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ŒUVRES LYRIQUES FRANÇAISES

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J

JE - JEH - JO - JOU

 

 

J'AI PRIS LA BASTILLE !

 

Opéra-comique en un acte, livret de Lucien Augé de Lassus, musique d’Auzende, représenté au théâtre de la galerie Vivienne le 29 mars 1897.

 

 

JACQUELINE ou LA FILLE DU SOLDAT

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Scribe, Léon Battu et Edouard Fournier, musique du comte d'Osmond et Jules Costé. Création au Théâtre-Italien le 15 mai 1855. Première à l'Opéra-Comique le 08 juin 1855. => détails

 

 

JACQUELINE

 

Opérette en un acte, livret de Pol d’Arcy [Ludovic Halévy et Hector Crémieux], musique d’Alfred Lange [Jacques Offenbach], représentée aux Bouffes-Parisiens le 14 octobre 1862.

 

 

JACQUERIE (LA)

 

Drame lyrique en deux actes et quatre tableaux, livret de Ferdinand Langlé et Alboize, musique de Mainzer, représenté sur le théâtre de la Renaissance le 10 octobre 1839. Le livret répond mal historiquement à son titre. Un baron veut exercer le prétendu droit du seigneur sur ses terres. Charles V fait justice de sa tyrannie, et le seigneur, forcé de fléchir le genou devant le roi de France, succombe à son désespoir. Le musicien, qui s'est fait connaître plutôt comme professeur de chant populaire que comme compositeur, a cherché à donner à son ouvrage des formes archaïques et, comme on dit, une couleur moyen âge. On a remarqué de beaux chœurs dans le premier acte, surtout celui dans lequel les serfs révoltés jurent sur l'Evangile de s'affranchir de leur honteuse sujétion. Nous signalerons encore, au quatrième tableau, un air assez bien fait de soprano, chanté par Mlle Clary. Le refrain du roi Charles V, écrit dans la tonalité du plain-chant, ne manque pas d'originalité :

 

Capitaine d'aventure,

Pour manoir, j'ai mon armure.

Mon pays est en tout lieu,

Et j'avise

Pour devise

A la grâce de Dieu.

 

Hurtaux s'est distingué comme chanteur et comme acteur dans le rôle du seigneur félon.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JACQUERIE (LA)

 

Grand opéra en trois actes, musique de Salvatore Agnelli, représenté sur le Grand-Théâtre de Marseille le 22 avril 1849.

 

 

JACQUERIE (LA)

 

Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux, livret d’Edouard Blau et Simone Arnaud, musique d’Edouard Lalo, terminée par Arthur Coquard.

 

Création à l’Opéra de Monte-Carlo le 09 mars 1895, avec Mmes Blanche Deschamps-Jehin (Jeanne), Loventz (Blanche de Sainte-Croix), MM. Henri Jérôme (Robert), Bouvet (Guillaume), Ughetto (le Comte de Sainte-Croix), Declauzens (le Baron de Savigny), Lafon (le Sénéchal), sous la direction de Léon Jehin.

 

Première à l’Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 23 décembre 1895, avec Mmes Marie Delna (Jeanne), Kerloerd (Blanche de Sainte-Croix), MM. Henri Jérôme (Robert), Bouvet (Guillaume), H. Devriès (le Comte de Sainte-Croix), Dufour (le Baron de Savigny), Belhomme (le Sénéchal), sous la direction de Jules Danbé.

 

« Peu d'années avant de mourir, Lalo avait commencé la composition de cet ouvrage ; mais la maladie vint bientôt le frapper, et il ne put en écrire et en achever que le premier acte ; M. Coquard fut chargé de terminer la partition, et il le fit de la façon la plus heureuse, car la critique fut unanime à constater qu'il n’était pas resté au-dessous du grand artiste dont il se trouvait le collaborateur et que la tâche qu'il avait assumée lui faisait le plus grand honneur. La Jacquerie a obtenu un succès de très bon aloi. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JACQUES (LES)

 

Drame lyrique en cinq actes, poème de M. Mélandri, musique de M. Sinsoilliez, représenté au théâtre municipal de Lille le 10 novembre 1887.

 

 

JACQUES CLÉMENT

 

Grand opéra en quatre actes, livret de L. de Garat, H. Sauvage et A. Larsonneur, musique de Raphaël Grisy, représenté au Grand-Théâtre de Genève le 16 décembre 1886.

 

« Ouvrage important et qui décelait chez le compositeur sinon une grande originalité, du moins une inspiration élevée, une instruction musicale solide et une rare sûreté de main. Les morceaux qui ont produit le plus grand effet sont le finale du premier acte, au second la scène de la malédiction, le trio et le quintette ; le troisième acte est, dans son ensemble, le meilleur de l'œuvre, dont les chœurs surtout et les airs de ballet sont bien venus. On sent que le musicien s'est inspiré particulièrement de la manière de Meyerbeer et de celle de Verdi. Les rôles de Jacques Clément étaient tenus par Mmes Pitteri et Dargy, MM. Fronty, Larrivé, Saint-Jean, Quirot et Gense. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JACQUES RIGAUD

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Dumaniant, musique de Foignet père, représenté en 1800 au théâtre Montansier. Le principal rôle féminin de ce petit ouvrage était tenu par une actrice charmante, Mlle Caroline, qui mourut à la fleur de l'âge, ayant déjà conquis une véritable renommée.

 

 

JACQUES VAN ARTEVELDE

 

Opéra en cinq actes, paroles de Van Peene, musique de M. Bovery, représenté à Bruxelles le 27 décembre 1846, et sur le théâtre de Gand la même année. Les personnages de cet opéra national étaient : Van Artevelde, Sohier le Courtraisien, Louis de Nevers, Christine de Baronaige, épouse de Van Artevelde. On ne négligea rien pour donner à cet ouvrage toute l'importance que réclamaient les souvenirs historiques qu'il devait évoquer.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JACQUOT ou L'ÉCOLE DES MÈRES

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jean-Baptiste-Denis Desprez et Claude-Joseph Rouget de Lisle, musique de Domenico Della Maria. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 28 mai 1798.

 

 

JADIS ET AUJOURD'HUI

 

Opéra-comique en un acte, livret de Sewrin, musique de Rodolphe Kreutzer. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 29 octobre 1808.

 

 

JAGUARITA L'INDIENNE

 

Opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, musique de Fromental Halévy.

 

Personnages

Théâtre-Lyrique, 14 mai 1855

Hector Van Trump, major hollandais

MM. MEILLET

Maurice, capitaine hollandaise

MONJAUZE

Petermann, sergent

Charles Alexandre COLSON

Toby, intendant de la plantation de Palétuviers

Henri ADAM

Mama-Jumbo, boucanier

François Marcel JUNCA

Jaguarita, jeune Indienne, reine de la tribu des Anakotaws

Mmes Marie CABEL

Eva, jeune Créole, maîtresse de la plantation

GARNIER

Officiers et Soldats hollandais, Colons, Planteurs, Indiens et Indiennes

 

Chef d’orchestre

Adolphe DELOFFRE

 

La scène se déroule en Guyane hollandaise, près de Surinam, en 1772, pendant la guerre que les Hollandais firent aux tribus des Peaux-rouges insurgées.

 

Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 14 mai 1855.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 06 février 1856 ; repris le 24 mars 1856 pour inaugurer la nouvelle salle.

 

Première à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 10 mai 1869.

 

« La donnée de la pièce aurait pu être plus vraisemblable, partant plus sympathique et plus favorable aux qualités particulières au compositeur, c'est-à-dire à la profondeur du sentiment et à la vérité de l'expression. Telle qu'elle est, on s'y intéresse, et le dialogue offre des mots heureux. Jaguarita est la jeune reine des Anacotas, avec qui les Hollandais sont en guerre. Elle les hait donc, et elle est entretenue dans sa férocité naturelle par une sorte d'anthropophage appelé Mama-Jumbo. Mais le jeune officier Maurice a dompté ce cœur de tigresse, et malgré Mama-Jumbo, ses serments, les apprêts de son supplice, elle parvient à épouser l'officier hollandais. Il y a dans la pièce un personnage fort plaisant. C'est le major Van Trump, gourmand, poltron, et qui, malgré sa couardise, passe pour un héros. Se cache-t-il dans les roseaux, son pistolet part et la balle va frapper le chef des ennemis, le terrible Zam-Zam. Plus tard, sous l'influence d'un coup de soleil qui lui donne le delirium tremens, il se jette au milieu des Peaux-Rouges, fait des prodiges de valeur et est ramené en triomphe. Ce caractère, ou plutôt ce personnage, est bien imaginé. La partition doit être placée au premier rang parmi celles que M. Halévy a composées pour des opéras-comiques. Invention, interprétation consciencieuse et élégante du poème, harmonie originale et neuve, instrumentation riche et variée, l'opéra de Jaguarita offre toutes ces qualités au plus haut degré. La première partie de l'ouverture est formée d'un andante d'une facture mélodique gracieuse et légère. Dans le premier acte, on remarque le chœur des Hollandais ; les couplets, d'une coupe originale, de Hector Van Trump : C'est un héros ; l'air de Jaguarita : Je suis la panthère, la reine des bois, et le chant du colibri, exécutés tous deux par Mme Cabel avec une voix ravissante et une facilité incomparable. La création de ce rôle est celle dont cette artiste peut à plus juste titre s'enorgueillir. Au second acte brille la grande scène avec chœurs de Jaguarita ; la romance de Maurice et le duo final, si poétique, produisent des impressions durables. Le troisième acte n'est pas moins fécond que les précédents. Le chœur des sauvages est sombre et violent. L'interrogatoire du dieu Bambouzi nous a semblé un peu puéril. La Chanson de mort, et surtout les strophes : A vous la guerre, chantées par Junca, sont empreintes d'une grandeur superbe. Ce Junca, par sa haute stature, ses traits mâles et accentués, sa voix grave et puissante, représentait à merveille Mama-Jumbo. Il est mort depuis. Meillet jouait très bien le rôle du major. Monjauze et Colson ont créé ceux de Maurice et de Peterman. Jaguarita l'Indienne est un de ces opéras que les musiciens entendent toujours avec plaisir. Le beau chœur : O nuit tutélaire, fait partie du répertoire des sociétés chorales, qui l'avaient adopté pour les concours qui ont eu lieu à la grande exposition de 1867, où, en ma qualité de membre du jury, il m'a été donné de l'entendre plus de cent fois dans une même journée. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JAHEL

 

Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux, livret de Simone Arnaud et Louis Gallet, musique d’Arthur Coquard, représenté à Rouen en 1899, puis au Grand-Théâtre de Lyon le 24 mars 1900. Simone Arnaud avait tiré le livret de cet ouvrage de son drame, les Fils de Jahel, joué avec succès à l'Odéon en 1886. Jahel, c'est l'histoire des Macchabées luttant pour affranchir la Judée de la domination d'Antiochus ; c'est aussi celle de Jahel, la mère des Macchabées, qui préféra voir ses sept fils mourir sous ses yeux plutôt que de leur conseiller de renier leur foi. La partition d’Arthur Coquard est une œuvre intéressante, dont le succès a été complet.

 

 

JALOUX CORRIGÉ (LE)

 

Opéra-bouffon en un acte, parodié sur plusieurs ariettes italiennes, livret de Collé, avec un vaudeville et un divertissement dont la musique est de Blavet, représenté à l'Académie royale de musique en 1753. La Tonelli, qui avait débuté le 01 août de l'année précédente dans la Serva padrona, se fit entendre aussi dans cet ouvrage.

 

 

JALOUX DE SOI

 

Opéra-comique en un acte, livret et musique d'Anaïs Marcelli (pseudonyme de la comtesse Perrière-Pilté), représenté au Théâtre-Lyrique (salle de l’Athénée) le 06 juin 1873, avec M. Bonnet, Mme Géraizer et Mlle Derasse.

 

 

JANIE

 

Idylle musicale en trois actes, livret de Philippe Godet, d’après une histoire de G. de Peyrebrune, musique de Jaques-Dalcroze.

 

Première représentation à Genève, Grand-Théâtre, le 13 mars 1894.

 

« C'est une œuvre indigène, les deux auteurs étant Suisses l'un et l'autre. Elle était jouée par Mlles Gisloni et Gastineau, MM. Audisio, Dechesne, Férand, Baudhuin et Van Leer. La partition de Janie a été publiée par l'éditeur Fritsch, à Leipzig. M. Jaques-Dalcroze, ancien élève de M. Massenet, est professeur d'harmonie et de composition au Conservatoire de Genève. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JANOT

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Charles Lecocq, représenté à la Renaissance le 22 janvier 1881. Ce Janot était surtout une sorte de lanterne magique destinée à faire connaître ou à rappeler au public le côté extérieur de l'époque de la Restauration : modes, costumes, etc., une espèce de restitution scénique d'un temps évanoui. Mais la mise en scène très curieuse de l'ouvrage ne suffisait pas à masquer le manque d'intérêt et le vide des situations, et le compositeur n'avait été que médiocrement inspiré par ce canevas sans consistance et sans solidité. Le succès fut négatif, en dépit du talent déployé par les interprètes, MM. Jolly, Vauthier, Lary, Jeannin, Mlles Jeanne Granier, Desclauzas et Mili-Meyer.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JAPONAISE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Grangé et Victor Bernard, musique d’Émile Jonas, représenté au théâtre An der Wien, à Vienne, en janvier 1874. Ce compositeur a écrit aussi la musique de pièces qui ne rentrent pas dans le plan de ce Dictionnaire des opéras, notamment celle la Chatte blanche, pour la reprise de cette féerie célèbre qui eut lieu en 1868, à la Gaîté.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

JARDIN (LE)

 

Opérette en un acte, paroles de Louis Ulbach, musique de M. de Koninck, jouée dans les salons en 1852.

 

 

JARDIN DU PARADIS (LE)

 

Conte lyrique en quatre actes et huit tableaux, livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, d'après Andersen, musique d’Alfred Bruneau.

 

Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier) le 29 octobre 1923, en présence de Monsieur le Président de la République — Mise en scène de Pierre CHEREAU — Décors et costumes de Drésa réalisés par MM. Mouveau et Muella.

Mmes Fanny HELDY (Arabella), GALL (la Fée), LAPEYRETTE (la Sorcière), MARILLIET (une Jeune Fille), DENYA (un Poète), REX (l'Elue), MOURGUES, CHOQUET, BIBELIN, DELMAS, JANIN, DUMAS, ROULIER, LAPIERRE, BILLARD, BONNEVILLE, COSSET, MARCHAND (les Suivantes de la Princesse).

MM. FRANZ (le Prince Assur), ROUARD (Eusèbe), FABERT (Mégélius), RAMBAUD (le Vent d'Est), A. HUBERTY (le Vent du Nord), NARÇON (le Vent du Sud), SORIA (le Vent d'Ouest), DUBOIS (le Héraut d'Armes), DALERANT (un Vieillard), REGIS (le Héraut du Paradis).

Danses réglées par Léo STAATS, dansées par Mlles LAMBALLE, LERVILLE, ROLA, BREVIER, MM. DENIZARD, PERETTI et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

Reprise à l’Opéra du 20 septembre 1926 (22e représentation). Distribution de la création, sauf : Mmes BERTHON (Arabella), HARAMBOURE (la Fée), MM. THILL (de Prince Assur), MAURAN (Eusèbe), ERNST (le Vent du Sud), MADLEN (le Héraut du Paradis). Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

27e à l’Opéra, le 24 novembre 1928, avec les interprètes de la reprise, mais sous la direction de Henri BÜSSER.

 

Autres interprètes au Palais Garnier :

La Fée : Mme BEAUJON (1924).

La Sorcière : Mmes GRYALIS (1923), MONTFORT (1925).

Le Prince Assur : M. LAFFITTE (1924).

Eusèbe : M. DUCLOS (1924).

 

27 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

JARDINIER DE SIDON (LE)

 

Comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, livret de Régnard de Pleinchêne, musique de Philidor. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 18 juillet 1768. Ce jardinier n'est autre qu'Abdolonyme, descendant des rois de Sidon, qu'Alexandre le Grand replaça sur le trône de ses ancêtres pour récompenser ses vertus. Dans la pièce, le héros macédonien est remplacé par un nommé Cliton, le Deus ex machina. Abdolonyme a une fille qui est aimée d'Agénor, fils d'un roi. Il y a entre ces personnages un combat mutuel de générosité. C'était un singulier livret pour la musique de Philidor qui, on le sait, était peu propre à interpréter les grands sentiments.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JARDINIER DE SIDON (LE)

 

Opéra-comique, musique de Légat de Furcy, écrit à la fin du XVIIIe siècle (inédit).

 

 

JARDINIER ET SON SEIGNEUR (LE)

 

Opéra-comique en un acte et en prose, livret de Michel-Jean Sedaine, d’après une fable de Jean de La Fontaine, musique de Philidor. Création à la Foire Saint-Germain le 18 février 1761. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 19 mars 1762. Cet ouvrage est un des meilleurs que le compositeur ait écrits. Il renferme un duo fort remarquable : Un maudit lièvre.

 

 

JARDINIER ET SON SEIGNEUR (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Michel Carré et Théodore Barrière, d’après une fable de Jean de La Fontaine, musique de Léo Delibes, représenté au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet) le 01 mai 1863, avec M. Gabriel, Mlle Faivre, sous la direction d’Adolphe Deloffre.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 23 octobre 1863 avec Mmes Faivre (Petit Pierre), Guille, Sané, MM. Aujac, Mengal, Dubouchet.

 

« C'est la jolie fable de La Fontaine qui a fait les frais du livret, sauf une petite intrigue d'amour villageois. La musique sent l'école d'Adolphe Adam : de la facilité, une bonne facture, peu de prétention à la distinction ; c'était d'ailleurs une qualité pour le sujet. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JARDINIER GALANT (LE)

 

Opéra-comique en deux actes et trois tableaux, livret d’Adolphe de Leuven et Paul Siraudin, musique de Ferdinand Poise. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 04 mars 1861. Le sujet de la pièce est une chanson satirique intitulée le Jardinier galant, et composée par Collé contre Mme de Pompadour. Le greffier Tiphaine est chargé d'en rechercher les exemplaires et l'auteur. Il avise un jardinier nommé Galant, et le fait arrêter, ce qui donne lieu à des situations burlesques. Les marchandes de fleurs prennent fait et cause pour le pauvre jardinier et font pleuvoir sur les soldats du guet tout le contenu de leurs éventaires, et même les petits livrets verts contenant la chanson. Collé les avait cachés dans une hotte et lui-même entonne le pamphlet à pleins poumons et sans grande bravoure, car il vient d'apprendre la disgrâce de la favorite. La musique est gracieuse et d'une facture facile. Le duo de Collé avec Mme Tiphaine : Allons, quittons nos grands airs, a été bien accueilli, ainsi que le chœur des marchandes. Il y a aussi une chanson dialoguée de Cadet et Babet, dont le tour gaulois a de l'intérêt. Interprètes : Crosti, Ambroise, Prilleux, Ponchard, Mlles Lemercier et Tual.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JARDINIER SUPPOSÉ (LE) ou L'AMANT DÉGUISÉ

 

Comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles ***, de musique de Philidor, représentée aux Italiens le 2 septembre 1769. Cette pièce avait déjà été jouée, le 7 juin 1756, sous le titre de l'Amant jardinier ou l'Amusement de la campagne. Des trois Jardiniers de Philidor, celui-ci est le moins intéressant.

 

 

JARDINIÈRE SUPPOSÉE (LA)

 

Opéra italien, musique d'Anfossi, représenté à l'Opéra le 12 novembre 1778.

 

 

JARDINIERS (LES)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Bertin Davesnes, musique de Prudent. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 15 juillet 1771.

 

 

JARDINIERS DE MONTREUIL (LES) ou LE TRÉBUCHET

 

Comédie en vaudevilles en un acte, livret de Chastenet de Puységur, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 11 juin 1782.

 

 

JARDINS D’ARMIDE (LES)

 

Scène lyrique couronnée au concours Rossini, poème d’Emile Moreau, musique d’Auguste Chapuis, exécutée dans la salle du Conservatoire le 29 avril 1888. Depuis plus de deux siècles, c'est-à-dire depuis l’Armide de Quinault et Lully, combien compte-t-on de poètes et de compositeurs qui se sont inspirés de l'épisode célèbre de la Gerusalemme liberata et qui doivent de la reconnaissance à l'immortel auteur de ce poème immortel ? Les vers de M. Emile Moreau ne valent assurément pas ceux du Tasse, mais la musique de M. Chapuis est loin d'être sans valeur. Toute la première partie surtout en est remarquable, et certaines scènes sont pleines de grâce, de couleur et de poésie. L'œuvre est jeune assurément et non point sans défauts, mais elle est intéressante et renferme aussi d'excellentes qualités. Elle était fort bien chantée par Mme Yveling Rambaud et Mlle Armand, MM. Lafarge, Ferran et Boulo.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JARRETIÈRE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Georges Maillard, musique de F. de Ménil, représenté au Théâtre-Lyrique de la Galerie Vivienne en décembre 1894.

 

 

JARRETIÈRE (LA)

 

Opérette en un acte, livret d’Albert Barré et Paul Bilhaud, musique d’Antoine Banès, représentée sur le théâtre de l'Eldorado le 29 avril 1897.

 

 

JASON ou LA TOISON D'OR

 

Tragédie lyrique en cinq actes avec prologue, paroles de Jean-Baptiste Rousseau, musique de Colasse, représentée à l'Opéra, le 17 janvier 1696. L'auteur des odes faisait bon marché de ses œuvres lyriques. Il disait en parlant de ces dernières : « Elles sont ma honte. Je ne savais point encore mon métier quand je me suis donné à ce pitoyable genre d'écrire. » Et il ajoutait que l'on pouvait bien faire un bon opéra, mais non pas un bon ouvrage d'un bon opéra ; pensée fausse, puisque une œuvre lyrique ne saurait être jugée à un point de vue exclusivement littéraire.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JAVOTTE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Alfred Thompson, musique d’Emile Jonas, représenté au Théâtre-Lyrique de l’Athénée le 22 décembre 1871. C'est une pièce anglaise jouée au Gaiety-Theater, de Londres, avec succès, sous le titre de Cinderella. Mais, au lieu des personnages de Cendrillon, dont le nom évoque les souvenirs de Bianchi, de Niccolo [Isouard], de Rossini, on a mis en scène une Javotte vulgaire, un grand shérif de Pumpernickel, un prince, les deux sœurs, et, à la place de Dandini, deux mauvais drôles de pickpockets. La musique est non seulement bien faite, mais toujours intéressante pour les oreilles des musiciens ; les idées sont élégamment présentées, l'instrumentation excellente. Il manque à tout cela l'originalité et la distinction. Le musicien a fait trop de concessions à ce public grossier, dépourvu de tout sens artistique, et qu'il n'est possible d'émouvoir que par un temps de valse, de polka ou de galop. Je signalerai l'air de Javotte, le chœur de la patrouille, un duo, une sérénade terminée par un trio, le duo en canon des pâtissiers, l'air de la coupe. Cet ouvrage a été chanté par Peters, Solon, Aujac, Audran, Mme Ugalde et Mlle Douan.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

JE VEUX MON PEIGNOIR !

 

Opérette en un acte, paroles de Georges Mancel, musique de Paul Lacôme, jouée à la Tertulia en mai 1872. Le titre et le lieu indiquent assez à quel ordre d'idées appartient cette production.

 

 

JE VOUS PRENDS SANS VERT

 

Comédie en un acte, ornée de chants et de danse (sic), paroles de Champmêlé, musique de Grandval, représentée aux Français le 1er mai 1693. Cette pièce est tirée du conte de La Fontaine intitulé le Contrat. On a cru que le fabuliste en était l'auteur, ce qui est douteux, puisque à cette époque il était malade et ne s'occupait plus que de sujets pieux. Il est peut-être utile de rappeler à quelques personnes le sens de cette phrase : Je vous prends sans vert. Autrefois, alors qu'on s'amusait sans prétention, on convenait, dans une société d'amis et de connaissances, de porter toujours sur soi une feuille de verdure qu'on était tenu de montrer à la première réquisition, lorsqu'on se rencontrait. On a vu quelquefois ce jeu institué dans toute la société d'une ville de province. Lorsqu'une personne était prise sans vert, elle payait une amende, et le montant de l'argent ainsi recueilli était employé au bout de l'année à organiser une fête, un bal, une partie de plaisir quelconque.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEAN-BAPTISTE

 

Opéra-comique en un acte, paroles et musique de Beffroy de Reigny, représenté au théâtre Feydeau le 01 juin 1798.

