

Euryclée : Mmes DARBANS (1944), CHABAL (1947), DISNEY (1949).

 

27 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

PÉNITENTE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Henri Meilhac et William Busnach, musique de la comtesse Clémence de Grandval sous le nom de Clémence Valgrand. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 13 mai 1868, avec Mlle Cico, MM. Potel et Leroy.

 

« Le livret est aussi étranger au bon goût qu'à la morale. Il y est question du mariage du seigneur Torribio avec la fille d'un marchand de comestibles, d'une indigestion de l'époux, d'un jeune abbé qui en profite pour faire sa cour à la jeune femme, etc. Ce genre de pièce aurait mieux convenu aux Bouffes-Parisiens ou au théâtre du Palais-Royal qu'à l'Opéra-Comique. La musique n'offre rien de saillant. On a remarqué plusieurs jolies phrases éparses çà et là et un trio bouffe. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PENSION DE JEUNES DEMOISELLES (LA)

 

Opéra-comique, musique d’Alexandre Piccinni, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes de la rue de Bondy vers 1804.

 

 

PENSIONNAT DE JEUNES DEMOISELLES (LE) — Voir les Visitandines.

 

 

PENSION DE JEUNES GARÇONS (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Dubois, musique de Propiac, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes le 03 novembre 1801.

 

 

PÉPÉ

 

Comédie musicale en trois actes, livret d'André Barde, musique de Maurice Yvain. Création au Théâtre Daunou le 23 octobre 1930 avec Mmes Ristori (Solange), S. Deguyse (Jacqueline), Ducouret (Mme Jeannerot), D. Staub (Mme Dupont) ; MM. Harry Baur (Fressenoy), L. Baroux (Pailloux), J. Sergy (Davilier), Baudry (Dupont).

 

"Un vieux beau, Pierre Fressenoy, a épousé la jeune Solange Jeannerot dont, au grand courroux de la belle-mère, il n'a point d'enfants. Or, Solange à la suite d'un accident, rentre chez elle à l'improviste, et surprend une jeune fille, Jacqueline, sur les genoux de son mari. Mais elle prend celle-ci pour une fille de Fressenoy, et la garde chez elle, jusqu'au moment où un amant évincé de Jacqueline vient tout révéler. Solange ne divorcera pourtant pas, car elle sait maintenant qu'elle va être mère. Sur ce thème vaudevillesque, Maurice Yvain a écrit une musique aimable, plaisante et fort bien faite." (Larousse Mensuel Illustré, 1930)

 

 

PEPE ET TITA

 

Opérette en un acte, paroles de Jules Ruelle, musique d’Adolphe Deslandres, représentée dans un salon en septembre 1881.

 

 

PEPITA

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Charles Nuitter et Jules Delahaye, musique de Léon Delahaye fils. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 13 juillet 1878, avec Mlles Ducasse, Godefroy, MM. Nicot, Fugère, Davoust, Bernard.

 

« La pièce, mouvementée, gaie, spirituelle, est dans le véritable ton de l'opéra-comique, et si la partition eût été au diapason du poème, l'ouvrage aurait réussi et serait resté peut-être au répertoire ; mais l'écart était trop grand et Pépita a vécu ! Un bourgeois de Gibraltar nommé Quertinos a deux nièces à marier dont l'une, Hermosa, touche à la maturité et l'autre, Pepita, est recherchée par de nombreux prétendants. Quertinos entend marier l'aînée qui est d'un placement difficile, parce qu'en ajournant les amoureux toreros, il reçoit de chacun d'eux des cadeaux multipliés, destinés à obtenir ses bonnes grâces.

Un jeune officier de marine, sir George Williams, brusque la situation ; il envoie un billet à la señora Pepita, dans lequel il lui propose de la conduire chez son oncle. C'est Hermosa qui reçoit la lettre et s'en attribue le contenu. Les deux sœurs quittent la maison de leur tuteur et vont s'installer chez l'oncle Williams, où ne tardent pas à se rendre les toreros, les autres personnages et l'alcade en personne. Pepita et Hermosa se déguisent en servantes, mais sont bientôt reconnues. L'alcade constate deux enlèvements au lieu d'un. Que faire ? appliquer la loi espagnole et enjoindre à sir George d'épouser l'aînée. Quertinos va lire l'extrait de naissance d'Hermosa, qui le lui arrache et le détruit ; Pepita est proclamée l'aînée, malgré toute apparence. Le mariage est décidé avec celui qu'elle aime et le bon oncle Williams console la fille majeure, Hermosa, en lui offrant sa main. Un dialogue animé et quelques bonnes plaisanteries ont rendu cette pièce intéressante. On n'a remarqué dans la musique que l'ouverture, assez travaillée, l'air de l'alcade et les couplets de l'un des toreros, Valmaseda. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PEPITA JIMÉNEZ

 

Comédie lyrique anglaise en deux actes et trois tableaux, livret de Francis B. Money-Coutts, d'après Juan Valera, musique d’Isaac Albéniz.

 

Création au Liceo de Barcelone le 05 janvier 1896.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 03 janvier 1905, dans une version française de Maurice Kufferath, avec Mmes Baux (Pepita Jiménez), Maubourg (Antanona), MM. David (Don Louis), d'Assy (Don Pedro), Belhomme (le vicaire), Boyer (le comte Genazahar), Lubet (premier officier), Crabbé (deuxième officier).

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 18 juin 1923, dans une version française de Joseph de Marliave. — Décors de Lucien Jusseaume et Raymond Deshays, costumes de Marcel Multzer. — Mise en scène d’Albert Carré.

Mmes Marguerite CARRÉ (Pépita), Lucienne ESTÈVE (Antonona).

MM. Max BUSSY (don Luis), Louis AZÉMA (don Pèdro), Roger BOURDIN (le Comte), DUPRÉ (le Révérend), André GOAVEC et DELMAS (2 Officiers), DAVID (le jardinier).

Danses réglées par Mme Jeanne CHASLES.

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

8 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

PEPITO

 

Opéra-comique en un acte, livret de Léon Battu et Jules Moinaux, musique de Jacques Offenbach, représenté au théâtre des Variétés le 28 octobre 1853, avec Biéval, Leclerc et Mlle Larcena.

 

Représenté aux Bouffes-Parisiens le 10 mars 1856, avec Pradeau.

 

« Trois ou quatre hivers auparavant on avait joué Pepito aux Variétés, avec Leclerc dans le rôle repris aux Bouffes par Pradeau. Cette opérette est, croyons-nous, le premier ouvrage dramatique de M. Offenbach. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

« L'action se passe entre une jolie aubergiste ibérienne, fiancée au soldat Pepito, absent ; Miguel, rival du soldat, et une sorte de Figaro grotesque. La musique n'offrait rien de saillant. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÈRE GAILLARD (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Thomas Sauvage, musique d’Henri Reber. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 07 septembre 1852, avec Mmes Andréa Favel (Madame Gaillard), Decroix (Marotte), MM. Charles Battaille (le Père Gaillard), Sainte-Foy (Jacques).

 

« Cet ouvrage n'obtint pas un grand succès ; la partition fut admirée des connaisseurs, en vue desquels M. Reber écrit sa musique. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÈRE LAJOIE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Jules Conrardy, représenté à Liège en 1858.

 

 

PÈRE RIVAL (LE)

 

Opéra-comique, musique de Janssens, représenté au théâtre d'Anvers le 02 février 1824.

 

 

PÉRICHOLE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après le Carrosse du Saint-Sacrement, pièce de Prosper Mérimée, musique de Jacques Offenbach.

 

Première représentation dans une version en deux actes, à Paris, Variétés, le 6 octobre 1868, avec Hortense Schneider (la Périchole), sous la direction du compositeur.

 

Un troisième acte fut ajouté à l’occasion d’une reprise aux Variétés le 25 avril 1874.

 

Personnages : la Périchole, chanteuse des rues (soprano) ; Piquillo, chanteur des rues, épris de la Périchole (ténor) ; Don Andres de Ribeira, vice-roi du Pérou (baryton) ; Don Pedro de Hinoyosa, gouverneur de Lima (baryton) ; le comte Miguel de Panatellas, seigneur attaché au service du vice-roi (ténor) ; le marquis de Sartarem (baryton) ; le marquis de Tarapote (basse) ; deux notaires (ténor et baryton) ; le vieux prisonnier ; Guadalena, Berginella, Mastrilla, propriétaires de l’auberge des « Trois Cousines » (sopranos, mezzo-soprano) ; Manuelita, Ninetta, Brambilla, Frasquinella, dames de la Cour (sopranos, mezzo-soprano, contralto) ; des courtisans, des citadins, des pages, des gardes, etc.

 

L’action se déroule à Lima, capitale du Pérou, à la fin du XVIIIe siècle.

 

« M. Prosper Mérimée a fait connaître, vers 1830, dans une saynète du Théâtre de Clara Gazul, la Périchole, comédienne du Pérou. Devenue favorite du vice-roi, elle parcourait dans un riche carrosse les rues de Lima, lorsqu'elle rencontra le viatique qu'on portait à un malade. A cette vue, elle éprouve un sentiment de respect religieux tel, qu'elle descend de son équipage et y fait monter le prêtre avec le viatique. Depuis ce temps, il est d'usage de porter à Lima le Saint-Sacrement dans un carrosse. Les auteurs ont bien fait de ne prendre que le nom de Périchole à cette légende dorée. Maintenant, qu'en ont-ils fait ? Cela les regarde ; nous ne les suivrons pas dans ce cabaret des Trois cousines, où il se passe des scènes inénarrables. Il suffit de dire que cette pièce appartient au genre ultra-burlesque, qu'elle a obtenu un certain succès, et que la musique de M. Offenbach est toujours plus qu'à la hauteur de ces excentricités. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉRIGOURDIN (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Gossec, écrit pour le service du prince de Conti et représenté chez ce personnage. Cet ouvrage ne fut jamais joué sur un théâtre public.

 

 

PÉRINETTE

 

Saynète lyrique, livret de Lussan, musique de Jacques Offenbach, représentée aux Bouffes-Parisiens le 29 octobre 1855. Morceaux remarqués : couplets de Périnette : Les plus beaux garçons du village, et ceux de Paimpol : Petite négresse, sauvagesse. Jouée par Berthelier et Mlle Delmont.

 

« Le soir même et à deux pas du théâtre, une sirène de café-concert désolait les échos des Champs-Élysées en chantant les Vingt sous de Périnette. Il est bon de prévenir la postérité que la jolie cantilène de M. P. Henrion datait alors de deux ans au moins et ne faisait, par conséquent, aucune allusion méchante à la recette des Bouffes. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

PERKAIN

 

Légende lyrique, livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, d'après une légende basque de Pierre Harispe, musique de Jean Poueigh.

 

Créé au Grand Théâtre de Bordeaux, le 16 janvier 1931, dans une mise en scène de O. Guichard, décors et costumes de Ramiro Arrue, par :

Mme E. d'ARDENNE (Gatchucha).

MM. SINGHER (Perkain), CUBERO (le Commissaire de la Convention), REYBAUD (Dominique Iharour), BENOIT (Kurutchet le Gaucher), sous la direction de Henri MORIN.

 

Première fois au Palais Garnier, le 25 janvier 1934 ; décors et costumes dessinés par Ramiro Arrue ; mise en scène de Pierre Chéreau.

Mmes Marthe NESPOULOUS (Gatchucha), MAHE (Mayaléna), BACHELLAT (Karméla), POPOVA (la Gitane), HAMY (une Bergère).

MM. SINGHER (Perkain), DE TREVI (le Commissaire de la Convention), ETCHEVERRY (Dominique Iharour), FABERT (Kurutchet-le-Gaucher), GILLES (le Barde), LE CLEZIO (Pierre d'Assance), CLAVERIE (le Catalan), DE LEU (l'Officier), CAMBON (le Chevrier), MADLEN (le Crieur de jeu).

Danses réglées par Léo STAATS : Mlle Narti MORALES, MM. GOUBE, P. DUPREZ et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

 

6e à l’Opéra, le 07 mars 1934, avec les créateurs, sauf :

MM. LE CLEZIO (le Commissaire de la Convention), DE LEU (Pierre d'Assance, l'Officier).

 

6 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

"L'action se passe en pays basque. Le joueur de pelote Perkain, bien que sa tête ait été mise à prix par la Convention, n'en vient pas moins célébrer sur les bords de la Nive ses fiançailles avec Gatchucha, la fille du vieux Dominique, lequel, pour soustraire les trésors de l'église aux révolutionnaires, les a cachés. Naturellement, le commissaire de la Révolution arrive au plus beau moment de la fête ; mais Perkain est allé chercher du renfort et chasse les miliciens. Ceux-ci n'en prendront pas moins Gatchucha comme otage. Mais Perkain, déguisé, nargue le commissaire et lui échappe. Cela s'arrangera. Le commissaire est basque ; il est désarmé par les gens du pays ; Perkain lui reproche alors d'avoir abandonné les siens, de sorte que le révolutionnaire repenti et le joueur de pelote tombent dans les bras l'un de l'autre. Un dénouement si naïf est-il vraiment fait pour troubler les cœurs des abonnés et des habitués de l'Opéra ? On n'ose le croire. A vrai dire, tout cela n'est que prétexte à réjouissances et danses. Le compositeur Jean Poueigh a largement puisé dans le fonds populaire pour établir ses motifs de zortzico, de fandango, de jota ou de habanera. Peut-être a-t-il trop chargé d'harmonies singulières et d'une instrumentation lourde et compliquée ce qui aurait dû conserver une allure simple et légère. Trop de savoir ici nuit. Trop ou pas assez. Mlle Morales n'en obtint pas moins un vif succès dans ses danses gitanes." (Larousse Mensuel Illustré, 1934)

 

 

PERLE DE BRINBORIO (LA)

 

Opérette-bouffe en trois actes, paroles de M. Castelan, musique de M. Coupin, représentée à Marseille en mars 1888.