 

 

JEAN BART ET PATOULET

 

Opéra anecdotique en un acte, livret de François-Pierre-Auguste Léger, musique de Louis-Emmanuel Jadin. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 21 janvier 1804.

 

 

JEAN-BÊTE

 

« Comédie en prose en trois actes, avec ouverture nouvelle, ronde et vaudeville », paroles et musique du Cousin-Jacques (Beffroy de Reigny), représentée sur le théâtre des Grands-Danseurs du Roi (Nicolet) en juillet 1790. Cette pièce, reçue d'abord aux Variétés-Amusantes du Palais-Royal, puis au théâtre Montansier, et n'ayant pu, par suite de difficultés diverses, être jouée sur aucun des deux, fut portée par l'auteur au théâtre de Nicolet.

 

 

JEAN DE CALAIS

 

Mélodrame en trois actes, paroles de Caigniez, musique de Quaisain, représenté à l'Ambigu le 4 janvier 1810.

 

 

JEAN DE NIVELLE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Edmond Gondinet et Philippe Gille, musique de Léo Delibes.

 

Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 08 mars 1880, mise en scène de Charles Ponchard, décors d’Eugène Carpezat, Antoine et Jean-Baptiste Lavastre, costumes de Théophile Thomas.

Mlle Bilbaut-Vauchelet (Arlette), Mme Engally (Simonne), Mlle Mirane (Diane de Beautreillis), Mlle Dalbret (le page Isolin)

MM. Talazac (Jean de Nivelle), Taskin (le comte de Charolais), Maris (Saladin d'Anglure), Grivot (le sire de Malitorne), Gourdon (le baron de Beautreillis), Troy (un vieillard)

Chef d’orchestre : Jules Danbé.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 28 novembre 1882 avec Mmes Bégond (Arlette, rôle repris immédiatement après par Cécile Mézeray), Blanche Deschamps (Simone), Calvé, Lonati, MM. Rodier (Jean de Nivelles), Soulacroix (comte de Charolais), Guérin (le diplomate bouffon), Chappuis (le Bourguignon), Boussa.

 

Représenté à la Gaîté-Lyrique le 05 octobre 1908, avec Mme Nicot-Vauchelet dans le rôle d’Arlette créé par sa mère.

 

« Tout en voulant faire une œuvre sérieuse et artistique, les auteurs ont eu une idée singulière en choisissant le titre de la légende populaire et assez triviale de Jean de Nivelle « dont le chien s'enfuit quand on l'appelle », car le public ignore généralement que ce chien était Jean lui-même.

Un héros qui débute par trahir son maître n'a jamais passé pour intéressant ; entre tous les épisodes de l'histoire de France, la ligue du Bien public est le plus dénué d'intérêt et n'offre aucun incident romanesque, brillant ni généreux ; en outre, il n'y a pas de dénouement. Comment penser que l'histoire d'un homme traître à son pays, à son père, à son roi, pourrait exciter la sympathie d'un public français, toujours chevaleresque dans les choses du théâtre ? Jean, fils du duc de Montmorency, abandonna le drapeau de son père et s'enrôla avec les princes révoltés contre Louis XI sous la bannière du comte de Charolais, Charles le Téméraire, dont il devint et resta le chambellan. Ce triste personnage prit part à la bataille de Montlhéry, ce qui aurait pu procurer aux spectateurs de l'Opéra-Comique l'occasion de voir un fils assassiner son père.

L'ouvrage n'a pas d'ouverture ; il débute par un prélude dans lequel se trouve reproduite une des plus agréables phrases de l'opéra, celle du chœur des soldats qui ouvre le troisième acte. On remarque aussi dans cette pièce instrumentale des imitations affectées du plain-chant avec suppression de la note sensible qui, mêlées à des morceaux de la facture la plus moderne, sont loin de produire un bon effet. Lorsqu'on veut donner trop de couleur locale à un sujet historique, on échoue presque toujours. Il en résulte une sorte de réalisme apocryphe et contestable ; mieux vaut toujours idéaliser le sujet. Les grands maîtres dramatiques, Gluck, Meyerbeer, ont su donner une idée suffisante l'un du moyen âge dans Robert, de l'époque des Valois dans les Huguenots, l'autre de l'antiquité fabuleuse et grecque dans Orphée et dans les deux Iphigénie sans recourir à des pastiches. Il est vrai qu'il faut ne se fier qu'à son génie et s'imposer le devoir d'inventer. C'est une tout autre esthétique que celle qui semble prévaloir dans l'école dramatique contemporaine.

Le premier acte commence. Non seulement Jean s'enfuit à l'appel de son père, mais il s'enfuit même devant des bergères et des vigneronnes qui veulent le couronner roi des vendanges.

En effet, au lever du rideau, on voit un berger qui s'éloigne dédaigneusement ; c'est Jean lui même qu'appellent les vendangeuses :

 

La plaine, est tout ensoleillée,

Jean !

Viens avec nous sous la feuillée,

Jean !

Viens donc ; c'est l'heure du repos,

Sous les bois sont les doux propos,

L'amour y chante son poème,

Jean !

Doit-on jamais fuir qui nous aime ?

Jean !

 

Ces ménades bourguignonnes en sont pour leurs avances, un peu hardies, il me semble. Ce chœur de femmes est agréablement rythmé. Simonne entre en scène. C'est la tante d'Arlette, jeune fille qui va être l'objet des amours de Jean de Nivelle et jouer le rôle le plus important de la pièce. Cette Simonne a un fils nommé Thibaut qui a été mis en prison pour avoir volé un collier afin d'en faire don à sa cousine Arlette. Afin de délivrer son fils, elle veut se procurer de l'or en vendant des secrets, des philtres pour se faire aimer. Telle est l'intéressante famille au sein de laquelle les auditeurs de cet opéra vont passer leur soirée. Les vendangeuses sans vergogne s'empressent d'offrir à cette sorcière non pas seulement des fruits et des fleurs ; mais, qui le croirait, de l'argent, des croix, des colliers, des bijoux ! afin de se faire toutes aimer du beau berger. La légende de la mandragore est donc chantée par Simonne. Les propriétés que les anciens attribuaient à cette plante, depuis le savant grec Dioscoride jusqu’au célèbre médecin vénitien Mattheolus, ne sauraient être définies dans une œuvre lyrique ; mais ce n'était pas une raison pour imaginer un conte aussi puéril que celui de cette mandragore placée sur un petit autel, entourée de quatre cierges,

 

Choisis parmi les cires vierges.

 

La musique de cette légende rappelle la phrase Que la vague écumante, dans l'opéra de Zampa, c'est une mélodie assez plate, dans la forme d'un cantique vulgaire, que de fausses relations rendent intolérable à l'oreille. Une jeune fille de la cour du duc, nommée Diane, fille du baron de Beautreillis, personnage ridicule, aime passionnément le beau berger Jean. Arlette et elle se rencontrent, et, sans aucune préparation, les voilà liées de la plus vive amitié, à tel point que la petite paysanne est emmenée par Diane à la cour du duc Philippe et transformée subitement en une princesse dont l'influence balance celle des plus grands seigneurs.

Il faut abréger cette analyse du livret ; le baron de Beautreillis a la présomption de faire épouser sa fille au comte de Charolais. Un autre seigneur, Saladin d'Anglure, jaloux du crédit d'Arlette, imagine pour la perdre de faire croire qu'il est aimé d'elle. Jean le provoque en duel et le tue. Le comte de Charolais met à prix la tête du meurtrier. Le beau berger alors se fait connaître sous son véritable nom, Jean, duc de Montmorency, s'enrôle dans la ligue du Bien public et, dans son désespoir d'avoir été trompé par Arlette, demande une compagnie pour marcher à sa tête.

Le troisième acte est héroï-comique. On est au lendemain de la bataille de Montlhéry, dont les résultats ont été incertains. Il y a là une scène de poltronnerie générale fort peu digne de grands seigneurs tels que le sire de Malitorne et le baron de Beautreillis ; c'est de l'opérette à la manière des livrets de M. Offenbach. Arlette est redevenue une paysanne. Jean de Nivelle chante on ne sait trop pourquoi des strophes patriotiques en l'honneur de la bannière de France, sous laquelle il ne se range pas pour cela, et les auteurs de la pièce laissent présumer aux spectateurs qu'il préfère aux aventures de la vie publique et aux devoirs de son rang une chaumière dans les bois avec le cœur d'Arlette.

Revenons au premier acte de la partition. Après une assez jolie mélodie chantée par Arlette : On croit à tout lorsque l'on aime, le duo entre Arlette et Simonne a des accents dramatiques. La déclamation est énergique et bien prosodiée, ainsi que dans le trio suivant. Mais la pensée mélodique est rare et peu distinguée ; chaque phrase se termine par un point d'orgue inévitablement placé pour faire valoir l'exécution par les voix. L'harmonie abonde en dissonances d'une dureté extrême et en modulations mal enchaînées. L'espèce de nocturne introduit dans le duo en affaiblit le caractère. On comprend peu que la sorcière Simonne, dont le cœur est rempli de haine et de fiel, roucoule avec Arlette :

 

Chers oiseaux, sous l'ombrage,

Chantez, chantez toujours ;

Votre voix me présage

Le retour des beaux jours.

 

Jean a beau chercher à donner dans des couplets une explication de ses allures, elle manque de clarté comme la mélodie à laquelle l'intervalle persistant de quarte n'ajoute pas ce qui lui manque :

 

C'est alors que l'amour nous blesse

Que ses regards sont le plus doux ;

Cherchons-le quand il nous délaisse,

Fuyons-le, quand il vient à nous.

Voilà pourquoi Jean de Nivelle

S'en va,... s'en va quand on l'appelle !

 

Le duo d'amour de Jean et Arlette n'est qu'une suite d'inconséquences. Jean commence par adresser à la jeune fille de douces paroles; elle répond qu'il l'a trompée, qu'il n'est pas le berger Jean, mais le duc de Montmorency. Elle détache de son corsage les fleurs qu'il lut a données et verse des pleurs de regret. Un pauvre duc, Arlette, réplique Jean, Un pauvre duc (en effet !),

 

Qui voudrait bien changer

Un titre mensonger

Pour le nom, la houlette

Du plus humble berger !

 

Il se déclare touché par l'amour que lui porte la jeune fille, et, après l'avoir troublée par la proposition qu'il lui fait de l'emmener, au point qu'elle est prête à céder, « il la rassure doucement d'un geste, » dit le livret, et lui dit galamment :

 

Eh ! bien, non ! reste chaste et pure,

O douce créature,

C'est ainsi que je t'aime ;

Adieu !

Mais (il y a un mais) quelquefois pense un peu
Au pauvre Jean de Nivelle

Qui s'en va quand on l'appelle !

 

ARLETTE.

Il s'en va... ah ! douleur cruelle !

 

Il y a de la verve et du mouvement dans le finale, qui est très travaillé. Les motifs les plus saillants sont la phrase de Diane : Ah ! quelle joie enivrante, et l'ensemble allegro moderato : L'étrange personnage. Quant aux couplets de Charolais : Prenez garde au joli berger, ils rappellent exactement la facture syllabique des couplets d'opérettes de M. Offenbach, avec l'aggravation d'une cadence inacceptable pour l'oreille sur les mots seul vous ramène en ces bois. Les règles de la tonalité n'ont pas été plus observées dans le chœur des Reines d'un jour. Le musicien a pensé donner un caractère agreste au chant de ses vigneronnes en introduisant des effets de quintes consécutives sans aucun ménagement et en faisant succéder brusquement une phrase en sol de trois mesures à une phrase en la mineur de deux mesures. Le résultat est une pénible contrariété pour l'oreille et voilà tout. Ce n'est pas d'hier qu'on a cherché à exprimer le genre agreste, villageois, campagnard ; mais Grétry, Monsigny, Boieldieu, Victor Massé s'y sont pris autrement et ont su allier l'expression du caractère aux lois de l'oreille et du goût dans l'Épreuve villageoise, le Déserteur, la Fête du village voisin, les Noces de Jeannette.

L'entr'acte est une phrase d'un tour archaïque, successivement exécutée par les hautbois, les flûtes et le quatuor en sourdine ; c'est un papillotage assez délicat et sans importance. A un chœur de fêle populaire sur une musique de ballet succède un trio bouffe qui n'est que scénique. Les couplets de Simonne : Se consoler ! visiblement écrits pour la voix superbe et d'une âpreté sauvage de Mme Engally, offrent quelques phrases bien caractérisées; mais ce n'est pas encore là un morceau complet et réussi du commencement à la fin. Le chœur en l'honneur de la jeune favorite : Sur tes pas, charmante Arlette, est fort joli, mélodieux et d'un rythme gracieux. Quant au fabliau : Dans le moulin du grand meunier, c'est le morceau le plus applaudi de tout l'ouvrage à cause des vocalises, des roulades délicieusement chantées par Mlle Bilbaut-Vauchelet. La musique ne se distingue que par une facture habile. La scène de l'invocation de la mandragore enchantée est si puérile qu'elle ne produit aucun effet, malgré quelques phrases douloureuses d'Arlette apprenant que Jean est aimé de sa bienfaitrice. Dans le trio qui suit, on distingue une belle phrase de ténor au milieu d'une harmonie touffue et plus chargée de broussailles que de fleurs. Le début du finale est dramatique et intéressant. Les imprécations contre le meurtrier inconnu de Saladin d'Anglure sont exprimées avec talent et énergie. Au montent où le comte de Charolais propose à Jean de le nommer Grand maître ou Connétable, celui-ci répond :

 

Le hasard me conduit selon sa fantaisie

Et je ne sais plus rien que m'en aller.

 

et moins d'une minute après il s'enrôle sous l'étendard bourguignon et s'écrie : Qu'on me donne une compagnie ! L'acte finit par un chœur guerrier un peu compliqué pour des soldats, mais plein d'élan, bien orchestré et digne d'une meilleure cause.

Le troisième acte s'ouvre très brillamment par un excellent chœur de soldats dans lequel sont intercalés des couplets intéressants par leur bizarrerie de la sauvage Simonne :

 

C'est un plaisir souverain,

De s'être battus la veille,

Quand on s'éveille

Le lendemain.

 

Nous avons assez médit du livret pour citer avec éloge la strophe suivante des couplets de Simonne :

 

Eh ! que sont les morts, que sont les vivants,

A la plaine verte, aux ruisseaux mouvants ?

Le bourgeon qui vous regarde

Vaincre, tomber ou mourir,

Fleurit sans y prendre garde,

Quand il lui plaît de fleurir ;

Pour que tout s'efface,

Jusqu'à la place

Où sont tombés les combattants,
Il suffit d'un printemps !

 

Il nous reste à faire mention d'une romance sentimentale du comte de Charolais, assez étrange dans la bouche de ce téméraire personnage : Il est jeune, il est amoureux. Quant aux stances de la Bannière de France, on peut louer sans doute l'intention qu'a eue le musicien d'allier la mélancolie aux sentiments chevaleresques ; mais l'inspiration s'est ressentie du triste caractère de son héros. Les phrases de chant sont péniblement modulées, contournées, alambiquées, et si elles produisent quelque effet au théâtre, il est dû presque exclusivement à l'intensité des sons élevés et il est subordonné aux moyens vocaux du chanteur. En somme, nous ne pensons pas que l'opéra de Jean de Nivelle ait de longs jours et reste au répertoire, malgré les éclatantes trompettes qui ont annoncé son succès. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

JEAN DE PARIS

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Claude Godard d’Aucour de Saint-Just, musique de François-Adrien Boieldieu.

 

Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 avril 1812, avec Pierre Elleviou (Jean), sous la direction de Frédéric Blasius.

 

« Le dauphin de France veut connaître la princesse qu'on lui destine, et, voyageant avec elle sous le nom supposé de Jean, bourgeois de Paris, il sait à la fois se rendre aimable et devenir amoureux de sa fiancée. La donnée est agréable et le livret bien fait. Quant à la musique, elle peut être regardée comme une des perles de l'écrin du maître. Elle a partout la couleur de ce sujet de fantaisie, elle idéalise à ravir ces personnages demi-historiques. On dira que c'est le genre troubadour ! sans doute, mais ne vaut-il pas mieux exceller dans le genre troubadour, y mettre de la grâce, de l'esprit, des motifs charmants, une harmonie élégante, que d'écrire des scènes parfaitement logiques et ennuyeuses. Tous les morceaux de Jean de Paris ont été populaires : le grand air du sénéchal : C’est la princesse de Navarre ; la cavatine : Quel plaisir d'être en voyage ; la romance du troubadour : Le troubadour, fier de son doux servage. Rappelons aussi le chœur d'introduction et le chœur charmant du second acte : De monsieur Jean, que le festin s'apprête. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEAN ET GENEVIÈVE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Etienne Guillaume François de Favières, musique de Jean-Pierre Solié. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 03 décembre 1792.

 

 

JEAN ET JEANNE

 

Opérette en un acte, paroles de M. A. Lafon, musique de M. Ancessi, représentée aux Folies-Nouvelles en octobre 1855. Elle appartient au genre pastoral, et la musique a paru assez agréable. C'est dans cette opérette que l'acteur comique Dupuis a fait ses débuts.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEAN LE DUC

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Bureau, musique de M. Tac-Coën, représenté au théâtre de Nantes en juillet 1872.

 

 

JEAN LE SOT

 

Opérette en un acte, paroles de Th. Julian, musique de Pilati, représentée aux Folies-Nouvelles en avril 1856.

 

 

JEAN-MARIE

 

Drame lyrique en un acte, livret tiré par M. Mortier du drame d’André Theuriet, musique posthume d'Ippolito Ragghianti achevée par Gilson, représenté sur le théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 14 janvier 1896 avec Mlle Mastio (Thérèse), MM. Isouard (Jean-Marie), Cadio (Joël).

 

 

JEAN MICHEL

 

Comédie lyrique en quatre actes, livret de Georges Garnir et Charles Vallier, musique d’Albert Dupuis, représentée au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 04 janvier 1903 avec Mmes Claire Friché (Madeleine), Rival, Brass, Tourjane, Dratz-Barat, Dalmée, Colman, Verneuil, Piton, MM. Imbart de la Tour (Jean), Dangès (Hubert), Viaud (François), Cotreuil (Louis), Forgeur (Henri), Sauvejunte.

 

 

JEAN QUI PLEURE ET JEAN QUI RIT

 

Opérette, livret de Mangin, musique de Marc Chautagne, représentée aux Folies-Marigny en novembre 1868.

 

 

JEAN RAISIN

 

Opérette en trois actes, livret de Paul Burani, musique de Marius Carman, représentée aux Folies-Dramatiques le 30 mars 1893.

 

 

JEAN SANS TERRE

 

Opéra, musique du R. P. Adolphe de Doss, représenté à Liège, au collège Saint-Servais, par les élèves de rétablissement, vers 1881.

 

 

JEAN SECOND ou CHARLES-QUINT DANS LES MURS DE GAND

 

Opéra-comique en un acte, musique de Charles Ots, représenté à Gand le 19 décembre 1816.

 

 

JEAN SOBIESKI

 

Drame en cinq actes, en vers, de Kristien Ostrowski, musique d’Adolphe Nibelle, représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 25 décembre 1875. Mme Marie Lhéritier a chanté un rôle dans cet ouvrage.

 

 

JEAN V

 

Comédie musicale en trois actes, livret de Jacques Bousquet et Henri Falk, lyrics d'André Barde, musique de Maurice Yvain, créée au Théâtre Daunou le 02 mars 1929, avec Mmes Arletty (Choupette), Edith Mera (Gemma Baklawa), J. Marese (princesse Dorothée) ; MM. Fernand Gravey (Jean), George (Victor), Rognoni (Desgriottes).

 

"Un peinturlureur de Montparnasse marié à la fille d'un gardien de la paix est proclamé roi de Cerdagne ; et dès lors toutes les péripéties d'un vaudeville se déroulent. La musique de M. Yvain, fort agréable, a répudié à peu près les effets de jazz ; elle reprend la vieille tradition de l'opérette française de Lecoq et d'Audran. La ligne mélodique en est généralement plaisante, l'orchestre est écrit avec soin et sonne bien." (Larousse Mensuel Illustré, 1929)

 

 

JEANNE

 

Opérette en un acte, paroles de M. de Najac, musique de Léonce Cohen, représentée aux Bouffes-Parisiens le 18 février 1858. Ce petit ouvrage a servi aux débuts de Mlle Chabert, qui venait de remporter le premier prix d'opéra-comique au Conservatoire, et qui a déployé un joli talent de cantatrice sur des scènes secondaires.

  

 

JEANNE AU BÛCHER

 

Oratorio dramatique en un prologue et onze scènes, et dix tableaux, livret de Paul Claudel, musique d’Arthur Honegger.

 

Personnages :

Récitants : Jeanne d’Arc ; frère Dominique ; le troisième héraut ; l’âne ; Bedford ; Jean de Luxembourg ; Heurtebise ; un paysan ; l’huissier de justice ; Regnault de Chartres ; Guillaume de Flavy ; un prêtre ; madame Botti.

Chanteurs : la Vierge (soprano) ; sainte Marguerite (soprano) ; sainte Catherine (contralto) ; une voix (ténor) ; Porcus (ténor) ; premier héraut (ténor) ; un clerc (ténor) ; une voix (basse) ; second héraut (basse) ; une voix de baryton ; une voix d’enfant ; chœur d’hommes et d’enfants.

 

L’action se déroule en France, pendant la guerre de Cent Ans.

 

Créé à Bâle, salle du Kunstmuseum, le 12 mai 1938.

 

Première fois en France, à Orléans, le 06 mai 1939, dans une mise en scène de Hans Zimmermann.

 

Première fois à Paris, salle Pleyel, le 09 mai 1943.

 

 

BALE

12.5.1938

ORLEANS

6.5.1939

PARIS

9.5.1943

Jeanne d’Arc

Ida RUBINSTEIN

Ida RUBINSTEIN

Mary MARQUET

La Vierge

Ginevra VIVANTE

Sol. DELMAS

J. MICHEAU

Frère Dominique

Jean PÉRIER

Jean HERVE

Jean HERVE

Evêque Cauchon

Ernst BAUER

DE TREVI

GAZZO

Heurtebise

Charles VAUCHER

H. FABERT

LAVIALLE

Chef d’orchestre

P. SACHER

FOURESTIER

HONEGGER

 

Première fois à la scène au Palais Garnier le 18 décembre 1950. — Décor et costumes d’Yves Bonnat. — Mise en scène de Jean DOAT. — Mouvements chorégraphiques de Serge LIFAR.

Mmes Claude NOLLIER (Jeanne), CROISIER (la Vierge), VAN HERCK (Sainte Marguerite), CHABAL (Sainte Catherine), RANCON (Voix du prologue), MORAN (la Mère aux tonneaux).

MM. Jean VILAR (Frère Dominique), ROMAGNONI (Evêque Cauchon), ARNOULT (le Clerc), ROUQUETTY, PETITPAS (2 Héraults), Pierre SAVIGNOL, DESHAYES (2 Voix), MAX-CONTI (un Prêtre), GOURGUES (un Paysan), BRUN (l'Ane greffier), H. DOUBLIER (Heurtebise).

Chef d'orchestre : Louis FOURESTIER.


50e représentation, le 23 janvier 1953, avec les créateurs, sauf :

Mmes DE PONDEAU (la Vierge), I. CLAIRE (Voix du prologue, la Mère aux tonneaux).

MM. H. DOUBLIER (Frère Dominique), CLAVERE (première voix), CHASTENET (un Paysan), JOCELYN (Heurtebise).