 

 

PERLE DE FRASCATI (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Emilien Pacini, musique d’Amédée Roubin, représenté au théâtre de l'opéra de Rouen, le 9 février 1859.

 

 

PERLE DE JADE

 

Opérette en un acte, paroles d’Alban de Polhès, musique de Ludo Ratz, représentée au théâtre des Capucines le 11 mai 1903.

 

 

PERLE DE NAPLES (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Charles Mauris, musique d’Abel Auscher, représenté à Cauterets en août 1885. L'auteur de la musique était avocat à Marseille.

 

 

PERLE DU BRÉSIL (LA)

 

Drame lyrique en trois actes, livret de J. Gabriel de Lurieu (1795-1869) et Sylvain Saint-Etienne, musique de Félicien David.

 

Création à l’Opéra-National (salle du Théâtre-Historique), le 22 novembre 1851, sous la direction d’Alphonse Varney, avec Mlles Duez (Zora), Guichard (la comtesse de Cavallos), MM. Bouché (Don Salvador), Philippe (Lorenz), Soyez (Rio), Junca, Lourdel [Biéval], Prouvier, Wilhems (quatre Chefs brésiliens).

 

Représenté au Théâtre-Lyrique en 1858, avec Mmes Miolan-Carvalho (Zora), Moreau (la comtesse de Cavallos), MM. Balanqué (Don Salvador), Michot (Lorenz), Fromant (Rio), Wartel, Legrand Potel, Sérène (quatre Chefs brésiliens).

 

Première à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 mai 1883, décors de Jean-Baptiste Lavastre, Auguste Rubé et Philippe Chaperon, costumes de Théophile Thomas, avec Mmes Nevada (Zora), Dupuis (la comtesse de Cavallos), MM. Cobalet (Don Salvador), Mouliérat (Lorenz), Chennevière (Rio), Belhomme, Lescoutras, Labis, Carroul (quatre Chefs brésiliens), Collin (Don José), Gourdon (Don Inigo), Davoust (Diego), Teste (Numez).

 

« L'action se passe successivement à la cour de Portugal, en pleine mer et dans une forêt du Brésil. Elle offre plus d'une analogie avec le poème de l'Africaine. L'amiral Salvador a ramené, d'un de ses voyages, la jeune sauvagesse Zora. Grâce à l'éducation brillante qu'il lui a donnée et à ses charmes naturels, elle est devenue l'idole de la cour, et il compte en faire sa femme. On met à la voile. Le jeune lieutenant Lorenz, aimé de Zora, est à bord sous le déguisement d'un simple matelot. L'amiral le reconnaît, et il va se venger d'un rival, lorsqu'une tempête survient et l'oblige à différer sa vengeance. Le vaisseau s'abîme dans les flots et l'équipage parvient à se réfugier sur la côte brésilienne. Les naturels du pays accourent, cernent les Européens, et les menacent de leurs tomahawks. Une voix de femme se fait entendre, c'est celle de Zora invoquant le Grand Esprit. Les Brésiliens tombent à genoux, reconnaissent leur jeune compatriote ; la paix est conclue, et Zora obtient facilement du vieil amiral la permission d'épouser Lorenz, qu'elle aime. La Perle du Brésil est le premier ouvrage dramatique de M. Félicien David. Le genre descriptif y occupe encore une grande place. La fête maritime du deuxième acte, la scène du hamac dans la forêt, le chant des oiseaux, la tempête sont exprimés avec cette couleur ingénieuse et originale qui ont valu un succès si mérité à l'auteur du Désert et de Christophe Colomb. Les qualités dramatiques dont il a fait preuve dans Herculanum et Lalla-Roukh sont déjà fort développées dans le troisième acte de la Perle du Brésil. Parmi les morceaux saillants et les plus remarqués de l'ouvrage, nous citerons le chant du Mysoli, et la ballade : Entendez-vous dans les savanes. Les rôles furent créés par le ténor Philippe, Soyer, la basse Bouché, Mlle Guichard et Mlle Duez, gracieuse et brillante élève de Mme Damoreau, qui, dans le rôle de Zora, et particulièrement dans les couplets du Mysoli, a fait preuve d'une sûreté d'intonation et d'une agilité merveilleuses. Ce rôle a été depuis chanté, en 1857, avec le plus grand succès, par Mme Miolan-Carvalho, au Théâtre-Lyrique. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Le premier opéra de M. Félicien David. Cette fois l'auteur du Désert, en cherchant son inspiration dans les forêts de l'Amérique, n'avait fait que changer de paysage, mais sans perdre de vue le soleil des tropiques, toujours si propice à l'éclosion de ses mélodies. La Perle du Brésil (primitivement répétée à l’Opéra-Comique par Battaille, Audran et Mme Ugalde) fut chantée au Théâtre-Lyrique par Mlle Duez (Zora), Philippe (Lorenz), Bouché (Salvador), Junca (un Brésilien), Soyer (Rio), Mme Guichard (la Comtesse). Le succès fut très grand et consolida le crédit artistique du nouveau théâtre. — F. David a repris depuis sa partition en sous-œuvre, et en a donné une édition où le dialogue parlé est remplacé par des récitatifs. La traduction italienne y suit parallèlement le texte français ; elle a été faite par M. de Thémines-Lauzières, très expert dans ces délicats travaux. —Voir Félicien David, sa vie et son œuvre, par Alexis Azevedo ; gr. in-8°, avec portrait et autographes ; Paris, 1863. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PERLE DU CANTAL (LA)

 

Opérette en trois actes, livret de Maurice Ordonneau, musique de Frédéric Toulmouche, représentée aux Folies-Dramatiques le 02 mars 1895.

 

 

PERMISSION DE DIX HEURES (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Mélesville, Pierre Carmouche et Charles Nuitter, musique de Jacques Offenbach, représenté à Bad Ems le 20 juillet 1867. Le livret est amusant, la musique agréable. On a remarqué un air de baryton, un duo et un quatuor intéressant. Chanté par Gourdon, Grillon, Mme Colas et Mlle Lemoine. Il fut représenté à Paris au théâtre de la Renaissance le 04 septembre 1873.

 

 

PÉRONNE SAUVÉE

 

Opéra en trois actes, paroles de Billardon de Sauvigny, musique de Dezède, représenté à l'Académie royale de musique le 27 mai 1783. L'héroïsme de Marie Fouré, qui se mit à la tête des habitants de Péronne pour repousser les assiégeants, fait l'objet de cette pièce patriotique.

 

 

PERRIN ET LUCETTE

 

Comédie en deux actes, en prose, mêlée d'ariettes, livret de Bertin Davesne, musique de Giovanni Cifolelli. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 25 juin 1774. Cette pièce, avec l'Italienne, forme tout le bagage dramatique de l'habile mandoliniste.

 

 

PERRUCHE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Henri Dupin et Philippe Dumanoir, musique de Louis Clapisson. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 28 avril 1840. Ce petit ouvrage a eu du succès, et pendant longtemps il est resté au répertoire comme lever de rideau. Le canevas de la pièce est trop léger pour supporter l'analyse. Il y a dans la partition des chansons auvergnates, un duo du Baiser, chanté par Jean-Baptiste Chollet et Mlle Prévost, un air de Porteur d'eau et un quatuor final dans lesquels on a remarqué de la verve et une gaieté charmante. L'orchestration en est fort distinguée. Mlle Berthault et Ricquier ont joué plutôt que chanté les rôles secondaires.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PERRUQUE DU BAILLI (LA)

 

Opérette de Pauline Thys, exécutée chez l'auteur en février 1861.

 

 

PERRUQUE ET LA REDINGOTE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe, musique de Rodolphe Kreutzer et Frédéric Kreubé. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 25 janvier 1815.

 

 

PERRUQUIER DE LA RÉGENCE (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène de Planard et Paul Duport, musique d'Ambroise Thomas. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 30 mars 1838. Cet ouvrage est le second que le compositeur ait fait représenter. Il eut un assez grand nombre de représentations. Le poème ne valait pas celui de la Double échelle, ce qui n'empêcha pas M. Ambroise Thomas de le traiter avec une élégance et une pureté de style qui ne se démentent jamais. Le duo, le trio et l'ensemble du second acte surtout ont été remarqués. Jean-Baptiste Chollet et Mlle Jenny Colon y ont rempli les principaux rôles.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PERSÉE

 

Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes, livret de Philippe Quinault, musique de Jean-Baptiste Lully.

 

Première représentation à l'Académie royale de musique (1re salle du Palais-Royal) le 17 avril 1682 sous la direction du compositeur, et ensuite à Versailles, dans le mois de juin. Ce sujet avait déjà été traité, par Thomas Corneille, sous le nom d'Andromède, tragédie dans laquelle la mise en scène et les machines tenaient lieu de beautés littéraires. On ne trouve pas dans le prologue de la pièce de Quinault les adulations banales dont le grand roi était presque invariablement l'objet. Le poète célèbre la Vertu, l'Innocence, et aussi la Fortune. Le motif du chœur suivant est gracieux.

 

O Vertu charmante !

Votre empire est doux.

Avec vous, tout nous contente,

On n'est point heureux sans vous.

O Vertu charmante !

Votre empire est doux.

 

L'opéra de Persée offrait un des plus beaux spectacles qu'on puisse imaginer. On célébrait d'abord des jeux en l'honneur de Junon, puis au second acte, on voyait les jardins du palais de Céphée, roi d'Ethiopie, père d'Andromède ; ensuite, l'arrivée des cyclopes, des nymphes guerrières apportant à Persée, de la part de Pallas, un bouclier de diamant ; des Divinités infernales lui offrant le casque de Pluton. Au troisième acte, le théâtre représentait l'antre des Gorgones, Méduse y déclamait son récitatif célèbre :

 

J'ai perdu la beauté qui me rendait si vaine.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Si je perds la douceur d'être l'amour du monde,

J'ai le plaisir nouveau d'en devenir l'effroi.

 

On voyait Persée trancher la tète de Méduse, des monstres se former du sang de cette Gorgone, et Persée vainqueur s'envoler dans les airs.

L'acte IV se passait au bord de la mer. Andromède, attachée à un rocher par des Tritons et des Néréides, excitait la compassion des Ethiopiens placés sur des rochers, et le désespoir de ses parents, impuissants à la secourir. On voyait la mer en fureur, le monstre s'approcher de l'infortunée jeune fille, et Persée dans les airs accourant la délivrer.

Au dernier acte, les noces de Persée et d'Andromède étaient célébrées. On voyait descendre le palais de Vénus, et le spectacle était terminé par l'apothéose de Céphée, Cassiope, Persée et Andromède, entourés d'étoiles étincelantes.

C'est une des meilleures partitions de Lulli. Nous citerons particulièrement l'air de Mérope :

 

Ah ! je garderai bien mon cœur,

Si je puis le reprendre.

 

L'air de ténor, chanté par Mercure :

 

Je ne puis dans votre malheur.

 

Celui de Phinée :

 

L'amour meurt dans mon cœur, la rage lui succède ;

J'aime mieux voir un monstre affreux

Dévorer l'ingrate Andromède,

Que la voir dans les bras de mon rival heureux.

 

L'air de l'Ethiopien, suivi d'un chœur d'un effet charmant :

 

Que n'aimez-vous,

Cœurs insensibles ?

Que n'aimez-vous ?

Rien n'est si doux,

 

Et enfin, au cinquième acte, le récitatif du grand prêtre, suivi du chœur :

 

O doux hymen, sois propice à nos vœux.

 

Le rôle de Phinée, dans l'opéra de Lulli, a été écrit pour baryton, alors appelé basse-taille, et le chanteur Thévenard donna à ce genre de voix une importance jusque-là inconnue. Il fut suppléé dans ce rôle par Chassé.

L'opéra de Persée a été repris sept fois de 1682 à 1746. Le rôle de Mérope a été chanté successivement par Mlles Le Rochois, Desmatins, Pestel, Antier, Chevalier ; celui de Persée par Dumesnil, Cochereau, Murayre, Tribou et Jélyotte. Nous avons mentionné plus haut le célèbre chanteur Thévenard.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PERSÉE

 

Tragédie lyrique en trois actes, livret de Marmontel, d’après le livret de Philippe Quinault, musique par Philidor.

 

Première représentation à l'Académie royale de musique (2e salle du Palais-Royal) le 24 octobre 1780 sous la direction de Jean-Baptiste Rey.

 

« Le compositeur se montra à la hauteur de cette tâche ambitieuse. Les chœurs sont très beaux, et le rôle de Méduse, interprété par Mlle Durancy, fut surtout très admiré. Cependant cet ouvrage ne resta point au répertoire. Un décor incrusté de diamants, représentant le palais de Vénus, dont le roi avait fait don à l'Opéra, ne produisit qu'un effet médiocre, faute d'être éclairé convenablement. Le réalisme matériel ne convient pas mieux au théâtre que le réalisme moral. Nous signalerons l'air de Méduse : J'ai perdu la beauté qui me rendait si vaine, dont la facture et l'expression sont des plus remarquables. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PERSÉE ET ANDROMÈDE ou LE PLUS HEUREUX DES TROIS

 

Opéra en deux actes, livret de Nino, tiré des Moralités légendaires de Jules Laforgue, musique de Jacques Ibert.

 

Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier), le 15 mai 1929 ; décors et costumes dessinés par Daragnès ; mise en scène de Pierre Chéreau ; chorégraphie de Léo Staats.

Mmes Fanny HELDY (Andromède), MANCEAU (Thétis), MARILLIET, LALANDE, MORTIMER, DOULS, LUMIERE (les Néréides).

MM. Miguel VILLABELLA (Persée), André PERNET (le Monstre).

Mlles ELLANSKAIA et Alice BOURGAT (les Furies).

Chef d'orchestre : Henri BÜSSER

 

11e à l’Opéra, le 22 janvier 1930, avec les créateurs, sauf :

Mmes HAMY et MESLIN à la place de Mmes MARILLIET et LUMIERE.

 

N. B. — Le rôle de « Persée » fut également chanté à l’Opéra par M. VERGNES (1930).

 

11 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

"Andromède, sur son rocher, est prisonnière d'un monstre amoureux d'elle. Mais elle ne rêve qu'à l'inconnu qui viendra la délivrer. C'est Persée qui sans pitié tue le monstre. Mais alors la jeune femme, révoltée par la cruauté de Persée refuse de le suivre ; elle comprend que seul le monstre l'aimait vraiment, elle l'embrasse, et celui-ci ressuscite. Jacques Ibert sur ce livret ironique a écrit une musique fort aimable, un peu debussyste, mais fort bien orchestrée."

(Larousse Mensuel Illustré, 1929)

 

 

PERSES (LES)

 

Tragédie en deux actes imitée d'Eschyle par André-Ferdinand Herold, avec musique de Xavier Leroux, représentée à l'Odéon le 05 novembre 1896.

 

 

PERUGINA

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Mélesville, musique d'Hippolyte Monpou, représenté au théâtre de la Renaissance au mois de décembre 1838. Cette pièce avait déjà été jouée au Gymnase, le 26 mai 1821, sous le titre de la Meunière, paroles de Scribe et Mélesville. Trois artistes, depuis célèbres, ont attaché leur nom à ce modeste vaudeville. Il a servi aux débuts de la cantatrice Mme Méric Lalande, qui a été l'interprète des principaux chefs-d'œuvre sur les scènes de l'Europe. La musique du vaudeville de la Meunière a été composée par Garcia, le ténor renommé, père de la Malibran et de Mme Pauline Viardot ; enfin le rôle de Pierre fut joué par Pitrot, qui fut un des niais les plus amusants du Vaudeville. La partition de Perugina n'a pas d'importance au point de vue musical. On y a distingué à peine une ou deux romances.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉRUVIENS (LES)

 

Opéra, musique d’Arquier, représenté à Tours en 1798.

 

 

PERVENCHE

 

Opérette en trois actes, livret d’Henri Chivot et Alfred Duru, musique d’Edmond Audran, représentée aux Bouffes-Parisiens le 31 mars 1885. Interprètes : MM. Maugé, Piccaluga, Messmaker, Mmes Thuillier-Leloir, Piccaluga et Becker.

 

 

PETER GRIMES

 

Opéra en un prologue, trois actes, un épilogue et six tableaux, livret de Montagu Slater, d'après The Borough (le Bourg), poème de George Crabbe (1810), musique de Benjamin Britten.

 

Personnages : Peter Grimes, un pêcheur (ténor) ; John, son mousse (rôle muet) ; Ellen Orford, la maîtresse d’école (soprano) ; Balstrode, capitaine de la marine marchande en retraite (baryton) ; Auntie, patronne de l’auberge du Sanglier (contralto) ; la première et la seconde nièces (sopranos) ; Bob Boles, un pêcheur méthodiste (ténor) ; Swallow, le magistrat (basse) ; madame Sedley, une riche veuve (mezzo-soprano) ; le révérend Horace Adams (ténor) ; Ned Keene, l’apothicaire (baryton) ; le docteur Thorp (rôle muet) ; Hobson, le charretier (basse) ; Chœur : les habitants du bourg et les pêcheurs.

 

L’action se déroule dans « The Borough », un village de pêcheurs de la côte Est de l’Angleterre, vers 1880.

 

Créé à Londres, Sadler’s Wells Theatre, par le Sadler's Wells Company, le 7 juin 1945, avec : Mmes Joan CROSS (Ellen), Blanche TURNER et Minnia BOWER (ses Nièces), Valette IACOPI (Mrs Sedley), Edith COATES (Auntie).

MM. Peter PEARS (Peter Grimes), Roderick JONES (le Capitaine), Owen BRANNIGAN (Swallow), Morgan JONES (Soles), Tom CULBERT (le Pasteur), Edmund DONLEVY (Ned Keene), sous la direction de Reginald GOODALL et dans une mise en scène de Eric CROZIER.

 

Premières fois, à Stockholm en 1945 ; à Zurich, en 1948 ; à Berlin, à Milan en 1947 ; à New York en 1948.

 

Première fois à Paris, au Palais Garnier, le 11 juin 1948, en anglais, par la Troupe du Théâtre Covent-Garden de Londres. — Décors et costumes de Tanya Moiseiwitch — Mise en scène de Tyrone GUTHRIE.

Mmes Doris DOREE (Ellen), Muriel RAE et Muriel BURNETT (ses Nièces), Constance SHACKLOCK (Mrs Sedley), Hilde BUCHEL (Auntie, l'Aubergiste).

MM. Richard LEWIS (Peter Grimes), Tom WILLIAMS (le Capitaine, Balstrode), Owen BRANNIGAN (Swallow), Hubert NORVILLE (Bob Boles), Rhydderch DAVIS (Hobson), David TREE (le Pasteur), Graham CLIFFORD (Ned Keene), Dorek NORTH (l'Apprenti).

Les Chœurs du Covent-Garden, Chef : Douglas ROBINSON.

Chef d'orchestre : Karl RANKL

 

2 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

Une version française de cet ouvrage, signée de Roger Lalande, a été créée à Strasbourg, le 29 mars 1949, sous la direction de Frédéric ADAM, avec Mmes Mireille SABATTIER (Ellen Oxford), Edith COATES (Auntie), MM. Roger BARNIER (Peter Grimes) et Yves NOEL (Capitaine Balatrode), dans une mise en scène de Roger LALANDE.

 

 

PETIT ABBÉ (LE)

 

Saynète musicale à un personnage, paroles de Henri Bocage et Armand Liorat, musique de Charles Grisart, représentée au Vaudeville le 9 octobre 1879, avec Mme Céline Chaumont comme interprète.

 

 

PETIT BLAISE

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Victor Pittié, musique de Paul Rougnon, représenté au théâtre d'Application en mai 1889.

 

 

PETIT BOIS (LE)

 

Opérette en un acte, livret d’Armand Liorat, musique de Charles Grisart, représentée aux Bouffes-Parisiens le 07 mars 1893.

 

 

PETIT BONHOMME VIT ENCORE

 

Opérette en deux actes, paroles de M. de Najac, musique de Louis Deffès, représenté au théâtre des Bouffes-Parisiens le 19 décembre 1868. Musique spirituelle, facile et appropriée aux situations assez plaisantes de la pièce. On a remarqué les couplets vocalisés par la signora Florini (il fallait dire Fiorini), une bamboula, le finale du premier acte, un duo et les couplets qui terminent le deuxième acte. Chanté par Berthelier (Belleface), Lanjallais, Bonnet, Mlles Fonti et Gilbert.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PETIT CHAPERON ROUGE (LE)

 

Mélodrame en trois actes, de Brazier et Frédéric, musique de Schaffner. Création à la Porte-Saint-Martin le 28 février 1818.

 

 

PETIT CHAPERON ROUGE (LE)

 

Opéra-féerie en trois actes, livret d’Emmanuel Théaulon de Lambert, d’après le conte de Charles Perrault, musique de François-Adrien Boieldieu. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 30 juin 1818, décors de Mathis, Desroches et Blanchard, machines de Carré, avec Mmes Gavaudan, Boulanger, Desbrosses, MM. Martin, Ponchard, Lesage.

 

« Le baron Rodolphe avait destiné sa sœur Zélinde au comte Roger son voisin. Roger a refusé cette noble alliance. De là, une guerre à outrance entre ces deux seigneurs. Rodolphe a juré de se venger sur les femmes des vassaux de Roger. Celui-ci aime éperdument Rose-d’Amour à qui il fait la cour sous l'habit et le nom d’Alain, simple berger. Il profite d'une trêve pour voir sa bien-aimée sur les terres de son redoutable ennemi, que ses odieux procédés, envers ses vassales, ont fait surnommer le Loup. Rose-d’Amour est défendue par un talisman ; ce talisman est un petit Chaperon Rouge ; tant qu'elle le portera, elle n'aura rien à craindre du loup Rodolphe qui a aussi son talisman ; c'est une bague enchantée dont le pouvoir est de le faire aimer de toutes les femmes. Par ordre du méchant baron, les jeunes filles qui ont atteint leur seizième année, doivent tirer au sort celle qui, pendant trois mois, doit cultiver les fleurs du château ; ce temps achevé, la jeune vassale rapporte une dot en récompense de ses services. Le jour du tirage est arrivé. Rodolphe a ordonné au magister de mettre sur tous les billets le nom de Rose-d’Amour ; mais, par un prodige, le billet sorti porte le nom d'Annette à la place de celui de Rose-d'Amour. Annette descend à l’ermitage ; et, tout en protestant de sa vertu, elle a tout permis au baron. Une autre va lui succéder. Rose-d'Amour doit être â Rodolphe avant d'être à Roger. Tel est l'oracle qu'a prononcé le vieil ermite protecteur de Rose-d'Amour. La bergère va porter à l'ermite son petit pot de beurre et sa galette ; elle s'arrête dans le bois, s'y endort et rêve que l'ermite l'unit à son cher Alain. Rodolphe veut profiter du sommeil de Rose-d'Amour. Le Chaperon rend ses efforts inutiles ; il imagine une autre ruse ; il prend l'air et l'habit de l'ermite. Rose, que la chaleur accable, a ôté son Chaperon protecteur ; elle se trouve, sans défense, à la merci du brutal baron ; l'ermite paraît tout-à-coup ; il apprend à Rodolphe que Rose-d'Amour est fille de Zélinde, et par conséquent sa nièce ; c'est ainsi qu'il explique son oracle : Rose appartient à Rodolphe avant d'être à Roger. Succès complet et soutenu ; une musique délicieuse a été, pour le public, un invincible talisman qui a sauvé le poème d'un imminent danger. »

[Almanach des spectacles, 1819]

 

« Le compositeur venait de succéder à son maître Méhul, comme membre de l'Institut, lorsqu'il fit représenter le Petit Chaperon rouge. On dit alors de cet opéra, que c'était son discours de réception. On connaît le joli conte de Perrault. Théaulon transforma les personnages. Le Petit Chaperon devint Rose d'amour, le loup prit les traits du baron Rodolphe, et le comte Roger fut l'heureux amant qui empêcha la pauvrette d'être croquée par le loup. Cet ouvrage, qui offre des mélodies fraîches et pleines de naturel, a eu longtemps les honneurs du répertoire. L'orchestration, plus riche et plus colorée que dans les ouvrages précédents du maître, faisait pressentir l'auteur de la Dame blanche. La partition abonde en morceaux charmants ; nous rappellerons les couplets : Robert disait à Claire ; la ronde : Depuis longtemps, gentille Annette ; la romance : Le noble éclat du diadème ; les couplets : Il m'a demandé le bouquet ; l’air de Martin : Anneau charmant, si redoutable aux belles ; enfin les deux duos du deuxième acte et celui du troisième. Cet ouvrage a été repris à l'Opéra-Comique en 1860, avec Montaubry, Crosti, Barielle, Lemaire, Mmes Faure-Lefebvre, Casimir et Mlle Zoé Bélia. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PETIT CHAPERON ROUGE (LE)

 

Opérette en trois actes et quatre tableaux, livret d’Ernest Blum et Raoul Toché, musique de Gaston Serpette. Création au théâtre des Nouveautés le 10 octobre 1885, avec Mlles Marguerite Ugalde (Denisette), Juliette Darcourt (Eglantine), MM. Brasseur (Bolivot), Berthelier (Bardoulet), Albert Brasseur (Narcisse Leloup), Allard (Macassar).

 

 

PETIT CHAPERON ROUGE (LE)

 

Opérette en trois actes, livret d’Ernest Blum, Paul Ferrier et Pierre Decourcelle, musique de Marius Baggers. Création au Théâtre du Châtelet le 22 décembre 1900 avec Mariette Sully (Nichette), Louis Decori (Messire le loup) et Marcelle Yrven (Mère-grand).

 

 

PETIT COUSIN (LE)

 

Opérette en un acte, livret d'Henri Rochefort et Deulin, musique du comte Gabrielli. Création au théâtre des Bouffes-Parisiens le 17 avril 1860.

 

 

PETIT DUC (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Charles Lecocq. Création au théâtre de la Renaissance le 25 janvier 1878, mise en scène de Victor Konig, sous la direction de Madier de Montjau, avec Mmes Jeanne Granier (le duc Raoul de Parthenay), Desclauzas, Mily-Meyer, Léa D'Asco, Piccolo, Panseron, Ribe, Lasselin, Dianie, Davenay, MM. Vauthier, Berthelier, Urbain, Caliste, Elim, Bovet, Hervier, Deberg, Desclos, Duchosal.

 

Première au Théâtre de la Porte-Saint-Martin le 05 septembre 1933 avec Mmes Fanély Revoil (le Duc de Parthenay), Tariol-Baugé (la Directrice), Simone Lencret (la duchesse), Zanetti (Roger), S. Bara (Hélène), Cabanis (Mlle Champlatré), Antoni (Mlle de Sainte-Anémone) ; MM. Dranem (Frimousse), Roland Laignez (Montlandry).