 

Du 21 au 27 juin 1953, six représentations (60e à 65e) furent données dans une mise en scène de Roberto ROSSELLINI et des décors projetés de Klausz :

Mmes Ingrid BERGMAN (Jeanne), VAN HERCK (la Vierge), GUIHARD (Sainte Marguerite), CHABAL (Sainte Catherine), I. CLAIRE (Voix du prologue, la Mère aux tonneaux).

MM. R. VIDALIN (Frère Dominique), ROMAGNONI (Evêque Cauchon), ARNOULT (le Clerc), ROUQUETTY, CHARLES-PAUL (2 Héraults), CLAVERE, DESHAYES (2 Voix), MAX-CONTI (un Prêtre), CHASTENET (un Paysan), BRUN (l'Ane greffier), JOCELYN (Heurtebise).

Chef d'orchestre : Louis FOURESTIER.

 

Par la suite, l'œuvre continua d'être présentée à l’Opéra dans la mise en scène de Jean DOAT. — 93e et dernière, le 12 juin 1959 avec les interprètes ci-dessus, sauf :

Mmes Claude NOLLIER (Jeanne), SICOT (la Vierge), GUIOT (Sainte Marguerite), FOURRIER (Sainte Catherine).

MM. DOUBLIER (Frère Dominique), FOREL (deuxième Hérault), MARS, GOURGUES (2 Voix), GIBERT (Heurtebise).

 

93 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

« Jeanne au bûcher à l'Opéra.

C'est sur la demande de Mme Ida Rubinstein que Paul Claudel écrivit, avant la guerre, cette pièce sur Jeanne d'Arc, sorte d'oratorio mis en musique par Arthur Honegger. Créé à Orléans en 1939, ce poème fut donné plusieurs fois depuis à Paris, au Palais de Chaillot, comme il avait été conçu tout d'abord, sans décor ni mise en scène. L'Opéra vient de le reprendre et l'offre maintenant à la ferveur des mélomanes sous la forme d'un mystère lyrique, en un prologue et dix tableaux animés de mouvements de foule, de ballets réglés par Serge Lifar, dans un très beau décor et des costumes d'Yves Bonnat.

Photos : vue d'ensemble du ballet des cartes pendant la danse des valets ; Claude Nollier, de la Comédie-Française, qui a exprimé la simplicité, les craintes, les doutes, la foi de Jeanne avec une sobriété d'expression génératrice d'une émotion profonde. »

(Plaisir de France, janvier/février 1951)

 

 

 

Claude Nollier dans Jeanne au bûcher (Jeanne)

 

 

 

Jeanne au bûcher : vue d'ensemble du ballet des cartes pendant la danse des valets

 

 

 

JEANNE D'ARC

 

Scène lyrique, paroles de Jules Barbier, musique de Gaston Serpette, exécutée à l'Opéra le 24 novembre 1871. C'était la cantate qui avait valu le premier grand prix de Rome à M. Serpette en cette même année 1871.

 

 

JEANNE D'ARC

 

Drame en cinq actes et sept tableaux, livret en vers de Jules Barbier, musique de Charles Gounod.

 

Première représentation à Paris, Théâtre de la Gaîté, le 8 novembre 1873, avec Ida Félix, sous la direction de Jules Danbé.

 

« Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de donner l'analyse du remarquable drame de M. Jules Barbier, dans lequel l'histoire de l'héroïne française a été plus respectée que dans les autres pièces dont elle a fourni le sujet. Je dois me contenter de mentionner dans la partie musicale le chœur des fugitifs, le chœur : Dieu le veut, celui des soldats dans le cachot de Jeanne et une marche funèbre. Le rôle du page Loys a été chanté par Mlle Perret. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

JEANNE D'ARC

 

Cantate, musique de Charles Poisot, exécutée à la salle Erard le 03 mai 1874.

 

 

JEANNE D'ARC

 

Opéra en quatre actes et six tableaux, livret et musique d’Auguste Mermet.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le mercredi 05 avril 1876. Mise en scène d'Adolphe Mayer. Chorégraphie de Louis Mérante. Décors de Jean-Louis Cheret (acte I), Jean-Baptiste Lavastre et Edouard Despléchin (acte II), Auguste Rubé et Philippe Chaperon (les 2 tableaux de l'acte III), Charles Cambon, Antoine Lavastre et Eugène Carpezat (les 2 tableaux de l'acte IV). Costumes d'Eugène Lacoste, Alfred Albert, Paul Lormier et Emmanuel Frémiet.

Mmes KRAUSS (Jeanne d'Arc), DARAM (Agnès Sorel), SAUNE (un Page).

MM. FAURE (Charles VII) — MANOURY avait chanté le rôle de Charles VII à la répétition générale —, SALOMON (Gaston de Metz), GAILHARD (Richard), CARON (Maître Jean), MENU (Jacques d'Arc), GASPARD (Ambroise de Lhoré), Eugène BATAILLE (un Sergent de bande), GALLY - débuts - (le Bar de Duc), FRERET (de Gaucourt), LONATI et MONTVAILLANT (2 Officiers).

Danses : Mlles Laure FONTA, Amélie COLOMBIER, Louise MARQUET, SANLAVILLE, MONTAUBRY et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : Ernest DELDEVEZ

 

15e à l’Opéra, le 27 novembre 1876, avec les créateurs, sauf : MM. LASSALLE (Charles VII), AUGUEZ (le Bar de Duc), Mme LONATI (le Page).

 

15 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 « Le premier acte se passe à Domrémy. Les paysannes chantent sous l'ombrage d'un vieux chêne auquel s'attache une croyance superstitieuse, on ne sait pourquoi. Des soldats français, conduits par le capitaine Gaston de Metz, maudissent Isabeau. On voit au loin les flammes dévorer un village, les populations fuient en désordre ; Jeanne annonce que le capitaine anglais Salisbury vient de périr sur les bords de la Loire et chante une sorte de ballade où la délivrance du pays est prédite. Un capitaine vendu au parti anglais, Richard, se trouble au récit de Jeanne. Celle-ci, restée seule avec Gaston, lui révèle sa mission et lui demande de la conduire vers le sire de Baudricourt. Gaston devient épris de Jeanne. On pouvait espérer que M. Mermet éviterait cette banalité grossière. L'héroïne fait ses adieux à son pays natal pendant que des voix célestes l'encouragent à remplir sa mission. Au second acte, Agnès Sorel excite le courage du dauphin qui lui répond par des paroles d'amour. Une fête, dont Agites est la reine, a lieu, et elle est interrompue par la nouvelle d'une victoire remportée par Jeanne sur les Anglais. Le roi consent à recevoir l'héroïne. Elle entre, et à ce montent a lieu la scène connue dans l'histoire de la reconnaissance du roi au milieu de la foule des seigneurs. On voit ensuite Agnès Sorel, amante de Gaston de Metz, conduite par Richard près de la tente de Jeanne, où il espère la faire assister à un rendez-vous amoureux et exciter sa jalousie. En effet, Agnès surprend Gaston aux pieds de Jeanne endormie ; mais celle-ci, à son réveil, chasse d'un geste le téméraire. Agnès est satisfaite et se déclare l'amie et la protectrice de Jeanne. A la fin du troisième acte, sur les bords de la Loire, on assiste à une véritable orgie de soldats et de filles, où la danse échevelée et l'ivresse offusquent les regards. Jeanne parait, fait un miracle ; un soldat qui voulait l'insulter tombe mort. Cette foule, consternée, s'agenouille. Jeanne les entraine à la délivrance d'Orléans. On entonne le Veni Creator. Gaston de Metz, qui a empêché Jeanne de tomber dans une embuscade des Anglais, est tué par Richard. Jeanne pleure sa mort ; mais ses voix célestes la rappellent à sa mission. Dans le dernier tableau, Charles VII est couronné dans la cathédrale de Reims. Jeanne a une vision qui lui montre le bûcher où doit se consommer son sacrifice.

On ne peut nier que les intentions de M. Mermet n'aient été excellentes et qu'il n'ait tenté de faire une œuvre nationale. Son poème est meilleur, sous ce rapport, que les tragédies presque odieuses, par le sentiment qui les a inspirées, de Henri VI de Shakespeare, de Jeanne d'Arc de Schiller, de la Giovanna d'Arco de Solera. Mais il a échoué, et nous le regrettons des premiers. Tant qu'on ne se contentera pas de prendre dans l'histoire vraie et rigoureusement exacte de la sainte héroïne française les épisodes d'un drame, en se conformant strictement aux données de l'histoire, traitées avec goût, c'est-à-dire en faisant le choix nécessaire, nous n'aurons jamais un bon opéra de Jeanne d'Arc. Le succès de Roland à Roncevaux, quoiqu'un peu artificiel, pouvait faire présager un égal succès à la partition de Jeanne d'Arc. Le livret a rendu ce succès impossible. La musique manque d'inspiration, de caractère, d'expression. J'ai remarqué, mais sans en être autrement frappé, dans le premier acte, la romance de Jeanne accompagnée par les flûtes imitant les oiseaux, le chœur des voix célestes ; dans le deuxième, l'air à roulades d'Agnès Sorel, la romance de Gaston : Elle est pure, elle est chaste et belle, sans contredit le meilleur morceau de l'ouvrage ; dans le troisième, le chœur du Veni Creator ; dans la scène de la cathédrale, la marche exécutée par l'orchestre et l'orgue. Distribution : Jeanne d'Arc, Mlle Krauss ; Agnès Sorel, Mlle Daram ; le roi, Faure et Manoury ; Richard, Gaillard ; Gaston de Metz, Salomon, le rôle le mieux tenu de l'opéra ; maître Jean, Caron. Dans la danse : Mlles Fonta, Colombier, Pallier, Robert, etc. Les décors étaient fort beaux ; on a admiré surtout le décor des bords de la Loire et l'intérieur de la cathédrale de Reims. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

JEANNE D'ARC

 

Drame lyrique en trois actes, un prologue et neuf tableaux, poème anglais et musique de Raymond Roze.

 

Création à Londres, au Théâtre de Covent Garden, le 01 novembre 1913 : par Mme Liliane GRANFELT (Jeanne), MM. Raoul TORRENT (Comte de Dunois), Norman WILLIAMS (Jacques d'Arc), Charles MOTT (Duc de Bourgogne), Henry RABKE (Charles VII), sous la direction de l'Auteur, et dans une mise en scène de T. C. FAIRBAIRN.

 

Première à Paris, au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier), dans la version française de J. Couturier, le 24 novembre 1917, à l'occasion d'un Gala au bénéfice des Croix-Rouges franco-britanniques — Mise en scène de Raymond ROZE et Léo DEVAUX — Chorégraphie de Nicolas GUERRA — Costumes dessinés par Perey Anderson.

Mmes CHENAL (Jeanne d'Arc), Nady BLANCARD (Ysabeau de Bavière), CARLE (Raymond, page de Jeanne), Olga SOUTZO (Agnès Sorel), L. MARION (le Sosie), DUMONT, COSSET, ROSAY, GUILLON (les Voix de Jeanne).

MM. Paul FRANZ (Comte de Dunois), DELMAS (Jacques d'Arc), Jean NOTÉ (duc de Bourgogne), RAMBAUD (Durand Lazare), SIZES (Charles VII), LESTELLY (Gérard Machet), ERNST (Sire de la Trémouille), BONAFE (La Hire), DELVAL (un Soldat anglais), Jehan ADES (le Maître des Cérémonies), Georges WAGUE (le Bouffon), PATY (Regnault de Chartres).

Danses : Mlles ZAMBELLI, BOS, MM. A. AVELINE et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : Raymond ROZE

 

4e à l’Opéra, le 29 novembre 1917, avec les créateurs, sauf : Mme Germaine LUBIN (Jeanne d'Arc).

 

4 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.


 

JEANNE D'ARC

 

[Giovanna d’Arco]

Drame lyrique en un prologue et trois actes, livret de Temistocle Solera (1815-1878), d’après Die Jungfrau von Orleans, pièce de Friedrich Schiller, musique de Giuseppe Verdi.

 

Personnages : Giovanna [Jeanne d’Arc] (soprano) ; Carlo VII [Charles VII] (ténor) ; Giacomo [Jacques] (baryton) ; Delil (ténor) ; Talbot (basse).

 

Créé à Milan, au Théâtre de la Scala, le 15 février 1845, avec :

Mme Erminia FREZZOLINI (Giovanna), MM. Antonio POGGI (Carlo VII), Filippo COLINI (Giacomo), Napoleone MARCONI (Delil), Francesco LODETTI (Talbot), sous la direction d’Emmanuele MUNZIO.

 

Première fois à Paris, au Théâtre des Italiens, le 28 mars 1868, avec Mme Adelina PATTI (Giovanna), MM. NICOLINI (Carlo VII) et STELLER (Giacomo).

 

Première fois au Palais Garnier, le 30 juin 1951, par les Artistes, les Chœurs et l'orchestre du Théâtre San Carlo de Naples — Mise en scène de Enrico FRIGERIO — Décors de Cesare Cristini.

Mme Renata TEBALDI (Giovanna).

MM. Gino PENNO (Carlo VII), Ugo SAVARESE (Giacomo), DELLA PERGOLA (Delil), Italo TAJO (Talbot).

Chef d'orchestre : Gabriele SANTINI

 

2 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

JEANNE D'ARC

 

Drame en cinq actes de Joseph Fabre (sénateur), musique de Benjamin Godard, représenté au théâtre du Châtelet le 27 janvier 1891.

 

 

JEANNE D'ARC ou LA DÉLIVRANCE D’ORLÉANS

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Emmanuel Théaulon de Lambert et Armand Dartois, musique de Michele Enrico Carafa. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 10 mars 1821.

 

« Beau succès. » [Almanach des spectacles, 1822]

 

 

JEANNE D'ARC À ORLÉANS

 

Drame historique en trois actes, en vers, mêlé d'ariettes, livret de Desforges, musique de Rodolphe Kreutzer. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 10 mai 1790. Kreutzer était alors premier violon au Théâtre-Italien. Il écrivit la musique de cet ouvrage très rapidement. Elle parut néanmoins un début assez heureux pour qu'on confiât à l'auteur un nouveau livret. L'année suivante, la partition de Paul et Virginie obtint un succès complet.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEANNE DARC

 

Opéra en cinq actes et un prologue, livret de Joseph Méry et Edouard Duprez, musique de Gilbert Louis Duprez, création au Grand-Théâtre-Parisien le 24 octobre 1865. => fiche technique

 

 

JEANNE DE FRANCE

 

Mystère lyrique en quatre actes et huit tableaux, livret de Léon Uhl, musique de Jean Nouguès, représenté à Orléans le 05 mai 1929. Repris à la Gaîté-Lyrique le 10 mai 1931.

 

 

JEANNE ET JEANNOT

 

Opéra-comique en un acte, musique de Jules Conrardy, représenté à Liège en 1861.

 

 

JEANNE, JEANNETTE ET JEANNETON

 

Opérette en un acte, livret d’Emile Abraham et Marc Constantin, musique de J. Nargeot, représentée aux Folies-Marigny le 31 octobre 1876.

 

 

JEANNE, JEANNETTE ET JEANNETON

 

Opéra-comique en trois actes et un prologue, et quatre tableaux, livret de Clairville et Alfred Delacour (1817-1883), musique de Paul Lacôme, représenté aux Folies-Dramatiques le 27 octobre 1876. La pièce est amusante. Les trois paysannes sont devenues, l'une la comtesse Du Barry, l'autre la Guimard, la troisième la propriétaire du Cadran bleu. Suivant l'exemple des deux premières, Jeanneton s'est laissé courtiser par La Ramée, colonel des gardes-françaises ; mais, convaincue de son inconstance, elle se décide à revenir à son amoureux pour de bon, au simple et constant Briolet. La musique est fort agréable et remplie d'idées heureusement rendues. Je signalerai la chanson de Jeanne, Jeannette et Jeanneton, les couplets du Jeune et du Vieux, le serment des trois femmes et la marche des gardes-françaises. Chanté par Simon Max, Milher, Maugé, Vois, Mmes Prelly, Stuart et Mlle Gélabert.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

JEANNE LA FOLLE

 

Opéra en cinq actes, livret d’Eugène Scribe, musique de Louis Clapisson. Création au Théâtre de l'Opéra [Opéra-Théâtre de la Nation] (salle Le Peletier) le 06 novembre 1848. Divertissements d'Auguste Mabille. Décors de Charles Séchan, Jules Dieterle, Edouard Despléchin, Charles Cambon et Joseph Thierry. Costumes de Paul Lormier. Avec Mlles Masson (Jeanne la folle), Grimm [débuts] (Aïxa), MM. Gueymard [débuts] (Philippe), Euzet [débuts] (Aben-Hassan), Brémont (le roi d'Aragon), Portheaut (don Fadrique).

 

« Jeanne, fille d'Isabelle de Castille, éprise pour son mari, don Philippe d'Autriche, d'un amour passionné et jaloux, se venge de son infidélité en le poignardant. Elle devient folle, et, croyant que son mari n'est qu'endormi, elle attend son réveil. Ferdinand, roi d'Aragon, père de Jeanne ; don Fadrique, cousin de la reine ; le Maure Aben-Hassan et sa fille Aïxa, sont les autres personnages de la pièce, dont la couleur générale est d'une tristesse trop profonde et trop constante pour un opéra en cinq actes. L'orchestration de M. Clapisson l'emporte de beaucoup sur la partie vocale de l'ouvrage, qui a paru plutôt jolie que belle et dramatique, à l'exception du duo du second acte entre le roi Ferdinand et don Fadrique, et du quintette final. Nous rappellerons aussi le chœur La cloche sonne, qui ouvre le cinquième acte. Mlle Masson était fort belle et dramatique dans le rôle de Jeanne la folle. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEANNE MAILLOTTE

 

Opéra-comique en trois actes, livret de A. Faure, musique de J. Reynaud, représenté au Grand-Théâtre de Lille en janvier 1875, puis au théâtre du Cirque, à Rouen, en août 1878. L'auteur était chef de musique du 74e régiment de ligne. Cet ouvrage, qui mettait en scène la grande et célèbre patriote lilloise, obtint un très grand succès. Il était joué d'ailleurs d'une façon remarquable par MM. Bach, Fromant, Fronty, Delaunay-Riquier, Mmes Hasselmans, Defau, etc., artistes dont plusieurs avaient occupé à Paris un rang distingué.

 

 

JEANNE QUI PLEURE ET JEAN QUI RIT

 

Opérette en un acte, livret de Charles Nuitter et Etienne Tréfeu, musique de Jacques Offenbach, représentée à Bad Ems le 19 juillet 1864 et à Paris, Bouffes-Parisiens, le 03 novembre 1865.

 

 

JEANNETTE ET LUCAS

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Désaugiers, représenté au théâtre des Beaujolais en 1788.

 

 

JEANNOT ET COLIN

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Charles-Guillaume Etienne, d’après un conte de Voltaire, musique de Niccolo Isouard.

 

Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 17 octobre 1814, avec Marie Julie Boulanger, sous la direction de Frédéric Kreubé.

 

« Il fut repris en 1842 par Mlle Prévost. Cet ouvrage fut remis au répertoire par M. Perrin en juin 1850. Mlle Darcier a donné au rôle de Colette une grâce et une ingénuité charmantes, et elle a chanté avec un sentiment excellent les mélodies expressives de Niccolo. Mocker a déployé toute sa verve dans le personnage de Colin. Bussine a moins réussi dans celui de Jeannot, parce qu'il ne suffit pas au théâtre de posséder une voix vibrante et une bonne vocalisation ; il faut surtout être acteur. Mlles Lefebvre et Révilly ont rempli les rôles de Thérèse et de la comtesse ; Ponchard et Sainte-Foy, ceux du chevalier et de Blaise. La bourrée d'Auvergne était tous les jours bissée. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEHAN DE SAINTRÉ

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jules Barbier et Pierre Barbier, musique de Frédéric d’Erlanger.

 

Première représentation à Aix-les-Bains, le 1er août 1893.

 

 

JÉLYOTTE ou UN PASSE-TEMPS DE DUCHESSE

 

Opérette en un acte, livret d’Edouard Duprez, musique de Gilbert Louis Duprez, représentée dans la salle Duprez, le 07 avril 1854. => détails

 

 

JENNY

 

Opéra-comique en trois actes, livret d'Henri de Saint-Georges, musique de Michele Enrico Carafa. Création à l'Opéra-Comique (salle Ventadour) le 26 septembre 1829. Le livret a paru offrir des situations peu favorables à la musique. Le rondo chanté par Jean-Baptiste Chollet a cependant été populaire.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JENNY

 

Opéra-comique en un acte, paroles d’Ed. Guinand, musique de Clément Broutin, représenté à Roubaix le 11 avril 1889 et joué par Mlle Guibert, MM. Mauguière et Norval. M. Broutin (mort avant 1905), ancien grand prix de Rome, était directeur du Conservatoire de Roubaix.

 

 

JENNY BELL

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe, musique d’Esprit Auber. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 02 juin 1855, mise en scène de Louis Palianti, avec Mlles Caroline Duprez et Boulart, MM. Faure, Couderc, Edmond Delaunay-Riquier, Sainte-Foy.

 

« Le succès de l'Ambassadrice a déterminé sans doute le fécond vaudevilliste à tirer dix-neuf ans plus tard une autre œuvre du même panier. La pièce de Jenny Bell est d'ailleurs bien faite, les situations ont de l'intérêt, le dialogue est semé de mots heureux. Jenny Bell est une cantatrice adorée du public. Lord Mortimer, fils du duc de Greenwich, premier ministre, en raffole ; il a un rival dans maître Dodson, orfèvre et joaillier de Jenny Bell. Le ministre veut que son fils épouse lady Clarence. Il va tout droit trouver l'actrice, pour la prier de ne point abuser de son influence sur son fils. Jenny reconnaît en lui le protecteur de son enfance, son bienfaiteur. Poussée par la reconnaissance, elle promet de décourager la passion de Mortimer, qui vient chaque jour dans sa maison sous le nom de William, et, cachant sa position sociale sous le titre de compositeur. Elle a beau se donner mille défauts, se peindre intéressée, éhontée, etc., Mortimer persiste dans son affection et va même jusqu'à prendre la résolution de s'empoisonner, si elle ne consent pas à accepter sa main. Le duc de Greenwich finit par céder et par autoriser cette mésalliance. Les personnages de Henriette, femme de chambre de Jenny Bell, de George Leslie et de Dodson sont agréablement mêlés à l'action principale. Des motifs de provenance anglaise ont été introduits par le compositeur dans ce sujet anglais : c'est d'abord une cantilène dans l'ouverture, répétée plus loin dans le chant ; ensuite le God save the king et le Rule Britannia. On a remarqué les couplets de la camériste sur le rouge employé par les actrices : Au théâtre, le secret ; l'espèce de complainte par laquelle Jenny Bell émouvait le cœur des passants dans son enfance : Dans la rue, à peine éclairée, qui se termine par ce refrain :

 

Habitants de la grand' ville,

Au pauvre enfant tendez la main ;

Je meurs de froid, je meurs de faim.

 

Le duo entre lord Greenwich et Jenny Bell est riche en motifs ; la tyrolienne : Ah ! de la fauvette, qui y est intercalée, est fort gracieuse ; la jolie cavatine du ténor : A sa voix, à sa vue, est suivie de morceaux d'ensemble qui terminent avec chaleur le premier acte. Le morceau principal du second acte est le grand duo de la déclaration d'amour de Mortimer, sous le pseudonyme de William. M. Auber a traité cette situation compliquée en maître habitué à triompher des difficultés. Nous ne pensons pas être le seul à remarquer que la partition de Jenny Bell est la plus travaillée et la plus riche en combinaisons des opéras-comiques du maître. Nous signalerons encore un air de baryton fort singulier, dont le sujet est une sentence empruntée à la comédie la Coquette corrigée :

 

Le bruit est pour le fat, la plainte est pour le sot,

L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot.

 

Les variations chantées sur le Rule Britannia terminent avec éclat cet ouvrage, qui ne peut manquer d'être repris et mieux compris. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JENNY LA BOUQUETIÈRE

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jean-Nicolas Bouilly et Joseph Pain, musique de Louis-Barthélemy Pradher et Frédéric Kreubé. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 10 mars 1823.