 

« Cet ouvrage est, au point de vue musical, le meilleur dû à la musa pedestris de l'auteur de la Fille de Madame Angot. La pièce est amusante. Le duc Raoul de Parthenay a dix-huit ans. Il a épousé le matin même une charmante jeune fille qu'il aime. Mais, sur l'ordre du roi, les jeunes gens doivent se séparer le jour même et attendre quelque temps encore la consommation du mariage. La duchesse est envoyée à Lunéville au couvent des jeunes filles nobles et le petit duc devra achever son éducation sous la direction de son précepteur, le sieur Frimousse, et de son gouverneur militaire, le capitaine Montlandry. Les deux jeunes époux protestent contre cette séparation, car ils s'aiment tendrement. Parthenay, qui est né colonel, laisse là livres et précepteur, monte à cheval, se met à la tête de son régiment et va à Lunéville.

Le second acte se passe dans le couvent des demoiselles nobles. Le bouillant petit duc veut en faire sortir de force sa femme, menace de donner l'assaut au pensionnat. Mais on entend gronder le canon, et Mme Diane de Château-Lansac, la directrice, persuade à Parthenay qu'il a autre chose à faire que de mettre à sac un couvent. Le petit duc court à l'ennemi, se couvre de gloire et obtient du roi, en récompense de sa bravoure, de devenir le mari de sa femme. On voit combien l'intrigue est faible ; mais dans l'état actuel de l'art théâtral lyrique, cela importe peu, car ce cadre est rempli de petites scènes épisodiques et de couplets écrits pour les interprètes jouissant de la faveur du public. Petite querelle entre les pages et les demoiselles d'honneur, chœur d'officiers, le boute-selle, la leçon de chant, rondeau de la paysanne, idylle, chœur de dragons, chansons du petit bossu, du mot d'ordre, de l'épée sont autant de hors-d’œuvre très faiblement reliés à l'action. Selon les circonstances et le jeu des acteurs, ces pièces peuvent avoir un succès de vogue et d'argent, mais elles manquent de l'élément vital qui assure une destinée durable. Il y a beaucoup de choses à louer dans la partition : l'entrée et les couplets des pages, une gavotte, le duo du duc et de la duchesse : C'est pourtant bien doux, je vous aime ! les couplets de la Petite femme, la Leçon de chant, dans laquelle on regrette de trouver des effets burlesques que M. Lecocq aurait dû laisser à M. Offenbach : Mais la soup... mais la soupçonner, quelle peine ! l'ensemble et les couplets de Montlandry, le Rondeau de la paysanne, la marche de la ronde Pas de femmes et les couplets de l'épée.»

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PETIT FAUST (LE)

 

Opéra bouffe en trois actes et quatre tableaux, livret de Hector Crémieux et Adolphe Jaime, musique d’Hervé. Création au théâtre des Folies-Dramatiques le 23 avril 1869, mise en scène d’Hervé, avec MM. Hervé (Faust), Milher (Valentin), Mmes Van Ghel (Méphisto), Blanche d'Antigny (Marguerite), sous la direction de M. Bernardin.

 

« Si on devait juger du mérite d'une œuvre par le succès et par le nombre de représentations successives, celle-ci l'emporterait de beaucoup sur les meilleurs opéras d'Herold, de Boieldieu et d'Auber, voire même de Rossini ; aucun ouvrage de ces maîtres n'a joui à son apparition d'une vogue comparable à celle du Petit Faust. Il y a là un problème psychologique à résoudre. Pour ma part, je ne proposerai pas d'autre solution que celle-ci : Il faut retourner la proposition et dire : on peut juger de l'état mental d'une société par le succès qu'une œuvre telle que le Petit Faust y obtient et par le plaisir qu'on y prend. Il est impossible de donner une analyse supportable des scènes décousues composant cette pièce, dont le musicien a fait çà et là une parodie de l'opéra de M. Gounod, mais qui, sous la plume des librettistes, n'est qu'une olla podrida de lazzi plus indécents les uns que les autres, et dans lesquels l'esprit ne dissimule pas la grossièreté. Faust est un vieux maître d'école qui tient une classe de garçons et de filles. Marguerite lui est amenée par son frère Valentin, qui part pour la guerre ; cette drôlesse met l'école sans dessus dessous, et se sauve pour devenir ce qu'on sait. Faust, rajeuni par Méphisto, court après sa belle, la trouve dans un bal public, l'enlève dans un fiacre après avoir tué son frère. Le spectre de Valentin apparaît aux yeux des coupables et les entraîne dans un enfer fort tristement parodié. Pour qu'on ne m'accuse pas de sévérité outrée, voici le texte du finale du troisième acte que les auteurs n'ont pas craint d'intituler : Hymne à Satan !....

 

MÉPHISTO.

Riez, chantez, ô cher troupeau maudit

Maître Satan vous ouvre sa demeure ;

Quand vous chantez, il sait que l'on gémit,

Quand vous riez, il se dit : quelqu'un pleure !

C'est moi qui donne le signal,

Démons, tournez dans une ivresse folle
Et qu'une horrible farandole

Ajoute à ce bal

Un aspect infernal !

Et dansez donc !

Et tournez donc !

DEUXIÈME COUPLET.

Riez, chantez, un jour tout finira.

Au train que va la vertu sur la terre,

Le temps est proche où Satan vous dira :

Reposez-vous, je n'ai plus rien à faire.

Et dansez donc !

Et tournez donc !

Vous danserez pendant l'éternité.

 

MÉPHISTO, MARGUERITE, FAUST.

Ah ! c'est le châtiment

DANSE GÉNÉRALE.

Dansez, tournez, dans ce bal infernal,

C'est Méphisto qui donne le signal.

 

Et le rideau tombe sur cette danse ignoble vulgairement appelée cancan, qu'à Londres comme à Vienne, à Berlin comme à Pétersbourg, on appelle la danse nationale française. Je ferai observer que c'est en 1858 que M. Offenbach a le premier introduit dans une œuvre lyrique, Orphée aux Enfers, cette danse de mauvais lieu ; que la société policée d'alors, je ne dis pas la société polie (elle avait déjà été rejoindre les vieilles lunes), non seulement passa condamnation sur ce fait, mais s'en amusa si fort que, depuis, cette danse devint le finale obligé de toutes les opérettes du maestro Offenbach ; que l'administration, fidèle interprète de l'opinion publique, fit de lui et de ses collaborateurs autant de chevaliers de la Légion d'honneur... Ce mouvement musical, si brillamment inauguré en 1858, a régné sans interruption jusqu'à présent. La guerre et les malheurs de la patrie ne l'ont pas interrompu. Il sera l'un des caractères de notre époque et fournira à la postérité des éléments pour la juger. La musique que M. Hervé a écrite sur ce livret, considérée en elle-même, est meilleure que ne le comportait le sujet, sans toutefois s'élever beaucoup au-dessus du genre de composition en usage dans les bals publics ; les motifs de valse, de polka et d'autres danses abondent ; l'ouverture elle-même est une valse. La parodie musicale de la kermesse, du chœur des soldats, de divers procédés particuliers à M. Gounod est assez spirituelle. Le musicien a traité aussi heureusement plusieurs tyroliennes. Comme il en met dans tous ses ouvrages, il a acquis une grande habitude dans l'arrangement vocal de ces cantilènes ; mais les idées qui pourraient être gracieuses sont dénaturées par des effets de charge à outrance, qui les rabaissent au niveau des tréteaux de la foire. Cependant, au milieu de ces extravagances, on a remarqué deux pages de musique qui se distinguent par un sentiment poétique, une harmonie bien caractérisée ; c'est une idylle qui a pour titre les Quatre saisons. Ce hors-d’œuvre n'a pas de sens dans la bouche de Méphisto et perd une grande partie de son charme au voisinage des sottises et des turlupinades qui l'accompagnent. Mais il est là comme un témoignage de la pensée humaine qui n'abdique pas complètement ses droits, et un hommage presque involontaire rendu à l'art qu'on injurie et qu'on profane. Les représentations du Petit Faust dépassèrent le chiffre de deux cents. L'auteur de la musique joua lui-même le rôle de Faust ; les autres rôles principaux furent chantés par Milher, Vavasseur, Mmes Van Ghel, Blanche d'Antigny. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

PETIT JACQUOT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles d'Alexandre, musique de Solié, représenté au théâtre Montansier le 27 juillet 1801.

 

 

PETIT JEUNE HOMME (LE)

 

Opérette en un acte, livret de Louis Péricaud et Lucien Delormel, musique de Firmin Bernicat. Création à l'Eldorado en 1880.

 

 

PETIT LULLI (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Louis Leloir et Paul Gravollet, musique de Charles Hess, représenté à Valenciennes le 27 février 1896.

 

 

PETIT MAÎTRE EN PROVINCE (LE)

 

Comédie en un acte, en vers, avec des ariettes, livret d’Harny de Guerville, musique de Charles-Guillaume Alexandre. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 07 octobre 1765.

 

 

PETIT MOUJIK (LE)

 

Opérette en trois actes, livret de Pierre Newsky et Jean Léry, musique de M. Haakman, représentée aux Bouffes-Parisiens le 16 avril 1896.

 

 

PETIT MATELOT (LE) ou LE MARIAGE IMPROMPTU

 

Opéra-comique en un acte, livret de Charles Pigault-Lebrun, musique de Pierre Gaveaux. Création à Paris, Théâtre Feydeau, le 07 janvier 1796. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 08 octobre 1801.

 

« La pièce semble avoir été faite pour Mme Scio, qui dans le rôle du petit matelot Fulbert, âgé de seize ans, a obtenu beaucoup de succès. Quoique presque tous les personnages de cet opéra soient des adolescents, il n'en paraît pas moins vieillot. La prétention qu'a eu Gaveaux de faire de la musique descriptive dépassait de beaucoup ses moyens. Sa tempête est rendue d'une façon puérile ; le rôle du capitaine Sabord est manqué. Nous ne trouvons à mentionner que le duo des deux sœurs, le quinque : On est vraiment heureux à table, les couplets du tabac chantés par Mme Scio, qui allumait une pipe et fumait sur le théâtre, à la grande satisfaction des goujats de ce temps (la race n'en est pas éteinte) et l'ariette du petit matelot, qui vaut beaucoup mieux :

 

Adieu vergue, artimon, hunier ;

Adieu trop ingrate victoire.

Ma maîtresse vaut bien la gloire,

Le bonheur vaut bien un laurier.

 

A des vers de cette trempe, la musiquette de Gaveaux pouvait suffire. Distribution : le père Thomas, Juliet ; la mère Thomas, Mme Verteuil ; Cécile, quatorze ans, Mlle Rolandeau ; Lise, seize ans, Mlle Rosine ; Bazile, Duverney ; Sabord, Résicour ; Fulbert, fils de Sabord, seize ans, Mme Scio. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PETIT MEZZETIN (LE)

 

Saynète imitée de la comédie italienne, paroles de Th. de Banville, musique de M. Nargeot, représentée aux Folies-Nouvelles en octobre 1855.

 

 

PETIT ŒDIPE (LE) ou AGENOR ET ZULMA

 

Comédie en un acte et en vers, mêlée d'ariettes et de vaudevilles, livret de C. Landrin, musique de Marc-Antoine Désaugiers. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 22 mai 1779.

 

 

PETIT ORPHÉE (LE)

 

Opéra-comique en quatre actes, paroles de Rouhier-Deschamps, musique de Deshayes, représenté au théâtre de la Cité en 1794. Cet ouvrage, depuis lors bien oublié, obtint à son apparition un succès considérable et mérité.

 

 

PETIT PAGE (LE) ou LA PRISON D'ÉTAT

 

Opéra en un acte, musique de Gresnick, représenté au théâtre Montansier, à Paris, en 1797.

 

 

PETIT PAGE (LE) ou LA PRISON D'ÉTAT

 

Comédie en un acte, en prose, mêlée d'ariettes, paroles de Guilbert de Pixerécourt, musique de Kreutzer et Niccolo Isouard, représentée à Feydeau le 14 février 1800.

 

 

PETIT PARISIEN (LE)

 

Opérette en trois actes, livret de Paul Burani et Maxime Boucheron, musique de Léon Vasseur, représenté aux Folies-Dramatiques le 16 janvier 1882, avec Mmes Simon-Girard, Rose Méryss, Burton, MM. Maugé, Simon-Max et Luco.

 

 

PETIT POUCET (LE)

 

Opérette, musique d’Edmond Audran, représentée à Marseille en avril 1868.

 

 

PETIT POUCET (LE)

 

Opéra bouffe en trois actes et quatre tableaux, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de Laurent de Rillé, représenté au théâtre de l'Athénée le 8 octobre 1868. Dans l'analyse donnée par la Gazette musicale, nous lisons : « Le Petit Poucet est en réalité un joli jeune homme, très amoureux de Mlle Aventurine, la fille aînée de l'ogre Krock-Mach-Cru ; mais Mme l'ogresse Aglaé, femme légère, repousse l'amour du faux ogre Rastaboul, pour disputer à sa fille le cœur de ce séduisant garçon. » Les personnages sont donc l'ogre Krock-Mach-Cru, le faux ogre Rastaboul, l'ogresse et ses cinq filles jumelles, le Petit Poucet et ses quatre frères ; deux acteurs et onze actrices. C'est une exhibition de jeunes filles plus ou moins jolies, avec accompagnement d'une musique légère et animée. Il y a même au deuxième acte un galop final dont l'entrain ne laisse rien à désirer. M. Laurent de Rillé a été nommé, par M. Duruy, inspecteur général du chant dans les lycées et les écoles normales primaires. Etait-ce pour arranger ainsi les contes de Perrault, ad usum studiosœ juventutis ?

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PETIT POUCET (LE) ou L’ORPHELIN DE LA FORÊT

 

Opéra-féerie en cinq actes, paroles de Cuvelier et Hapdé, musique de Gauthier, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes vers 1797.

 

 

PETIT SOUPER (LE)

 

Opéra-comique, musique de Dalayrac, représenté au théâtre de la Cour, à Paris, en 1781.