 

« Léon a succédé à son père, riche banquier de la Chaussée-d'Antin, lequel avait fait banqueroute autrefois. Le jeune homme est parvenu à payer toutes les dettes de son père à l'exception d'une dont le titulaire est mort. Mais celui-ci a laissé une fille ; c'est une bouquetière qui en a pris soin, et la jeune personne a embrassé la profession de sa bienfaitrice. Léon parvient à la découvrir ; il en devient amoureux et lui fait la cour sous le déguisement d'un jardinier. Enfin, charmé de ses vertus dont il a la dernière preuve en paraissant à ses yeux dans son véritable état, sans pouvoir réussir à la séduire, il se fait connaître et l'épouse. L'intrigue a paru romanesque ; mais des détails gracieux et des intentions dramatiques, ont sauvé l’ouvrage qui est resté au courant du répertoire. »

[Almanach des spectacles, 1824]

 

 

JEPHTÉ

 

Tragédie lyrique en cinq actes avec prologue, paroles de l'abbé Pellegrin, musique de Montéclair, représentée à l'Académie royale de musique le 28 février 1732. Cet opéra, le premier joué en France dont le sujet fût tiré de l'Ecriture sainte, obtenait du succès, lorsque le cardinal de Noailles en fit interrompre les représentations. On pensait alors que l'histoire sainte ne devait pas être assimilée à la mythologie, et fournir des sujets à des divertissements profanes. Il n'en fut pas toujours ainsi. L'art dramatique a eu chez tous les peuples une origine sacrée. Le lecteur qui voudrait approfondir cette question la trouvera traitée in extenso dans notre Histoire générale de la musique religieuse, au chapitre qui a pour titre : Les drames liturgiques dans les églises. On peut citer dans l'opéra de Jephté un beau chœur longtemps célèbre : Tout tremble devant le Seigneur.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEPHTÉ

 

[Jephtha]

Oratorio anglais en quatre parties, livret de Thomas Morell, musique de Georg-Friedrich Händel (HWV 70).

 

Créé au concert, à Londres, en 1751.

 

Première fois dans une forme scénique, en 1959, à l'Opéra de Stuttgart, à l'occasion des fêtes du bicentenaire de Haendel. C'est cette adaptation à la scène qui fut représentée à Paris par le Théâtre de Stuttgart et ses artistes.

 

Première fois à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier), le 10 octobre 1959, par la troupe de l'Opéra de Stuttgart — Texte de Thomas Morell, adapté pour la scène par Caspar Neher et Günther Rennert, d'après la version allemande de Hermann Stephani — Mise en scène et chorégraphie de Günther RENNERT — Décor et costumes de Caspar Neher.

Mmes F. SAILER (Iphis), Margarethe BENCE (Storge).

MM. J. TRAXEL (Jephta), R. WOLANSKY (Hamor), F. LINKE (Zebul), F. WUNDERICH (un Prophète).

Chef d'orchestre : Ferdinand LEITNER

 

2 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

« Un mot, pour finir, de le belle commémoration de Haendel, à l'Opéra de Paris, pour le cent cinquantième anniversaire de sa mort, avec le concours de l'Opéra de Stuttgart, qui vint y donner deux admirables représentations de l'oratorio Jephtha, le dernier du maître. Cet oratorio, Günther Rennert le mit à la scène avec un tact parfait, une ingéniosité, un goût de chaque instant. Les chœurs, parmi les interprètes, surtout firent merveille ; et notre orchestre joua, sous la direction de Ferdinand Leitner, comme il joue seulement lorsque devant lui, au pupitre, se trouve un chef et non pas quelque ectoplasme. »

[Antoine Goléa, Musica disques, décembre 1959]

 

 

 

JÉRÔME ET FANCHONETTE

 

Pastorale en un acte, livret de Jean-Joseph Vadé, musique de vaudevilles. Création à la Foire Saint-Germain le 18 février 1755. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 17 mai 1781.

 

 

JÉRÔME ET SUZETTE

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Mansuy, représenté au théâtre d'Amsterdam en 1785.

 

 

JÉRÔME LE PORTEUR DE CHAISE

 

Opéra en deux actes, livret de Jacques-Marie Boutet de Monvel, musique de Nicolas Dezède. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 10 décembre 1778.

 

 

JÉRÔME POINTU

 

Opérette en un acte, musique de Georges Douay, représentée aux Bouffes-Parisiens en 1864.

 

 

JÉRUSALEM

 

Opéra en quatre actes et sept tableaux, livret d’Alphonse Royer et Gustave Vaez, musique de Giuseppe Verdi. Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 26 novembre 1847. Divertissements de Joseph Mazilier. Décors de Charles Séchan, Jules Dieterle et Edouard Despléchin (acte I, 1er tableau de l'acte II, 1er tableau de l'acte III, acte IV), Charles Cambon et Joseph Thierry (2e tableau de l'acte II, 2e tableau de l'acte III). Costumes de Paul Lormier.

 

« L'action se passe un peu partout : à Toulouse, en Palestine, au camp des chrétiens, chez l'émir de Ramla, dans la vallée de Josaphat, enfin à Jérusalem. Le comte de Toulouse a donné sa fille en mariage à Gaston de Béarn ; mais Roger, frère du comte, qui aime aussi Hélène, aposte un assassin et lui ordonne de le débarrasser d'un rival. Par l'effet d'une méprise, cet homme frappe le comte lui-même. Il est arrêté et interrogé, et il accuse Gaston de l'avoir poussé au meurtre de son beau-père. Gaston est exilé ; il part pour la Terre sainte, où il est fait prisonnier par l'émir de Ramla. Hélène l'apprend et n'hésite pas à l'aller rejoindre sous le déguisement d'une femme arabe. Le comte, guéri de sa blessure, conduit les croisés à la délivrance de Jérusalem. Il s'empare, avec eux, du harem de l'émir et y retrouve, avec celui qu'il croit son meurtrier, sa fille Hélène. Gaston est condamné à la dégradation, qui a lieu sur la place publique ; mais Roger, le vrai coupable, en proie à ses remords, s'est fait ermite. On va l'inviter à assister Gaston dans sa détresse. Roger, que les voyages et les chagrins ont vieilli, n'en est pas reconnu. Espérant sauver sa victime, il le bénit et lui remet à la main l'épée qu'on lui a ravie, afin qu'il s'en serve avec éclat contre les infidèles. En effet, Jérusalem est délivrée ; Gaston, qui a fait des prodiges de valeur, revient sur la scène et reçoit le dernier soupir de Roger avec l'aveu de son crime. La musique de l'opéra I Lombardi alla prima crociata a passé tout entière dans la partition française de Jérusalem. Verdi a ajouté toutefois plusieurs morceaux, notamment la grande scène pour ténor, jouée et chantée admirablement par Duprez ; le chœur : Enfin, voici le jour, est intéressant et l'orchestration en est très soignée. Le sextuor du premier acte offre ces effets puissants de rythme et de sonorité que le compositeur affectionne et que le public ne dédaigne point ; l'air de basse, chanté par Alizard, est expressif ; la polonaise, chantée par Hélène, a de l'éclat. Mme Van Gelder l'a dite avec succès ; la romance pour ténor, chantée par Duprez, semble écrite dans le style de Bellini ; le cantabile suave de l'auteur de Casta diva se reflète dans cette romance délicieuse, que les orgues ont popularisée ; mais le morceau capital de la partition est le trio final, composition dramatique d'un ordre supérieur. Mme Julian Van Gelder, Duprez et Alizard l'ont interprété avec un grand succès. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JÉRUSALEM DÉLIVRÉE (LA)

 

Opéra en cinq actes, livret de Pierre Baour-Lormian, d'après le Tasse, musique de Louis-Luc Loiseau de Persuis, créé au Théâtre de l'Opéra (salle Montansier) le 15 septembre 1812. Divertissements de Pierre Gardel. Décors d'Isabey. Costumes de Ménageot.

 

« Persuis était chef d'orchestre de l'Opéra. Malgré l'influence dont il jouissait, il ne put maintenir longtemps au répertoire une œuvre aussi médiocre. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JÉRUSALEM DÉLIVRÉE (LA)

 

Opéra sacré, musique de l'abbé Stadler, exécuté à l'Académie royale de musique le 20 mars 1818. Cette œuvre admirable du compositeur allemand avait été entendue d'abord à Vienne en 1808, et, depuis cette époque, cet oratorio, qui offre les plus belles pensées musicales soutenues par une harmonie puissante, a été choisi pour faire partie du programme des grandes fêtes publiques en Allemagne. Le titre gravé est celui-ci : les Croisés ou la délivrance de Jérusalem.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JESSICA

 

Drame lyrique en quatre actes, livret de Jules Adenis et Henri Boisseaux, d’après The Merchant of Venice de William Shakespeare, musique de Louis Deffès. Autres titres : le Marchand de Venise ; Shylock ; la Fille de Shylock.

 

Première représentation à Toulouse, théâtre du Capitole, le 25 mars 1898 avec MM. Desmet (Shylock), Henderson (Antonio), Chais (Bassanio), Mme Baréty (Jessica), Mme Tournié (Portia) et Mlle Véry.

  

« M. Jules Adenis a tiré les éléments de son poème, très vivant et très dramatique, du drame célèbre de Shakespeare, the Merchant of Venice ; mais il a dû réduire les proportions de  l'œuvre pour faire place à la musique, et n'en laisser que huit personnages sur vingt ; d'autre part, il y a introduit un dénouement tragique qui ne se trouve pas dans le drame original. Sur ce livret le compositeur a écrit une musique très émouvante, d'un grand accent dramatique, et qui a produit sur le public une impression profonde. Cette Jessica devait s'appeler d'abord Shylock et être jouée à l’Opéra-Comique, où l'œuvre avait été reçue. Les circonstances en ont décidé autrement. Parmi les morceaux les plus saillants on a signalé au premier acte la mélodie d'Antonio : C'était le soir, et une finale d'une grande allure ; au second la cavatine de Jessica, un duo très remarquable entre Shylock et sa fille et les couplets du même Shylock ; au troisième, le point culminant de l'œuvre, un délicieux entr'acte, le chœur des Hirondelles, chanté d'une façon exquise par les jeunes élèves femmes du Conservatoire de Toulouse, la poétique rêverie de Portia, un ballet charmant et un solide quintette final ; enfin, au quatrième, l'air de Shylock, celui de Jessica et la scène très dramatique du tribunal. La représentation fut un véritable triomphe pour le compositeur, qui, alors âgé de quatre-vingts ans, ancien élève du Conservatoire de Toulouse, où il était né, ancien grand prix de Rome, autour d'une douzaine d'ouvrages représentés à Paris, était revenu dans sa ville natale prendre la direction de ce Conservatoire où il avait commencé ses études. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

JÉSUS DE BÉTHANIE

 

Pièce lyrique en cm acte, paroles d’Émile Campocasso, musique d’Adalbert Mercié, représentée au petit théâtre des Mathurins le 03 avril 1901.

 

 

JEU DE CACHE-CACHE (LE) ou LA FIANCÉE

 

Vaudeville en deux actes, musique de Blangini, représenté au théâtre des Nouveautés le 25 mai 1827.

 

 

JEU DE DOMINOS (LE)

 

Opérette en un acte, musique de M. Willent-Bordogni, représentée aux Folies-Marigny le 13 juillet 1879.

 

 

JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret tiré de la comédie de Marivaux, musique de Mlle Le Chevalier de Boisval, représenté en province au mois de septembre 1895.

 

 

JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, d’après la comédie de Marivaux, poème et musique d’Henri Rabaud.

 

Première représentation à l’Opéra de Monte-Carlo, le 19 novembre 1954, sous la direction d’Albert Wolff.

 

 

JEUNE BELLE-MÈRE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Théophile Dumersan et Sewrin, musique de Frédéric Kreubé. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 14 décembre 1816.

 

 

JEUNE ET VIEILLE ou LA CHAMBRE À DEUX MAÎTRES

 

Opéra-comique en un acte, livret de René Alissan de Chazet et Charles Dubois, musique de Louis-Barthélemy Pradher et de Henri François Berton. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 janvier 1811.

 

 

JEUNE FEMME COLÈRE (LA)

 

Comédie en un acte de Charles-Guillaume Étienne, mise en opéra à Saint-Pétersbourg par Claparède, musique de François-Adrien Boieldieu, représentée à Saint-Pétersbourg au théâtre de l'Ermitage le 18 avril 1805, et le 24 du même mois au Grand-Théâtre de la ville. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 octobre 1812. Représenté au Théâtre de l'Opéra le 18 septembre 1821, lors d'une représentation au bénéfice de Mme Mainvielle-Fodor.

 

« On s'étonne du parti que Boieldieu a su tirer de cette pièce plate et bourgeoise. Il a su y faire vibrer la note du cœur ; il a rendu gracieuses les situations les plus banales, et spirituelles les plus lourdes idées de l'auteur des paroles. Émile de Valrive, colonel de dragons, vient d'épouser Rose de Volmar, jeune personne d'un caractère irascible à l'excès, mais douée d'un excellent cœur. Elle a un frère qui est aussi militaire et l'ami intime de son mari. Émile ne tarde pas à s'apercevoir du défaut de sa femme, qui congédie chaque semaine un domestique, quitte à être obligée de se servir elle-même, qui déchire ses robes et ses chapeaux, brise sa guitare, et se livre enfin à tous les emportements d'une enfant gâtée. De concert avec Volmar, il imagine de renchérir sur les dispositions de sa femme ; à son tour il casse verres et porcelaines, bat son domestique, provoque en duel son beau-frère, et fait un sabbat de tous les diables La jeune femme est atterrée. Elle fait un retour sur elle-même et se corrige aussi promptement que dans un conte de Mme de Genlis ou de M. de Bouilly.

L'ouverture rappelle un peu celle du Calife de Bagdad. Le duo entre Germain et sa femme, exprime avec bonhomie et rondeur la situation de M. et de Mme Denis, écrit en ut avec une simple modulation à la dominante, il puise son intérêt dans le rythme seul. Le rondeau de Rose : Pourquoi négliger l'art de plaire, est charmant et accompagné avec un goût exquis. Le duo de Rose et d'Émile : Ah ! c'est un défaut bien terrible, est écrit bien haut pour soprano. Ces notes élevées s'accommodent mal avec une scène de sensibilité conjugale. Le quatuor de la clef : Thérèse, Thérèse, il faut qu'elle sommeille, est excellent ; mais la romance qui suit : Ah ! que deux époux sont heureux, est bien faible. Le meilleur morceau de l'ouvrage est, à notre avis, le trio andantino : Je vais partir, ne vous déplaise, où se trouve enfin la note émue, assez rare dans la musique du maître, où le cœur de ces braves gens parle un langage sympathique. Le travail de l'instrumentation est la perfection même. Les rôles ont été créés par Andrieux, Claparède, Mées, Mmes Philis et Mées. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEUNE FILLE D'ELISONDO (LA)

 

Opérette, musique de Jacques Offenbach, représentée au Karl-Theater, à Vienne, en décembre 1859, et à Brunswick en août 1861.

 

 

JEUNE HENRI (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jean-Nicolas Bouilly, musique de Méhul. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 01 mai 1797. Cet opéra a survécu dans son ouverture, belle symphonie de chasse universellement connue et toujours admirée.

Cette ouverture excita un enthousiasme extraordinaire ; aussi, à la première représentation, fut-on obligé de l'exécuter deux fois de suite. Le public, ne goûtant pas la pièce, fit baisser le rideau avant qu'elle fût terminée ; mais, d'autre part, on voulut donner au compositeur un témoignage d'admiration : on demanda que la magnifique ouverture fût jouée une troisième fois, ce qui eut lieu. L'ouverture du Jeune Henri est restée comme un modèle du genre, et lorsqu'un bon orchestre l'exécute, elle ne manque pas de produire un très grand effet. Dans le grand festival qui eut lieu au Palais de l'industrie pendant l'Exposition universelle de 1867, trois mille musiciens environ exécutèrent, sous la direction de M. Georges Hainl, l'ouverture du Jeune Henri. Elle partagea les honneurs de la séance avec un fragment d'un oratorio de Händel.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEUNE ONCLE (LE)

 

Opéra en un acte, livret d’Hippolyte Advenier de Fontenille, musique de Felice Blangini. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 10 avril 1821.

 

« Poème et musique un peu pâles. Succès d'estime. » [Almanach des spectacles, 1822]

 

 

JEUNE PRUDE (LA) ou LES FEMMES ENTRE ELLES

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Dalayrac. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 14 janvier 1804. Il n'y a dans cette pièce que des rôles de femmes.

 

 

JEUNE SAGE ET LE VIEUX FOU (LE)

 

Comédie en un acte et en prose, mêlée d'ariettes, livret de François-Benoît Hoffman, musique de Méhul. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 28 mars 1793.

 

 

JEUNE SAUVAGE (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Blanchard et ***, musique d'Alexandre Piccinni, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes le 6 septembre 1803.

 

 

JEUNE TANTE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Mélesville, musique de Frédéric Kreubé. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 18 octobre 1820, avec Marie Julie Boulanger.

 

 

JEUNE TÉLÉMAQUE (LE)

 

Opéra bouffe en trois actes, paroles de MM. Derriac et Serrez, musique de M. Cunuis, représenté à Lyon, sur le théâtre des Célestins, le 3 avril 1880.

 

 

JEUNE VEUVE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Désaugiers, représenté au théâtre des Beaujolais en 1788.

 

 

JEUNES MARIÉS (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Charles Simon Favart et André Parmentier, musique de vaudevilles. Création à la Foire Saint-Laurent le 01 juillet 1740. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 25 mai 1778.

 

 

JEUNESSE D'HAYDN (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Duménil, musique de Hetzel, représenté au théâtre Montmartre (Paris) le 22 janvier 1846.

 

 

JEUNESSE D'HAYDN (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Célanie Carissan, représenté à la salle Duprez le 27 mars 1889.

 

 

JEUNESSE DE BÉRANGER (LA)

 

Opérette en un acte, livret de Louis Péricaud et Gaston Villemer, musique de Firmin Bernicat. Création à l'Eldorado le 20 janvier 1877.

 

 

JEUNESSE DE CHARLES XII (LA)

 

Opéra-comique, musique de Rozet, représenté sur le théâtre de Lyon au mois de septembre 1845. Interprété par les chanteurs Boulo et Barrielle.

 

 

JEUNESSE DE CHARLES-QUINT (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Mélesville et Charles Duveyrier, musique d’Alexandre Montfort. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 01 décembre 1841. Le monarque joue un rôle ignoble dans cette pièce. Il cherche à séduire la femme du docteur Magnus. Il a pour rival un soldat nommé Ulrich, qui le blesse d'un coup d'épée à travers un rideau. Le docteur se trouve là tout exprès, au sortir de la maison, pour panser la blessure de celui qui le déshonore et qui a la lâcheté d'en accuser un autre. Après avoir échoué dans son expédition amoureuse, le jeune roi quitte la partie, escorté des regrets et des bénédictions de tous. Un livret d'opéra-comique si mal conçu sous le rapport du caractère historique du principal personnage ne pouvait avoir de succès. La musique de cet ouvrage a paru estimable. On a remarqué l'air d'Ulrich : Je suis archer du roi, dont le rythme est franc et la mélodie bien accusée ; le morceau exécuté pendant l'entr'acte, qui est d'une harmonie élégante et d'un gracieux effet, et la scène dans laquelle le docteur joue le rôle de George Dandin, et où le compositeur a fait preuve de verve et d'un bon esprit scénique. Henri, Mocker et Couderc ont joué les rôles de Magnus, de l'archer Ulrich et de Charles-Quint, et Mlle Révilly celui de Marie, la femme du docteur.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEUNESSE DE GRÉTRY (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Lhoest, musique de Félix Pardon, représenté au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 10 avril 1871. C'était le début à la scène de l’auteur, qui avait déjà obtenu le second prix de Rome à l'Académie de Belgique et qui n'avait pas encore accompli sa vingtième année. Un critique, son compatriote, disait de cet ouvrage : « La Jeunesse de Grétry n'eut pas grand succès ; non pas qu'elle lût sans valeur musicale, mais l'influence de Lohengrin y était plus sensible que celle de l'Epreuve villageoise. Comme il arrive souvent aux jeunes gens, le compositeur avait traité dans un style trop ambitieux une donnée modeste qui ne comportait pas tant de fracas. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JEUNESSE DE HENRI V

 

Opéra en trois actes, musique de Volder, écrit à Anvers vers 1794.

 

 

JEUNESSE DE HOCHE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Giuseppe Gariboldi, représenté à Versailles le 5 septembre 1872.

 

 

JEUNESSE DE LA TOUR (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de M. Le Pailleur, musique de Henri Cieutat, représenté à Cambrai le 28 mars 1887.

 

 

JEUNESSE DE LULLI (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles des frères Dartois, musique de Mlle Péan de Larochejagu, représenté sur le théâtre Montmartre le 28 décembre 1846, et à la Salle lyrique, rue de la Tour-d'Auvergne, en mars 1853.

 

 

JEUNESSE DE PARNY (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, paroles de Gaston Rennes, musique de Lucien Piat, représenté au théâtre de la République en 1896.

 

 

JEUX FLORAUX (LES)

 

Opéra en trois actes, livret de Jean-Nicolas Bouilly, musique de Léopold Aimon, créé au Théâtre de l'Opéra (salle Montansier) le 16 novembre 1818. Ballets de Pierre Gardel et Louis Milon. Décors de Lebe-Gigun, sous la direction de Charles Cicéri.

 

« La jolie romance de Florian

 

A Toulouse il fut une belle,

Clémence Isaure était son nom, etc.

 

a fourni le sujet du nouvel opéra. Le sire de Lautrec a vaincu Raymond, comte de Toulouse, dans un tournois donné par Charles-le-Bel. Le mariage de Lautrec et de Clémence Isaure, fille du comte, est rompu. On n'était pas alors aussi scrupuleux qu'aujourd'hui sur les convenances. Lautrec et Isaure ne doivent plus se voir, mais ils s'écrivent. Clémence engage son doux ami à se rendre à la fête des jeux floraux. De tout temps la France a fait marcher ensemble la guerre et les plaisirs ; la fête commence, quoique le farouche Alphonse soit aux portes de Toulouse avec son armée. Raymond apprend que le chef de la sienne a été tué en poursuivant l'ennemi. Raymond, qui a, sans difficulté aucune, admis au concours l’odieux Lautrec, lui confie avec la même prévoyance le commandement de son année. Lautrec s'éloigne de sa mie et va combattre. Le concours des jeux floraux occupe la cour et la ville. Deux troubadours, Montfort et Berenger, balancent les suffrages. Isaure, qui doit épouser le vainqueur, prétend qu'il faut leur partager le prix.

Cependant le brave Lautrec a mis en déroute Alphonse et son armée, il demande à rentrer dans la lice du chant ; et, par un sentiment de générosité, devenue plus rare chez les poètes Lauréats, Berenger et Montfort renoncent à leurs droits, à la main d'Isaure, et Raymond, entraîné par leur noble dévouement consent à l'union de Lautrec et d'Isaure. Poème faible, intrigue froide. Mais une musique brillante, des ballets délicieux, et surtout le chant français qui termine l'ouvrage, eut sauvé au poète une chute méritée. M. Bouilly pouvait faire beaucoup mieux, M. Aimon pour la musique, MM. Gardel et Milon pour les ballets, peuvent s'attribuer tous les applaudissements. »

[Almanach des spectacles, 1819]

 

« Lays chanta le principal rôle, celui d'un ménestrel. La musique de cet ouvrage fut louée par les connaisseurs, mais l'auteur n'a pas trouvé une seconde occasion de produire son talent. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JEUX OLYMPIQUES (LES)

 

Opéra en un acte, poème de Senneterre, musique de Blavet, représenté à l'Académie royale de musique en 1753.

 

 

JOAILLIER DE SAINT-JAMES (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, musique d’Albert Grisar. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 février 1862, mise en scène d’Ernest Mocker.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 07 avril 1863 avec Mme Monrose (la marquise de Richmond), MM. Jourdan (le comte Oliveri), Aujac (Bernard), Carrier (Tom Krick).

 

« Le livret et la musique reproduisent en grande partie l'opéra de Lady Melvil, représenté au théâtre de la Renaissance le 15 novembre 1838. On distingue dans cet ouvrage les variations sur l'air de la Molinara : Nel cor più non mi sento, et la romance de ténor, chantée par Montaubry : Adieu, madame. Couderc jouait très bien un rôle de Gascon. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JOANITA ou LA FILLE DES BOUCANIERS

 

Grand opéra en trois actes, livret d’Edouard Duprez et Gustave Oppelt, musique de Gilbert Louis Duprez. Création à l’Opéra-National le 11 mars 1852. => fiche technique

 

 

JOANNA

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Benoît-Joseph Marsollier, musique de Méhul. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 23 novembre 1802.

 

 

JOB ET SON CHIEN

 

Opérette en un acte, paroles de M. Mestépès, musique d’Emile Jonas, représentée aux Bouffes-Parisiens le 6 février 1863. Cette extravagance a cependant inspiré une jolie musique au jeune compositeur. Jouée par Desmonts, Marchand, Georges et Mlle Géraldine.

 

 

JOCELYN

 

Opéra en quatre actes et huit tableaux, livret d’Armand Silvestre et Victor Capoul, d’après le poème de Lamartine, musique de Benjamin Godard.

 

Première représentation à la Monnaie de Bruxelles, le 25 février 1888, mise en scène de Lapissida, avec Mmes Rose Caron (Laurence), Van Besten (la mère de Jocelyn), Storrel (Julie), Legault (un montagnard), Falize (une jeune fille), MM. Engel (Jocelyn), Seguin (l’évêque), Isnardon (le père de Jocelyn), Vinche (le vieux pâtre), Frankin (un écolier), Rouyer (l'époux de Julie ; un incroyable), Gandubert (un muscadin), sous la direction de Joseph Dupont.

 

Représenté à Paris, Théâtre-Lyrique-National du Château-d’Eau, le 13 octobre 1888, avec Mmes Marguerite Gay (Laurence) et Haussmann (la mère), MM. Victor Capoul (Jocelyn), Couturier (l’évêque), Eugène Badiali (l'époux de Julie ; un incroyable).

 

« C'est M. Capoul, le ténor bien connu, qui avait eu l'idée de tirer du poème célèbre de Lamartine un livret d'opéra à son usage. Son désir était en effet de terminer sa carrière théâtrale par la création du rôle de Jocelyn, et, chose singulière, ce ne fut pas lui qui en fut chargé lorsque l'ouvrage fit à Bruxelles sa première apparition ; c'est seulement lorsque celui-ci fut monté à Paris, dans les conditions assez médiocres que pouvait offrir le théâtre du Château-d'Eau, qu'il put satisfaire ce désir longtemps caressé.

Il ne semblait pas d'ailleurs qu'il y eût dans un tel ouvrage les éléments d'un succès brillant et prolongé. Cela tient surtout à la nature du sujet, qui, s'il est pathétique, n'est véritablement pas scénique, et dans lequel, on le sait, l'analyse des sentiments tient beaucoup plus de place que l'action, ce qui est précisément le contraire de ce qu'il faut au théâtre. Quelques efforts qu'aient faits les auteurs, ils n'en ont pu tirer ce qu'ils n'y pouvaient trouver, c'est-à-dire le mouvement, la chaleur et la vie. Il a fallu user de subterfuges, imaginer des épisodes et des incidents indirects pour obtenir ce semblant de mouvement qui est absent de l'œuvre initiale, et ces incidents à côté, forcément plaqués sur une action froide par elle-même, ne font pas corps avec elle et n'y sont pas logiquement et fortement soudés. De ce nombre est le tableau révolutionnaire du troisième acte, qui présente le supplice de l'évêque au milieu de la populace jacobine. Ici pourtant, il y avait une bonne situation musicale à développer par le compositeur, et c'est précisément là qu'il s'est dérobé. Ce déchaînement populaire, ces chœurs d'enfants, de femmes, de plébéiens, ces chants du Ça ira, de la Carmagnole, qui se croisent, s'enchevêtrent et s'entrechoquent au milieu du tumulte et de la joie farouche causée par l'approche de l'exécution, tout cela pouvait provoquer une explosion superbe et grandiose. Il faut bien dire qu'il n'en est rien, et que ce tableau, qui eût dû être curieux et orignal, a été manqué par le musicien. Les chœurs ici se succèdent à la queue-leu-leu, d'une façon banale, au lieu de se combiner d'une façon vraiment musicale ; les deux chants révolutionnaires, qui auraient pu provoquer un curieux travail harmonique, sont produits dans toute leur nudité ; enfin, l'orchestre, dont le rôle aurait pu être si plein d'intérêt, manque à la fois de couleur, de puissance et d'énergie.

Mais il y a, d'autre part, des pages charmantes dans la partition de Jocelyn. Bien qu'on y rencontre quelques bons élans dramatiques, les meilleures sont surtout celles qui exigeaient de la grâce et de la tendresse. Ainsi, au premier acte, la scène de Jocelyn et de sa mère, malheureusement trop longue au point de vue scénique, mais qui, au point de vue musical, est développée et conduite avec un rare talent, dans un sentiment exquis. Ainsi encore le grand duo de Jocelyn et de Laurence, qui forme presque tout le second tableau du second acte et qui est d'une couleur adorable. Il faut encore citer quelques morceaux épisodiques : le prélude du second acte, qui est vraiment joli ; une adorable chanson paysanne à deux voix, Mignonne, c'est bientôt le temps des accordailles, dont le rythme et le dessin sont pleins de grâce et de fraîcheur ; enfin un chœur d'hommes charmant au quatrième acte, accompagné merveilleusement par les violons dans la douceur. En résumé, Jocelyn est une œuvre inégale, mais dans laquelle le compositeur avait fait preuve d'un incontestable talent. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JOCKEI (LE)

 

Comédie en un acte, mêlée d'ariettes, et en prose, livret de François-Benoît Hoffman, musique de Jean-Pierre Solié. Création sur le théâtre de l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 06 janvier 1796 (16 nivôse an IV). Pendant plusieurs années, cette pièce fut jouée une ou deux fois par semaine, et elle obtint assez de succès pour donner à Hoffman un rang parmi les auteurs dramatiques. La musique de Solié a beaucoup vieilli. Il est vrai qu'on a entendu les principaux motifs du Jockei dans les vaudevilles, entre autres les couplets de la première scène : Lorsque vous verrez un amant ; la facture facile des airs de Solié se prêtait au goût du public récemment admis à jouir très librement des plaisirs de l'esprit. C'est peut-être le compositeur qui a fourni le plus de ces espèces de mélodies appelées timbres à la Clef du Caveau.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JOCKEY MALGRÉ LUI (LE)

 

Vaudeville-opérette en trois actes, paroles de Maurice Ordonneau et Paul Gavault, musique de Victor Roger, représenté aux Bouffes-Parisiens le 04 décembre 1902.

 

 

JOCONDE

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Desforges, musique de Jadin, représenté sur le théâtre de Monsieur, salle Feydeau, le 14 septembre 1790. Même sujet que celui du conte de La Fontaine. La musique a eu du succès ; mais celle de Niccolo [Isouard] l'a fait oublier.

 

 

JOCONDE ou LES COUREURS D'AVENTURES

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Charles-Guillaume Etienne, d’après le conte de Jean de la Fontaine, musique de Niccolo Isouard.

 

Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 28 février 1814, costumes de Pierre Bergeret, effets de Paul, avec Jean-Blaise Martin (Joconde), Marie Julie Boulanger, sous la direction de Frédéric Kreubé.

 

Donné à l'Opéra de Paris le 27 septembre 1815 pour la représentation de retraite de Mme Huet, et le 15 décembre 1818 pour la représentation de retraite du danseur Beaupré.

 

« Joconde est un des types les plus parfaits du genre opéra-comique. Légèreté, grâce, vivacité, tour mélodique facile et partout spirituel, il résume toutes ces qualités. Sa popularité a duré longtemps, et il est resté presque constamment au répertoire. L'accord de l'inspiration du musicien avec le caractère des situations est tel que certaines phrases de la partition sont devenues en quelque sorte proverbiales. L'air de la romance : Dans un délire extrême, est dans son genre musqué, galant et troubadour, un petit chef-d'œuvre. Tout le monde en a chanté le refrain :

 

Et l'on revient toujours

A ses premiers amours.

 

Le quatuor scénique dans lequel la jeune villageoise trompe si agréablement Joconde et son ami, à la faveur de l'obscurité, est un des meilleurs morceaux de la partition ; la phrase principale y est répétée en canon par chaque personnage sur les paroles aussi fort connues :

 

Quand on attend sa belle,

Que l'attente est cruelle !

Et qu'il sera doux

L'instant du rendez-vous !

 

Nous ne devons pas omettre le grand air de Joconde si caractérisé : J'ai longtemps parcouru le monde, et qui rappelle l'air de Madamina de Leporello. On a eu tort de dire que Joconde était un don Juan français. Il est inconstant, frivole, trop facilement amoureux, mais toujours aimable et jamais odieux. Nous signalerons encore le trio : Amour ! seconde mon courage, et les couplets si fins et si spirituels : Parmi les filles du canton. Chollet a laissé des souvenirs dans le rôle de Joconde. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JOCRISSE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Cormon et Henri Trianon, musique d’Eugène Gautier. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 10 janvier 1862. On a distingué deux airs bien faits : Les Jocrisses sont de bons enfants, et Trinquer, trinquer. Cette pièce n'a pas réussi.

 

 

JOËL

 

Grand opéra en trois actes, paroles de Louis Gallet, musique de Gilbert Desroches (pseudonyme de la baronne Legoux), représenté à Nice le 11 avril 1889.

 

 

JOIES DU CAPITOLE (LES)

 

Opérette en deux actes, livret de Jacques Bousquet, lyrics d'Albert Willemetz, musique de Raoul Moretti. Création au Théâtre de la Madeleine le 25 février 1935 avec Mmes Arletty (Agrippine), Huguette Grégory (Messaline), Claire Gérard (Lépida), Ginette Vincent (Corinne) ; MM. Michel Simon (l'empereur Claude), Christian-Gérard (Silius), Pierre Lecomte (Juvénal).

 

"Ici, Messaline est une femme pure. Mais elle a un sosie qui se charge, sur l'instigation d'Agrippine, de procurer à tous des faveurs soi-disant impériales. L'empereur lui-même s'y trompe. Mais comme Messaline a une faiblesse passagère, elle sera répudiée et Agrippine parviendra à ses fins, c'est-à-dire se fera épouser par l'empereur Claude. Cette histoire romaine muée en opérette sent un peu la farce de collège, malgré quelques scènes piquantes ; quant à la musique, elle ne vise qu'à être aussi impersonnelle que possible, l'auteur croyant évidemment que c'est là le meilleur moyen de rallier tous les suffrages." (Larousse Mensuel Illustré, 1935)

 

 

JOLICŒUR

 

Opérette en un acte, musique de Charles de Sivry, représentée aux Fantaisies-Oller le 24 janvier 1877.

 

 

JOLI GILLES

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Charles P. Monselet, d’après l’Embarras des richesses, comédie de Soulas d’Allainval (1725), musique de Ferdinand Poise.

 

Création à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 10 octobre 1884, mise en scène de Léon Carvalho, costumes de Théophile Thomas, avec Mmes Zoé Molé-Truffier (Violette), Dupont (Sylvia) et Pierron (Madame Pantalon), MM. Mouliérat (Léandre), Fugère (Gilles), Grivot (Pasquello), Gourdon (Monsieur Pantalon) et Barnolt (Trivelin).

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 07 février 1885, avec Mmes Legault (Violette), Verheyden (Sylvia), Ismaël (Mme Pantalon), MM. Soulacroix (Gilles), Delaquerrière (Léandre), Guérin (Trivelin), Chappuis (Pantalon), Schmidt (Pasquello).

 

Représenté à Genève le 21 décembre 1888.

 

« C'est le dernier ouvrage que fit représenter ce musicien délicat qui, dans la seconde manière qu'il s'était faite, avait su rencontrer un succès digne de sa haute valeur. Il avait, en effet, trouvé alors une forme nouvelle, essentiellement personnelle, qui faisait de lui un artiste tout particulièrement original et que nul n'eût pu songer même à imiter. Qui ne se rappelle la saveur exquise, et aussi la faveur très marquée qu'obtinrent auprès du public ces jolies partitions de la Surprise de l'amour, de l'Amour médecin et de Joli Gilles ? Poise s'était fait ainsi le collaborateur de Marivaux, de Molière et de d'Allainval, que son ami Monselet, avec un tact merveilleux, avait arrangés musicalement à son intention. Il y avait dans ces trois partitions, avec une inspiration pleine d'élégance et de grâce, comme un petit parfum d'archaïsme discret qui leur donnait un charme inexprimable. Il semblait que cela eût de la poudre et des mouches, et l'audition de cette musique procurait une sensation analogue à celle que produit la vue d'une toile de Watteau ou d'un pastel de La Tour. Quelle recherche dans le style, quelle finesse dans les harmonies, quelle délicatesse, quelle distinction et quelle sobriété dans l'orchestre ! Pour ne lui être pas offerts avec fracas, comme certains de plus de prétention et de moindre valeur, ces ouvrages furent accueillis par le public avec une surprise mêlée de joie, et qui en assurait la fortune. Poise avait trouvé ainsi, dans l'ancien répertoire de la Comédie-Française, une mine qui convenait merveilleusement à son talent et à sa nature artistique. La grâce et la tendresse étaient surtout son lot, et, comme il était un véritable musicien d'opéra-comique, les accents de la gaieté ne manquaient pas non plus à sa muse accorte, aimable et souriante. On peut s'en rendre compte par cette seule partition de Joli Gilles, si complète et si parfaite depuis sa charmante ouverture jusqu'à la dernière note. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JOLIE FIANCÉE (LA)

 

Opéra-comique, musique de Janssens, représenté à Anvers en 1824.

 

 

JOLIE FILLE DE PERTH (LA)

 

Opéra en quatre actes, livret de Henri de Saint-Georges et Jules Adenis, musique de Georges Bizet. Création au Théâtre-Lyrique le 26 décembre 1867. => fiche technique

 

 

JOLIE GOUVERNANTE (LA)

 

Opéra en deux actes, musique de Vernier, représenté au théâtre du Cirque du Palais-Royal en 1798.

 

 

JOLIE PARFUMEUSE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Hector Crémieux et Ernest Blum, musique de Jacques Offenbach, représenté au théâtre de la Renaissance le 29 novembre 1873. Cette petite comédie se passe tour à tour aux Porcherons, dans l'hôtel d'un financier et rue Tiquetonne, dans la boutique de la parfumeuse. Eternelle histoire d'un chassé croisé d'amourettes : d'une part, M. La Cocardière, le financier, et la danseuse d'opéra Clorinde ; de l'autre, Rose, la jolie parfumeuse, et le bachelier Bavolet. On peut signaler au premier acte un duo d'une forme archaïque, une valse chantée et la ronde de la Marjolaine ; dans le deuxième, le duo final, et dans le dernier une lettre débitée d'une façon fort comique. Chanté par Bonnet, Daubray, Troy, Mmes Théo, Laurence Grivot et Mlle Fonti. Cet ouvrage a joui d'une grande vogue.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

JOLIE PERSANE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de Charles Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 28 octobre 1879, avec Mmes Jane Hading (Namouna), Desclauzas (Babouche), Gélabert (le Prince), Lilia Herman (Koukouli), Norette (Zobelia), Lydie Borel (Zélis), Panseron (Fatmé), Doriani (Mirya), Davenay (Balkis), Kolb (Sésanne), Ducouret (Cadige), MM. Ismaël (Broudoudour), Vauthier (Moka), Paul Ginet (Salamaleck), Lary (Nadir), William (Nouga), Tauffenberger (Zab), Desclos (Sava), Perrenot (Nokis), Morand (Ali), Legrain (Noureddin), Veret (Lolo).

 

La pièce est tellement fantaisiste qu'on ne peut l'analyser brièvement. Nadir et Namouna, la jolie Persane, à peine mariés, se querellent et font prononcer leur divorce par le cadi Moka. Le prince, amoureux de Namouna, veut l'épouser, mais un raccommodement a lieu entre les époux qui demandent l'annulation de leur divorce. La loi persane veut qu'avant de reprendre la vie commune, Namouna se soit unie à un autre et soit divorcée de nouveau. Cet autre est le hulla qui doit remplir avec discrétion et pour la forme ce rôle de mari intérimaire. Ce hulla s'appelle Broudoudour et a déjà rempli cent quinze fois cet office. La noce a lieu et le prince s'avise de prendre la place de Broudoudour, en profitant des ténèbres de la nuit et de jouer son rôle sérieusement. Scandale général. Broudoudour est accusé d'avoir failli à son mandat, et, d'après la loi, il faut qu'il garde malgré lui la femme qu'il n'a pas suffisamment préservée des droits de l'hymen. Tous les personnages sont au désespoir. L'inconstance du prince amène un dénouement favorable aux amours de Nadir et de Namouna. Il s'éprend de la femme du vieux cadi Moka, lequel s'empresse de divorcer, et Broudoudour épouse la marchande d'oranges Babouche. La musique de M. Lecocq est agréable, bien écrite, mélodieuse et rythmée avec une aisance remarquable sur les paroles. On regrette de voir un compositeur aussi heureusement doué sacrifier son talent à de pareilles insanités. Je signalerai, parmi les morceaux les plus intéressants, les couplets des pêches, le rondeau du petit ange, les couplets de Namouna, Pour bien choisir un amoureux, le finale du premier acte ; dans le second, la chanson persane, accompagnée par le chœur ; les couplets du somnambule, Oui, c'est bien cela, vraiment, dont l'accompagnement par le chœur à bouches fermées est d'une ironie ingénieuse ; dans le troisième, une valse chantée et le quartetto de la lettre.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

JOLIE TANIÈRE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Bedeau, professeur de rhétorique, musique de M. Guthmann, organiste, représenté à La Rochelle le 14 juin 1898.

 

 

JOLIES VIENNOISES (LES)

 

Opérette en trois actes, opérette en trois actes d'André Mauprey, d'après Victor Léon et Leo Stein, musique de Johann Strauss. Création au Trianon-Lyrique le 22 décembre 1934 avec Mmes Jeanne Guyla (comtesse Gabrielle), Cœcilia Navarre (Pepi), Jany Delille (Francesca), Léna Murat (Lisi) ; MM. Montia (le comte Baudoin), Morton (lord Morton), Monet (Joseph), Rollin (Kapler), Bertic (le cocher), Saimprey (Krakowski). Chef d'orchestre : Sylvio Mosse.

 

 

JOLIS CHASSEURS (LES)

 

Saynète musicale, paroles de Ch. Bridault, musique de M. Bovery, représentée aux Folies-Nouvelles en octobre 1855.

 

 

JONGLEUR DE NOTRE-DAME (LE)

 

Miracle en trois actes, livret de Maurice Léna, musique de Jules Massenet. Création au Théâtre de Monte-Carlo le 18 février 1902. Première à l'Opéra-Comique le 10 mai 1904. => fiche technique

 

 

JOSÉ-MARIA

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Cormon et Henri Meilhac, musique de Jules Cohen. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 16 juillet 1866. José Maria est un brigand imaginaire, dont un jeune hidalgo, nommé don Carlos, emprunte les apparences pour convaincre sa maîtresse, Diana Armero, qu'elle est recherchée en mariage par don Fabio, neveu du juge Corega, pour le million qu'elle possède et non pour elle-même. Il la dépouille de sa fortune comme l'aurait fait le brigand José Maria en personne. Don Fabio, croyant Diana devenue pauvre, lui rend sa parole, et don Carlos ne tarde pas à s'applaudir de son stratagème. On a remarqué, au premier acte, un air avec chœurs : Vive l'ivresse du jeu, la romance de Diana, celle de don Carlos : Ce matin, un heureux présage ; dans le second acte, deux duos, et dans le troisième, des chœurs intéressants. Chanté par Montaubry, Melchissédec, Ponchard, Nathan, Mme Galli-Marié et Mlle Bélia.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JOSEPH

 

Opéra biblique en trois actes, livret d’Alexandre Pineu-Duval (1767-1842), musique d’Etienne Méhul.

 

Personnages : Jacob, pasteur de la vallée d’Hébron (basse) ; Joseph, fils de Jacob, ministre d’Egypte (contralto) ; Benjamin, fils de Jacob (soprano) ; Siméon, fils de Jacob (ténor) ; Ruben, fils de Jacob ; Nephtali, fils de Jacob ; Utoral, confident de Joseph ; un Officier des gardes de Joseph ; Jeunes filles de Memphis ; Sept fils de Jacob (rôles muets) ; Israélites (rôles muets) ; Egyptiens (rôles muets) ; Soldats (rôles muets).

 

La scène est à Memphis.

 

 

Opéra-Comique

17.02.1807

Bruxelles

06.01.1808

Théâtre-Lyrique

21.01.1862

Opéra-Comique

18.08.1866

Opéra-Comique

15.06.1899

Benjamin

GAVAUDAN

LANGLADE

A. FAIVRE

M. ROSE

VAUCHELET

 

 

 

 

 

 

Joseph

Pierre ELLEVIOU

DAMOREAU

GIOVANNI

CAPOUL

TALAZAC

Jacob

SOLIÉ

ADOLPHE

J. PETIT

Eugène BATAILLE

COBALET

Siméon

GAVAUDAN

FOUCHET

LEGRAND

PONCHARD

CARROUL

Ruben

GAVEAUX

 

 

 

 

Chef d’orchestre

Frédéric BLASIUS

BORREMANS

DELOFFRE

DELDEVEZ

J. DANBE

 

Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 17 février 1807.

 

Première fois à Bruxelles, Théâtre Royal de la Monnaie, le 06 janvier 1808.

 

Reprise à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) du 11 septembre 1851, considérée, faute de renseignements antérieurs, comme « première » par les archives de la salle Favart. — Décors de Joseph Thierry, Auguste Rubé et Joseph Nolau. — Mise en scène d’Ernest Mocker.

Mmes LEFEBVRE (Benjamin), PETIT-BRIÈRE (une jeune fille).

MM. Edmond DELAUNAY-RIQUIER (Joseph), BUSSINE (Jacob), COUDERC (Siméon), CARVALHO (Utobal), NATHAN (Zabulon), DU VERNOY (Ruben), JOURDAN (Nephtali), PONCHARD (Lévy), LEJEUNE (un Officier).

Chef d'orchestre : TILMANT.

 

Repris au Théâtre-Lyrique  (boulevard du Temple) le 21 janvier 1862 avec Mme Amélie FAIVRE (Benjamin), MM. GIOVANNI (Joseph), Jules PETIT (Jacob), et LEGRAND (Siméon), sous la direction de DELOFFRE.

 

Repris salle Favart le 18 août 1866 (53e représentation).

Mme Marie ROSE (Benjamin).

MM. CAPOUL (Joseph), Eugène BATAILLE (Jacob), PONCHARD (Siméon), BERNARD (Utobal), VOISY (Zabulon), Paul LHÉRIE (Ruben), Gustave LEROY (Nephtali), DAVOUST (Lévy).

Chef d'orchestre : DELDEVEZ.

 

100e représentation à l'Opéra-Comique le 14 janvier 1883.

Mmes BILBAUT-VAUCHELET (Benjamin).

MM. TALAZAC (Joseph), COBALET (Jacob), CARROUL (Siméon) COLLIN (Utobal), VERNOUILLET (Zabulon), MOULIÉRAT (Ruben), CHENNEVIERE (Nephtali), LABIS (Lévy), BERNARD (un Officier).

Chef d'orchestre : Jules DANBÉ.

 

Première au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 26 mai 1899, avec les récitatifs d’Armand Silvestre mis en musique par Bourgault-Ducoudray. Mise en scène de Lapissida. Décors adaptés par Marcel Jambon et Alexandre Bailly. Costumes de Charles Bianchini.