 

 

PETIT SOUPER (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jean-Baptiste Violet d'Epagny, musique de Victor Dourlen. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 21 février 1822.

 

« Jamais ouvrage ne fut plus mutilé par la censure, et exécuté avec plus de négligence par les comédiens. Les auteurs l'ont retirée après la première représentation. » [Almanach des spectacles, 1823]

 

 

PETIT VERT-VERT (LE)

 

Opérette en un acte, musique de Georges Douay, représentée en 1872.

 

 

PETITE ANGOT (LA)

 

Opérette en deux parties et six tableaux, livret d'Hugues Delorme et Fernand Rouvray, musique tirée de Charles Lecocq, adaptation et musique nouvelle d'Henri Casadesus. Création à Paris, Alhambra, le 16 février 1934.

 

"Le livret met en scène les descendants supposés des personnages mêmes de Charles Lecocq, Ginette Angot, petite-fille de la célèbre Clairette, et Jean de Parthenay, descendant du Petit Duc. Mais Ginette est fruitière. En voilà assez pour que le vieux duc de Parthenay s'oppose au mariage. D'autant plus que ce noble homme a bourse si plate qu'il partage sans vergogne avec ses domestiques les pourboires. Aussi rêve-t-il de marier Jean de Parthenay à une jeune et riche Portugaise, Margarita, délurée autant que sa tante est entreprenante. Pour arranger les choses, les auteurs ont tout bonnement ressuscité Clairette Angot et le Petit Duc, qui naturellement protégeront les amours de Jean et de Ginette. Quand rien ne va plus, on trouvera un fiancé tout à point pour l'impatiente Margarita, et même le reste pour la tante. Si ce dénouement est arbitraire, si l'exposition traîne un peu, du moins y a-t-il dans le deuxième acte des traits assez comiques." (Larousse Mensuel Illustré, 1934)

 

 

PETITE BOHÈME (LA)

 

Opérette en trois actes, livret de Paul Ferrier, d’après Scènes de la vie de bohème de Murger, musique de Henri Hirschmann. Création au Théâtre des Variétés le 20 janvier 1905, avec Mmes Eve Lavallière (Mimi), Jeanne Saulier (Musette), Léonie Laporte (la Comtesse), Ginette (Francine), Fournier (Phémie), Debrives (Angèle), MM. Paul Fugère (Barbemuche), Alberthal (Marcel), Prince (Vicomte de la Bretèche), Claudius (Colline), Vauthier (Arsène), Carpentier (Rodolphe), Casella (Schaunard), Simon (Monetti), Bernard (Vicomte de la Fouchardière), Petit (Baptiste), Bergerat (Jacques), Batreau (Tardivel), Duclerc (le Notaire), Lambert (un Masque), sous la direction d’Oscar de Lagoanère.

 

 

PETITE CENDRILLON (LA)

 

Opérette en deux actes, livret d'Antony Mars, musique d'Alcide Béjot (1902).

 

 

PETITE COMTESSE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Gaston Escudier, musique de Luigi Ricci, représenté au théâtre Taitbout le 21 février 1876. C'est une traduction un peu libre de l'opéra italien Chi dura vince, représenté à Milan en 1838, avec succès. Il s'agit d'un comte qui, pour éprouver la constance de Fiorina, sa femme, se fait passer pour un artisan et s'expose à beaucoup de mésaventures. Fiorina lui conserve sa tendresse, et le comte reprend son titre et son rang. Le livret est bien traité, avec esprit et grâce. La musique est charmante, mélodique et pleine de verve. On n'a pu en juger par l'exécution pitoyable de la troupe du théâtre Taitbout. Les meilleurs sujets étaient Mlle Breton et Mme Carlin.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PETITE FADETTE (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, paroles d'Anicet Bourgeois, musique de Semet, représenté aux Variétés en 1850.

 

 

PETITE FADETTE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, livret de George Sand et Michel Carré, musique de Théodore Semet. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 11 septembre 1869, décors d’Edouard Desplechin, avec Galli-Marié (Fadette), sous la direction de Ferrand.

 

« Le roman de la Petite Fadette est trop connu pour qu'une analyse de la pièce soit nécessaire : je ferai observer que ce mélange de sentimentalité et de réalisme qui en a fait le succès a nui beaucoup à celui de l'opéra. Le thème de l'œuvre littéraire ne pouvait être goûté qu'à l'aide de détails multipliés, d'épisodes et de longs dialogues. Dans une œuvre dramatique, l'action doit être simple et non entravée par les descriptions et les analyses de sentiment. Là où Sedaine, ou tout simplement Desforges aurait pleinement réussi, Mme George Sand a échoué. Un musicien laborieux et convaincu, comme M. Semet, a sans doute fait preuve de beaucoup de talent dans cet ouvrage ; mais, malheureusement pour lui, il a perdu sa peine. Des mélodies charmantes, des intentions ingénieuses, une orchestration des plus distinguées n'ont été appréciées que par les amateurs. Je citerai dans le premier acte le chant du Fadet : Fadet, petit Fadet, prends ta cape ; la chanson du bois joli et le chœur des enfants : Fadette qui naguère ne dansait. Dans le second acte on a remarqué les souhaits de la grand'mère : Ce soir, oublie en dormant ; les couplets de Cadet-Caillaux : Je suis jeune et bel homme. Il y a aussi le chœur dans lequel les effets de cloches sont bien rendus par les cors. Tout est intéressant dans cet opéra, musicalement parlant ; le troisième acte renferme aussi des morceaux traités avec beaucoup de goût, entre autres une romance de Landry : Oui, Fadette, quand je t'appelle. Distribution : Landry, Auguste Armand Barré ; Cadet-Caillaux, Potel ; le père Barbeau, Gailhard ; Fadette, Mme Galli-Marié ; la mère Fadet, Mlle Révilly ; Madelon, Mlle Bélia. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

PETITE FEMME DE LOTH (LA)

 

Opéra burlesque en deux actes, livret de Tristan Bernard, musique de Claude Terrasse, représenté au petit théâtre des Mathurins le 1er octobre 1900, avec Mlles Marguerite Deval, Jolly, Varley et Mindès, MM. Tarride, Liesse et Chalande.

 

Création à l’Opéra-Comique (3e salle Favart) le 02 mai 1901 (acte II seul).

 

« Fantaisie curieuse, gaie et amusante, accompagnée d'une musique aimable et vivante, dans laquelle on a particulièrement remarqué le chœur et l'hymne d'introduction, les couplets du déluge et la scène de la pétrification. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

PETITE FONCTIONNAIRE (LA)

 

Comédie musicale en trois actes, livret de Xavier Roux, musique d'André Messager. Création au Théâtre Mogador le 14 mai 1921. => fiche technique

 

 

PETITE FRONDE (LA)

 

Opérette en trois actes, livret d’Henri Chivot et Alfred Duru, musique d’Edmond Audran, représentée aux Folies-Dramatiques le 16 novembre 1888, avec Mmes Simon-Girard, Ilbert et Riveri, MM. Huguet, Larbaudière et Guyon fils.

 

« Auteurs et compositeur ont été souvent mieux inspirés que dans cette pièce assez mal venue.

Les premiers ont eu une singulière idée de rapetisser un événement historique aux proportions de l'opérette, et de le transformer en une fable tant soit peu ridicule ; le second, dont le talent n'est pas en cause, n'a écrit cette fois qu'une partition banale, sans couleur, sans saveur et sans fraîcheur. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PETITE LAMPE MERVEILLEUSE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles d’Eugène Scribe et Mélesville, musique d’Alexandre Piccinni, représenté au Gymnase le 29 juillet 1822.

 

 

PETITE MADEMOISELLE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Charles Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 12 avril 1879, avec Mmes Jeanne Granier, Desclauzas, Mily-Meyer, Piccolo, Ribe, Dianie, Kolb, MM. Berthelier, Vauthier, Urbain, Lary, Pacra, Libert, Caliste, Tony, Deberg, Duchosal, Tauffenberger, Auger, Perrenot, Desclos, William.

 

Le succès toujours croissant des opérettes du genre burlesque depuis vingt ans oblige les auteurs à de grands efforts pour en trouver de nouvelles. Au nombre de leurs inventions récentes figurent les cocasseries historiques. Prendre pour cadre un des faits de notre histoire nationale, le remplir avec une mise en scène très soignée, presque exacte, des décors et des costumes d'une fidélité relative, faire servir tout cela à la représentation de bouffonneries sans nom débitées dans le langage le plus bas et le plus plat, c'est là un piquant contraste, un assaisonnement offert au public qui dispense du goût littéraire et de l'art dramatique ; car on ne peut donner le nom d'art à une juxtaposition de scènes décousues où l'imprévu est la règle, l'invraisemblance l'élément du succès. Le premier acte se passe aux avant-postes de l'armée royale, devant Paris, en 1652 ; le deuxième à l'hôtel de ville, le troisième à l'hôtel Cameroni. La jeune comtesse Cameroni, veuve d'un mari vieux et infirme, est sollicitée par Mazarin d'épouser le frère jumeau de ce vieillard. Elle embrasse le parti de la Fronde tout aussi bien que la grande Mademoiselle, équipe une troupe à ses frais et intrigue avec l'Espagne. Mais elle veut entrer dans Paris pour mieux lutter contre Mazarin. Elle se munit du passeport d'une certaine Mme Douillet, femme d'un notaire d'Angoulême, chez qui les officiers de la garnison trouvaient facilement bon souper, bon gîte et le reste. La réputation de Mme Douillet s'était répandue jusque sous les murs de Paris, car, à la vue du passeport, les galants officiers entourent la comtesse et veulent la retenir. Celle-ci appelle à son aide le capitaine de Manicamp qui, la trouvant charmante, en devient sérieusement amoureux. La comtesse profite de cette passion subite pour obtenir de lui d'entrer dans Paris. Cet acte est émaillé de scènes burlesques ; des bourgeois, en jouant aux boules, se sont aventurés trop loin et ont été faits prisonniers ; leurs femmes viennent au camp les réclamer. L'un d'eux chante la chanson du cochonnet que le public a trouvée de son goût ; la légende du notaire d'Angoulême et les couplets de Mme Douillet ont été également remarqués. Pendant le second acte la comtesse, cachée sous le nom de Trompette chez sa sœur de lait, Mme Taboureau, cabaretière, soutient les frondeurs et les paye. Le capitaine Manicamp l'a suivie, déguisé en garçon charcutier, et se cache à son tour chez la tripière Madelon. La bataille s'engage ; Manicamp va rejoindre les royalistes ; la petite Mademoiselle fait élever des barricades que Manicamp attaque et escalade. La comtesse est faite prisonnière. C'est dans cet acte que se trouvent les intermèdes les plus bouffons et d'un réalisme de parti pris qui plaît à beaucoup de gens. Il parait qu'on aime voir la comtesse Cameroni, qui joue un rôle politique, crier aux buveurs qui appellent la fille ? la fille ?: Eh té ! la fille, la voilà ! Pas besoin de crier comme ça ! Il paraît qu'il est agréable d'entendre chanter à une tripière : Quand le cervelas va, tout va ! Je n’ connais qu’ ça. Le septuor de la conspiration a été traité en charge et le musicien a rappelé, en les parodiant, quelques passages du septuor des Huguenots :

 

Demain donc, demain à l'hôtel de ville

Nous y serons cent, nous y serons mille,

Tout ce que Paris a de flibustiers,

De coupeurs de bourses et d'aventuriers,

Les gueux, les filous, toute la racaille,

Nous les pousserons tous à la bataille ;

Nous les lancerons,

Les ameuterons,

Et par ce moyen nous réussirons.

Et là-dessus, Dieu nous assiste,

Bien qu'il soit triste

D'user de moyens violents,

Dieu soit pour nous et favorise,
Dans cette crise,

La cause des honnêtes gens.

 

Des rythmes anciens et populaires, des timbres de la Clef du caveau fournissent au musicien, pour ces nombreux couplets d'opérette, des passe-partout utiles ; ici c'est la Faridondaine, ailleurs c'est une autre chanson. Une scène, comique à cause même de sa platitude, est celle dans laquelle la tripière harnache son mari pour la patrouille :

 

Prends garde au froid, prends garde au chaud,

 

Il y a là un souvenir de la garde nationale assez exact.

Les meilleurs morceaux, au point de vue de la comédie musicale, sont les couplets de Trompette et Lambin et ceux de Trompette. La comtesse, déguisée en servante, arrose à ses frais les gosiers des émeutiers et leur chante cette drôlerie, qui a eu un succès de fou rire et de bon aloi :

 

Notre patron, homme estimable,

Voyant l'état où s' trouve Paris,

Veut qu'un' diminution notable

Soit faite aujourd'hui dans les prix.

Tant qu' dur’ra la cris' politique,

Par ma voix il vous avertit,

Qu'à tous ceux qui boiv’nt, sa boutique

Va rester ouvert' chaque nuit,

Et qu'avec ça, ça n'est pas tout,

Et qu'avec ça, j' suis pas au bout,

Et qu'avec ça, v'là la merveille,

Et qu'avec ça l’ prix d' la bouteille

Ça n' s'ra pas vingt sous, ça n' s'ra pas dix sous,

Ça n' s'ra pas cinq sous, ça n' s'ra pas deux sous,

Ça s'ra, ça s'ra ce que chacun voudra.

 

A la fin de l'ouvrage l'actrice, s'adressant au public, lui annonce dans une variante :

 

Que pour voir la p'tit' demoiselle

Ça n' s'ra pas vingt sous,

Ça n' s'ra pas dix sous, etc.
Ça s'ra beaucoup plus cher que ça !

 

Et en effet cette opérette, pendant le premier mois de ses représentations, a fait encaisser au théâtre de la Renaissance la somme de 139,125 francs ; ce qui donne une moyenne de 4,600 francs de recette quotidienne.