Mmes Aïno ACKTÉ (Benjamin), AGUSSOL, MATHIEU, Andrée SAUVAGET (3 Jeunes Filles).

MM. VAGUET (Joseph), DELMAS (Jacob), Jean NOTÉ, (Siméon), DOUAILLIER (Utobal), DELPOUGET (Ruben), CABILLOT (Nephtali), PATY (Dan), LAURENT (Zabulon), ROGER (Lévi), BARRAU (Issachar), LACOME (Aser), BAUDIN (Gad), PALIANTI (Judas), GALLOIS (un Officier).

Chef d'orchestre : Paul VIDAL

 

La même année, le 15 juin 1899, l'Opéra-Comique le reprenait dans sa version originale, avec des décors de Lucien Jusseaume et une mise en scène d’Albert Carré :

Mmes Catherine MASTIO (Benjamin), DELORN, DHUMON et MARIÉ DE L'ISLE (jeunes filles).

MM. MARÉCHAL (Joseph), BOUVET (Jacob), LUBERT (Siméon), Michel DUFOUR (Utobal), BERNAERT (Zabulon), STUART (Ruben), BERTIN (Nephtali), LUPIAC (Lévy), DANGES (Dan), HUBERDEAU (Asser), DURAND (Issachar), TROY (Gad), MERCIER (Judas), ÉLOI (un Officier).

Chef d'orchestre : André MESSAGER.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 15 mai 1900 (119e représentation). — Même distribution que ci-dessus, sauf : MM. Michel DUFOUR (Siméon), ROTHIER (Utobal), André GRESSE (Zabulon), BRUN (Judas), VIANNENC (Dan), CLASENS (Lévy), DEVAUX (Issachar).

Chef d'orchestre : Georges MARTY.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 24 novembre 1910 (123e représentation).

Mmes Lucy VAUTHRIN (Benjamin), HEILBRONNER, GANTERI et BILLA-AZÉMA (jeunes filles).

MM. TIRMONT (Joseph), DUPRÉ (Jacob), VAURS (Siméon), GUILLAMAT (Utobal), Louis AZÉMA (Zabulon), DE POUMAYRAC (Ruben), DONVAL (Nephtali), COULOMB (Lévy), Raymond GILLES (Dan), PAYAN (Asser), PASQUIER (Issachar), BONAFÉ (Gad), BELHOMME (Judas), ÉLOI (Officier).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

129 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, dont 11 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950.

  

Reprise à l’Opéra du 07 juin 1946 (16e représentation) avec les récitatifs de Henri RABAUD — Mise en scène de Pierre CHEREAU — Danses réglées par Serge PERETTI.

Mmes SAINT-ARNAUD (Benjamin), MORERE, ATTY, BONNI-PELLIEUX (3 Jeunes Filles).

MM. RAMBAUD (Joseph), ENDREZE (Jacob), FRONVAL (Siméon), CAMBON (Utobal), DESHAYES (Ruben), BRECERIE (Nephtali), PHILIPPE (Dan), CHARLES-PAUL (Zabulon), HUC-SANTANA (Lévi), NOGUERA (Issachar), LEROY (Aser), CLAVERE (Gad), DUTOIT (Judas), PETITPAS (un Officier).

Chef d'orchestre : Reynaldo HAHN

 

21e à l’Opéra, le 20 octobre 1946, avec les interprètes de la reprise, sauf : Mmes DESMOUTIERS et LAURENCE (1re et 3e Jeunes Filles), MM. PETITPAS (Lévi), MAX-CONTI (un Officier) et D. E. INGHELBRECHT au pupitre.

 

Autres interprètes au Palais Garnier :

en 1899 : Mmes CARRERE (Benjamin), BEAUVAIS et Berthe MENDÈS DE LÉON (2e et 3e Jeunes Filles), MM. DENOYE (Dan), DELIT (Zabulon), CHEYRAT (Lévi).

en 1946 : M. ROUQUETTY (Aser).

 

21 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

  

« Baour-Lormian avait fait jouer une tragédie biblique ayant pour titre : Omasis. Se méfiant de l'intérêt que le public pourrait prendre au sujet de son poème, il y avait introduit une intrigue amoureuse : c'était un faux raisonnement et une maladresse. En effet, la gravité du sujet, l'austérité des mœurs de la famille patriarcale qu'il mettait en scène excluaient tout mélange de passions profanes, qui ne pouvaient qu'affaiblir l'intérêt du drame par une diversion inopportune. La pièce de Baour-Lormian tomba lourdement.

Alexandre Duval voulut traiter le même sujet, avec la collaboration de Méhul ; mais il eut le bon sens de conserver à chaque personnage le caractère que la Bible lui attribue, et de ne pas chercher à lutter contre des traditions aussi vénérables. Son poème, en dépit de la boursouflure et de l'emphatique majesté des formes littéraires à la mode sous le premier empire, renferme des beautés simples et des situations touchantes. L'auteur y évite deux défauts : celui de trop idéaliser ses personnages, ce qui aurait affaibli l'impression du spectateur, en lui peignant des sentiments qu'il n'aurait pu partager, et un autre défaut qui est devenu très fréquent depuis l'invasion du romantisme ; nous voulons parler de l'abus de ce qu'on appelle la couleur locale. En effet, le luxe de la mise en scène, les tableaux trop accusés, les descriptions minutieuses, dont l'exactitude est d'ailleurs fort hypothétique dans un sujet ancien, font perdre aux sentiments naturels la plus grande partie de leur force, et dérobent à l'action de la musique sur la partie élevée de l'âme et des sens ce qu'ils donnent à la simple curiosité et à une distraction frivole.

Un sentiment profond, une expression forte et soutenue, un style grandiose et sévère, enfin une orchestration d'une clarté et d'une limpidité admirables, toutes ces qualités réunies font de la partition qui nous occupe une œuvre qu'on ne saurait trop engager les jeunes musiciens à étudier. Les voix y sont traitées avec science, et la sobriété des dessins d'accompagnement n'exclut ni la grâce ni la variété.

Il y a dans les récits bibliques quelque chose qui sera éternellement en rapport avec l'âme humaine, et qui la fera toujours vibrer. Jacob et ses douze fils, un officier, tels sont les personnages du drame. Ce n'est pas même l'histoire entière de Joseph ; c'est Joseph reconnu par ses frères. On voit que l'action est réduite à la plus grande simplicité. Il y a plus d'un demi-siècle que l'opéra de Joseph a été représenté, et rien n'a vieilli dans cette œuvre. Ce qui vieillit en musique, ce sont les formules, la facture de convention, les usages et la mode du temps ; mais la beauté, la vérité, la pensée juste, l'expression vraie dans les œuvres d'art ne peuvent s'évanouir, disparaître, être détruites, à moins que les éléments constitutifs du système musical qui a servi à leur composition cessent d'être employés et qu'ils soient remplacés par d'autres. En ce cas seulement il y a prescription. Il est vrai de dire aussi que quelquefois il arrive que le public n'a plus l'aptitude nécessaire pour apprécier une œuvre d'un mérite supérieur ; car il y a, chez les peuples comme chez les individus, des moments d'éclipse ou d'égarement.

L'ouverture de l'opéra de Joseph, ou plutôt l'introduction, commence par un adagio suave, qui doit l'effet qu'il produit à la pureté de l'harmonie ; car tous les instruments à cordes ne jouent qu'à deux parties. Vient ensuite un thème de quatre mesures de la plus grande simplicité, qui est développé d'une manière magistrale. Ce thème est une formule mélodique empruntée au huitième mode du plain-chant, appelé hypomixolydien. Il est assez répété dans le cours de l'ouvrage pour lui donner un caractère particulier de religion, d'antiquité, de grandeur. C'est le début du chœur magnifique : Dieu d'Israël, que les Hébreux chantent au lever du soleil, pendant le sommeil de Jacob.

Cet emprunt fait par Méhul à la mélopée liturgique n'est pas le seul. Çà et là on retrouve dans sa belle partition des intervalles et des cadences qui rappellent les premières impressions de sa jeunesse, le séjour qu'il fit dans les abbayes des Récollets et des Prémontrés, et les fonctions d'organiste qu'il y remplit. Un quatuor, dans lequel chaque partie est intéressante et qui ramène le motif du premier acte, termine cette introduction instrumentale. Le grand air : Vainement Pharaon, dans sa reconnaissance, est trop connu pour que nous fassions remarquer son ampleur et sa force expressive. Chaque mot, chaque souvenir évoqué par le ministre de Pharaon est rendu à l'aide des moyens ordinaires de la langue musicale, naturellement, sans effort apparent. L'harmonie y règne, mais ne gouverne pas la mélodie qui, toujours vivante, animée, ne se laisse jamais asservir par les formules de l'école. Ce beau récitatif, ce tableau descriptif des champs paternels, de la vallée d'Hébron et des joies de la famille, le souvenir des malheurs de Joseph et de la perversité de ses frères, tout est vraiment pathétique.

Qui n'a entendu chanter, hélas ! en la dénaturant, dans les églises, dans les catéchismes, la touchante romance de Joseph, si simple, si pénétrante, ce chef-d'œuvre de goût : A peine au sortir de l'enfance ? L'absence de mesure, le déplacement des accents, la suppression même de notes essentielles, tout cela en fait une parodie. On a cru sanctifier l'air de bien des chansons profanes en leur substituant de pieuses paroles : nous n'examinerons pas ici si on y est parvenu ; mais nous pouvons dire que cette fois le cantique a profané la romance.

L'air de Siméon : Non ! non ! l’Eternel que j'offense, et le chœur des frères sont empreints de désespoir, de pitié, de terreur. L'unité règne dans ce morceau ; mais les remords du coupable sont toujours grondants ; les cris de sa conscience sont parfois déchirants ; lui aussi a des enfants, et leurs caresses l'accusent et lui font sentir plus cruellement son ingratitude. Dans la grande partie de cette scène, un decrescendo fait comprendre que la crainte, la nécessité, imposent à cette malheureuse famille de cacher son trouble. Tout s'apaise en apparence ; Joseph paraît.

Ici commence le finale du premier acte : Ah ! son aspect me fait horreur ! Les sentiments dont nous avons vu l'explosion dans l'air et le chœur précédents continuent avec un acteur de plus, qui, lui aussi, veut se contenir et dissimuler. Mais tout est concentré, tout est aparté. Ce n'est pas une action que Méhul a exprimée ici ; ce sont les bouleversements d'une âme fière et outragée, les justes ressentiments, les tempêtes que réveille l'aspect des meurtriers, situation tout idéale, étude psychologique admirablement traduite par ces notes tenues de l'alto, sous lesquelles les violoncelles et les contrebasses font entendre un dessin grondant de gammes ascendantes formant une marche harmonique très accentuée. Mais Joseph redevient maître de lui : Reprenons mon empire sur ce cœur agité. La mesure change ; un motif calme, accompagné bien régulièrement en accords plaqués par les instruments à vent, puis par les voix, peint la sérénité de cette belle âme, désormais maîtresse de ses émotions.

Au second acte, le jour va se lever sur les tentes des Hébreux. Des voix d'hommes font entendre cette belle prière dont nous avons parlé plus haut : Dieu d'Israël, père de la nature ; c'est du plain-chant, et c'est à cause de cela qu'à cette place cette prière produit un si grand effet. Elle est répétée par les voix de femmes, et une troisième fois par les voix d'hommes et de femmes réunies. C'est un des effets les plus beaux qu'on puisse entendre au théâtre. Notre liturgie catholique fournirait des centaines de mélodies aussi belles et même plus belles : on ne les remarque pas, par la seule raison qu'on ne daigne pas les faire exécuter avec intelligence. Cette prière de Joseph est chantée presque chaque année dans les concerts du Conservatoire. La romance de Benjamin : Ah ! lorsque la mort, trop cruelle, est d'une candeur incomparable ; la ritournelle est une mélodie d'un jet, exécutée à l'octave sans accompagnement, mais à laquelle le timbre des divers instruments donne un intérêt charmant. L'alto et les basses en jouent deux mesures ; les bassons et les clarinettes jouent les deux suivantes ; les violons la continuent, et elle est terminée par les flûtes. Le chant de Benjamin est accompagné par la même mélodie, à laquelle l'auteur a ajouté une seconde partie, exécutée en pizzicato par les basses, et dont l'effet est délicieux.

Que dirons-nous du trio : Des chants lointains ont frappé mon oreille, dans lequel se trouve une des plus belles phrases de basse qui aient été écrites ? La prière de Jacob : Dieu d'Abraham, porte l'empreinte de cette teinte biblique et de cette onction patriarcale que l'imagination se plaît à rêver, surtout lorsqu'une éducation chrétienne nous a appris, comme à Méhul, le respect de ces traditions primitives. Le chœur des jeunes filles de Memphis : Aux accents de notre harmonie, accompagné par les harpes, est assurément fort remarquable. Au point de vue même de la musique, il est rempli de détails ingénieux ; la disposition des voix est excellente, et toutes les parties chantent. Néanmoins, comment se fait-il qu'il produise moins d'effet que la phrase de plain-chant du second acte ? Serait-ce parce que, dans les œuvres d'art, le caractère l'emporte toujours sur la facture, le style, le talent, l'habileté et la beauté même de l'exécution ? Nous voulons parler encore du duo entre Jacob et Benjamin : O toi le digne appui d'un père ; là, nous retrouvons non seulement l'harmonie et la mélodie étroitement unies, mais encore le pathétique et la grâce se faisant valoir mutuellement et avec une simplicité de moyens telle, qu'il n'est pas une note qui ne soit rigoureusement nécessaire à l'une des trois parties qui composent l'accompagnement. Ce qui contribue à rendre ce duo si touchant qu'on le fait répéter aux artistes à chaque représentation, c'est le contraste qui existe entre les deux personnages : la musique, comme les arts plastiques, avec lesquels elle a d'ailleurs bien peu de points de contact, a besoin d'oppositions. La nature les lui offre dans la variété des voix, dans celle des timbres, et le compositeur y ajoute encore par l'emploi habile qu'il sait faire des mouvements et des intonations. Aussi est-ce une bonne fortune pour lui lorsqu'il a à mettre en scène une jeune fille et un vieillard, comme Antigone et Œdipe, dans l'opéra de Sacchini ; un enfant et un patriarche, comme Benjamin et Jacob, dans celui de Joseph.

Nous ne quitterons pas cette belle partition de Joseph, aussi célèbre en Allemagne qu'en France, qui a toujours excité un enthousiasme sincère, ce drame plein de simplicité, de pathétique et de grâce, sans parler de cette scène de famille émouvante, tumultueuse, terrible, dans laquelle Jacob maudit ses enfants, qui implorent et obtiennent leur pardon ; scène suivie de celle de la reconnaissance de Joseph par ses frères.

A son origine, l'opéra de Joseph fut chanté par Elleviou, Joseph ; Solié, Jacob ; Gavaudan, Siméon ; Mme Gavaudan, Benjamin. Les ténors Paul et Huet s'attaquèrent ensuite au rôle périlleux de Joseph, mais sans succès. Ponchard a laissé, au contraire, des souvenirs ineffaçables dans la romance et dans l'air : Vainement Pharaon. M. Perrin a fait appel à l'expérience du célèbre chanteur lorsqu'il remonta cet ouvrage en 1851. Delaunay-Riquier, Couderc, Bussine et Mlle Lefebvre furent alors les interprètes du chef-d'œuvre. M. Réty donna aussi une reprise intéressante de cet opéra au Théâtre-Lyrique. Petit et Mlle Amélie Faivre s'y distinguèrent dans les rôles de Jacob et de Benjamin.

C'est sur notre première scène lyrique avec les ressources vocales et l'orchestre de l'Opéra que le chef-d'œuvre de Méhul doit être exécuté. Il suffirait de confier la composition des récitatifs à un musicien d'un goût éprouvé. C'est le seul moyen de mettre dans tout leur jour les beautés de cette partition. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Mme Gay (mère de la célèbre Mme de Girardin, et auteur du livret du Maître de chapelle) présidait, dans les premières années de ce siècle, un salon littéraire qui était hanté par tous les beaux esprits d'alors. Un soir la conversation y tomba sur la tragédie d’Omasis, que Baour-Lormian venait de donner, et dont le sujet n'était autre que celui de « Joseph vendu par ses frères ». La question qu'on agitait était de savoir si dans un pareil drame on pouvait se passer du personnage de Mme Putiphar ? Alexandre Duval tint pour l'affirmative, et s'engagea même à écrire en quinze jours un livret d'opéra-comique, dans lequel il n'y aurait pas un seul personnage féminin, et où il ne serait fait aucune allusion à l'amour profane. Le délai expiré, il lut le poème de Joseph devant la spirituelle assemblée. Méhul, qui était présent, s'en empara ; et, tant l'inspiration des musiciens est capricieuse, c'est à travers ce fatras de rimes ridicules qu'il trouva la veine mélodique la plus riche. Les Allemands le savent bien, eux qui ont gardé ce chef-d'œuvre de Méhul au répertoire de tous leurs théâtres. Joseph fut chanté pour la première fois, le 17 février 1807 (année de la Vestale et des Rendez-vous bourgeois). Le ténor Giovanni, créateur du rôle de Joseph au Théâtre-Lyrique, était un amateur du nom de B***, qui, après une trentaine de représentations, reprit à la Bourse son carnet de coulissier. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

JOSEPH BARRA

 

Opéra en un acte, livret de Lévrier de Champ-Rion, musique de Grétry. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 05 juin 1794.

 

 

JOSÉPHINE

 

Saynète à un personnage, paroles d’Albert Millaud, musique de Louis Varney, jouée par Anna Judic, au théâtre des Variétés, le 16 mars 1884, et précédemment au Casino de Trouville en août 1883.

 

 

JOSÉPHINE ou LE RETOUR DE WAGRAM

 

Opéra-comique en un acte, livret de Gabriel de Lurieu et Ferdinand de Laboullaye, musique d'Adolphe Adam. Création à l'Opéra-Comique (salle Ventadour) le 02 décembre 1830.

 

 

JOSÉPHINE VENDUE PAR SES SŒURS

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Paul Ferrier et Fabrice Carré, musique de Victor Roger, représentée aux Bouffes-Parisiens le 20 mars 1886, avec Mmes Jeanne Thibault, Mily-Meyer, Macé-Montrouge, MM. Piccaluga, Lamy, Maugé et Dequercy.

 

« Il va sans dire que c'est ici non pas une parodie de la Bible, mais une contrepartie de l'épisode biblique de Joseph, vendu par ses frères, raconté naguère dans un langage si filandreux par l'excellent Bitaubé. L'action ne se passe pas en Mésopotamie, dans les temps légendaires, mais à Paris, en 1866, et d'abord dans la loge de la vénérable mère Jacob, une concierge de la rue du Château-d'Eau qui est à la tête de douze filles qu'elle a bien du mal à élever avec ses maigres appointements. Il va sans dire aussi que Joséphine est presque la plus jeune de ces douze filles, la préférée de sa mère, et qu'elle est jalousée par ses sœurs, à l'exception de Benjamine, pour qui elle ressent une tendre affection. Les grandes sœurs veulent, bien entendu, se débarrasser de Joséphine, qui est élève au Conservatoire, et y réussissent en la faisant engager pour le théâtre du Caire, dont le directeur n'est autre que le pacha Alfred Pharaon. Ceci suffit pour donner une idée de la fantaisie très amusante de MM. Ferrier et Carré, mais je ne saurais raconter tout au long les incidents burlesques de cette pièce un peu folle, mais présentée et conduite avec une rare habileté. La musique ne la gâte en rien, et, si celle-ci ne brille pas par son originalité, elle se laisse du moins entendre sans fatigue et avec un certain agrément. Un quatuor assez bien venu, la romance de la mère Jacob, les couplets vraiment drôles : Où y a d' l’hygiène, y a pas d' plaisir, le duo de Joséphine et Montosol, la sérénade de celui-ci, le pot-pourri du second acte et quelques morceaux encore pourraient être signalés particulièrement. Joséphine vendue par ses sœurs, dont le succès a été très vif, était fort joliment jouée. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JOTA (LA)

 

Drame lyrique en deux actes, livret et musique de Raoul Laparra.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 26 avril 1911. Mise en scène d'Albert Carré. Décors d’Alexandre Bailly. Costumes dessinés par William Laparra.

Mmes Marguerite CARRÉ (Solédad), TISSIER (la Caracolas), JURAND (la Fay-Foya), DE POUMAYRAC (la Ménuda), ROBUR (la Carnéréta), PELTIER et Mathilde COCYTE (deux femmes), VILLETTE (une vieille), DUVERNAY (une Mère), CARRIÈRE et la petite BRÉVAL (deux enfants).

MM. Thomas SALIGNAC (Juan), Félix VIEUILLE (Jago), Louis VAURS (Rodrigo), François MARIO (le chanteur), Louis AZÉMA (Catachano), DE POUMAYRAC (Vicente), BELHOMME (Tripalarga), CAZENEUVE (Charempla), PAYAN (Espantamonte), ANDAL (Rancapinos), GILLES (Matarabia), MESMAECKER (Chinchin), DONVAL (Matapan), DUPRÉ (el Cabrito), GUILLAMAT (Zofra), Jean LAURE (Chef Carliste), PASQUIER (jeune Carliste), COULOMB, BRUN et PITSCKALSKI (trois Carlistes), BONAFÉ (le Navarrais).

Danses réglées par Mme MARIQUITA.

Chef d'orchestre : Albert WOLFF (débuts).

 

8 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

JOUEUR DE VIOLE (LE)

 

Conte lyrique en quatre actes et cinq tableaux, livret et musique de Raoul Laparra.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 24 décembre 1925. Mise en scène de Georges Ricou. Décors de Georges Mouveau, Raymond Deshays et Arnaud. Costumes dessinés par Mouveau, Marcel Multzer et Jules Pagès, exécutés par Mme Solatgès et M. Mathieu.

Mmes Yvonne BROTHIER (la Jeune Fille), Andrée CORTOT (la Princesse), FERRAT (la Mère du Joueur), HERBLAY (une Marchande), LEBASQUE et DUCUING (deux Dames), PRAZÈRES (une Marchande ; une Dame).

MM. Gaston MICHELETTI (le Joueur de Viole), Félix VIEUILLE (le vieux Luthier), Henri ALBERS (le Roy), René HÉRENT (le Nain), Émile ROUSSEAU (le Bailli), MESMAECKER (le grand Symphoniste), Roger BOURDIN (le grand Décorateur ; 2e Marchand), Willy TUBIANA (le grand Lettré), Georges GÉNIN (un Galant ; 1er Marchand).

Aux 4e et 5e tableaux, Ballets réglés par Mme Louise VIRARD, dansés par Mlle Simone ROSNE, Mr. MARIANNO et le Corps de ballet.

Chef d'orchestre : Maurice FRIGARA.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 02 mai 1929 (27e représentation). — Même distribution qu'à la création sous la direction de Maurice Frigara, sauf : Mmes BERNADET (2e Dame ; 2e Marchande), LEBARD (1re Dame ; 1re Marchande), VACCHINO (3e Dame), MM. Louis MUSY (le Roy), Louis GUENOT (le grand Décorateur ; 2e Marchand), D'ARJAC (un Galant ; 1er Marchand).

Violon sur scène : Georges MAYET. Ballets dansés par Mlles ROSNE, H. ANDRE et les Dames du Corps de Ballet.

 

36 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

JOUEUSE (LA)

 

Comédie en cinq actes, en prose, avec un divertissement, par Dufresny, musique de Gilliers, représentée au Théâtre-Français le 22 octobre 1709.

 

 

JOUJOU (LE)

 

Opéra en un acte, musique de Debillemont, représenté à Dijon.

 

 

JOUR ET LA NUIT (LE)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de Charles Lecocq, représentée aux Nouveautés le 05 novembre 1881, avec Mmes Marguerite Ugalde, Juliette Darcourt, Piccolo, Maurianne, Frédéa, Lucy-Jane, Panot, D'Albe, Varennes, G. D'Oria, Jeanne, Charbonnel, MM. Brasseur, Berthelier, E. Montaubry, Scipion, Matrat, Dacheux, Prosper.

 

Livret amusant et gai, sinon d'une grande nouveauté, lestement troussé et gentiment mis en scène, musique charmante, pleine de grâce et de fraîcheur, et écrite avec une véritable élégance. La scène se passe en Portugal, au XVIIe siècle, et l'histoire est celle, bien connue, d'une jeune fille qui attend son fiancé, qui est poursuivi par un grand seigneur, et qui, malgré tout, épouse celui qu'elle aime ; mais elle est relevée par de jolis détails, des situations curieuses et des quiproquos amusants. Quant à la musique, il en faudrait citer presque toutes les pages pour signaler ce qu'elle offre d'intéressant, d'aimable et de varié ; les couplets de Dom Braseiro : Mon ami, sache qu'ici-bas..., la romance de Manola : Même sur ton cœur, les couplets de Béatrix : Certainement, c'est bien charmant, ceux de Manola : Voyez, elle est charmante, le duo de la fauvette, la chanson de la gardeuse de serpents, etc. Très grand et très mérité a été le succès du Jour et la Nuit, fort joliment joué par Mlles Marguerite Ugalde (pour ses débuts), Juliette Darcourt, Piccolo, MM. Brasseur, Berthelier, Montaubry fils et Scipion.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JOURNÉE AUX AVENTURES (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Pierre Capelle et Louis Mézières-Miot, musique de Méhul. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 16 novembre 1816, avec Marie Julie Boulanger.

 

 

JOURNÉE DE FONTENOY (LA)

 

Opérette en un acte, paroles d'Auguste Jouhaud, musique de M. Reichenstein, représentée au concert de la Scala le 5 juin 1879.

 

 

JOURNÉE DE MARATHON (LA)

 

Pièce héroïque en quatre actes, avec des intermèdes, paroles de Guéroult, musique de Kreutzer, représentée au Théâtre-National, c'est-à-dire à l'Opéra, en 1793.

 

 

JOURNÉE DÉRANGÉE (LA)

 

Pièce en un acte mêlé de chant, de Ducray-Duminil, musique « arrangée » par le même, représentée au théâtre Feydeau le 24 décembre 1793.

 

 

JOURNÉE DU 10 AOÛT 1792 (LA) ou LA CHUTE DU DERNIER TYRAN

 

Opéra en quatre actes, paroles de Saulnier et Darrieux, musique de Kreutzer, imprimée en 1793.

 

 

JOURNÉE DU 12 GERMINAL (LA)

 

Intermède, paroles improvisées par Lebrun-Tossa, musique improvisée par Nicolas Dalayrac. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 03 avril 1795.

 

 

JOURNÉE GALANTE (LA)

 

Ballet héroïque en trois entrées, paroles de Laujon, musique de Lagarde, non représenté.

 

 

JOYAUX DE LA MADONE (LES)

 

[I Gioielli della Madonna]

Scènes de la vie populaire napolitaine en trois actes, livret de Carlo Zangarini et Golisciani, musique d’Ermanno Wolf-Ferrari.

 

Personnages : Gennaro, forgeron (ténor) ; Maliella, fille adoptive de Carmela (soprano) ; Rafaele, chef des Carbonari (baryton) ; Carmela, mère de Gennaro (mezzo-soprano) ; Biaso, scribe (ténor) ; Cicciollio, Carbonaro (ténor), Stella, Concetta et Serena, amies des Carbonari (soprano, soprano, contralto) ; Rocco, Carbonaro (basse) ; Grazia, danseuse ; des marchands, des moines, le peuple.

 

L’action se déroule à Naples, de nos jours.

 

Première représentation à Berlin, Kurfuersten Opera, le 23 décembre 1911, dans la version allemande de H. Liebstöckl.

 

Première fois en 1912 à Chicago et New York, avec Mme WHITE (Maliella), MM. BASSI (Gennaro) et SAMMARCO (Raphael) ; puis à Londres au Covent-Garden, avec Mme EDVINA (Maliella), MM. MARTINELLI (Gennaro) et SAMARCO (Raphael), sous la direction de Gennaro PAPI.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles, dans la version française de René Lara, le 17 octobre 1913 avec Mmes Panis (Maliella), Bardot (Carmella), Viceroy (Stella), Callemien (Concetta), Gianini (Séréna), Carli (une marchande d'eau), Somers (une fleuriste), MM. Eric Audouin (Gennaro), Edouard Rouard (Raphaël), Dua (Biaso), Dognies (Totonino), Demarcy (Rocco), Dufranne (Ciccello), Albert Goossens (un marchand de macaroni).

 

Première fois à Paris, au Palais Garnier, le 12 septembre 1913, dans la version française de René Lara. — Mise en scène de Paul STUART — Chorégraphie de Yvan CLUSTINE.

Mmes VALLY - débuts - (Maliella), CHARNY (Carméla), CAMPREDON (Stella), LAUTE-BRUN (Concetta), TECLAR (Séréna), DURIF et MARIE-HUBERT (2 Marchandes), Georgette COUAT (Grazia).

MM. CAMPAGNOLA (Gennaro), VANNI-MARCOUX (Raphael), DUBOIS (Biaso), DUTREIX (Tolonno), TRIADOU (Rocco), GONGUET (Ciccilio), NANSEN, VARELLY, REVOL, DELPOUGET, EZANNO, REY, CHAPPELON (les Camorristes).

Au 3e acte, divertissement : Mlles DELSAUX, MM. MILHET, EVEN.

Chef d'orchestre : Carmelo PREITE (débuts)

Décors de Ronsin, Marc-Henri et Laverdet (1er acte), Mouveau (2e acte), Rochette (3e acte) — Costumes de Pinchon.

 

17e à l’Opéra, le 1er juillet 1914, avec les créateurs, sauf : Mmes BONNET-BARON (Carmela), MM. FONTAINE (Gennaro), G. PETIT (Raphael), NANSEN (Bisao), DELRIEU (1er Camorriste) et Roberto MORANZONI au pupitre.

 

17 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

JOYEUSES COMMÈRES DE WINDSOR (LES)

 

[Die Lustigen Weiber von Windsor]

Opéra-comique fantastique allemand en trois actes, livret de Salomon Hermann Mosenthal (1821-1877), d’après la comédie de William Shakespeare, musique d’Otto Nicolai.

 

Personnages : sir John Falstaff (basse) ; Herr Fluth (M. Ford) (baryton); Herr Reich (M. Page) (basse); Fenton (ténor); Junker Spärlich (Slender) (ténor); Dr Caïus (basse); Frau Fluth (Mme Ford) (soprano); Frau Reich (Mme Page) (mezzo-soprano); Jungfer Anna Reich (Anne Page) (soprano); premier citoyen (ténor).

 

L’action se déroule à Windsor, sous le règne d’Henry IV.

 

Première représentation à Berlin, Hofoper, le 9 mars 1849, avec Zschiesche (Falstaff), sous la direction du compositeur.

 

Première fois en français, dans la version de Jules Barbier, à Strasbourg le 21 avril 1864, puis à Paris, Théâtre-Lyrique (place du Châtelet), le 25 mai 1866.

 

« Le livret allemand de Mosenthal, a été adapté à la scène française par Jules Barbier, qu'une nouvelle étude de la vieille pièce de Shakespeare : Merry Wives of Windsor, aurait pu mieux inspirer. D'après le livret français, un juge de paix a une fille nommée Anna ; il veut la marier à Nigaudin, sorte d'idiot, mais riche. La femme du juge de paix, Mme Page, lui préfère un capitaine matamore ; mais la jeune fille a fait son choix : c'est un jeune poète qui possède son cœur et qui finit par obtenir sa main. Une seconde intrigue, qui ne se rattache presque par aucun lien à la première, forme la partie principale de la pièce. Le libertin et ivrogne Falstaff est arrivé à Windsor et envoie des billets doux à toutes les femmes. Deux commères, Mmes Ford et Page, jurent de lui faire payer cher son insolence. M. Ford, trompé par les apparences, soupçonne la fidélité de sa femme et a beaucoup de peine à croire à son innocence. Falstaff se laisse mettre dans un sac qu'on jette à la rivière ; il est berné de cent manières par les joyeuses commères ; il boit un peu trop, mais il n'est pas méchant du tout. Dans cette pièce, les brigands, les voleurs et les spadassins ont l'air d'être les plus honnêtes gens du monde, tandis que la jeune fille, l'innocente Anna, se moque de son père, ment à sa mère, donne des rendez-vous à son amant et se fait enlever par lui. Le dénouement de l'action, en ce qui regarde Falstaff, est puéril. On l'attire dans une forêt, près d'un chêne hanté par les revenants, et là, au lieu de l'effrayer par des apparitions funèbres, ce sont des génies, des dryades et des hamadryades, des nymphes gracieuses qui dansent autour de lui. Ce divertissement n'était pas le moyen le mieux choisi pour guérir Falstaff de ses excès de galanterie.

Cet ouvrage est loin de mériter la réputation dont il a joui avant qu'on le connût en France, sur la foi de l'enthousiasme germanique. L'ouverture, exécutée en 1864 aux Concerts populaires de musique classique, y a été chaleureusement accueillie ; c'était sans doute l'effet d'une surprise, car rien n'est plus mesquin que le plan, rien n'est plus pauvre que l'orchestration. Sauf quelques dessins de violon assez élégants, le reste est bruyant et plat. On remarque, dans le premier acte, un duo assez gai entre les deux commères, chanté par Mlle Saint-Urbain et Mlle Dubois ; une romance, dite avec goût par Mlle Daram ; un duo entre le ténor et le juge de paix. Le troisième acte est le meilleur ; il offre deux morceaux bien traités : l'un est le Rule Britannia, qui est repris par le chœur dans le finale; l'autre est le trio chanté dans la forêt et dont l'harmonie est distinguée. Tout se termine par des motifs de danse et un galop vulgaire. Ismaël a joué en acteur consommé le rôle de Falstaff, et Gabriel était assez amusant dans celui du juge de paix. Les autres rôles ont été tenus par Wartel, Troy jeune, Gerpré, Du Wast, Mlles Saint-Urbain, Daram et Dubois. La traduction que M. Carvalho a fait faire de cette pièce a suggéré à M Gustave Bertrand la judicieuse observation suivante : « Les chefs-d'œuvre seuls ont droit au bénéfice de ce libre échange de l'admiration internationale ; le génie seul a droit de voyager et de se survivre. Quant au talent, il doit se contenter de réussir (et, la plupart du temps, il réussit mieux que le génie même) dans le pays et la génération où il s'est produit. Il en est des œuvres d'art comme des bons vins : il n'y a que les grands crus qui méritent les honneurs de l'exportation. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Le livret allemand, traduit par M. J. Barbier, était imité de la comédie de Shakespeare The Merry wives of Windsor. C'était comme qui eût dit une photographie d'après la lithographie d'un tableau. La direction du Théâtre-Lyrique n'a pu être entraînée à faire chanter la médiocre et impersonnelle partition du prussien Otto Nicolaï que sur la foi de son agréable ouverture, qui courait les concerts depuis quelques années. Ismaël jouait et chantait le personnage de Falstaff avec beaucoup de bonne humeur. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

JUANITA

 

Opérette en trois actes, musique de Franz von Suppé, représentée à Vienne.

 

Représenté dans une version française d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo, à Bruxelles, Galeries Saint-Hubert, le 22 octobre 1883, puis à Paris, théâtre des Folies-Dramatiques, le 4 avril 1891.

 

« M. de Suppé est l'un des opérettistes les plus justement renommés de l'Allemagne ; il a la grâce et la délicatesse, le charme et l'abondance, avec un grain de sentiment qui ne messied pas ; c'est, de plus, un musicien instruit, et qui écrit avec élégance. Boccace, Fatinitza, Juanita sont les produits d'une inspiration caressante qui laisse toujours dans l'esprit et dans l'oreille de l'auditeur un agréable souvenir. Les librettistes français ne se sont pas mis en grands frais pour soutenir la musique de celui dont ils se faisaient les collaborateurs. Leur action se passe en 1796, à Saint-Sébastien, que cernent les troupes françaises pour délivrer la ville du joug des Anglais, et c'est un petit fifre de l'armée française qui, se déguisant successivement en muletier, en écrivain public et en noble dame espagnole, réussit enfin à ouvrir à, ses compagnons les portes de la citadelle. René Belamour, le fifre audacieux, Juanita, la gente espagnole, telle est la cheville ouvrière d'une pièce qui pourrait sans peine être meilleure. La partition de M. de Suppé, qui est peut-être un peu volumineuse, renferme nombre de morceaux charmants : les gentils « couplets de la pantomime », qui sont finement accompagnés, le finale du premier acte, un joli trio bouffe, un quintette bien construit, les couplets du baiser, et bien d'autres encore. Juanita était fort bien jouée, à Paris, par Mlles Marguerite Ugalde, Juliette Darcourt et Zélo Duran, MM. Morlet, Gobin, Guyon fils et Maurice Lamy. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JUDITH

 

Drame lyrique en trois actes et quatre tableaux, poème de Paul Collin, musique de Charles Lefebvre (1879).

 

« Cet ouvrage, dont la partition est gravée, sera peut-être bientôt représenté. Il est plus digne de l'être que plusieurs opéras très prônés et déjà oubliés. C'est une œuvre d'un caractère élevé, consciencieusement traitée par les deux collaborateurs. Le premier acte se passe dans la ville de Béthulie assiégée. Au fond, on voit le temple ; à gauche, la maison de Judith ; des femmes, des enfants, des vieillards se traînent épuisés par la soif et la faim. Malgré la résistance conseillée par Osias, ce peuple veut rendre la ville à l'ennemi ; Judith parait, ranime les courages abattus, promet la délivrance dans un andante maestoso d'un beau mouvement, Ils étaient nombreux, ils étaient superbes, les ennemis du Seigneur ! L'acte se termine par un chœur largement écrit, Va, Judith, va, noble femme ! Au second acte, dans le camp assyrien, on distingue l'air énergique d'Holopherne, Plus menaçant que l'ouragan qui gronde, encadré dans le chœur, Nos dieux sont les seuls vrais dieux ; le double chœur des Hébreux captifs et des soldats victorieux, l'entrée de Judith, son récit plein de dignité et un ensemble exprimant l'effet produit sur Holopherne et tous ces barbares par sa grande beauté, la stupeur de ses compatriotes qui s'écrient :

 

O femme coupable !

Qui, d'un pareil forfait, eût cru ton cœur capable ?
Honte sur toi qui nous trompais.

Ta vertu n'était donc qu'un mensonge hypocrite !
Sois maudite !

 

Le premier tableau du troisième acte représente la tente d'Holopherne. Le chœur d'introduction est fort travaillé, trop travaillé peut-être pour être compris par le public ; mais quant aux airs de ballet qui suivent, le musicien s'est égaré à la recherche, de la couleur locale, du pittoresque. Cet archaïsme frelaté l'a conduit à méconnaître les résonances naturelles et à produire les effets les plus rébarbatifs. L'introduction du deuxième tableau de cet acte est une symphonie pleine de dissonances et n'ajoute rien au mérite de l'ouvrage qui gagnerait à être expurgé de ces hardiesses harmoniques, au nombre desquelles on remarque l'abus des notes pédales dons une partie intermédiaire. La prière de Judith est d'un beau caractère, et le chœur final, sur une phrase en canon, rappelle heureusement le cantique biblique. On doit savoir gré aux auteurs d'avoir traité ce grand sujet sans en avoir altéré l'esprit ni le sens traditionnel. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

JUDITH

 

Opéra, musique de Boris Scheel, écrite sur un poème français. Cet ouvrage n'a pas encore paru à la scène, mais il a été exécuté sous forme de concert, à Paris, dans une séance donnée par et chez M. le prince de Lusignan, le 10 février 1884.

 

 

JUDITH

 

Drame biblique en deux parties, livret de René Morax (1873-1963), musique d’Arthur Honegger.

 

Première représentation à l’Opéra de Monte-Carlo, le 13 février 1926, mise en scène de Raoul Gunsbourg, avec Jeanne Bonavia (Judith), sous la direction du compositeur.

 

 

JUDITH DE BÉTHULIE

 

Scène dramatique de Mme Roussel-Despierres, musique d’Armande de Polignac.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 26 mars 1916 ; mise en scène de O. Labis.

Mme Félia LITVINNE.

M. Louis LESTELLY

Chef d'orchestre : Gabriel GROVLEZ

 

2 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

JUDITH LIBÉRATRICE D'ISRAËL

 

Drame biblique en trois actes et quatre tableaux, livret d'Alphonse Bourgoin, musique de Marthe Renaud-Simonetti.

 

Création à Paris, salle d'Iéna, le 19 décembre 1931, sous les auspices de la Comtesse de Chabannes au profit des Œuvres de Saint Jacques du Haut-Pas.

Mmes MALNORY-MARSEILLAC (Judith [falcon]), CHAPOT (Dinah [soprano]).

MM. Jean LAFITTE (Holopherne [baryton]), JONESCO (Ozias).

Orchestre du "Violon d'Ingres" sous la direction de Maurice BAGOT.


 

JUGE DE ZALAMÉA (LE)

 

Opéra, musique de Georges Jarno, représenté à Metz en février 1903.

 

 

JUGE ET PARTIE

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jules Adenis, musique d’Edmond Missa. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 novembre 1886. Le livret de cet ouvrage était une réduction et une adaptation habilement faite d'une comédie célèbre de Montfleury, la Femme juge et partie, qui, en cinq actes alors, faisait son apparition à l'Hôtel de Bourgogne le 2 mars 1669. Ainsi transformée et mise en musique, Juge et partie avait été présentée au concours Cressent et avait remporté le prix. La pièce parut alors à l'Opéra-Comique, où elle remporta un succès assez vif pour qu'on puisse s'étonner qu'elle ne soit pas restée au répertoire. C'était le début à la scène de M. Edmond Missa, qui avait remporté une mention honorable au concours de Rome, et ce début semblait présager mieux pour l'avenir du compositeur que ce qu'il a donné depuis lors. Il y avait en vérité, dans la partition de Juge et partie, nombre de morceaux sinon d'une grande originalité, du moins d'une saveur et d'une facture fort agréables, empreints d'une verve et d'une gaieté tout à fait de bon aloi. On peut noter particulièrement les gentils couplets de Julia, ainsi que ceux de Bernadille, un heureux quintette et la scène du jugement, qui était traitée d'une façon fort habile, sans compter un charmant petit entracte symphonique. La pièce était merveilleusement jouée d'ailleurs, surtout pour les deux rôles principaux, qui étaient tenus d'une façon vraiment remarquable par Mlle Esther Chevalier et M. Fugère.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

JUGEMENT DE DIEU (LE)

 

Opéra en quatre actes, livret de M. Carcassonne, musique d’Auguste Morel, directeur du Conservatoire de Marseille, représenté à Marseille le 09 mars 1860, et au théâtre des Arts, à Rouen, le 04 mai 1864. Cette œuvre indigène a été chaudement accueillie. On a remarqué un chœur de guerre, le sextuor du premier acte, quelques jolies romances, un duo scénique et un beau chœur funèbre. Les rôles ont été chantés par Armandi, Depassio, Mmes Elmire et Litschner.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JUGEMENT DE MIDAS (LE)

 

Comédie en trois actes mêlée d’ariettes, livret de Thomas d’Hèle versifié par Louis Anseaume, musique de Grétry.

 

Création à Paris, Palais-Royal, le 28 mars 1778 (en privé), puis à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 27 juin 1778, sous la direction de La Pommeraye. 151 représentations jusqu’en 1824.

 

« On connaît la mésaventure de Midas. L'humoriste auteur anglais l'a arrangée pour la scène d'une manière ingénieuse. Grétry a mis dans la bouche de Marsyas une sorte de psalmodie traînante, et fait chanter à l'autre rival d'Apollon de vieux airs français du siècle précédent. Nous signalerons, parmi les morceaux intéressants, l'air : Doux charme de la vie, divine mélodie ; celui de Marsyas : Amants qui vous plaignez ; celui d’Apollon : Du destin qui t'accable. Le succès de cet ouvrage fut très contesté, à la cour surtout. Ce qui donna lieu à ce quatrain de Voltaire :

 

La cour a dénigré tes chants,

Dont Paris a dit des merveilles ;

Grétry, les oreilles des grands

Sont souvent de grandes oreilles.

 

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JUGEMENT DE MIDAS (LE)

 

Comédie lyrique en trois actes, livret de Georges Spitzmüller d’après la comédie de d’Hèle, musique d’Eugène Cools, représentée au Théâtre du Trianon-Lyrique en mars 1922, sous la direction de Maurice Frigara, avec José de Trévi (Apollon).

 

 

JUGEMENT DE PÂRIS (LE)

 

Opéra-comique, musique de Marc-Antoine Charpentier, écrit vers 1690.

 

 

JUGEMENT DE PÂRIS (LE)

 

Pastorale héroïque en trois actes avec prologue, livret de Mlle Barbier et Pellegrin, musique de Bertin, représentée à l'Opéra le 21 juin 1718.

 

 

JUGEMENT DE PÂRIS (LE)

 

Opérette en un acte, livret d’Alby et Commerson, musique de Laurent de Rillé, représentée aux Folies-Nouvelles le 11 février 1859. Chantée par Dupuis et Mlle Géraldine.

 

 

JUGEMENT DE PÂRIS (LE)

 

Symphonie couronnée au Concours de l'Opéra de l'année 1905, musique d’Edmond Malherbe.

 

Première audition à Paris, au Palais Garnier, le 27 octobre 1905 sous la direction de Paul TAFFANEL.

4 auditions à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

JUGEMENT DE SALOMON (LE)

 

Mélodrame, musique de Quaisain, représenté à l'Ambigu en 1802.

 

 

JUGEMENT DERNIER (LE)

 

Oratorio en trois parties, poème et musique de Gilbert Louis Duprez, représenté au Cirque de l’Impératrice le 28 mars 1868. => partition

 

 

JUGEMENTS PRÉCIPITÉS (LES)

 

Vaudeville, musique de Charles Foignet, représenté à Paris en 1794.

 

 

JUIF ERRANT (LE)

 

Opéra en cinq actes, livret d’Eugène Scribe et Henri de Saint-Georges, musique de Fromental Halévy.

 

L’action se déroule à Anvers, en 1190.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 23 avril 1852. Mise en scène de Leroy. Divertissements d'Arthur Saint-Léon. Décors de Joseph Nolau et Auguste Rubé (acte I), Charles Séchan et Jules Dieterle (acte II), Charles Cambon (acte III), Joseph Thierry (acte IV), Edouard Despléchin (acte V). Costumes de Paul Lormier.

 

« Le succès d'assez mauvais aloi du roman d'Eugène Sue a valu à M. Halévy le pire de tous les livrets. Pour qu'il se décidât à l'accepter, il fallait qu'il y eût disette de poèmes à l'administration de l'Opéra.