La mazarinade qui sert de thème au finale est commune. La comtesse a été conduite dans l'hôtel Cameroni, où elle doit épouser le préféré de Mazarin. Grâce aux manœuvres du cabaretier Taboureau et de Manicamp, elle échappe à un mariage odieux et finit par épouser son capitaine.

Les morceaux les mieux accueillis sont les couplets de Jacqueline, Jeunes et vieux, le motif joué par les petits violons, et le virelai de la comtesse, Arrivé dans Bordeaux. L'habitude d'écrire a donné à M. Ch. Lecocq une souplesse et une dextérité qui lui font suivre les paroles presque à la lettre, comme accent et comme rythme. En sa qualité de bon harmoniste, il sait faire tomber la parole et la bonne note sur l'accord avec précision. Il en résulte pour l'auditeur une satisfaction un peu commune, mais qui répond bien à son degré de culture musicale. C'est de l'art à la hauteur de l'idée qu'on se fait de la musique dans le haut et petit commerce, chez les gens oisifs ou occupés qui ne demandent qu'à se distraire. Les amateurs d'art et les gens de goût n'ont rien à voir dans ce genre de plaisir, dont le plus grand mérite est d'être lucratif pour ceux qui le cultivent.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PETITE MAISON (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Michel Dieulafoy et N. Gersin, musique de Gaspare Spontini. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 mai 1804 (seule représentation). Spontini n'avait pas été heureux avec le premier ouvrage écrit par lui pour la France, Julie ou le Pot de fleurs, donné au même théâtre. Il le fut moins encore avec celui-ci, dont la chute fut éclatante et la représentation singulièrement orageuse. La pièce, détestable, paraît-il, avait déjà considérablement indisposé le public, lorsqu'une incartade d'Elleviou, chargé du principal rôle, vint mettre le comble à la colère de celui-ci. Il s'ensuivit un tapage épouvantable, des huées, des cris, des sifflets, à tel point que l'ouvrage ne put être achevé et que jamais plus il n'en fut question.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PETITE MAISON (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Alexandre Bisson et Georges Docquois, musique de William Chaumet.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 05 juin 1903. Mise en scène d'Albert Carré. Décors d’Eugène Ronsin, Paul Paquereau et Amable. Costumes de Charles Bianchini.

Mmes Marguerite CARRÉ (Gabrielle), Catherine MASTIO (Florence), TIPHAINE (Claudine), Jeanne HUCHET-ROUSSELIÈRE (Babet), COSTES (Véronique), Pauline VAILLANT (Marya).

MM. Edmond CLÉMENT (de Fargis), Lucien FUGÈRE (Pichon), DELVOYE (Dominique), MESMAECKER (Jasmin), IMBERT (Firmin), DELAHAYE (Justin).

Chef d'orchestre : Alexandre LUIGINI.

 

7 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

« Partition fort aimable, gentiment inspirée, écrite avec le plus grand soin par un artiste instruit et amoureux de son art, mais qui pâtit de la nullité d'un poème par trop insuffisant. Le compositeur mourait subitement peu de mois après cet échec qui ne lui était pas dû. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

PETITE MANON (LA)

 

Opéra-comique en quatre actes et cinq tableaux, livret de Maurice Ordonneau et André Heuzé, musique d’Henri Hirschmann, représenté au Théâtre royal de Gand le 15 mars 1913.

 

 

PETITE MARIÉE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de Charles Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 21 décembre 1875 avec Jeanne Granier (Graziella), sous la direction de Madier de Montjau. Cet ouvrage est jusqu'à présent le meilleur opéra bouffe du fécond compositeur, quoiqu'il soit le moins travaillé et renferme peu de morceaux saillants. Mais la pièce est amusante et reste dans des limites que l'on ne devrait jamais dépasser. Graziella, à peine mariée à San-Carlo, qu'elle aime, est l'objet des entreprises du podestat Rodolfo. Pour y échapper, elle est contrainte de passer pour la femme de Montefiasco, lui-même au pouvoir d'une épouse intraitable sur le chapitre de ses droits et qui les réclame au besoin la cravache à la main. Les deux jeunes mariés traversent une foule d'incidents comiques ; plusieurs même ont un caractère tendre et touchant. Si M. Lecocq avait le bon goût, dans l'intérêt de sa réputation et en même temps de la dignité de l'école française, de se montrer plus sévère et beaucoup moins accommodant dans le choix de ses livrets, s'il renonçait absolument aux concessions à faire à un public aussi ingrat et mobile qu'exigeant, il pourrait espérer d'occuper une place restée vide à la suite des maîtres dans le genre charmant de l'opéra-comique, si délaissé de nos jours ; car on ne connaît plus guère de pièces intermédiaires entre le grand opéra et l'opérette burlesque, parce que l'esprit et le goût font depuis longtemps mauvais ménage. L'ouverture de la partition de la Petite mariée est peu intéressante. Dans le premier acte, on peut signaler la chanson du coup de l'étrier, le duo de Graziella et de San-Carlo, la valse de la cravache. Dans le deuxième, les couplets de l'épée, ceux du jour et de la nuit, le duo de l'enlèvement et une assez jolie ronde de nuit. Le troisième acte est le plus musical de l'ouvrage. Les couplets des reproches : Pour vous sauver, on se dévoue, sont ingénieusement rendus, et une pointe de sensibilité se fait remarquer dans le duo des larmes : Tu pleures, Graziella. Les livrets que M. Lecocq met en musique ne lui fournissent pas l'occasion de faire preuve de son mérite en dehors de la comédie. La Petite mariée a obtenu un grand succès. Distribution : le podestat, Vauthier ; San-Carlo, Puget ; Montefiasco, Dailly ; Graziella, Mlle Jeanne Granier ; Lucrezia, Mlle Alphonsine.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PETITE MUETTE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Paul Ferrier, musique de Gaston Serpette, représenté aux Bouffes-Parisiens le 03 octobre 1877. L'auteur a imaginé une pièce aussi invraisemblable que compliquée. Mercédès est devenue muette le jour de son mariage avec le vieux seigneur José d'Albatros. Le docteur Cacomillas déclare que la jeune femme ne recouvrera la parole que sous l'influence de l'amour. Le colonel de dragons Raphaël apporte à don José le brevet de lectrice de l'infante accordé par le roi à la marquise. Malgré l'embarras où cet honneur jette les habitants du château, on part pour la cour. Le colonel sait pendant le voyage rendre la parole à la petite Muette. Alors, pour expliquer au mari un prodige aussi surprenant, l'auteur de la pièce n'a trouvé d'autre moyen qu'un coup de canon, qui sauve les jours du roi et fait de don José d'Albatros le plus heureux des favoris et le plus ridicule des maris. De telles élucubrations sont peu propres à relever l'art dramatique et encore moins l'art musical. M. Serpette a dépensé plus de savoir-faire et d'habileté technique que de goût dans cet ouvrage. La première partie de l'ouverture est agréable ; la fin en est commune. Les morceaux les mieux faits au point de vue musical sont : le chœur des vétérans, le duo de Raphaël et don José : Lisez, nous sommes en famille ; une habanera, le chœur, Buvons, la chanson militaire, une aubade, déjà entendue dans l'ouverture, et la chanson finale de Polichinelle, lue par Mercédès à la petite infante, qui est franchement gaie. Afin de rendre la musique plus animée, les auteurs de ces opérettes abusent des effets syllabiques. Chanté par Daubray, Jolly, Minart, Jeannin, Scipion, Maxnère, Dubois, Vinchon, Rivet ; Mmes Peschard, Théo, Luce, Descot, Blot.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PETITE NANETTE (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, paroles et musique du Cousin-Jacques (Beffroy de Reigny), représenté au théâtre Feydeau le 9 décembre 1796 (19 frimaire an V).

 

« Ce petit ouvrage obtint un très grand succès, certifié par ce fait que peu de temps après son apparition un commerçant s'établissait dans la rue du Four-Saint-Germain, en arborant au-dessus de sa boutique l'enseigne : A la Petite Nanette. Il n'y a pas fort longtemps que cette enseigne subsistait encore. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PETITE POUCETTE (LA)

 

Vaudeville-opérette en trois actes et cinq tableaux, livret de Maurice Ordonneau et Maurice Hennequin, musique de Raoul Pugno, représenté au théâtre de la Renaissance le 7 mars 1891.

 

 

PETITE PRINCESSE (LA)

 

Opérette en un acte, livret d'Eugène Bertol-Graivil, musique de Charles de Sivry, représentée au Théâtre d'Application (Bodinière) le 08 mai 1893.

 

 

PETITE REINE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d'Adolphe Jaime et Jules Noriac, musique de Léon Vasseur, représenté aux Bouffes-Parisiens le 09 janvier 1873. On a remarqué dans la partition, un peu incolore, un duo dans lequel est intercalé un joli madrigal : Quand vous me regardez à travers vos cils bruns ; l'ensemble vocal du deuxième acte et dans le troisième, un duo agréable et le rondo du baiser. Chanté par Désiré, Potel, Mmes Judic et Peschard et Mlle Scalini.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

PETITE REINETTE (LA)

 

Opérette en trois actes, livret de Charles Clairville et William Busnach, musique de Louis Varney, représentée à Bruxelles, sur le théâtre des Galeries-Saint-Hubert, le 11 octobre 1882. Cet ouvrage est tombé à plat par la faute du livret.

 

 

PETITE SOUBISE (LA)

 

Opérette en un acte, paroles de MM. Max et Leclerc, musique de Raoul Schubert, représentée au Casino de Luc, le 19 août 1887.

 

 

PETITE TACHE (LA)

 

Vaudeville-opérette en trois actes, paroles de Fabrice Carré, musique de Victor Roger, représenté aux Bouffes-Parisiens le 26 mars 1898.

 

 

PETITE TONKINOISE (LA)

 

Opérette en un acte, paroles de Lebreton et Fernand Beissier, musique d’Albert Petit, représentée à l'Eden-Concert le 5 juillet 1890.

 

 

PETITE VÉNUS (LA)

 

Opérette en trois actes, livret de Maurice Ordonneau, musique de Justin Clérice, représentée dans une version anglaise de Francis Richardson, The Royal Star, à Londres,  Prince of Wales, le 16 septembre 1898.

 

 

PETITE VEUVE (LA)

 

Opérette en un acte, paroles de M. Verneuil, musique de M. Bovery fils, représentée au théâtre de Montmartre (Paris) le 27 janvier 1883.

 

 

PETITES BARNETT (LES)

 

Comédie-opérette en trois actes, de Paul Gavault, musique de Louis Varney, représentée au Théâtre des Variétés le 08 novembre 1898, avec Mmes Germaine Gallois, Angèle, Lavallière, Diéterle, De Verly, A. Rogé, Brunel, Favelli, MM. Brasseur, Guy, Prince, Petit, Demey, Mesmaecker, Leitner, Raoul ; chef d'orchestre : M. Fonck.

 

 

PETITES BREBIS (LES)

 

Opérette en deux actes, livret d’Armand Liorat, musique de Louis Varney, représentée au théâtre Cluny le 05 juin 1895.

 

 

PETITES CARDINAL (LES)

 

Opérette en deux actes et dix tableaux, livret d’Albert Willemetz et Paul Brach, d’après le roman d’Halévy, musique de Jacques Ibert et Arthur Honegger.

 

Première représentation à Paris, Bouffes-Parisiens, le 15 février 1938, avec Saturnin Fabre (Monsieur Cardinal), sous la direction de Marcel Cariven.

 

 

PETITES COMÉDIES D’AMOUR (LES)

 

Opérette en un acte, livret de Dutertre et Alphonse Lemonnier, musique d’Adolphe de Groot, représentée au théâtre du Vaudeville le 14 juin 1865.

 

 

PETITES ÉTOILES (LES)

 

Opérette en trois actes, livret de Pierre Veber et Léon Xanrof, musique d'Henri Hirschmann, représentée au Théâtre Apollo le 23 décembre 1911, mise en scène d'Alphonse Franck, avec Mlles Angèle Gril (Florette), Marcelle Devriès, MM. Henri Defreyn, Paul Ardot (Ramouyer), Victor Henry, Clarel.

 

 

PETITES FEMMES (LES)

 

Opérette en trois actes, livret d'André Sylvane, musique d'Edmond Audran, représentée aux Bouffes-Parisiens le 11 octobre 1897.

 

 

PETITES VESTALES (LES)

 

Opéra bouffe en trois actes, paroles d’Ernest Depré et Arthur Bernède, musique de Frédéric Le Rey et Justin Clérice, représentée au théâtre de la Renaissance le 22 novembre 1900.

 

 

PETITS APPARTEMENTS (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Henri Dupin et Antoine-François Varner, musique d’Henri Montan Berton. Création à l'Opéra-Comique le 09 juillet 1827. => fiche technique

 

 

PETITS AUVERGNATS (LES)

 

Opéra-comique, musique de Morange, représenté au théâtre des Jeunes-Elèves en 1799.

 

 

PETITS AVEUGLES DE FRANCONVILLE (LES)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Lebrun, représenté au théâtre Montansier, à Paris, en 1802.

 

 

PETITS COMMISSIONNAIRES (LES)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Gresnick, représenté au théâtre de la rue de Louvois, à Paris, en 1795.

 

 

PETITS DU PREMIER (LES)

 

Opérette en un acte, livret de William Busnach, musique d’Emile Albert, représenté d'abord sur le théâtre Saint-Germain le 03 décembre 1864, et ensuite aux Bouffes-Parisiens le 03 mars 1865.

 

 

PETITS LAPINS (LES)

 

Opérette en un acte, livret de Julien Sermet et Louis Battaille, musique d’Albert Petit, représentée au concert de l’Horloge le 18 juin 1887.