Une jeune batelière flamande, nommée Théodora, est restée orpheline avec son jeune frère Léon, âgé de dix ans. L'action se passe en 1190. Ashavérus, le Juif errant, après avoir arraché aux mains des assassins de la comtesse de Flandre sa petite-fille Irène, confie cette enfant à Théodora. La pauvre batelière se met en marche pour Constantinople, dans le dessein de remettre l'enfant à l'empereur Baudouin, son père. Mais, apprenant sa mort, elle demeure en Bulgarie, où elle passe douze années. Pendant ce temps, Léon a conçu pour Irène, qu'il croit être sa sœur, une affection qui devient plus vive encore lorsque Théodora lui révèle le secret de sa naissance. Des marchands enlèvent Irène pour la vendre à Thessalonique. Nicéphore, qui est sur le point d'être proclamé empereur, devient son maître. Ashavérus fait connaître au peuple le rang de la jeune esclave. Elle est proclamée impératrice. Les sénateurs demandent qu'elle épouse Nicéphore. Cependant Théodora arrive à Constantinople avec son fils Léon, et se prosterne aux genoux de l'impératrice pour lui demander justice contre les ravisseurs. Léon s'abandonne tour à tour à la joie et à la douleur en voyant sa bien-aimée assise sur le trône impérial et prête à épouser Nicéphore. Mais Irène partage ses sentiments et les lui fait connaître dans un entretien secret. Nicéphore médite, de son côté, la mort de Léon, et ordonne aux bandits, qu'on voit reparaître pour la troisième fois, de le jeter à la mer. Ashavérus sauve la vie au jeune homme, puis il a une vision ; il assiste au tableau du jugement dernier. La voix terrible de l'ange le réveille et l'oblige à recommencer sa marche éternelle. La partition que M. Halévy a écrite pour cette absurde rapsodie, est bien loin de valoir ses aînées. Néanmoins, on y retrouve à chaque page sa manière large et expressive, et des traces de sa profonde sensibilité. Quant à l'instrumentation, elle est d'une grande richesse d'effets, et on y remarque les efforts tentés par le compositeur pour donner le plus de coloris possible à des scènes dénuées d'intérêt. Nous signalerons, dans le premier acte, le chœur des matelots, la ballade du Juif errant : Marche, marche, marche toujours ! le duo final entre Ashavérus et Théodora, chanté par Massol et Mme Tedesco. Il n'y a guère à remarquer, dans le deuxième acte, que le quatuor des bandits, chanté par quatre basses ; le duo entre Léon et Théodora, chanté par Roger et Mme Tedesco, et le chœur de la Saint-Jean. Un divertissement chorégraphique, dont le sujet est le berger Aristée au milieu de ses abeilles, occupe la plus grande partie du troisième acte. La musique en est ravissante d'esprit, de grâce et de mélodie. Il se termine par un ensemble des chœurs et de l'orchestre, dans lequel on a entendu pour la première fois de nouveaux saxo-tubas d'une grande sonorité. Le quatrième acte est celui qui renferme les plus beaux morceaux ; il faut mettre en première ligne le duo entre Léon et Irène, chanté par Roger et Mlle La Grua. Le sympathique ténor a laissé les meilleurs souvenirs dans le rôle de Léon, qu'il a créé ; il l'a chanté avec un sentiment et une expression remarquables. La scène des ruines du Bosphore est dramatique ; c'est un beau tableau dans lequel la voix du trombone de M. Dieppo a eu plus de succès que celle de Massol. Quant au cinquième acte, il est plus descriptif que dramatique. Indépendamment des artistes que nous avons cités plus haut, nous devons donner une mention honorable à Obin, Jean Depassio, Chapuis, Morelli, Molinier, Guignot, Goyon, Noir, Canaple et à Mlle Petit-Brière. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JUIF POLONAIS (LE)

 

Conte d'Alsace en trois actes et six tableaux, livret d’Henri Cain et Pierre-Barthélemy Gheusi, d’après le drame en trois actes (Théâtre de Cluny, 15 juin 1869) d’Erckmann-Chatrian, musique de Camille Erlanger.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 11 avril 1900, décors de Lucien Jusseaume, costumes de Charles Bianchini, mise en scène d’Albert Carré.

 

 

11.04.1900

Opéra-Comique

(création)

15.01.1916

Opéra-Comique

(39e)

21.11.1933

Opéra-Comique

(48e)

Suzel

 Julia GUIRAUDON

Edmée FAVART

Christ. GAUDEL (déb.)

Catherine

GERVILLE-REACHE

Suz. BROHLY

A. LECOUVREUR

Jeune fille

ARGENS

Jeanne CALAS

Suz. VIDAL

Loys

 EYRAUD

EYRAUD

J. MICHEAU

 

 

 

 

Mathis

 Victor MAUREL

Jean PERIER

Claude GOT

Christian

 Ed. CLÉMENT

DE CREUS

M. CLAUDEL

Walter

 F. VIEUILLE

H. AUDOIN

F. VIEUILLE

Dr Nickel

 E. CARBONNE

BERTHAUD

V. PUJOL

Polonais

 HUBERDEAU

Louis AZEMA

Louis DUFONT

Songeur

 ROTHIER

LA TASTE

Marck LIVEN

Président

 A. GRESSE

PAYAN

W. TUBIANA

Yéri

 VIANNENC

VAURS

R. JEANTET

Chef d'orchestre

 Alexandre LUIGINI

C. ERLANGER

P. BASTIDE

 

50e représentation  à l'Opéra-Comique le 7 décembre 1933. — Même distribution que le 21 novembre 1933 sauf : MM. Victor PUJOL (Christian), Jean VIEUILLE (Walter), LE PRIN (Docteur Nickel).

 

53 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

  

« La pièce était arrangée avec une certaine habileté, de façon à fournir au compositeur, avec les situations, les contrastes nécessaires à la musique. Celle-ci, fort inégale, n'est pas absolument dépourvue de qualités, mais elle manque de charme, de grâce, et surtout de spontanéité dans l'inspiration, si tant est qu'un tel mot trouve ici sa place. La partition est conçue selon la formule wagnérienne, avec emploi et abus du leitmotiv, ce qui évite de faire des frais d'imagination. Une des meilleures pages, entre tant d'autres grises et monotones, sans saveur et sans couleur, est la scène du rêve terrible de Mathis, qui ne manque pas de puissance. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

JUIVE (LA)

 

Opéra en cinq actes, livret d’Eugène Scribe, musique de Fromental Halévy.

 

Personnages : le juif Eléazar (ténor) ; le cardinal Gian Francesco de Brogni, président du concile (basse) ; le prince Léopold (ténor) ; la princesse Eudoxie, nièce de l’empereur (soprano) ; Rachel (mezzo-soprano) ; Ruggero, grand prévôt de la ville de Constance (baryton) ; Albert, officier (baryton) ; le peuple de Constance, le cortège de l’empereur, chevaliers et dames de la cour, princes, ducs, prélats, magistrats, des israélites, etc.

 

L’action se déroule à Constance, en Suisse, en 1414.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 23 février 1835. Mise en scène d'Adolphe Nourrit. Chorégraphie de Philippe Taglioni. Décors de Charles Séchan, Léon Feuchère, Jules Dieterle et Edouard Despléchin (actes I, II, IV et V), René Philastre et Charles Cambon (acte III). Costumes de Paul Lormier (actes I, II, IV et V) et Duponchel (acte III).

Mmes Marie Cornélie FALCON (Rachel), DORUS-GRAS (Eudoxie).

MM. Adolphe NOURRIT (Eléazar), LEVASSEUR (Cardinal de Brogni), Marcelin LAFONT (Léopold), DABADIE (Ruggiero), F. PREVOT (Albert), DERIVIS Fils (un Héraut), TREVAUX (un Officier), MASSOL, A. PREVOST, A. DUPONT et WARTEL (4 Hommes du Peuple), POUILLEY (un Familier du Saint-Office), HENS (un Majordome).

Ballet : Mlles NOBLET, LEROUX, M. MAZILLIER.

Chef d'orchestre : François-Antoine HABENECK

 

100e représentation à l’Opéra, le 05 juin 1840, avec :

Mmes STOLTZ (Rachel), DORUS-GRAS (Eudoxie).

MM. DUPREZ (Eléazar), ALIZARD (Cardinal de Brogni), A. DUPONT (Léopold), MASSOL (Ruggiero), F. PREVOST (Albert).

Chef d'orchestre : François-Antoine HABENECK

 

Le 05 janvier 1875, pour la soirée d'inauguration du Palais Garnier, les 1er et 2e actes furent représentés avec :

Mmes KRAUSS - débuts - (Rachel), BELVAL (Eudoxie).

MM. VILLARET (Eléazar), BELVAL (Cardinal de Brogni), VERGNET (Léopold), GASPARD (Ruggiero), AUGUEZ (Albert), sous la direction de Ernest DELDEVEZ.

 

Le 08 janvier 1875, l'œuvre jouée intégralement, inaugurait les représentations publiques du nouvel Opéra de Paris. Mise en scène de Léon Carvalho. Chorégraphie de Louis Mérante. Décors de Jean-Baptiste Lavastre et Edouard Despléchin (1er acte), Jean-Louis Chéret (2e acte), Charles Cambon (3e acte), Auguste Rubé et Philippe Chaperon (4e et 5e actes). Costumes de Paul Lormier et Alfred Albert.

 

 

08.01.1875

368e

09.06.1879

432e

20.06.1886

495e

(500e fêtée)

01.12.1886

500e

11.07.1888

501e

Rachel

KRAUSS

DE RESZKE

R. CARON

D’ALVAR

DUFRANE

Eudoxie

BELVAL

DUVERNOY

LUREAU

D’ERVILLY

D’ERVILLY

 

 

 

 

 

 

Eléazar

VILLARET

VILLARET

DUC

ESCALAÏS

DUC

Brogni

BELVAL

BOUDOURESQUE

L. GRESSE

L. GRESSE

PLANÇON

Léopold

Jules BOSQUIN

Jules BOSQUIN

BERTIN

MURATET

TEQUI

Ruggiero

GASPARD

GASPARD

BALLEROY

BALLEROY

RAGNEAU

Albert

AUGUEZ

AUGUEZ

LAMBERT

LAMBERT

LAMBERT

Héraut

DIEU

LAFFITTE

LAFFITTE

LAFFITTE

SAPIN

Officier

ROMAN

SAPIN

SAPIN

GIRARD

MALVAUT

Familier

MOURET

THUILLARD

DE SOROS

BOUTENS

BELBEDER

Majordome

FLEURY

DEVRIES

CREPEAUX

CREPEAUX

CREPEAUX

Hommes du Peuple

HAYET

MERMAND

SAPIN

FRERET

GRISY

MERMAND

GIRARD

MECHELAERE

VOULET

HELIN

GIRARD

MECHELAERE

VOULET

HELIN

MALVAUT

MECHELAERE

VOULET

HELIN

GALLOIS

MECHELAERE

 

 

 

 

 

 

Ballet

FONTA

FIOCRE

PARENT

FONTA

MARQUET

MERANTE

FATOU

ROUMIER

MERCEDES

FATOU

ROUMIER

MERCEDES

ROUMIER

HIRSCH

DESIRE

Chef d’orchestre

DELDEVEZ

LAMOUREUX

GARCIN

GARCIN

VIANESI

 

Reprise à l’Opéra du 03 avril 1933 (545e représentation) dans une mise en scène de Pierre CHEREAU.

Mmes HOERNER (Rachel), GUYLA (Eudoxie).

MM. FRANZ (Eléazar), A. HUBERTY (Cardinal de Brogni), RAMBAUD (Léopold), CLAVERIE (Ruggiero), FROUMENTY (Albert), FOREST (un Hérault), MADLEN (un Officier).

Ballet réglé par A. AVELINE : Mlle Camille BOS.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

 

562e à l’Opéra, le 09 avril 1934, avec les interprètes de la reprise de 1933, sauf Mme Marjorie LAWRENCE (Rachel).

 

Ecarté par l'Opéra pendant 40 années (de 1893 à 1933), l'œuvre d'Halévy connut plus d'une reprise au cours de cette période, sur diverses scènes lyriques de la capitale. A signaler, en particulier, au Théâtre de la Gaîté-Lyrique, celle du 21 novembre 1903, et celle du 10 octobre 1910 avec :

Mmes Félia LITVINNE (Rachel), CHAMBELLAN (Eudoxie).

MM. ESCALAÏS (Eléazar), KARDEC (Cardinal de Brogni), GENICOT (Léopold), PETIT (Ruggiero), BARREAU (Albert).

Chef d'orchestre : A. AMALOU

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Rachel : Mmes LEBRUN (1838), JULLIAN (1841), NATHAN (1842), MOREL (1842), MEQUILLET (1842), BEAUSSIRE (1845), JULIENNE (1845), BETTY (1845), PRETI (1846), ROSSI-CACCIA (1846), MOISSON (1846), DAMERON (1847), POINSOT (1851), CRUVELLI (1855), LAFONT (1855), DONATI (1856), Marie MOREAU-SAINTI (1857), RIBAULT (1858), REY (1859), BARBOT (1860), BRUNET (1860), SASS (1860), MAUDUIT (1866), DEVRIES (1872), STERNBERG (1873), BAUX (1876), HOWE (1880), MONTALBA (1883), ADINI (1888), LITVINNE (1889), FIERENS (1890), TANESY (1893). DAVID (1933).

Eudoxie : Mmes JAWURECK (1835), NAU (1836), DOBRE (1842), DE ROISSY (1846), RABI (1846), HEBERT-MASSY (1848), MULDER (1849), FELIX (1849), DUSSY (1855), POUILLEY (1855), DELISLE (1857), HAMAKERS (1858), Caroline DUPREZ (1860), LEVIEILLI (1866), ARNAUD (1873), DEVRIES (1873), DARAM (1875), VERGIN (1876), FOUQUET (1876), HAMANN (1879), PLOUX (1881), LACOMBE-DUPREZ (1882), JANVIER (1882), BOSMAN (1891), LOVENTZ (1892), CARRERE (1892), MARCY (1893), LALANDE (1933).

Eléazar : MM. MARIE (1841), ESPINASSE (1849), MAIRALT (1851), GUEYMARD (1855), WICART (1855), RENARD (1856), LABAT (1861), SALOMON (1875), SYLVA (1875), SELLIER (1883), BERNARD (1888), PAULIN (1892), DUPEYRON (1892), SULLIVAN (1933), YCHE (1933).

Cardinal de Brogni : MM. DERIVIS (1835), SERDA (1836), INCHINDI (1841), BOUCHE (1842), BREMOND (1842), LAGET (1845), BESSIN (1846), ANCONI (1847), OBIN (1851), DEPASSIO (1854), COULON (1858), MECHELAERE (1860), VIDAL (1861), PONSARD (1873), MENU (1873), BERARDI (1876), DUBULLE (1880), GIRAUDET (1880), FABRE (1889), CHAMBON (1890).

Léopold : MM. WARTEL (1835), WERMEULIN (1841), OCTAVE (1842), MENGHIS (1844), PAULIN (1845), BARBOT (1848), FLEURY (1851), BOULO (1855), DUFRESNE (1860), DULAURENS (1862), WAROT (1863), GRISY (1864), LAURENT (1879), JÉRÔME (1889), AFFRE (1890), VILLA (1893), GILLES (1933).

 

562 représentations à l’Opéra dont 196 au Palais Garnier au 31.12.1961.

  

« Les rôles les plus dramatiques de ce magnifique ouvrage, ceux d'Eléazar et de Rachel ont été empruntés au Shylock, de Shakespeare, et à la Rébecca du roman d'Ivanhoe, de Walter Scott. La mise en scène de la Juive coûta 150,000 fr. On n'avait pas encore déployé à l'Opéra un tel appareil de costumes historiques, d'armures, de manœuvres hippiques ; ce qui fit prononcer à certains critiques, entre autres à Castil-Blaze, le mot d'opéra Franconi. Le succès que les fragments de cette admirable partition ont obtenu partout et dans toutes les circonstances, dans les concerts, dans les musiques militaires, dans les salons, sur tous les pianos, prouve que le luxe de la mise en scène n'était pas indispensable, mais qu'elle pouvait concourir dignement à l'effet général de ce chef-d'œuvre.

Les ouvrages précédemment écrits par Halévy, quoique renfermant de belles choses, ne pouvaient faire présager un opéra d'un ordre aussi élevé que la Juive. A l'habile facture et à l'heureux emploi des ressources musicales succédait tout à coup une œuvre véritablement inspirée, grandiose, passionnée, émouvante.

L'opéra de la Juive constitue donc la seconde manière du maître, et marque aussi le point culminant des évolutions de son génie. Ce n'est pas toutefois qu'il n'ait produit dans le même genre des œuvres dignes de l'admiration de la postérité. Nous les signalons ailleurs.

Nous citerons, parmi les morceaux les plus saillants de la partition de la Juive, la belle scène chantée par le cardinal : Si la rigueur et la vengeance ; la scène de la Pâque, et la prière : Dieu, que ma voix tremblante ; l'air de Rachel : Il va venir, dans lequel l'effroi, le repentir, la passion, sont tour à tour exprimés avec une force d'accent et une concision qui rappellent quelques scènes de Corneille ; le trio : Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique, qui dessine admirablement les trois caractères. Au dernier acte, le duo entre Éléazar et Brogni : Ta fille en ce moment est devant le concile, et, au quatrième acte, l'air magnifique : Rachel ! quand du Seigneur, dont le chanteur Nourrit a conçu la pensée scénique et écrit les paroles. La partition d'orchestre est une des plus intéressantes à étudier, quoiqu'on y rencontre çà et là des omissions et des incorrections qui s'expliquent par la rapidité du travail ; cependant elle abonde en combinaisons instrumentales neuves et originales. Halévy a su donner un coloris très caractérisé aux scènes principales, au moyen des timbres variés des instruments. Les ritournelles de l'arioso de Rébecca et du grand air d'Eléazar, qu'il a confiées aux cors et aux clarinettes, produisent l'effet le plus pathétique. En faisant exécuter le motif principal par les instruments avant qu'il ne soit chanté, Halévy n'a fait qu'imiter l'usage des anciens. Lully n'y manquait jamais. Meyerbeer a fait de nombreux emprunts à l'instrumentation de la Juive dans sa partition des Huguenots. Nous ne parlons que de la recherche des timbres les mieux appropriés aux situations, car pour ce qui est de la composition orchestrale, Meyerbeer est sur son véritable terrain et il l'emporte de beaucoup sur Halévy ; mais il lui est inférieur dans les récitatifs. Les chœurs de la Juive et la marche sont encore à citer. Levasseur, Lafont, Mmes Falcon et Dorus ont créé les rôles de cet ouvrage. Duprez a repris celui d'Eléazar et lui a imprimé un caractère d'une vérité saisissante. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JULIE

 

Comédie en trois actes, mêlée d'ariettes, livret de Jacques-Marie Boutet de Monvel, musique de Nicolas Dezède. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 28 septembre 1772. Ce fut le premier début du compositeur dans la carrière dramatique.

 

 

JULIE

 

Opéra-comique, musique d’Esprit Auber, représenté sur un théâtre d'amateurs, à Paris, vers 1812.

 

 

JULIE ou LE POT DE FLEURS

 

Comédie en un acte, en prose, mêlée de chants, livret d’Antoine-Gabriel Jars, musique de Gaspare Spontini et Etienne Fay. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 12 mars 1805. C'était le premier ouvrage que le compositeur faisait entendre à Paris sur des paroles françaises. Il fut très froidement accueilli.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

JULIEN ou LA VIE DU POÈTE

 

Poème lyrique en un prologue, quatre actes et huit tableaux, poème et musique de Gustave Charpentier.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 04 juin 1913, décors de Lucien Jusseaume, costumes de Marcel Multzer, mise en scène d’Albert Carré.

Mmes Marguerite CARRÉ (la Beauté, la jeune fille, l'Aïeule, la Fille), PHILIPPOT (la Paysanne), MARIETTI (une Bourgeoise), PLA et JULLIOT (deux grisettes), PESIER (une Fille), MÉNARD, LE FONTENAY, GALLOT, PHILIPPOT, THEVENET, ALAVOINE (les six Chimères), TISSIER, ARNÉ, CARRIÈRE, CALAS, VILLETTE et MARINI (les six Filles du rêve), REYNALD (voix dans la coulisse).

MM. Charles ROUSSELIÈRE (Julien), BOULOGNE (l'Hiérophante, le Paysan, le Mage), Eugène DE CREUS (l'Officiant, une voix de l'abîme), DUPRÉ (un casseur de pierres, une voix de l'abîme, un camarade), CAZENEUVE (le Sonneur), MESMAECKER (l'Acolyte), CAPITAINE (un Bûcheron, un Bohème, un camarade), ANDAL (un Rapin), DONVAL (un Camarade), CORBIÈRE et DELOGER (deux Garçons de café), ÉLOI (un Étudiant), DABURON (un Bourgeois), PASQUIER (un Ouvrier, un Camarade).

Danses réglées par Mme MARIQUITA.

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

Chef des chœurs : M. MASSON.

Chefs du chant : MM. BASTIN et PIFFARETTI.

Danses réglées par Mme MARIQUITA.

 

20 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

JULIEN ET COLETTE ou LA MILICE

 

Opéra-comique en un acte, livret de Pierre-Germain Parisau, musique d’Armand-Emmanuel Trial, alors âgé de quinze ans. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 03 mars 1788.

 

 

JUMEAUX DE BERGAME (LES)

 

Comédie en un acte et en prose, livret de Jean-Pierre Claris de Florian, musique de Marc-Antoine Désaugiers. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 06 août 1782, avec un succès populaire.

 

 

JUMEAUX DE BERGAME (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret de William Busnach, d’après la comédie de Florian, musique de Charles Lecocq, représenté à l’Athénée le 20 novembre 1868, et repris en 1875.

 

« Les arlequinades de Florian fournissent une preuve de l'importance fort relative du cadre choisi par les auteurs ou imposé par le goût du temps. Il a eu beau appeler ses personnages des noms empruntés à la comédie italienne, rien n'est moins italien que ce petit théâtre de fantaisie, où l'Arlequin français est aussi bon, aussi sensible et doux que l'autre est scélérat, caustique et antipathique.

L'imagination et les facultés de l'auteur brisent le cadre dès les premières scènes. Ce qui est vrai pour cet objet de peu d'importance l'est également pour les ouvrages dramatiques conçus sous l'influence des littératures anciennes. C'est le génie de Calderon qui brille dans Heraclius, c'est celui d'Alfieri qui brille dans Antigone, comme celui de Corneille et de Racine dans Cinna et dans Phèdre. Les poètes grecs et romains ne leur ont fourni que la toile et la bordure. On ne trouvera chez aucun écrivain romain, poète ou prosateur, une tragédie politique qui approche du Jules César de Shakespeare. Paulo minora canamus. Arlequin et Arlequin cadet, les deux jumeaux de Bergame, sont des soprani dans la partition de M. Lecocq ; ils forment donc avec Rosette et Nérine un quatuor de voix de femmes. Cette sonorité est aussi fatigante, lorsqu'elle se prolonge pendant toute une pièce, dans le dialogue que dans les morceaux de chant. La musique est ingénieuse, écrite avec facilité et correction, mais n'offre aucune trace de cette sentimentalité charmante de l'auteur d'Estelle et Némorin. Dans l'ouverture, qui offre trois mouvements, on remarque une jolie saltarelle répétée dans l'ouvrage pour l'entrée d'Arlequin cadet. Je signalerai le duo de Nérine et d'Arlequin, la fin de l'ariette d'Arlequin cadet : O ma Rosette ; le duettino fort joli de Rosette et d'Arlequin : Qui va là ? sur un temps de valse, la sérénade : Daigne écouter l'amant fidèle. Quant au long quatuor qui termine la pièce, et surtout dans les phrases sans accompagnement : Aventure étrange ! on voit l'inconvénient d'employer des voix de même espèce. C'est froid, difficilement juste ; en outre, les accords plaqués donnent à l'articulation des mots une sorte de dureté désagréable ; le petit rondeau : Messieurs, la pièce est finie, offre d'assez gracieux effets d'imitation. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

JUMEAUX DE BERGAME (LES)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Maurice Léna, musique d’Emile Jaques-Dalcroze, représenté à la Monnaie de Bruxelles le 30 mars 1908 avec Mmes Jaques-Dalcroze (Rosette), Symiane (Nérine), MM. Maurice de Cléry (Arlequin cadet), Dua (Arlequin aîné).

 

 

JUMEAUX DE PAIMPOL (LES)

 

Opérette en un acte, livret de Lucien Delormel et Louis Péricaud, musique de Charles Malo. Création à l'Eldorado en 1879.

 

 

JUPITER ET LÉDA

 

Opérette mythologique en un acte, musique de Suzanne Lagier, représentée aux Bouffes-Parisiens le 28 janvier 1865.

 

 

JUPITER VAINQUEUR DES TITANS

 

Ballet héroïque en cinq actes, livret de Bonneval, musique de Colin de Blamont, représenté à la cour le 05 septembre 1745. Cet opéra fut exécuté au mariage du dauphin. De Bury, élève, du musicien, fut son collaborateur dans cet ouvrage.

 

 

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