 

 

PETITS MONTAGNARDS (LES)

 

Opéra-comique, musique de Charles Foignet, représenté à Paris en 1793.

 

 

PETITS MOUSQUETAIRES (LES)

 

Opérette en trois actes, livret de Paul Ferrier et Jules Prével, musique de Louis Varney, représentée aux Folies-Dramatiques le 05 mars 1885. C'est comme une sorte d'adroite réduction, avec le concours de la musique, du drame si vivant et si empanaché qu'Alexandre Dumas et Auguste Maquet avaient tiré de leur fameux roman : les Trois Mousquetaires. Il n'obtint guère moins de succès et fournit une brillante carrière. Ses interprètes étaient : Mmes Marguerite Ugalde, Desclauzas, Jeanne Andrée, Savary, MM. Gobin, Simon Max, Tony Riom, Montaubry, Riga, Delausnay, Péricaud, Paul Ginet, Duhamel et Gildès.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

PETITS PRODIGES (LES)

 

Opérette en un acte, livret d'Adolphe Jaime et Etienne Tréfeu, musique d’Emile Jonas, représenté aux Bouffes-Parisiens le 19 novembre 1857.

 

« On eût dit une crèche, un cours d'A B C, un carnaval de moutards. Ils étaient là une vingtaine, déguisés en bébés et se livrant à des cabrioles désordonnées, exécutant un charivari à égayer un hospice de sourds et muets. Après plusieurs scènes d'une extravagance vraiment risible, commençait un concert instrumental dont les parties étaient exécutées réellement par plusieurs artistes de la troupe, les autres jouant du mirliton, qui est un instrument à la portée de tout le monde.

Léonce tenait la partie de violoncelle.

Tayau exécutait des variations excentriques sur le violon.

Mlle Maréchal jouait du piano.

Guyot du cornet à piston.

Et Désiré soufflait dans un basson ; or, cet instrument lui fut jadis familier, et la façon dont il en jouait lui valu même un prix au Conservatoire. La première fois que Désiré voulut faire profiter le public de son talent ce fut un jour de grande revue, comme musicien de la garde nationale. — Le moment est venu de faire honneur au Conservatoire, et Désiré attaque avec conviction un solo pathétique... Mais — « Oh ! la, la ! » — notre virtuose avait voulu faire petit pied, et les bottes trop exiguës qu'il avait chaussées lui causèrent une douleur telle que le solo en prit une teinte mélancolique ; jamais, de mémoire de basson, notes plus plaintives ne s'étaient fait entendre. L'assistance, émue, pleurait comme au quatrième acte de la Reine Margot, quand Lamole et Coconas endurent le supplice du brodequin. Désiré, lui, était pressé d'en finir, et le chef de musique avait toutes les peines du monde à l'empêcher d'accélérer la mesure ; en pareil cas, les adagio deviennent facilement des presto vivace.

Arrivé à la fin du morceau, — tout passe en ce monde ! — le malheureux supplicié s'empressa de quitter les rangs pour aller... se mettre à son aise, et il dut rentrer chez lui son instrument sous un bras et ses bottes sous l'autre. L'aventure fit quelque bruit.

Mais nous voilà loin des Bouffes ; empressons-nous d'y rentrer pour écouter le festival des Petits prodiges.

Le thème donné était celui du Carnaval de Venise dont on se renvoyait les variations burlesques entremêlées de reprises par le chœur des mirlitons. Puis venait la Basse-cour grande valse imitative avec aboiements, miaulements, et cris d'oiseaux effarouchés.

Le concert fini, Léonce tirait gravement un bouquet de sa poche, le jetait en l'air, le recevait et saluait le public. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

PETITS VIOLONS DU ROI (LES)

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et Henri Boisseaux, musique de M. Deffès, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 30 septembre 1859.

 

« L'action se passe en 1654, peu après la majorité de Louis XIV. Lully est le héros de la pièce, et quelques-uns des morceaux qui lui sont attribués défrayent la partition, fort habilement écrite par M. Deffès, et bien interprétée par Mlle Girard. On a remarqué le God save the king, ingénieusement arrangé. Cet ouvrage a eu vingt-huit représentations. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« On y voyait pendant trois actes Lully en marmiton, sous les traits de Mlle Girard. Pièce mal cuisinée, pleine d'invraisemblances et faite de scènes accommodées en ratatouille sans sel, ni piment. L'agréable musique de M. Deffès était un dédommagement, sinon une compensation suffisante à la débilité du livret. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PÉTRARQUE ou LAURE ET PÉTRARQUE

 

Pastorale lyrique en un acte, paroles de Moline, musique de Candeille, représentée à l'Opéra le 2 juillet 1780. Les caractères de Pétrarque et de Laure sont entièrement travestis dans cet ouvrage, qui n'eut d'ailleurs aucun succès. Le principal titre à la renommée de Candeille est son opéra de Castor et Pollux, refait sur celui de Rameau, et dans lequel on remarque quelques bons morceaux.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PÉTRARQUE

 

Opéra en quatre actes, livret de J. Dharmenon, musique de Hippolyte Duprat, représenté au Grand-Théâtre de Marseille le 19 avril 1873. Il est difficile de comprendra qu'on ait eu la pensée de violenter aussi bien l'histoire que la légende dans un pays si voisin des lieux habités par Pétrarque et par Laure. Dans la pièce, la princesse romaine Albani dispute à Laure le cœur du poète et, désespérant de l'emporter sur sa rivale, fait empoisonner celle-ci et se donne ensuite la mort dans l'église où Pétrarque pleure sur le cercueil de son amante. Les morceaux les plus remarqués ont été, dans le premier acte, la romance : La colombe craintive, au deuxième, un chœur de jeunes filles : Jour des Rameaux, et le duo : Tout me sourit dans ce vallon ; au quatrième, le Requiem et une romance de ténor. Les auteurs n'ont pas négligé l'occasion d'une belle mise en scène et ont placé au troisième acte le triomphe de Pétrarque au Capitole. Ecrit dans le style italien, cet ouvrage n'en est pas moins intéressant, et il renferme plusieurs morceaux d'une belle inspiration, parmi lesquels on peut citer la scène dans laquelle Colonna invite Pétrarque à retourner en Italie ; pendant le duo qu'ils chantent, on entend une jolie barcarolle, et on voit Laure passer dans le lointain. Distribution : Pétrarque, Delabranche ; Laure, Mlle Arnaud ; princesse Albani, Mlle Lebel ; Dermond, Horeb. Cet opéra a obtenu un chaleureux succès.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

Sous la forme d’opéra en cinq actes et six tableaux, sur un livret de MM. Hippolyte Duprat et J. Dharmenon, il fut représenté pour la première fois à Paris le 11 février 1880, au théâtre de l'Opéra-Populaire. Le public parisien, subissant l'influence des sectaires de la mélopée infinie et indéfinie, s'est montré de parti pris intolérant envers cet ouvrage conçu dans la forme des opéras italiens de Donizetti et de Mercadante. On ne saurait nier qu'il y ait des réminiscences dans cet opéra de Pétrarque ; mais il renferme de fort beaux fragments d'une inspiration réelle : tels sont le second duo du troisième acte, la romance de Pétrarque en présence de la tombe de Laure, et, dans un tout autre genre, la farandole, dont la mélodie est aussi franche que l'effet scénique en est charmant. La longueur démesurée de la partition a nui certainement à l'effet de la représentation à Paris. On l'a allégée un peu ; mais pour sauver le navire, on ne doit pas hésiter à jeter par-dessus le bord les fardeaux les plus pesants. Ce n'est pas à l'égard du compositeur que la critique pouvait se montrer aussi sévère, mais bien envers les librettistes qui ont altéré, en le vulgarisant, cet amour platonique dont les grands poètes seuls sont susceptibles, qui leur fait tant d'honneur et qui entoure d'une chaste auréole le front de celles qui ont su l'inspirer.

Il me semble qu'il n'était pas nécessaire, pour exciter l'intérêt, de transformer en une maîtresse ordinaire la belle Laure de Noves, cette vertueuse mère de famille, crebris partubus fessa, a dit d'elle Pétrarque lui-même. Les auteurs se sont ainsi privés de l'élément qui donne le plus de force à une œuvre lyrique ou dramatique, le caractère. Sans le caractère spécial de cette passion, Pétrarque n'aurait pas consacré à l'immortalité de Laure ses 318 sonnets et 88 canzone. Ces relations platoniques ne se sont jamais démenties et on en trouve encore la marque dans le dernier poème que lui inspira son tombeau et qui commence ainsi :

 

Qui riposan quei caste et felici ossa

Di quell' alma gentile et sola in terra.

 

L'opéra de Pétrarque a été chanté à Paris par MM. Warot, Plançon, Doyen ; Mmes Perlani et Jouanny.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

PEUR DU GENDARME (LA)

 

Vaudeville-opérette en trois actes, paroles de Paul Ferrier, musique de J. Darien, représenté aux Bouffes-Parisiens le 21 février 1887.

 

 

PHAEDRE

 

[Fedra]

Tragédie lyrique en trois actes, livret de Gabriele d'Annunzio, musique d’Ildebrando Pizzetti (composé entre 1909 et 1912).

 

Créé à Milan, Théâtre de la Scala, le 20 mars 1915 par Mmes Salomea KRUCENISKI (Phaedre), CESARI (Astimone), Fanny ANITÚA (Aethéa), MM. GRANDINI (Thésée), Edoardo DE GIOVANNI (Hippolyte), Giulio CIRINO (Eurythos) sous la direction de Gino MARINUZZI.

 

Première fois à Paris, au Palais Garnier, le 07 juin 1923, la tragédie de Gabriele d'Annunzio, traduite en français par A. Doderet, avec une musique de scène empruntée à l’œuvre lyrique de Pizzetti, mise en scène d’Armand Bour, décors et costumes de Léon Bakst.

Mmes Ida RUBINSTEIN (Phaedre), S. DESPRES (Astymone), M. MORENO (Aethéa), M. BERRY (Gorga), SYLVIE (Hipponoé), GREYVAL (Eunone).

MM. DESJARDINS (Thésée), YONNEL (Hippolyte), CAPELLANI (Eurythos), CHAMBREUIL (le Prêtre).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT.

 

5 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

PHAÉTON

 

Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes, livret de Philippe Quinault, musique de Jean-Baptiste Lully, représentée à Versailles, théâtre de la Cour, le 6 janvier 1683 et par l'Académie royale de musique le 27 avril de la même année. Cet ouvrage a obtenu un immense succès. La magnificence du spectacle, sans doute, lui a fait donner le nom d'opéra du peuple. Il renferme cependant des beautés d'un ordre très élevé et d'un sentiment exquis. Le prologue n'offre en scène que deux personnages, Saturne et Astrée, avec le chœur. Il a pour sujet : Le retour de l'âge d'or, et pour objet principal, l'éloge de Louis XIV. La pièce offre une grande variété d'effets, de machines et de métamorphoses. Protée se transforme successivement en lion, en arbre, en monstre marin, en fontaine et en flamme. Le temple d'Isis, le palais du Soleil, la course de Phaéton et sa chute, ont fourni l'occasion d'un grand spectacle que les témoignages contemporains s'accordent à considérer comme extraordinaire. Nous citerons pour la musique l'air charmant qui ouvre le premier acte et qui est chanté par Libie : Heureuse une âme indifférente, et toute la scène deuxième entre Théone et Libie : Je ne vous croyais pas dans un lieu solitaire, qui est d'une noblesse soutenue et d'une grande délicatesse d'expression ; la scène d'Epaphus et de Libie, qui se termine par le petit duo :

 

Que mon sort serait doux

Si je vivais pour vous !

 

Le chœur des heures : Dans ce palais, bravez l'envie, et l'air d'Epaphus : Dieu qui vous déclarez mon père ; l'air de Triton : Que Protée avec nous partage et Le plaisir est nécessaire ; le duo intéressant entre Epaphus et Libie : Hélas ! une chaîne si belle ; l'air pour soprano, dans le cinquième acte, chanté par une bergère égyptienne : Ce beau jour ne permet qu'à l'aurore. C'est surtout par la combinaison variée des rythmes, par la belle déclamation des récitatifs et la parfaite intelligence du poème que les partitions de Lulli se recommandent à l'attention. Celle de Phaéton est une des plus riches et des plus variées. Cet ouvrage obtint sept reprises jusqu'en 1742, et il a eu successivement pour principaux interprètes : Chopelet, Dun, Thévenard, Cochereau, Murayre, Tribou, Chassé, Jélyotte ; et Mmes Moreau, Desmâtins, Maupin, Tulou, Antier, Lambert, Le Maure, Eremans, Dominique.

Romagnesi et Riccoboni, les impresarii des théâtres de la foire, firent de Phaéton des parodies fort amusantes, parmi lesquelles on peut citer celle intitulée : le Cocher maladroit.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHANOR ET ANGELA

 

Opéra en trois actes, paroles de Faur, musique de Persuis, représenté à Feydeau en juillet 1798.

 

 

PHAON

 

Opéra en deux actes, livret de Claude-Henri Watelet, musique de Niccolo Piccinni. Création à Choisy, Théâtre de la Cour, en septembre 1778. Le succès obtenu par l'opéra de Roland aurait dû faire ouvrir les portes de l'Académie royale de musique à ce gracieux ouvrage. Il n'en fut rien. Piccinni était protégé par la reine. Les vieilles et sottes rancunes des partisans du coin du roi suscitèrent au compositeur bien d'autres entraves.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHARAMOND

 

Drame en cinq actes avec chœurs et chants, musique de Glachant, représenté au théâtre du Délassement-Comique en 1790. L'auteur remplissait à ce théâtre les fonctions de chef d'orchestre.

 

 

PHARAMOND

 

Opéra en trois actes, livret de François Ancelot, Pierre-François-Félix Guiraud et Alexandre Soumet, musique de Henri Montan Berton, Rodolphe Kreutzer et Boieldieu. Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 10 juin 1825. Ballets de Pierre Gardel. Décors de Charles Ciceri. Costumes d'Hippolyte Lecomte.

 

« Pharamond, chef des Francs, s'est allié avec les Gaulois pour chasser les Romains ; mais Clodion, son fils, épris de Phédora, fille d'Orovèze, qui veut la consacrer au service des dieux, s'oppose a ce sacrifice, ce qui amène la désunion entre les deux peuples. Tout à coup on annonce l'approche des Romains. Gaulois et Francs ne songent plus qu'à repousser l'ennemi commun. Orovèze seul, pour se venger, veut livrer sa patrie et faire périr l'amant de sa fille. Pharamond, vainqueur, pardonne au coupable, qui consent enfin à l'hymen qui doit cimenter l'union des deux peuples. Le charme des ballets, la pompe du spectacle, la magnificence des costumes et des décorations, ont rendu cet ouvrage digne de son objet. Succès. »

[Almanach des spectacles, 1826]

 

« C'est un opéra de circonstance dans lequel les collaborateurs ont trop compté les uns sur les autres. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHARAONS (LES)

 

Grand opéra en quatre actes et cinq tableaux, livret de Ferdinand Dugué et Charles Grandmougin, musique de Charles Grelinger, représenté au théâtre municipal de Reims le 7 décembre 1899.

 

 

PHÈDRE

 

Tragédie lyrique en trois actes, livret de François Hoffman, musique de Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Première représentation à Fontainebleau, devant la cour, le 26 octobre 1786, puis à l'Opéra (salle de la Porte-Saint-Martin) le 21 novembre 1786 avec Mme Saint-Huberty, sous la direction de Jean-Baptiste Rey.

 

 

PHILADELPHIE

 

Opéra en un acte, musique de Beaulieu, écrit en 1855. M. Beaulieu est plutôt connu par son dévouement à l'art et par ses fondations généreuses que par ses compositions.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHILANTHROPE (LE) ou L'AMI DE TOUT LE MONDE

 

Comédie en trois actes, en prose, avec un divertissement, paroles de Legrand, musique de Quinault, représentée aux Français le 17 février 1724.

 

 

PHILÉMON ET BAUCIS

 

Ballet héroïque en un acte, livret de Chabanon de Maugris, musique de Gossec. Création au Théâtre de l'Opéra le 26 septembre 1775, à la suite d’Alexis et Daphné, pastorale en un acte, des mêmes auteurs. M. Chabanon de Maugris est le frère du littérateur distingué de ce nom, auteur de plusieurs ouvrages intéressants sur la musique, et membre de l'Académie française et de celle des Inscriptions. La France comptait un bon compositeur de plus. Quoique originaire du Hainaut, Gossec parcourut toute sa carrière musicale dans notre pays.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHILÉMON ET BAUCIS

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Michel Carré et Jules Barbier, musique de Charles Gounod.

 

Créé durant l’été 1859 au théâtre de Baden-Baden dans une version en un acte.

 

Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 18 février 1860 dans une version en trois actes, avec Mme MIOLAN-CARVALHO (Baucis), Mlle SAX (une Bacchante), MM. FROMANT (Philémon), Charles BATTAILLE (Jupiter) et BALANQUÉ (Vulcain), sous la direction d’Adolphe DELOFFRE.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 21 mars 1862 avec Mme Miolan-Carvalho (Baucis), MM. Jourdan (Philémon), Bonnefoy (Jupiter), Ismaël (Vulcain).

 

Première à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 16 mai 1876, dans la version définitive en deux actes.

Mme Marguerite CHAPUY (Baucis).

MM. NICOT (Philémon), BOUHY (Jupiter), Alfred GIRAUDET (Vulcain).

Chef d'orchestre : Charles CONSTANTIN.

 

 

1884-1885

Opéra-Comique

(100e)

30.09.1900

Opéra-Comique

(203e)

27.09.1908

Opéra-Comique

(215e)

07.12.1939

Opéra-Comique

(230e)

Baucis

MERGUILLIER

CHAMBELLAN

L. KORSOFF

TURBA-RABIER

 

 

 

 

 

Philémon

BERTIN

CAZENEUVE

CAZENEUVE

M. ALTERY

Jupiter

TASKIN

ROTHIER

GHASNES

L. GUENOT

Vulcain

BELHOMME

BELHOMME

BELHOMME

BALDOUS

Chef d’orchestre

J. DANBÉ

GIANNINI

E. PICHERAN

DESORMIÈRE

 

240 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, dont 38 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950.

 

Représenté au Trianon-Lyrique, le 13 novembre 1931.

 

« Composé d'abord pour le théâtre de Bade, et en un acte seulement, cet ouvrage a perdu à l'agrandissement du cadre. Il appartient à un genre indéfinissable, moitié mythologique et sentimental, moitié bouffon. Dans l'introduction instrumentale, on remarque un gracieux motif exécuté sur le hautbois et repris par les instruments à cordes. M. Gounod a employé le piano avec l'orchestre pour accompagner un des chœurs de sa partition, et l'effet cherché a été obtenu. Nous rappellerons l'orage symphonique bien traité, quoique le compositeur y ait employé des moyens extra musicaux, l'air de ballet du second acte, l'air : O riante nature du troisième, ainsi que le duo entre Jupiter et Baucis : Ne crains pas que j'oublie, qui renferme des phrases charmantes. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Imitation languissante et froidement accueillie du plus chaste des contes de La Fontaine. Au deuxième acte, scène d'orgie reproduisant le tableau des « Romains de la décadence », de M. Couture. Reprise en deux actes à l'Opéra-Comique, avec Nicot et Mlle Chapuy (mai 1876). — Il existe un opéra en un acte sur le même sujet, paroles de Malézieu, musique de Mathan, qui a été joué à Sceaux, en 1703, devant la duchesse du Maine. Gossec a écrit aussi un ballet de Philémon et Baucis qui a été dansé à l'Opéra, en 1775. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

PHILIPPE ET GEORGETTE

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jacques-Marie Boutet de Monvel, musique de Nicolas Dalayrac. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 28 décembre 1791. Le livret est amusant. Il s'agit d'un pauvre soldat suisse qui a eu la fantaisie de passer la frontière en temps de guerre pour voir une jeune fille qu'il aime, et qui est poursuivi de maison en maison, traqué et sur le point d'être fusillé. La jeune Française cache son amant pendant plusieurs jours dans un cabinet noir, sous une table, dans une caisse, où elle peut, et finalement, après les embarras les plus émouvants et les complications les moins rassurantes, la grâce du malheureux Suisse est accordée, et les parents de la jeune fille souscrivent à leur union. La naïveté de la mélodie, la simplicité de la musique de Dalayrac désarment la critique. L'ouverture est le meilleur morceau de l'ouvrage. Plusieurs airs ont été populaires, notamment les chansons de Bonnefoi, dont la première se termine par ces mots :

 

Mais on aime ce qu'on n'a pas,

Et ce qu'on a cesse de plaire.

 

Nous signalerons aussi l'air de M. Martin, pour basse-taille : Oui, je vois, j'entende fort bien.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHILIPPINE

 

Opérette en trois actes et six tableaux, livret de Jean Limozin, musique de Marcel Delannoy. Création à la Comédie des Champs-Elysées le 21 octobre 1937 avec Mlle Agnès Capei, MM. Urban, Cuénod, Yvon Le Marc-Hadour et Eric Reine.

 

"Sur un livret assez pauvre, le musicien a écrit une partition curieuse par le mélange des tons où elle se complait et qui ne craint pas d'associer parfois les sonorités du jazz aux subtilités de Debussy." (Larousse Mensuel Illustré, 1937)

 

 

PHILOCLÈS

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Justin Gensoul, musique de Victor Dourlen. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 octobre 1806.

 

 

PHILOCTÈTE

 

Tragédie en trois actes, imitée de Sophocle par Pierre Quillard, avec musique d’Arthur Coquard, représentée à l'Odéon le 19 novembre 1896.

 

 

PHILOMÈLE

 

Tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Roy, musique de La Coste, représentée par l'Académie royale de musique le 20 octobre 1705. Distribution des personnages principaux : Térée, M. Thévenard ; Progné, Mlle Journet ; Philomèle : Mlle Desmâtins ; Athamas, M. Cochereau ; Minerve, Mlle Loignon. Lors de la quatrième reprise de cet ouvrage, qui eut lieu en 1734, Thévenard fut remplacé par Chassé. Mlles Le Maure et Antier chantèrent les rôles de Philomèle et de Progné. Jélyotte, qui devait bientôt briller au premier rang, parut dans deux rôles secondaires de Génie et de matelot.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHILOMÈLE

 

Opéra-ballet, musique de Batistin (Struck), représenté à Versailles vers 1716.

 

 

PHILOMÈLE ET THÉRÉE

 

Pantomime dialoguée en trois actes, de Corsse, musique de Quaisin et Quinebaud, représentée à l'Ambigu-Comique le 17 décembre 1800.

 

 

PHILOSOPHE EN VOYAGE (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Paul de Kock, musique de Frédéric Kreubé et Louis-Barthélemy Pradher. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 16 août 1821, avec Marie Julie Boulanger.

 

« Sujet un peu usé ; mais toujours heureux au théâtre. Succès. »

[Almanach des spectacles, 1822]

 

 

PHILOSOPHE PRÉTENDU (LE)

 

Comédie mêlée de chants en trois actes, livret de Desfontaines, musique anonyme. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 06 octobre 1762.

 

 

PHILTRE (LE)

 

Opéra en deux actes, livret d’Eugène Scribe, musique d’Esprit Auber, création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 20 juin 1831. Décors de Charles Ciceri. Le sujet du livret a été traité plusieurs fois et a fourni à Donizetti l'occasion d'écrire une charmante partition : l'Elisire d'amore. Guillaume obtient d'un charlatan un philtre qui doit le faire aimer de Thérésine ; en possession de cette liqueur précieuse, il dédaigne d'abord la jeune fermière, et se ravise ensuite. C'est un canevas fort léger et qui n'offre guère de situations dignes de notre grande scène lyrique. Le déploiement des chœurs de l'Opéra, la solennité de l'orchestre n'ont pas de raison d'être pour un si mince intérêt. Quant à la musique écrite par le maître français, elle porte l'empreinte des qualités qui le distinguent. Les mélodies ont de la grâce, de la franchise. Nous signalerons l'air : Je suis sergent, brave et galant, écrit pour Dabadie ; l'air de Fontanarose : Vous me connaissez tous, chanté par Levasseur ; la barcarolle à deux voix : Je suis riche, vous êtes belle, d'une facture gracieuse et originale ; et le morceau d'ensemble du second acte, où les villageoises pressent Guillaume de danser avec elles. Nourrit a joué, avec un naturel parfait, le rôle du villageois naïf. Mlle Dorus et Mme Damoreau ont chanté tour à tour, avec succès, celui de Thérésine. Les décors, de Ciceri, furent très appréciés. Cet ouvrage transporté à l'Opéra-Comique y fournirait encore une longue carrière.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

PHI-PHI

 

Opérette en trois actes, livret d’Albert Willemetz et Fabien Solar, musique d’Henri Christiné.

 

Création à Paris, Bouffes-Parisiens, le 12 novembre 1918, avec Alice Cocéa (Aspasie) et Urban (Phi-Phi), sous la direction de Jules Berny.

Reprise le 05 septembre 1933 avec Mmes Grégory (Aspasie), R. Paris (Mme Phidias) ; MM. Urban (Phidias), Dréan (Le Pirée), Nelson (le Prince), Hennecy (Périclès).

 

 

PHŒDÉ

 

Opéra-comique en un acte, livret et musique d’Oscar Stoumon, représenté au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 19 janvier 1860 avec Mme Dupuy (Phœdé), MM. Ferdinand Cœuilte (Luizzi), Mengal.

 

 

PHOQUE À VENTRE BLANC (LE)

 

Parade musicale en un acte, livret de William Busnach, musique de Georges Douay, représentée au concert de l'Alcazar le 17 juillet 1871.

 

 

PHOTIS

 

Comédie lyrique en trois actes, poème de Louis Gallet, musique d’Edmond Audran, représentée sur le Grand-Théâtre de Genève en février 1896. Interprètes : Mme Julia Lucas, Mlle Dulac, MM. Mickaehly, La Taste, Emery et Guérin.

 

 

PHROSINE ET MÉLIDOR

 

Opéra en trois actes, d'Arnault père, musique de Méhul, représenté à l'Opéra-Comique le 04 mai 1794.

 

 

PHRYNÉ

 

Opéra-comique en deux actes, en vers libres, livret de Lucien Augé de Lassus, musique de Camille Saint-Saëns (composé en 1892-1893).

 

Création à l'Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 24 mai 1893, mise en scène de Léon Carvalho, décors d’Auguste Rubé et Philippe Chaperon, costumes de Théophile Thomas.

Mmes Sibyl SANDERSON (Phryné), BUHL (Lampito).

MM. Lucien FUGÈRE (Dicéphile), Edmond CLÉMENT (Nicias), Jean PÉRIER (Arogagine), BARNOLT (Cynalopex), LONATI (un Hérault).

Chef d'orchestre : Jules DANBÉ.

 

 

11.06.1901

Opéra-Comique

(89e)

13.01.1910

Opéra-Comique

(100e)

12.04.1916

Opéra-Comique

(110e)

10.10.1935

Opéra-Comique

(117e)

Phryné

SANDERSON

NICOT-VAUCHELET

M. DORSKA

GRANDVAL

Lampito

DE CRAPONNE

HERLEROY

Y. BROTHIER

Ch. GAUDEL

 

 

 

 

 

Dicéphile

L. FUGÈRE

A. ALLARD